Le blog du Cinéphile Amateur - Les séances de Mr Vladdy

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vendredi 29 mai 2015

Dernières programmations

Michael Mann

"Le cinéma, c'est avant tout un vecteur de partage : ça ne peut pas être fait que pour quelques initiés." (Jean Reno)




The Hole (2009)



"Vous avez la porte de l'Enfer dans votre cave. Et ça, c'est trop cool."

Bien que je ne sois pas un expert de sa filmographie, c'est vrai que Joe Dante a toujours le don pour attiser ma curiosité lorsque je vois son nom associé à un projet. Du coup, j'étais très curieux de découvrir "The Hole", ce film de 2009 qui a eu le droit à une sortie direct en dvd en France en 2012 et c'est en profitant d'une de ses diffusions à la télévision que j'ai enfin pu le découvrir.

Ce que je peux en dire, c'est que je comprends un peu mieux maintenant son exploitation très limité sur le marché français. En effet, ce scénario écrit par Mark L. Smith m'a vite semblé peu captivant et très ennuyeux. Pourtant, le concept de base, bien que pas très original, aurait pu être sympathique mais très rapidement, je me suis fait à l'évidence que j'allais voir un film assez quelconque. Les dialogues sont d'une platitude extrême, l'épouvante et le suspense sont aux abonnés absents tandis que l'on ne sympathise jamais avec les différents protagonistes de cette histoire.

Si le final se révèle être un peu plus dynamique et propose quelques petites choses agréables, c'est quand même bien trop peu de mon côté pour susciter un regain d'intérêt. J'ai vraiment trouvé l'ensemble inintéressant et bien que j'admette que ça se suive assez facilement, cela s'oublie aussi tout aussi vite. Même l'humour ne fonctionne pas tandis qu'il y a une légèreté générale dans l'air qui ne colle absolument pas avec les propos qu'on veut nous raconter un peu comme si nous étions dans un film d'horreur pour adolescents mais qui est quand même hors sujet.

Le casting ne m'aide pas non plus à être fasciné par ce long métrage. Son trio d'acteurs est juste transparent. Chris Massoglia en Dane Thompson est juste ridicule en adolescent rebelle, Haley Bennett bien que charmante ne convainc jamais dans la peau de Julie Campbell (c'est quoi ce trauma dans son passé pour à deux balles ?) et Nathan Gamble en Lucas Thompson à beau faire le gentil petit frère tout mignon, c'est bien trop peu pour que j'éprouve de la sympathie pour ce groupe.

Derrière, le reste de la distribution est inexistante et ce n'est pas plus mal pour eux. Teri Polo en Susan est juste une accumulation de clichés sur la mère célibataire, Quinn Lord en Annie Smith fait juste la petite fille basique qui tente de nous effrayer comme tous films d'épouvante en possède et Bruce Dern en Carl peine à trouver une justification à sa présence dans ce récit. D'une manière générale, j'ai essayé la version originale et la version française histoire de voir laquelle passerait mieux pour moi mais aucune n'a fait l'affaire à mon sens, le doublage français ne cachant jamais le piètre jeu des comédiens et leurs non-présence à l'écran.

Après, même si ça se regarde encore une fois, le plus frustrant reste sans nul doute la réalisation de Joe Dante. Le bonhomme n'a pas fait que des chefs d’œuvre mais il sait quand même utilisé une caméra. Or, ici on a juste l'impression de voir un jeune cinéaste issue de l'univers du clip musical qui tente de faire une percée dans le septième art. Il n'y a aucune folie, aucune imagination, aucune âme... A l'image de son film, tout sonne faux dans cette mise en scène diablement plate.

Vers la fin ça se réveille un peu mais comme pour le scénario, ça ne sauve jamais les meubles. La photographie est assez laide malgré un jeu de lumière agréable bien que classique tandis que les différents décors font atrocement faux. On dirait du carton, rien ne fonctionne pas même le fameux trou où ils ne se sont véritablement pas foulé. J'ai vu le film en 2D mais de ce que j'ai pu apercevoir, la 3D m'a l'air bien inutile sinon même si je ne peux pas en dire davantage car je ne serais pas très objectif. Quant à la musique signée Javier Navarrete, c'est loin d'être folichon également.

Pour résumer, je n’avais pas de grosses attentes concernant "The Hole" mais avec Joe Dante derrière la caméra, je m'attendais au moins à un petit film d'épouvante divertissant. Au lieu de ça, j'ai eu un film quelconque et très vite oubliable dont la transparence des comédiens n'aide pas tout comme la réalisation bâclé de l'ensemble. Le long métrage devient même aussi laid que son affiche promotionnelle et malgré une durée pourtant adéquate pour ce genre de projet, sans non plus trouver ça détestable, j'ai quand même trouvé le temps long pour si peu de choses...

1.5




jeudi 28 mai 2015

L.A. Takedown

L.A. Takedown


Avant de commencer mon cycle consacré à Michael Mann, je n'avais jamais entendu parler de "L.A. Takedown". Pourtant, une fois que j'ai su que c'était le téléfilm que Michael Mann avait réalisé avant de le développer davantage dans "Heat", c'est avec plaisir que j'ai voulu le découvrir, un plaisir qui a été comblé lorsque j'ai vu qu'une édition Dvd en version originale sous-titré existait pour le marché français.

Très rapidement, je me suis plongé dans ce récit. Tout comme le long métrage qui naitra de ce projet six ans plus tard, j'ai été captivé dès les premières secondes par ce scénario écrit par Michael Mann. Je regrette un peu d'avoir vu "Heat" à de nombreuses reprises avant ce téléfilm car l'ombre du long métrage plane à chaque instant sur mon visionnage mais malgré de nombreuses similitudes, cette sensation de voir une relecture un peu épuré est pas mal du tout.

L'avantage du long métrage après, c'est qu'on n'a pas la frustration d'un manque de développement, on sait que cela sera fait dans la version cinéma mais en remettant le film dans son époque, pour un téléfilm, c'est quand même vachement prenant je trouve avec déjà les bases solides d'une excellente histoire, des répliques bien senties et le côté gangsters que l'on glorifie qui fait un peu plaisir lorsqu'on le prend comme un divertissement.

Côté casting, c'est du tout bon aussi. Là encore, le souvenir du duo que va m'offrir plus tard le cinéma me reste en tête surtout qu'il est mythique mais dans ce téléfilm, le face à face entre Scott Plank et Alex McArthur, respectivement Vincent Hanna et Patrick McLaren, est tout aussi efficace. Les deux comédiens sont suffisamment charismatique pour porter leurs personnages et s'imposer à l'écran même si le format télévisuel atténue un peu l'intensité d'un tel duel.

Le reste de la distribution fait également le boulot. J'ai bien aimé par exemple Michael Rooker en Bosko même si on ne le voit pas assez. Vincent Guastaferro en Michael Cerrito est lui aussi très bon même si son personnage se montre caricatural sous certains aspects. Xander Berkeley dans la peau de Waingro est lui un peu trop dans la surenchère, il perd un peu en crédibilité à mes yeux même si son cabotinage permet d'accentuer davantage la folie de son rôle. Habitué à le voir dans la série "Walker, Texas Rangers", ça m'a amusé aussi de revoir Clarence Gilyard Jr. en Mustafa Jackson tandis que Cary-Hiroyuki Tagawa en Hugh Denny aurait pu être exploité un peu plus.

Si Michael Mann m'a habitué à une réalisation un peu lente, un peu contemplative (sans jamais être ennuyeuse pour autant), ici, c'est un peu plus dynamique. Le cinéaste va à l'essentiel et pour un format de télévision, le résultat final est d'une très grande qualité. J'apprécie énormément l'ambiance très années 80 de cette œuvre qui colle bien avec l’atmosphère générale. C'est rythmé, le montage est pas mal non plus même si il y a parfois quelques coupes brutales tandis que je n'ai vraiment pas vu le temps passé même si je connaissais cette histoire sans avoir vu cette vision.

D'un point de vue général, la qualité est au rendez-vous. La photographie, le jeu de lumière, les costumes, l'exploitation des décors... Tout m'a semblé maitrisé et même si on ressent que le budget n'est pas faramineux, un téléfilm de la sorte, j'en verrais bien très souvent si cela était possible. Même la bande originale composée par Tim Truman est assez jouissive. J'ai bien apprécié d'ailleurs la chanson phare "L.A. Woman" interprété par Billy Idol et qui conclut à merveille ce projet.

Pour résumer, "L.A. Takedown" m'a énormément plu. Cette sensation d'assister à la genèse d'une œuvre culte est assez jouissif. L'ombre de "Heat" qui sortira six ans plus tard plane sans cesse sur ce projet mais en l'état et en le remettant dans son époque, ce téléfilm s'avère être d'une très grande qualité. Amateur de ce genre de polar, bien que connaissant cette histoire, j'ai pris du plaisir car on y retrouve tous les ingrédients du succès avec en prime une excellente distribution et une excellente mise en scène. Je ne m'attendais pas à ce que ce téléfilm me fasse cet effet et au final, je ne regrette vraiment pas mon achat en dvd car je le reverrais très certainement. D'un point de vue télévisuel, ce téléfilm me parait juste excellent tout simplement.

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4.0




lundi 25 mai 2015

Hannibal Lecter : Les origines du mal (Hannibal Rising)



"Je suis venu chercher une tête..."

Je n'avais pas revu "Hannibal Lecter : Les origines du mal" depuis la sortie en salles du long métrage. Je ne m'en souvenais donc plus trop mais même si il n'a pas forcément une bonne critique, j'en gardais de mon côté un souvenir d'un divertissement imparfait mais plutôt efficace et le fait de le revoir me faisait plaisir.

Ayant encore en tête les quatre précédents long métrage, je me suis donc replongé avec joie dans cette naissance du plus célèbre cannibale et mes impressions au sujet de ce film restent inchangées. Le scénario écrit par Thomas Harris d'après son propre roman n'est pas si mauvais que cela mais il possède quand même beaucoup de petits trucs qui m’empêchent d'y adhérer à fond. Pourtant cette fois-ci, Hannibal Lecter n'est plus vraiment un rôle secondaire qui va aider à faire avancer l'intrigue, il est au centre de l'attention mais la mayonnaise prend assez difficilement.

Cette histoire oscille souvent entre le très bon et le très moyen. Il y a des idées que je trouve vraiment remarquable mais à côté de ça, il y en a d'autres que je trouve beaucoup trop lourde et qui nous font perdre l'intérêt que je peux avoir pour ce personnage mythique. Il y a pourtant une volonté de bien faire, une volonté d'offrir un divertissement qui respecte son matériau d'origine, cela se ressent mais c'est trop inabouti pour réellement convaincre.

Dans les bonnes choses, j'ai apprécié voir comment le "monstre" a pu naitre. Son passé traumatisant devient vite prévisible au fur et à mesure qu'on nous le raconte mais ça reste quand même intéressant. De même, j'ai bien aimé voir l'évolution de son personnage, le voir un peu paumé, puis se chercher avant de devenir un tueur sans scrupule comme on peut avoir l'habitude de le voir au cinéma. Si c'est trop brièvement montré, et là encore avec beaucoup de facilités, l'origine de ses connaissances du corps humain est là aussi sympathique même si facile.

Dans les choses qui m'ont moins plu, je pense principalement à cette romance quasi malsaine qui est bien trop lourde et qui n'apporte rien au récit. Cette ambiance asiatique est elle aussi ridicule. Elle plombe plus le film qu'autre chose en trouvant son paroxysme dans le ridicule lors de la scène d'entraînement qui sonne extrêmement fausse. Cette vengeance de Lecter aussi, qui pourtant aurait pu être jouissive, est montré de façon un peu bâclé je trouve, à l'image du dernier mort où on se dit quand même "Tout ça pour ça !".

Mais bon, ce n'est quand même pas mauvais et même si le film possède énormément de maladresses, avec lui je vois plutôt le verre à moitié plein. Malgré une frustration certaine, j'ai de nouveau passé un bon moment surtout qu'il y a un humour léger qui n'est pas déplaisant. La violence en revanche est sans doute un peu trop omniprésente. Par moment, on a la sensation d'avoir du gore gratuit ce qui me rend encore plus triste de voir que la psychologie de Lecter, son raffinement ainsi que sa subtilité soient ainsi passé à la trappe rendant cet aspect de sa personnalité un peu ridicule par moment comme lorsqu'on nous le montre en train de dessiner.

Passer après Brian Cox et surtout Anthony Hopkins qui a donné ses lettres de noblesses au personnage, ce n'était pas chose aisé. Gaspard Ulliel s'en sort bien en Hannibal Lecter. Il n'a clairement pas le charisme et la présence de ses deux prédécesseurs mais ce n'est pas trop choquant dans le sens où on nous le montre encore un peu jeune. Après, c'est dommage qu'il cabotine pas mal, son surjeu ne fonctionne pas toujours même si ce n'est pas très choquant. On ressent en tout cas son envie de bien faire, son envie d'être le plus proche possible du jeu d'Anthony Hopkins tout en y apportant sa propre personnalité. Ça ne fonctionne pas toujours mais je trouve l'effort plutôt louable et encore une fois, sa performance est loin d'être honteuse à mes yeux.

Par contre, pour le reste de la distribution, il manque clairement un personnage fort pour équilibrer la balance avec Hannibal. Dans le lot, le plus déjanté est sans nul doute Rhys Ifans en Vladis Grutas mais son rôle trop excentrique fait que j'y ait quand même cru moyennement. Même constat avec Dominic West qui apparait bien faible en Inspecteur Popil après des performances comme celle de Jodie Foster, William Petersen, Edward Norton et même Julianne Moore plus convaincante à affronter Lecter.

Gong Li dans la peau de Lady Murasaki est pour sa part le personnage qui plombe le plus le récit. J'ai vraiment pas du tout accroché à chacune de ses scènes et la comédienne ne m'a pas vraiment aidé. Elle n'est pas mauvaise mais je l'ai trouvé assez quelconque voir même parfois totalement transparente. Le film aurait sans doute été un poil meilleur si on ne c'était pas trop éterniser autour de son personnage. J'ai apprécié sinon la bande à Grutas même si ça surjoue aussi avec quand même un plaisir de retrouver l'acteur Kevin McKidd en Kolnas.

A ce jour, c'est le seul film que j'ai vu de Peter Webber et son travail ne me donne pas spécialement envie d'en voir davantage. Ce n’est pas mauvais là encore mais à l'image du film, on a du très bon et du très moyen. Globalement, ça reste quand même bien filmé même si je ne suis pas très fan cette histoire de cet étalage d'action et de gore qui me semble un peu hors sujet. C'est agréable à suivre malgré l'utilisation un peu lourde des flashbacks tandis que le montage permet de ne pas trop voir le temps passé malgré les longueurs.

J'ai bien aimé les décors, un peu moins les costumes. Le masque fait gros clins d’œil risible et il faut arrêter de penser que mettre une armure de samouraï dans un film, ça fait cool, ce n'est pas toujours le cas.... La photographie me parait réussie avec différente lumière pour marquer les différentes périodes de ce récit tandis que la guerre est bien retranscrite tout comme l'après-guerre même si visuellement, c'est assez facile et peu novateur. Quant aux maquillages, ils font souvent faux à l'image des giclées de sang que l'on peut voir qui n'a jamais créer une once de terreur en moi.

Malheureusement, ça manque quand même d'une ambiance. Ça tranche avec les prédécesseurs mais il n'y a pas d'images vraiment forte ou marquante je trouve pour faire de ce volet un épisode indispensable. Puis vraiment, cette accumulation de violence finit par donner l'impression que l'on comble des trous qu'on ne savait pas comment remplir. Même la musique du film d'Ilan Eshkeri et Shigeru Umebayashi colle bien au film mais s'oublie assez vite sans prendre la peine de donner une âme à cette œuvre.

Pour résumer, je ne regrette pas vraiment d'avoir revu "Hannibal Lecter : Les origines du mal" mais ça reste pour moi l'épisode le plus faible de la franchise à ce jour selon moi. Ce n’est pas non plus totalement mauvais, il y a de très bonnes idées mais c'est dommage qu'elles soient noyées dans un flot de maladresses. Gaspard Ulliel sauve du mieux qu'il peut les meubles avec une réelle volonté de bien faire mais il ne réussit jamais à égaler la performance de Brian Cox et surtout celle d'Anthony Hopkins. Au final, c'est un divertissement que j'apprécie, ma note ressentie tient pour beaucoup de l'affection que je peux avoir pour le personnage d'Hannibal Lecter mais on aurait quand même pu avoir quelque chose de plus fort psychologiquement, un peu moins long et moins gratuit dans sa violence.

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3.0




From Hell



"Un jour, les hommes se souviendront, et comprendront que j'ai donné naissance au XXe siècle."

Cela faisait un petit moment maintenant que je n'avais pas revu "From Hell" dont je gardais pourtant un bon souvenir. Profitant du fait que je suis en train de me mater quelques films avec des serials killers, j'ai donc sauté sur l'occasion pour me refaire une piqûre de rappel avec ce long métrage.

Dès les premières secondes avec cette citation de Jack l’Éventreur et cette atmosphère atypique, je me suis replongé dans ce film. Amateur de tueurs en série au cinéma, c'est avec un certain délice que j'ai été captivé par ce scénario écrit par Terry Hayes et Rafael Yglesias d'après l’œuvre d'Alan Moore et Eddie Campbell, surtout que le mythe de Jack L’Éventreur est toujours aussi fort cinématographiquement. Je n'ai malheureusement pas lu le roman graphique d'origine (même si j'aimerais bien) mais ce récit m'a vraiment passionné.

J'ai suivi cette enquête avec plaisir surtout que l'ambiance un peu glauque des meurtres associés à l'ambiance de l'époque offre un mélange parfaitement homogène. La reconstitution semble alterner à merveille avec faits avérés et faits de fiction ce qui nous donne un thriller assez efficace. En fait, le seul bémol que je peux émettre, c'est que (bien que je le comprenne), je ne suis pas fan de la théorie soulevé par le scénario. J'aurais préféré que l'on reste sur l'imaginaire, l'énigmatique, le mystérieux et c'est vrai que ce parti pris de dire une vérité parmi tant d'autres m'as un peu dérangé surtout dans son final.

A côté de ça, le casting est très bon à commencer par un Johnny Depp parfait en Inspecteur Fred Abberline. C'est un registre que l'acteur maitrise bien et j'ai apprécié qu'ici il ait réussi à lui donner une personnalité propre sans qu'on est à repensé à un autre de ses rôles. Son duo avec Heather Graham en Mary Kelly est très bon. Je ne suis pas un grand fan de l'actrice qui surjoue toujours trop à mon goût et qui n'est pas toujours crédible mais ici, la comédienne réussit bien à incarner la naïveté et la fraicheur de son personnage.

J'ai beaucoup aimé aussi Robbie Coltrane en Peter Godley. Son personnage est vraiment sympathique et la foi qu'il possède en Abberline m'amuse beaucoup tout comme la complicité qu'il peut y avoir entre eux. Ian Holm dans la peau de Sir William Gull fait lui aussi le boulot. Son personnage est en grande partie responsable du fait que je ne suis pas fan de la théorie avancé (même si elle avait déjà été évoqué) car l'évolution de son rôle me semble un peu brutal et peu convaincante mais l'acteur tient bon la route quand même et ça fait plaisir de le retrouver dans cette distribution.

Pour le reste, on a du très bon et du bon. Dans la première catégorie, je pense par exemple à Jason Flemyng qui fait un excellent Wetley. Sa personnalité est un peu dur à cerner et c'est vrai que même si il apparait comme un outil plus qu'autre chose, je trouve que son personnage n'en ait pas moins très intéressant. Pour la seconde catégorie, je pense principalement aux "collègues" de Mary Alice qui en font beaucoup trop parfois ou encore à Ian Richardson en Sir Charles Warren beaucoup trop caricatural et prévisible.

Ce qui fait la force du long métrage au-delà de sa simple histoire mythique, c'est aussi la réalisation très stylisé d’Albert Hughes et Allen Hughes. Les réalisateurs réussissent à bien traités des sujets de société de l'époque tout en montrant un certain sérieux dans le traitement de cette affaire. Visuellement, c'est vraiment très beau avec une photographie impeccable et un jeu de lumière qui contribue pour beaucoup à l'ambiance glauque que j'apprécie tout en ayant un aspect tellement proche du roman graphique que la violence me semble "presque" dédramatisé. Je dis presque car il y a quand même une certaine violence visuelle à l'écran indéniable même si on aurait pu avoir bien pire en terme de voyeurisme. Là, ça reste quand même globalement plutôt gentillet.

Les costumes sont eux aussi très bons. J'ai trouvé qu'ils collaient bien avec les caractères des différents personnages. Les décors sont eux aussi remarquable avec une Angleterre fin 19ème siècle qui apporte beaucoup de charme. Il y a une certaine harmonie entre le noir et le rouge que j'apprécie grandement. Le film possède une identité visuelle en tout cas si forte qu'il est vrai que maintenant lorsque l'on parle de Jack L’Éventreur au cinéma, ce film occupe assez vite mes pensées.

Même la bande originale signée Trevor Jones me parait bien pensée. Après, c'est peut-être parce que la thèse avancé et donc sa construction à l'écran ne me plait pas des masses, à moins que ce ne soit la faute à un montage qui aurait gagné à avoir un peu plus de rythme mais je trouve malgré tout que ce film possède quelques petites longueurs et aurait sans doute mérité d'être amputé d'un petit quart d'heure selon mon goût. Je ne me suis pas ennuyé non plus mais si cela avait pu être un tout petit peu plus dynamique, je n'aurais pas dit non.

Pour résumer, j'ai vraiment bien aimé revoir "From Hell". Le scénario est bien ficelé, l'interprétation très bonne et la mise en scène très stylisé des frères Hughes permet à ce long métrage de sortir du lot et de nous proposer une ambiance cinématographique assez plaisante. Dommage qu'il y ait quelques longueurs et que je ne sois pas un grand fan de la théorie avancé (je préfère qu'on garde un certain mystère) mais c'est en tout cas un film que je pourrais revoir assez facilement.

3.5




Dragon Rouge (Red Dragon)



"Nos cicatrices ont le mérite de nous rappeler que le passé n’a pas été qu’un rêve."

Avant de reprendre mon cycle consacré à Michael Mann, j'ai envie de finir mon micro cycle consacré à Hannibal Lecter et c'est donc très naturellement qu'après avoir vu les trois premières adaptations cinématographiques, j'ai voulu revoir "Dragon Rouge", film dont je gardais un bon souvenir même si ça faisais un moment que je ne me l'étais pas remater.

Je ne sais pas si c'est parce qu'il est efficace ou si c'est parce que j'ai vu les trois autres films très peu de temps avant mais quoiqu'il en soit, je me suis replongé avec un certain plaisir très rapidement dans ce volet. Avec cette scène d'ouverture qui nous rappelle un fait déjà évoquer dans "Le silence des agneaux" et cette présentation rapide d'Hannibal Lecter et Will Graham qui nous plonge tout de suite dans le sujet, j'ai eu de quoi être captivé et c'est ainsi que le scénario écrit par Ted Tally d'après le roman de Thomas Harris a su me captiver.

Je ne vais pas comparer avec le roman d'origine car je ne l'ai pas lu mais j'ai en tout cas énormément aimé cette seconde adaptation de "Dragon Rouge" au cinéma après "Le Sixième Sens" de Michael Mann. J'ai beaucoup d'affection pour Michael Mann et son travail, j'ai d'ailleurs beaucoup aimé son adaptation mais ici, j'apprécie vraiment beaucoup cette façon de dépoussiéré un peu le film de 1986 afin de le rendre un peu plus contemporain et de coller davantage avec les films où Anthony Hopkins tient la vedette.

Le rythme est différent, c'est plus spectaculaire, on joue beaucoup plus dans le visuel et moins dans le lyrisme mais c'est ainsi que ce long métrage permet de nous proposer quelque chose de différents de ce que l'on avait déjà pu voir. Après on adhère ou pas, c'est un choix personnel, mais de mon côté j'y ait totalement adhérer et je trouve que c'est très efficace surtout que ça apparait assez complémentaire avec ce que l'on a déjà pu voir.

Autre différence notable avec le film de Michael Mann, Hannibal Lecter y ait ici plus présent, plus développé (en même temps les producteurs ont vite compris qu'on se déplaçait principalement pour ce personnage). On retrouve donc un jeu du chat et de la souris plus percutant. C'est une autre approche que le jeu avec Clarice Starling dans "Le silence des agneaux" mais cette confrontation entre Lecter et Will Graham est vraiment intéressante et bien exploité je trouve. On retrouve d'ailleurs pleins d'éléments que j'ai beaucoup aimé dans le premier film avec Anthony Hopkins tout en y apportant une identité propre à ce volet.

L'ensemble reste donc un thriller comme je les aime. Il n'y a peut-être pas toute la finesse nécessaire, le scénario aurait peut-être pu aller encore plus loin pour se démarquer mais en l'état, j'ai quand même pris du plaisir à suivre de nouveau ce récit. De plus, même sans avoir lu le roman, les nombreuses similitudes entre ce film et celui de Michael Mann dans les situations ou les répliques me laissent penser qu'il y a un certain respect du travail de Thomas Harris. Heureusement en tout cas que le film de Brett Ratner montre d'autre chose également car ça m'a évité d'avoir la sensation d'un copier-coller sans intérêt, là, j'ai vraiment eu l'impression qu'on cherchait à aller plus loin.

Si l'histoire m'a donc beaucoup plus, j'ai aussi énormément pris de plaisir devant le casting du film, un casting de luxe qui se voit gratifier d'acteurs que j'apprécie beaucoup dont un Anthony Hopkins toujours aussi jouissif en Hannibal Lecter. Toujours charismatique, le comédien est vraiment remarquable je trouve avec ce personnage. Bien entendu, il y a toujours un peu de surenchère mais ça colle vraiment bien à l’excentricité et le raffinement de son rôle. De plus, on nous le rajeunit un peu (puisque ce volet est sensé se passé avant "Le silence des agneaux") mais c'est jamais ridicule. On est bien loin des maladresses dans l'interprétation et le look de "Hannibal", le précédent volet.

Face à lui, Edward Norton est pas mal du tout en Will Graham. J'avoue avoir eu un peu de mal au début avec sa coupe de cheveux qui ne lui va pas trop bien à mes yeux mais l'interprétation du comédien est très bonne à tel point qu'il m'a vite fait oublié (même si je ne la dénigre pas pour autant), la prestation de William Petersen dans le film de Michael Mann. Edward Norton trouve le ton juste dans sa gestuelle et le timbre de sa voix. Son évolution est ainsi assez subtil dans ses échanges avec Lecter et le duo du chat et de la souris fonctionne à merveille.

J'ai beaucoup aimé aussi Ralph Fiennes en Francis Dolarhyde. Pour le coup, je n'ai pas oublié pour autant la performance de Tom Noonan dans le film de Mann que je trouvais vraiment excellent mais Ralph Fiennes ne démérite pas pour autant. Un peu plus posé, il nous montre une nouvelle facette de ce personnage, un peu plus réservé mais dont la folie est tout aussi terrifiante. Dommage que par moment on est la sensation qu'il en fait un peu trop car sinon, il est vraiment convaincant.

Harvey Keitel en Jack Crawford me plait bien aussi. Je reconnais que c'est un acteur que je connais assez mal et je le regrette car à chaque fois, je le trouve très bon dans son jeu et c'est une nouvelle fois le cas ici. Il réussit bien à s'imposer dans ce casting, il s'impose de façon naturelle en tant que chef sans pour autant voler la vedette au face à face qui oppose Hannibal Lecter et Will Graham. Le comédien m'a convaincu, j'ai aimé sa présence à l'écran et je trouve qu'on le voit juste comme il le faut.

Le reste de la distribution est du même acabit. Chacun fait bien son boulot et s’intègre très bien dans ce récit. Je retiens principalement Philip Seymour Hoffman en Freddy Lounds dont le côté opportuniste est un peu plus exploité. Mary-Louise Parker en Molly Graham ainsi que Ken Leung en Lloyd Bowman sont eux sous exploités tandis qu'Emily Watson en Reba McClane est très bonne mais je trouve quand même que Joan Allen dans le film de 1986 provoquait plus d'empathie chez le spectateur. C'est aussi un plaisir de retrouver avec Anthony Hopkins, Anthony Heald dans la peau du Docteur Frederick Chilton ainsi que Frankie Faison en Barney Matthews. Fait amusant (en tout cas à mes yeux), Barney Matthews est d'ailleurs le seul acteur à avoir joué dans les quatre films consacré à Hannibal Lecter puisqu'on pouvait aussi le retrouver dans le film de Michael Mann dans un petit rôle, celui du Lieutenant Fisk.

Si la filmographie de Brett Ratner ne me fait pas particulièrement rêvée (bien qu'il ait réalisé quelques films que j'apprécie), je suis en tout cas satisfait de son travail dans ce long métrage. Il n'égalise pas du point de vue de la force avec le travail de Jonathan Demme mais il a quand même réussi à éviter les aspects ridicules que Ridley Scott avait pu mettre tout en gardant une bonne trame de cet univers et en y apposant sa propre signature sans faire un copier-coller avec Michael Mann. C'est pas toujours parfait mais l'ensemble est quand même très efficace avec quelques petits clins d’œils que je trouve agréable.

On est ici en présence d'un volet qui possède sa propre âme mais qui n'oublie pas d'être cohérent avec ce que l'on a déjà pu voir. Il y a plusieurs liens qui sont créés avec les films précédents et visuellement, je trouve que le film n'est en rien choquant. Même dans sa violence, je trouve qu'il ne tombe jamais trop dans la surenchère et le réalisateur a su créée une bonne ambiance de thriller sympathique tout en y ajoutant une petite touche de "luxe" qui colle au côté classe d'Hannibal Lecter.

Si je ne suis pas un grand fan de la coupe de cheveux de Will Graham, les différents maquillages sont tout de même bien fait à mes yeux. J'ai apprécié l'effort fait pour rajeunir Anthony Hopkins sans pour autant que ce soit trop tape à l’œil (le look que Lecter avait dans "Hannibal" me dérangeait déjà un peu plus). Les costumes et l'exploitation des décors aussi m'a plu avec ce retour dans le temps qui fonctionne plutôt bien sans être trop lourd.

Avec un montage efficace qui fait que je ne me suis jamais trop ennuyé ni même senti des longueurs, j'ai aimé aussi la photographie générale de cette œuvre qui contribue aussi à lui donner sa propre identité sans avoir cette impression de déjà-vu. Brett Ratner utilise une base solide, il exploite bien les acquis de la franchise tout en nous offrant une nouvelle vision de ce mythe. Quant à la bande originale composée par Danny Elfman, elle est également très bonne sans forcément être novatrice.

Pour résumer, je ne sais pas si le fait de m'être fait les quatre films de la franchise quasiment à la suite a joué ou non mais j'ai énormément apprécié mon nouveau visionnage de "Dragon Rouge" que je n'avais pas revu depuis un moment. Si l'ombre du film de Michael Mann est au-dessus de cette œuvre, Brett Ratner propose une nouvelle lecture du roman de Thomas Harris qui me plait beaucoup. Si ma préférence va toujours pour le volet réalisé par Jonathan Demme, ce quatrième épisode est loin d'être honteux et me fait vite oublier les maladresses du film de Ridley Scott. J'ai beaucoup aimé le scénario, l'interprétation du casting de luxe est excellente, la mise en scène efficace bref, j'ai pris du plaisir devant ce film qui a toute sa place dans la saga Lecter à mes yeux.

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4.5




Jack L’Éventreur - The Lodger (The Lodger)

Jack l'éventreur - The Lodger


"Continue de frapper à cette porte comme une petite fiotte et il ne faudra pas t'étonner de prendre une main aux fesses."

J'apprécie beaucoup d'une manière générale tout ce qui touche au serial killer au cinéma. Dans ce registre, le mythe de Jack L’Éventreur est donc du pain béni pour moi et c'est donc ainsi que j'ai eu envie de voir "Jack L’Éventreur - The Lodger" lorsque je suis tombé sur ce dvd et que je me suis mis à le visionner.

Dès le début, je savais qu'on allait être assez loin du mythe. Ici, on est en présence de meurtres qui s'inspire du célèbre tueur et pas de son histoire en elle-même. Pas de grosses surprises pour le moment puisque j'avais pris soin de lire le résumé sur mon dvd, je savais donc à quoi m'attendre. Pourtant, ce n'est pas pour autant que j'ai été emporté par ce scénario écrit par David Ondaatje d'après l’œuvre de Marie Belloc Lowndes. Au-delà des libertés prises avec le mythe d'origine, cette intrigue cumule en effet beaucoup trop de maladresses pour vraiment nous captiver.

Que ce soit dans la construction de l'enquête, le traitement de ses personnages, les facilités et autres invraisemblances scénaristiques... Le film est juste une succession de scènes bien prévisible avec des dialogues creux. Après, ça se laisse quand même regarder comme un petit téléfilm de seconde partie de soirée mais l'ensemble peine quand même à convaincre de son début jusqu'à son final qui semble d'ailleurs bâclé et qu'on nous balance un peu comme un cheveu dans la soupe.

Pourtant, ce film bénéficie malgré tout d'un casting plutôt sympathique. C'est d'ailleurs aussi la présence de certains acteurs dans cette distribution qui a attisé ma curiosité vis à vis de ce film, seulement voilà, même eux ne semble pas du tout convaincu par leurs personnages respectifs et chacun nous livre son rôle d'une manière très caricatural à commencer par un Alfred Molina en Chandler Manning. Il n'y croit d'ailleurs tellement pas que même dans ce genre de caricatures, on a déjà vu plus inspiré. Ici, son interprétation est vraiment fade.

Même chose pour Simon Baker en Malcolm. L'acteur semble totalement absent. J'ai eu la sensation qu'il nous balançait ses répliques sans même prendre la peine d'y mettre la moindre intonation. Le traitement des personnages n'aide surement pas mais le jeu des acteurs ne fait qu’enfoncer davantage le clou. Que dire aussi de Hope Davis en Ellen Bunting ainsi que de son mari incarné par Donal Logue. A aucun moment on n'arrive réellement à s'intéresser à eux.

Niveau caricature grossière, Shane West en Street se positionne bien également dans la peau de ce jeune flic naïf qui veut bien faire son boulot tandis que Philip Baker Hall en Capitaine Smith va bien sûr mettre des bâtons dans les roues car notre duo de flics ne dois pas être soutenu par sa hiérarchie, une hiérarchie peu crédible d'ailleurs au vue de leurs différentes réactions. N'oublions pas non plus Rachael Leigh Cook en Amanda, la fille de notre Inspecteur en chef Manning qui histoire de corsé le tableau va se voir doté d'un portrait de famille désastreux et tant pis si on creuse pas plus le sujet, il faut juste dire qu'en plus d'être un mauvais policier, c'est aussi un mauvais père de famille...

Cette impression de téléfilm, on la retrouve aussi dans la réalisation de David Ondaatje. On sent que ce dernier veut créer une ambiance, une atmosphère un peu glauque mais il n'y arrive jamais. Il devient lui aussi un instrument de la caricature qu'il nous dépeint à l'écran avec ses tonnes de pluies qu'il nous fait tomber même lorsqu'il y a un grand soleil ou encore ses effets visuels où on a l'impression de voir un jeune étudiant en cinéma qui veut nous étaler tout ce qu'il a pu apprendre durant ses études.

Travelling, zoom, time-lapse, image saccadé, gros plans sur les pieds, vue aérienne de la ville... On a le droit à tout sans que cela trouve une justification à l'écran. Si cela avait été bien fait, on aurait pu prendre ça comme une leçon de cinéma mais ce n'est pas le cas et à l'image du film, c'est juste vide de sens et totalement gratuit. Quant à la bande originale composée par John Frizzell, elle semble elle-aussi dépourvue d'âme. On a voulu donner une identité au film et au final, l'ensemble se noie et ne sortira sans doute jamais du lot dans un genre cinématographique qui même dans sa version la plus classique, nous a déjà offert nettement mieux.

Pour résumer, je comprends parfaitement que "Jack L'Eventreur - The Lodger" ait eu le droit à une sortie direct en dvd. Comme je l'ai acheté d'occasion et à un prix extrêmement bas, je ne regrette pas mon achat mais une découverte à la télévision aurait pu être largement suffisant. D'ailleurs, c'est plus la place de ce projet qui n'est rien d'autre qu'un simple téléfilm de seconde partie de soirée. Ça se laisse regarder de la sorte et ça s'oublie tout aussi vite. Grosse caricature générale, du casting à la mise en scène, personne ne semble croire en cette histoire grossière qui pourtant aurait pu être plus sympathique si on l'avait traitée avec plus de sérieux. Bref, un long métrage assez anecdotique.

2.0




dimanche 24 mai 2015

A la poursuite de demain (Tomorrowland)



"Tu voulais voir le monde de demain?... Tu y es !"

Bien que la bande annonce avait su attiser ma curiosité et malgré les très bons retours que j'avais pu en avoir, "A la poursuite de demain" n'était pas pour moi une très grosse attente. Il y avait bien le plaisir de retrouver George Clooney à l'écran mais c'est surtout avec l'ambition de me divertir et de passer un bon moment que je me suis diriger vers ma salle de cinéma.

A l'issue de ma projection, je suis un peu déçu. Le film n'est pas mauvais, loin de là il est même très bon, mais je ne me retrouve vraiment pas dans les quelques avis que j'ai pu lire à son sujet. Le scénario écrit par Brad Bird, Jeff Jensen et Damon Lindelof possède une bonne base mais dans l'ensemble, j'ai quand même trouvé que c'était une grosse scène d'introduction pour un second volet un peu poussif. J'ai compris le message que le film veut faire passer, sa volonté de nous battre pour sauver le monde, de rester optimiste, de ne pas baisser les bras et croire qu'un monde meilleur est possible si on le désire mais cela ne suffit pas pour moi.

L'ensemble est vraiment trop bavard. J'ai eu la sensation qu'il ne se passait pas grand-chose. C'est bien fait mais à part nous présenter les personnages et l'atmosphère générale, je trouve que ça manque d'une véritable dimension dramatique. Le "méchant" n'est pas un réel méchant dans le sens où on l'entend et à part suivre nos protagonistes brasser de l'air en nous vantant un monde robotique qui pourrait venir à notre aide, je n'ai pas spécialement ressenti d'émotions particulière durant mon visionnage.

Je n'ai jamais craint pour nos héros, je ne les ait jamais sentis en danger réellement et du coup, le film m'a paru un peu trop long pour ce qu'il raconte. Après, fort heureusement, je reconnais qu'il y a quand même un humour léger qui est agréable et même si on ne l'exploite pas totalement, l'univers de cet autre monde reste plaisant. C'est d'ailleurs sans doute parce qu'on ne l'exploite pas plus que je suis aussi resté sur ma faim maintenant, malgré mes nombreuses réserves, le film se laisse quand même très bien regarder.

S’il se suit bien, c'est aussi grâce à son casting qui fait un bon boulot. J'ai par exemple bien aimé George Clooney en Frank Walker. L'acteur réussit très bien à garder son regard enfantin qui fait qu'en tant que spectateur, on ressent le fait que son personnage est convaincu par ce qu'il raconte et il apparaît ainsi beaucoup plus crédible. J'ai bien aimé aussi celui qui joue Frank Walker enfant. Le jeune Thomas Robinson n'en fait pas des tonnes et il contribue aussi pour beaucoup le fait qu'on trouve Frank Walker sympathique.

A ses côtés, Britt Robertson en Casey Newton est pas mal également. J'avais un peu de craintes à son sujet, j'avais peur qu'elle se fasse étouffer par la présence et le charisme de George Clooney mais ce n'est pas le cas. L'actrice est très bonne, elle rend aussi son personnage sympathique et j'ai beaucoup apprécié la touche de fraîcheur qu'elle peut donner dans ce long métrage. Jusqu'à présent, je ne l'avais vu que dans "Scream 4" où elle n'a pas grand-chose à faire, du coup je serais quand même curieux de la voir dans d'autres projets par la suite.

Véritable révélation du film, la jeune Raffey Cassidy en Athena sort clairement du lot. Je suis rarement emballé par les interprétations des jeunes acteurs mais ici, Raffey Cassidy est vraiment très bonne à tel point que par moment, elle vole un peu la vedette aux autres personnages. Drôle, fraîche, pétillante et assez surprenante dans l'action, la comédienne m'a bien plu. Elle réussit très rapidement à créer de l'empathie pour son personnage et à le rendre crédible là où il aurait pu être risible.

Sinon, ça m'a fait plaisir de voir sur grand écran Hugh Laurie dans la peau de David Nix. Son interprétation est assez légère, on est quand même en droit d'attendre un peu plus de lui mais dans son interprétation, le comédien s'en sort bien. C'est même un peu dommage qu'on ne le voit pas davantage surtout qu'avec son rôle, il y avait quand même matière à creuser un peu plus je pense. Il s'intègre en tout cas très bien dans cet univers sans avoir trop à en faire.

Le reste du casting est du même acabit. C'est assez léger mais dans le bon sens du terme et aucuns jeux ne m'a paru foncièrement mauvais. Il y a même des rôles secondaires qu'on voit très peu mais que j'aurais aimé voir plus car je les ait bien apprécié comme Pierce Gagnon et Tim McGraw, respectivement Nate et Eddie Newton, mais aussi le duo très décalé ainsi que jouissif formé par Keegan-Michael Key et Kathryn Hahn, soit Hugo et Ursulla, qui m'a bien fait sourire.

Dans sa réalisation, Brad Bird confirme en tout cas tous le bien que l'on peut penser de lui. Son travail est vraiment très propre et très efficace. D'ailleurs, si dans l'histoire j'ai l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose, j'ai quand même réussi à tenir jusqu'à la fin grâce à sa mise en scène. C'est bien cadré, bien filmé et visuellement, c'est vraiment très beau. C'est d'ailleurs pour cela aussi que le manque d'exploitation de ce monde meilleur s'avère frustrant. On voit quelques belles inventions dans ce monde idyllique mais on aurait tellement pu en voir davantage...

La photographie est très belle sinon tout comme la lumière. J'ai beaucoup aimé la façon dont le film joue avec le temps en retournant dans le passé, en nous montrant le futur etc etc sans jamais nous perdre en cours de route. On aurait pu en voir plus je pense en terme de décors et d’accessoires mais du peu qu'on doit se contenter comme la maison de Frank Walker par exemple, je trouve que c'est bien fichu. La bande originale signée Michael Giacchino est elle aussi agréable à l'écoute et va bien avec le film.

Pour résumer, il y a un peu de frustration de mon côté à l'issue de la projection d' "A la poursuite de demain". Maintenant que je sais à quoi m'attendre, un second visionnage le rendra peut être plus plaisant mais là, j'ai quand même de quoi rester sur ma faim avec un monde meilleur et une technologie totalement sous exploité ainsi qu'une absence flagrante d'un véritable combat à l'écran. Reste que le film est quand même divertissant grâce à la bonne performance de ses acteurs et à une mise en scène réussie de Brad Bird. Ça reste un très bon film agréable à suivre mais c'est vraiment dommage que je retienne principalement cette sensation qu'on aurait pu avoir nettement plus...

3.5




Peter et Elliott le dragon (Pete's Dragon)

Peter et Elliott le dragon


"Un dragon ! Un dragon !
C'est vrai j'ai vu un dragon !"


Cela faisait une éternité que je n'avais pas revu "Peter et Elliott le dragon". J'en gardais pourtant un bon souvenir. Il faut dire que ce classique Disney a bercé une partie de mon enfance car ce film faisait partie des rares VHS que je possédais au point que je regardais ce film en boucle. Seulement voilà, depuis cette partie de ma jeunesse, je ne l'avais pas revu et j'ai profité qu'il passait sur mon service de vidéo à la demande pour me refaire une piqûre de rappel.

Ce visionnage m'a permis de constater qu'avec le temps qui passe, mes goûts en matière de cinéma a quand même un peu évolué. En effet, même si je continue d'avoir de la tendresse pour cette histoire que je suis avec plaisir, je n'ai cette fois ci pas retrouvé les mêmes sensations magiques que je pouvais avoir par le passé. Le scénario écrit par Malcolm Marmorstein est très gentillet, très mignon et plein de bonne humeur mais force est de constater qu'avec le temps, ce n'est pas le Disney que je reverrais le plus souvent en boucle maintenant.

Après, je comprends aussi quand même pourquoi j'aimais ce film étant gamin. C'est frais, il y a de l'humour, de la bonne humeur, de belles valeurs sur la famille ainsi que l'amitié tandis que les répliques légères et les situations cocasses font que ce film a tout pour ravir un jeune public. Mais bon, sa trame reste quand même maintenant beaucoup trop simpliste et ça manque d'un véritable enjeu dramatique pour vraiment captiver un public plus adulte à la différence d'un "Mary Poppins" qui avait su par le passé être plus abouti sur ce point par exemple.

Côté distribution, je ne vais pas vous mentir, je ne connais que la version française de ce long métrage. Il m'est donc difficile d'être totalement objectif vis à vis de la prestation des différents comédiens même si dans leurs gestuelles et leurs présences à l'écran, je trouve que l'ensemble du casting fait plutôt bien le job. L'ensemble est un peu daté, ça colle bien à l'époque mais ce n'est en rien honteux. Si maintenant Sean Marshall en Peter m'apparait beaucoup trop léger, j'apprécie en revanche beaucoup plus la charmante Helen Reddy en Nora qui est tout de suite très sympathique.

Ceux qui sortent un peu plus du lot à mes yeux, c'est Mickey Rooney en Lampie qui est irrésistible et très drôle tandis que j'ai beaucoup aimé le décalé Jim Dale en Docteur Terminus. D'une manière générale de toute façon, tout le monde colle bien avec ce projet même Red Buttons en Hoagy qui est assez drôle. Petite mention aussi pour la famille d'adoption de base de Peter avec Shelley Winters dans la peau de Lena Gogan en tête qui incarne bien les méchants bouseux de service même si comme l'ensemble, ça reste très caricatural.

Concernant la version française, j'avoue ne pas savoir si j'ai vu récemment le doublage français de 1978 ou celui de 2003 (il me semble que c'est celui de 1978 avec Nicole Croisille mais j'ai un doute). Quoiqu'il en soit, si vocalement il y a quand même un surjeu avec en prime quelques chansons qui ont un peu de mal à sortir je trouve, globalement ce n'est pas trop détestable malgré tout et même si je trouve que parfois on tombe un peu trop dans les aigus, ça passe quand même bien.

Du côté de la réalisation, le travail de Don Chaffey a pris un petit coup de vieux. Par exemple (pour reciter le même film sorti avant et dont on a voulu surfer sur le succès), j'ai trouvé que "Mary Poppins" qui pourtant bénéficie de plus d'animation à nettement mieux vieilli. Les traits d'Elliott assez grossiers (même si cela le rend sympathique) jouent peut-être pour beaucoup mais le film fait quand même maintenant assez poussiéreux dans sa technique. Maintenant, c'est aussi cela qui lui donne un peu de charme.

Après, c'est à l'image du scénario. C'est très gentillet avec des cadres prévisibles et des décors qui font un peu faux mais qui accentue également la "beauté" que ce long métrage possède. On est dans un conte enfantin et ça se voit à l'écran. C'est d'ailleurs aussi pour ça que je pense que le film peut très facilement toucher un très jeune public mais un peu moins les parents qui préféreront se retourner vers d'autres œuvres Disney. Quant à la bande originale composée par Irwin Kostal, elle est bien mais ce n'est pas ma musique Disney que je préfère, la faute comme je le dis un peu plus haut, à des chansons un peu poussives que ce soit dans ses paroles ou dans la façon de les chanter. C'est mignon mais ça s'arrête là.

Pour résumer, mon souvenir concernant "Peter et Elliott le dragon" a un peu changé à l'image de ma cinéphilie qui demande autre chose. Cela ne m'empêche pas d'avoir beaucoup de tendresse pour ce long métrage dont j'ai usé la VHS durant ma jeunesse. Maintenant, si les enfants apprécieront sans doute cette histoire très Disney avec son aspect mignon, son humour, sa légèreté et ses bonnes valeurs, les parents quant à eux préféreront sans doute se diriger vers d'autres projets de la firme à la souris. Quoiqu'il en soit, ça reste un divertissement familial honnête, pas bien méchant et quand même agréable à suivre une fois que l'on rentre dedans.

3.0




Marvel : Les Agents du S.H.I.E.L.D. (Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.)



Très fan de super héros au cinéma, sans être un grand expert dans le domaine, je suis également un amateur de ce sujet pour le petit écran. Du coup, lorsque j'ai eu vent de la série télévisée "Marvel : Les Agents du S.H.I.E.L.D.", c'est avec une certaine impatience qui me tardais de la découvrir.

J'ai pris un certain plaisir à suivre les différents épisodes de cette première saison. On sent tout de suite que la série télévisée n'a pas bénéficié des mêmes moyens que les différents films de super-héros Marvel que l'a pu voir au cinéma ces dernières années cependant, cela ne l'empêche pas d'avoir réussi à me divertir. Si j'avoue que je m'attendais à une sorte de série un peu redondante qui nous présenterait un super héros à chaque nouvel épisode, je suis bien au contraire satisfait de voir que l'intrigue de cette première saison s'avère un tout petit peu plus subtil que cela.

Bénéficiant d'un vrai fil rouge tout en n'oubliant pas de faire quelques clins d’œil aux différents longs métrages que l'on connait, j'ai vraiment aimé l'intrigue qu'on nous propose ici. Pourtant, je dois reconnaître que dès les premiers épisodes, j'avais quelques craintes. Je n'ai pas totalement été pris tout de suite mais c'est après six ou sept épisodes que je suis rentré dans cet univers. Une fois que tous les personnages ainsi que l'ambiance sont mis en place, j'ai adhéré à cette légèreté ainsi qu'à ses facilités jusqu'à la fin. De plus, la trame se veut de plus en plus étoffé au fur et à mesure afin de nous dévoiler un super méchant que je trouve excellent, l'ensemble concluant bien cette première saison tout en étant cohérente et logique avec ce qui existe déjà.

Bien que j'ai donc globalement beaucoup apprécié cette nouvelle série, si je la trouve un peu légère, c'est aussi à cause de sa distribution. Les acteurs sont bons, ils font le job et ils me divertissent sans me prendre la tête mais on est quand même loin d'avoir une distribution charismatique qui s'impose à l'écran. Ça m'a vraiment fait plaisir de retrouver Clark Gregg en Phil Coulson. C'est un personnage que j'aimais beaucoup et bien qu'il s'impose naturellement comme leader de la bande, le comédien manque peut-être quand même un peu de consistance pour vraiment éclater sur petit écran.

L'acteur subit sans doute le côté léger de la série qui empêche d'avoir une approche un peu plus forte mais par exemple, sans dévoiler son évolution dans la série, un acteur comme Bill Paxton en John Garret s'impose à mes yeux plus facilement et de façon plus naturelle. Quoiqu'il en soit, c'est quand même sympathique de voir ses deux acteurs se donner la réplique et même si Bill Paxton arrive un peu tard, je ne cache pas non plus ma joie de le voir.

Pour le reste du casting, c'est un peu du même acabit. Bien qu'elle ne montre rien de vraiment innovant, Chloe Bennet en Skye apparait vite très charmante et très sympathique. Bien que son côté froid nous empêche par moment d'avoir de l'empathie pour elle, Ming-Na Wen s'en sort également très bien en Melinda May. De plus, même si ils jouent avec tous les clichés possibles de leurs personnages, j'ai bien apprécié le duo Iain De Caestecker et Elizabeth Henstridge, respectivement Leo Fitz et Jemma Simmons, même si j'avoue avoir eu un petit faible pour cette dernière.

En revanche, j'ai eu un peu plus de mal avec Brett Dalton en Grant Ward. Son évolution dans la série n'aide sans doute pas mais en plus de trouver son rôle beaucoup trop caricatural, l'acteur a eu un peu de mal à exister à mes yeux. Je l'ai trouvé un peu fade voir même transparent parfois et le comédien n'a jamais su corriger le tir. Ce fut même pire lorsque B.J. Britt en Antoine Triplett commence à apparaître puisqu'il lui vole vite la vedette dans ce registre que ce soit dans le jeu, la présence à l'écran ou encore la sympathie envers son personnage que l'on peut éprouver. Même J. August Richards en Mike Petersen ultra maquillé convainc davantage.

Créée par Joss Whedon, Jed Whedon et Maurissa Tancharoen, la réalisation des différents épisodes m'a amusé également. Pour ce genre de programme que j'ai envie de suivre pour sa légèreté, son humour et son côté pas prise de tête, la mise en scène reste agréable à suivre. On n'a pas de grands plans de malades, c'est même assez classique et on sent que cela ne mérite pas forcément un traitement au cinéma même si la série permet de créer plusieurs liens entre les films de façon plaisante.

Visuellement, la différence saute aussi aux yeux. Les incrustations et les effets spéciaux sont quand même très légers et par moment c'est tellement grotesque que ça peut même faire sourire. En même temps, avec un tel sujet, cette surenchère d'action fantastique est un peu prévisible mais bon à la télévision, chaque petit défaut ou maladresse se voit très vite. Après, c'est pas non plus détestable, ça donne même un peu son charme à cette série tout en collant avec l'ambiance légère que j'ai ressentie durant mon visionnage.

Le montage est en tout cas réussi. Je n'ai pas souvenir d'avoir trouvé un seul épisode particulièrement ennuyé et même si c'est quand même frustrant de ne pas retrouver des super héros comme Iron man, Hulk ou Captain America pour ne citer que ceux dont la mythologie est la plus forte, certains caméos font quand même plaisir à voir. J'ai apprécié aussi le fait que l'on voyage un peu, que l'on est pas figé dans une seule et même ville ou un seul et même pays malgré l'exploitation assez forte de l'avion de Coulson dont les décors restent bien fait. Quant à la bande originale Bear McCreary, je n'ai pas entendu de thème vraiment fort mais ça va quand même bien avec cette atmosphère également.

Pour résumer, si j'ai eu un peu de mal à me lancer totalement dedans au début, j'ai quand même pris assez vite du plaisir devant la série télévisée "Marvel : Les Agents du S.H.I.E.L.D.". Pas parfaite, avec beaucoup de maladresses et de légèreté ainsi qu'un visuel qui nous fait bien comprendre qu'on aura pas le budget d'un long métrage, cette série a quand même su trouver le ton juste et me divertir avec son fil rouge et son humour sympathique quand on veut voir un programme sans prise de tête. Loin d'être honteux, j'avais même hâte à chaque fois de voir l'épisode suivant et maintenant il me tarde de découvrir la prochaine saison. S'intégrant très bien dans l'univers Marvel, on aurait pu en avoir beaucoup plus, je ne le nie pas mais en l'état, ça me plait quand même beaucoup.

3.5




jeudi 21 mai 2015

Hannibal



"Je pense de plus en plus sérieusement à manger votre femme."

Bien qu'il m'ait moins marqué que son prédécesseur et que ça faisait un petit moment également que je ne l'avais pas revu, je gardais pourtant un bon souvenir d' "Hannibal". Du coup, c'est d'une certaine façon assez confiant que je me suis mis à mettre le dvd de ce long métrage dans mon lecteur.

Et finalement après mon visionnage, je dois me rendre à l'évidence que mon ressenti est peut-être un tantinet moins bon que le souvenir que j'en avais gardé. Le film n'est pas détestable non plus mais le scénario écrit par David Mamet et Steven Zaillian d'après l’œuvre de Thomas Harris possède quand même trop de maladresses pour avoir su vraiment me transporter avec lui. Le début est assez poussif (ça commence à vraiment me plaire à partir de l'heure de film...) et il y a plusieurs petits détails qui font que par moment, j'ai été détaché.

La pseudo romance (puisque cela n'en est pas une) entre Lecter et Starling est par exemple lourde et totalement hors sujet. La psychologie de Lecter semble nettement moins subtile, le scénario est carrément moins fin dans sa construction. Malgré cela, j'ai quand même réussi à aller jusqu'au bout en ayant la sensation d'avoir vu un bon film sympathique mais je suis quand même resté sur ma faim à l'image du dîner final, qui est tellement risible, que sa parodie dans la franchise "Scary movie" sonne comme une évidence.

Si le scénario qui se laisse quand même suivre est moins intense, c'est aussi le cas pour la distribution à commencer par un Anthony Hopkins en Hannibal Lecter qui m'ait apparu totalement sous exploité pendant une bonne heure et parfois grotesque dans l'heure suivante. Ce n'est pas trop la faute du comédien qui reprend bien son personnage (même si cette fois-ci, il fait quand même moins naturel) mais plus de la faute du scénario. Quoiqu'il en soit, dès qu'il est à l'écran, il s'impose assez aisément et il continue de m'offrir un petit plaisir coupable de voir un tel psychopathe.

Face à lui, Julianne Moore s'en sort bien en Clarice Starling. Elle n'arrive jamais à nous faire oublier Jodie Foster qui manque cruellement tant elle avait su s'accaparer le personnage mais Julianne Moore fait quand même ce qu'il faut pour ne pas être totalement ridicule. Si ce côté forte tête ne lui va pas toujours bien, j'ai quand même pris du plaisir à la voir évoluer à l'écran et à cause de cette première heure trop lourde, c'est quand même frustrant de voir qu'on ne l'ait pas plus mis en avant.

Derrière ce duo, on va retrouver des seconds rôles importants comme Ray Liotta en Paul Krendler. Il y a écrit "salaud de service" sur son front et c'est ce qu'on lui demande donc tant mieux mais le comédien a quand même été déjà plus inspiré. Il cabotine à fond, joue un personnage très creux et l'acteur réussit pas vraiment à faire en sorte qu'on le trouve intéressant. Même chose pour Gary Oldman en Mason Verger. L’acteur est alourdi par un maquillage bien trop lourd et parfois grotesque, ce n’est clairement pas le rôle de sa filmographie que je lui préfère. Heureusement que dans sa voix il réussit à lui donner un petit quelque chose pour le rendre intéressant, c'est ce qui permet à son personnage de ne pas sombrer davantage dans le ridicule.

Après, l'ensemble du casting est au final un peu à l'image du film. Les comédiens ne sont pas détestables mais on n’a pas de surprises et on aurait aimé quelque chose de plus consistant. Même une simple réapparition comme Frankie Faison en Barney est mal fichu (non mais sérieux c'est quoi cette scène avec les pigeons ???). Giancarlo Giannini en Inspecteur Rinaldo Pazzi est lui aussi une bonne caricature du policier bourru et une caricature de l'italien... Contrairement à ce que mon écrit peut laisser paraître, c'est vraiment pas mauvais mais c'est loin d'être suffisant quand même pour autant.

Même la réalisation de Ridley Scott me laisse sur ma faim. Le cinéaste sait filmer donc le résultat se laisse regarder et on a déjà vu bien pire mais à force de vouloir trop stylisé son œuvre, il en oublie son sujet principal. A force de vouloir trop en faire dans ses effets de style, on en oublierait presque le scénario avec cette mise en scène lourde qui étouffe tout. C'est aussi le cas du point de vue de la photographie ainsi que l'exploitation de la lumière. C'est encore plus flagrant dans ses décors et notamment Florence qui est presque montré comme une ville fade façon carte postale au point de tuer toute forme d'ambiance.

Ça joue d'ailleurs sur mon ressenti de la première heure du film car dès qu'on retourne aux États-Unis, c'est toujours lourd mais là, le côté "carte postale" s'efface un peu. Alors oui, les cadrages sont sympas, oui il y a des prises de vues intéressante mais j'ai plus ressenti ça comme une démonstration inutile plutôt que comme une réalisation fondé. Comme si cela ne suffisait pas, il y a aussi d'autres maladresses comme les sangliers ou encore le maquillage de Mason Verger (pour ne citer que ses deux exemples) qui nous ferait presque penser à une série B. Quant à la bande originale composée par Hans Zimmer et Steve Jablonsky, on a déjà vu mieux mais au moins elle colle au film.

Pour résumer, ma note ressentie concernant "Hannibal" aurait pu être légèrement plus basse. En effet, le long métrage possède beaucoup trop de défauts et de maladresses pour espérer atteindre à mes yeux le niveau de la précédente adaptation cinématographique des aventures d'Hannibal Lecter. La psychologie de Lecter est quasiment abandonné, le jeu du chat et de la souris avec Clarice se transforme en une "union" risible", les acteurs font le minimum syndical et Ridley Scott fait du zèle dans sa réalisation en oubliant son sujet ainsi que son ambiance. Comme si cela ne suffisait pas, la première heure très poussive m'a empêché de vraiment adhérer à cette nouvelle lecture du mythe. Maintenant, malgré tout ça, j'ai quand même un plaisir coupable de revoir Anthony Hopkins en Lecter ce qui fait que j'ai réussi à suivre sans trop me forcer. Le mythe de Lecter à suffit pour cette fois-ci et joue pour beaucoup à ma note ressentie un peu plus élevé que ce qu'elle devrait être mais ce n'est vraiment pas le long métrage que je m’étais gardé en souvenir et après mon visionnage, malgré un certain plaisir, je suis quand même resté sur ma faim. Dommage...

Liens divers :



3.0




mardi 19 mai 2015

Le silence des agneaux (The Silence of the Lambs)



"J’ai été interrogé par un employé du recensement. J’ai dégusté son foie avec des fèves au beurre, et un excellent chianti."

Cela faisait un petit moment maintenant que je n'avais pas revu "Le silence des agneaux", film que j'aime beaucoup pourtant. Le fait d'avoir découvert "Le Sixième Sens" de Michael Mann m'a donné envie de me replonger dans l'univers d'Hannibal Lecter et c'est donc ainsi que je me suis retrouvé à revoir ce long métrage.

Le plaisir est toujours intact. J'adore toujours autant ce scénario écrit par Ted Tally et Thomas Harris d'après l’œuvre de ce dernier. J'ai toujours eu un petit faible pour les histoires traitant de psychopathe, de serial killer et j'aime particulièrement lorsque ceux-ci tente (que ce soit de façon crédible ou non) de nous faire rentrer dans la tête de ses tueurs. C'est pourquoi ce film a tout pour me plaire. L'intrigue est vraiment palpitante et même si on peut y reprocher parfois un lancement un peu grossier (on peine à croire quand même qu'une stagiaire soit sur une affaire aussi importante), je suis quand même pris de bout en bout.

L'intrigue est vraiment captivante. Chaque élément de ce récit nous aide à avancer dans l'enquête jusqu'à son dénouement. Mais la plus grande force de ce film, au-delà de l'enquête, c'est la construction de cette relation entre Hannibal Lecteur, notre célèbre cannibale, et Clarice Starling, notre jeune stagiaire. Ce jeu du chat et de la souris où on voit comment une personne avec ses faiblesses, sa jeunesse et un brin d'innocence va se retrouver manipuler est très intéressante. Cette idée que le chat attrape cette souris sans aucun scrupule et sans aucun échappatoire rend l'ensemble encore plus noir et dure psychologiquement rendant ce scénario encore plus passionnant et l'emmenant bien plus loin qu'une simple enquête policière.

Et ce chat psychopathe est magistralement interprété par Anthony Hopkins. Je n'ai rien contre la précédente prestation de Brian Cox mais force est de constater qu'Anthony Hopkins a su s'approprier son personnage et lui donner très rapidement ses lettres de noblesses. Charismatique, angoissant que ce soit dans son regard ou dans sa gestuelle, terrifiant, le tout avec un timbre de voix bien posé fait que l'acteur nous livre un jeu incroyable. Sans jamais cabotiné, il réussit à rendre palpable la folie de son personnage tout en lui donnant un côté très sérieux dans ses actes. Hannibal Lecter sait ce qu'il fait, il a conscience de ce qu'on lui reproche, il assume ses actes et c'est cet ensemble combiné à son intelligence qui le rend encore plus dangereux. Autant d'aspect qu'Anthony Hopkins a su très bien retranscrire à l'écran.

Face à lui, Jodie Foster est elle aussi remarquable en Clarice Sterling. La comédienne joue très bien le jeu de cette jeune femme un brin innocence qui ne s'est pas encore envolé de son cocon et qui avant de rencontrer Hannibal Lecter, n'avait pas encore pleinement conscience du monde qui l'entourait. L'actrice joue elle aussi tout en retenue. Elle sait s'imposer quand c'est nécessaire tout comme elle sait s'effacer lorsque son personnage devient plus vulnérable. Il y a une évolution chez elle que je trouve très plaisante et même si son jeu est un peu moins ambigüe que celui d'Anthony Hopkins, Jodie Foster reste quand même incroyable.

C'est ce face à face qui est le point fort de cette intrigue. Reste que la suite de la distribution ne démérite pas non plus. Scott Glenn fait un excellent Jack Crawford par exemple. On ressent bien le côté mentor qu'il peut avoir vis à vis du personnage de Clarice Starling et même si on le voit peu, on devine aisément pourquoi elle le choisit comme modèle professionnel. Anthony Heald en Docteur Frederick Chilton est lui un peu plus caricatural dans le registre de la tête à claque. Très vite, on voit le nom de "salaud" écrit sur son front et son personnage manque peut-être un peu de subtilité mais il en demeure pas moins très bien joué quand même. Notons aussi l'excellente performance de Ted Levine en Jame 'buffalo bill' Gumb, totalement décalé et atteint par sa folie.

La réalisation de Jonathan Demme est également impeccable. Dès les premières secondes, sans aucune surenchère, le film fascine et on est pris dans cet univers. J'ai énormément apprécié le fait que le cinéaste ne joue jamais avec le voyeurisme gratuit. Le long métrage est dur, psychologiquement, c'est assez intense et il y a une violence morale qui est très marquante mais à aucun moment, le réalisateur ne va chercher à en faire des caisses. Pas d'exposition excessif de sang ou de détails inutiles.

Tout est très bien pensé avec des cadres parfaitement bien choisi et une mise en scène fluide qui rend le film très agréable à suivre malgré la dureté de ses propos. C'est assez intéressant de voir d'ailleurs avec le recul, le nombre de scène culte qui ont su marquer l’imaginaire collectif à commencer par le premier face à face entre Hannibal et Clarice qui fait partie des moments d'anthologie de l'histoire du septième art. C'est vraiment très bien filmé et chaque scène a son importance.

Il y a un très bon travail qui est fait également sur la lumière. La photographie nous plonge bien aussi dans cette ambiance assez glauque tout comme l'exploitation des différents décors. Que ce soit la prison de Lecter ou la maison de Buffalo Bill, chaque décor m'a vraiment beaucoup plu. Le choix des costumes et des accessoires et aussi bien pensé. La muselière d'Hannibal Lecter a su par exemple devenir culte avec le temps. Quant à la bande originale composée par Howard Shore, je l'ai bien aimé aussi, je trouve qu'elle s'adapte bien au rythme général et n'étouffe jamais le film.

Pour résumer, j'ai beau l'avoir vu à de nombreuses reprises, c'est toujours un plaisir pour moi que de revoir "Le silence des agneaux". Film culte qui a marqué le cinéma, c'est typiquement le genre de polar bien noir et intelligent que j'aime suivre avec en prime un psychopathe très cinématographique. Le scénario vraiment brillant, la mise en scène parfaite et l'interprétation géniale avec un Anthony Hopkins au sommet de son art font que ce thriller reste passionnant de bout en bout. A titre personnel, je trouve en plus qu'il vieillit vraiment bien surtout que même après de nombreux visionnage, je continue d'être pris à chaque fois par cette histoire. Un très grand classique dont je ne me lasse pas, un film comme je l’aimes.

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5.0




dimanche 17 mai 2015

Slumdog millionaire



"L’argent et les femmes : les deux raisons pour lesquelles ont fait le plus d’erreurs dans la vie."

Cet avis à été écrit lors de la sortie en salles du film. Je le reposte aujourd'hui car j'ai revu le film récemment et mon avis à son sujet n'a pas changé.

J'ai beau être en général assez admiratif du travail de Danny Boyle, je dois reconnaître que ce "Slumdog millionnaire" ne m'attirait pas tant que ça au départ et ce n'est pas qu'une question de rapidité. Le projet avait l'air sympa mais bon, je n’étais pas emballé. Puis au final, à force d'en entendre de bons échos, c'est fraîchement récompensé de quatre Golden Globes que j'ai fait appel à mon meilleur ami Vincent et que j'ai finalement été le voir. Je m'attendais à un film pas très captivant mais divertissant tout de même.

Premier palier, le scénario. Une vraie claque. Alors que je pensais m’ennuyer, j'ai vraiment été tenu en haleine de bout en bout par ce scénario écrit par Simon Beaufoy d'après l’œuvre de Vikas Swarup qui est à la fois drôle et très émouvant. Utilisant comme prétexte (très efficace), les questions du jeu "Qui veut gagner des millions ?", le film retrace la vie d'un jeune indien qui n’a pas été gâté par la vie. Bien au contraire, on peut affirmer qu'il a vécu les pires atrocités et même du côté de son frère qui est rapidement devenu sa seule famille, il n'as pas souvent trouvé le soutien que cette bonne bouille pouvait espérer avoir.

C'est d'ailleurs ça qui est super dur à encaisser. Le fait que ce jeune garçon ne possède pas la moindre once de méchanceté et de voir, impuissant, comment on profite de sa gentillesse et comment à chaque fois il pardonne. On sympathise rapidement avec lui d'ailleurs et on ne peut qu'être ébahi par le courage qu'il possède pour son âge face à des situations où bien d'autres aurait déjà baissé les bras. Suivant le fil des questions du jeu, on peut trouver que le scénario se base sur quelques facilités mais on les lui pardonnera assez facilement tellement l'histoire nous passionne et nous offre une leçon de vie.

Une leçon de vie mais aussi une très belle leçon d'amour car un autre fil rouge traverse le film autre que le fameux jeu en lui-même, celle de l'amour du jeune Jamal prêt à tout pour la belle Latika qu'il aime avec tendresse mais aussi un respect énorme qui se ressens tout le long du film. Cette romance, loin d'être bateau, permettra aussi de pouvoir en apprendre un peu plus sur le personnage principal qui va se voir trouver une force psychologique assez impressionnante quand sa dulcinée est en danger (il s'impose plus pour elle quand elle est en danger que pour lui-même).

Le scénario dresse aussi un tableau sur une Inde pauvre extérieurement, mais très riche intérieurement. Tout en mettant en avant la culture indienne et la vie qu'il peut régner dans ce pays, le film dénonce aussi une certaine hypocrisie du monde extérieure surtout lors de la scène au Taj Mahal ou celle de la construction du centre d'affaires, où on peut voir que les autres pays ne voit de l'Inde que ce qu'ils ont envie de voir tout en gardant un ton moralisateur comme si ils cherchaient à se dédouanait ("Tiens, je vais te montrer moi ce que c'est que l'Amérique" :O ). Avec un très bon dosage scénaristique, c'est du 50-50 et chaque élément s'avère être important et traité de manière très juste.

Deuxième palier, le casting. Ne connaissant que de noms la série "Skins", je ne savais pas du tout à quoi m'attendre avec ce casting composé principalement pour moi que de parfaits inconnus. Mais le film est fait et impossible de prendre le switch pour changer la distribution. Et bien ce n’est pas plus mal finalement car le fait pour ma part de ne pas connaitre ses acteurs m'as permis de pouvoir me sentir proche d'eux. Chaque acteurs est au service du film, chacun donnant le meilleur de soit même pour cette histoire passionnante mais aussi pour faire évoluer les personnages de la meilleure des façons qui soit.

Du côté de notre héros Jamal Malik, les jeunes Ayush Mahesh Khedekar et Tanay Hemant Chheda sont touchant. Bien que j'ai du mal à prononcer leurs prénoms, j'espère que je pourrais les revoir un de ces jours dans un autre film car je les ai vraiment trouvé convaincant. Quant à Dev Patel, j'étais un peu sceptique avec lui au début mais il a su faire évoluer son rôle de la meilleure façon qu'il soit. D'abord fragile, il se montre de plus en plus touchant et sûr de lui au fil des minutes qui s'écoulent. Parfait dans son rôle, j'ai vraiment bien aimé sa prestation et la naïveté qu'il dégage lorsqu'il est sur le plateau de télévision.

Azharuddin Mohammed Ismail et Ashutosh Lobo Gajiwala sont eux aussi très bons dans les rôles du méchant frère orgueilleux, profiteur et ambitieux. Les traits de la personnalité de Salim seront à leurs paroxysmes avec le jeu de Madhur Mittal qui apporte une finalité prévisible à son personnage même lors de sa dernière scène. Pour la belle Latika qui fait chavirer le cœur de Jamal, je n’ai pas trop été surpris par la prestation de Rubiana Ali et Tanvi Ganesh Lonkar même si leurs jeux reste correct mais c'est surtout encore une fois quand son personnage à l'âge de 18 ans que son personnage devient captivant. A cet âge, c'est la sublime Freida Pinto qui ébloui l'écran par sa beauté mais aussi par son jeu loin d'être anodin. Plus qu'une simple belle femme, l'actrice y joue une femme qui elle aussi n'as pas été gâté par la vie avec force et justesse.

Pour le reste de la distribution, les seconds rôles sont tous aussi bons les uns que les autres même si pour moi deux sortent un peu du lot. Irfan Khan dans son rôle d'inspecteur de police que j'ai bien aimé. C'est le seule acteur de cette distribution que j'avais déjà vu avant dans quelques films américains. J'aime beaucoup le charisme qu'il dégage mais aussi avec quel sobriété il va jouer son rôle. Avec son interprétation, c'est aussi le personnage dont je me sens le plus proche car tout comme lui, au fur et à mesure j'ai découvert l'histoire de Jamal et tout comme nous Irfan Khan est surtout un spectateur qui va d'abord douté avant d'être au final touché par cette histoire. La palme revient tout de même à Anil Kapoor dans le rôle du présentateur vedette. L'acteur dégage un petit quelque chose qui captive malgré son côté prétentieux et irrespectueux mais plus que tout, sa façon de jouer est si bonne qu'on a vraiment l'impression qu'il est le vrai présentateur de "Qui veut gagner des millions ?" version indienne.

Troisième palier, la réalisation. Bien que mis en avant comme étant un film de Danny Boyle (on y retrouve d'ailleurs sa patte ;-) ), le film a également été coréalisé par Loveleen Tandan. A eux deux, ils ont en tout cas réussi à faire un film d'une véritable richesse visuelle. Fourmillant de plans tous aussi bien filmé les uns que les autres, on se retrouve plongé au cœur d'une Inde vivante qui ne cesse de se construire mais aussi de se détruire. Les décors sont magnifiquement bien exploités en alternant plan de cartes postales et plans d'une tristesse incroyable.

Toujours bien positionné, la caméra nous offre un point de vue intéressant qui nous plonge vraiment dans le vif du sujet comme si on avait grandi nous aussi avec Jamal et son frère. L'atmosphère y est très bonne et derrière une légèreté apparente, on sent que chaque scène a été travaillé avec beaucoup de sérieux sans jamais étouffé le film. Cerise sur le gâteau, la bande originale du film composée par A.R. Rahman est tout simplement sublime et colle à merveille avec le sujet pour finir en bonus en apothéose avec une scène dansante finale qui sans être forcément nécessaire à au moins le mérite de finir le film d'une autre façon que de manière classique à la limite du cliché.

Le très bon rythme du film associé à une mise en scène plus qu'efficace permet de ne jamais avoir de temps morts et de ne pas voir les minutes passé. Cela permet aussi d'apporter une certaine bouffé d'oxygène à ce film qui est très triste. Sans cette façon de filmer et cette très belle musique, le film aurait pu être plus dur à encaisser car malgré un happy end prévisible quand on voit l'affiche du film, dans l'ensemble c'est loin d'être rose.

Pour résumer, ça vaut peut-être pas des millions de roupies mais ce "Slumdog millionnaire" est tout simplement l'un de mes plus grands coup de cœur pour ce début d'année 2009 que je recommande très fortement. Je sais pas si l'avis du public vis à vis de ce film sera bon ou pas (même si apparemment d'après ce que j'ai lu pour le moment c'est bien parti ;-) ) mais on est vraiment en présence d'un vrai bon film de cinéma qui nous touche au plus profond de nous. Malgré sa légèreté une nouvelle fois, j'ai trouvé que c'était un film assez dur mais dont le final positif nous met du baume au cœur et nous donne envie de croire que la roue finie toujours par tournée du bon côté à un moment donné et qu'il n'est jamais trop tard pour savourer ces moments de bonheur. J'ai vraiment trouvé peu de défauts à ce film qui m'as vraiment surpris et que j'ai adoré de bout en bout au point de penser à déjà l'acheter en dvd et d'essayer de me procurer la bande originale du film (je me tâte encore pour la BO ^^ ). Ne vous fiez pas à l'affiche en tout cas et allez voir ce film qui mérite le déplacement en salles. Pour avoir vu la bande annonce du film en français je ne peux que recommander fortement la version originale (surtout pour la voix du présentateur) mais quoiqu'il en soit, "Slumdog millionnaire" est excellent. A, B, C ou D, vous vous êtes sans doute fait une petite idée sur le film en voyant l'affiche qui même si elle n'est pas très belle vous permet de rentrer un peu dans le film en vous faisant votre opinion mais si vous hésitez encore, sans prendre un joker je vous le recommande et c'est mon dernier mot :-) .

5.0




20 ans d'écart



"- Un problème ?
- Ah ouais, y'as un problème ouais. Il y à un syndicaliste qui s'est perdu là !"


Cet avis a été écrit lors de la sortie en salles du film. Je le reposte aujourd'hui car j'ai revu le film récemment et mon avis à son sujet n'a pas changé.

Pierre Niney et Virginie Efira… Ce sont principalement pour ses deux comédiens que j’ai eu envie de me déplacer en salles pour découvrir « 20 ans d’écart » qui avait tout de la comédie simpliste comme je les aime. De plus, j’étais assez curieux de voir le travail de David Moreau, un réalisateur que j’apprécie et que je n’ai pas l’habitude de voir dans ce registre.

Et le résultat est assez surprenant. Je m’attendais à une comédie assez potache, assez simpliste mais le scénario écrit par David Moreau et Amro Hamzawi prend le temps d’installer ses personnages et la romance pour qu’au final, on s’attache plus facilement à nos héros qu’à leurs aventures. Bien sûr, le final est archi prévisible et dans le fond il n’y à pas grand chose de nouveau à se mettre sous la dent mais pourtant, on est plus en présence d’une comédie qui nous fait sourire nerveusement tant parfois on se sens mal pour les personnages. Non pas que leurs aventures soient ridicules (même si quelques scènes font quand même bien rire quand même ça reste une comédie populaire) mais parce qu’on éprouve une telle empathie pour eux qu’on à envie que tout se passent bien pour eux. Résultat, au delà du simple potentiel comique et de la romance, il y à une légère dimension humaine que j’ai apprécié.

Faut dire aussi que les comédiens, à commencer par nos deux héros, s’en donne à cœur joie pour rendre leurs personnages sympathiques. Même Virginie Efira en Alice, malgré les défauts et le côté opportuniste qu’elle peut avoir s’avère touchante dans ce monde qui la dépasse de plus en plus. J’apprécie beaucoup cette comédienne et une nouvelle fois elle ne m’a vraiment pas déçu se donnant vraiment à fond dans son rôle. Elle forme une excellente complicité avec Pierre Niney en Balthazar, le jeune homme naïf au grand cœur qu’on à tous envie d’avoir comme pote et qui apporte aussi beaucoup de fraîcheur et de pétillant dans ce film. Le couple fonctionne et c’est déjà en soit une grande réussite. Le reste du casting est très bon aussi avec des seconds rôles très drôle même si c’est quand même Charles Berling en père de Balthazar qui réussi à tirer son épingle du jeu tant il est énorme à chaque apparition.

Pour la réalisation, une nouvelle fois j’ai bien aimé le travail de David Moreau. Pour cette comédie il ne renouvelle pas le genre mais utilise une base solide avec des plans très esthétique qui rende ce film très agréable à voir. Il y à une jolie photographie et chaque scène semble avoir son importance. Tout s’enchaîne assez vite avec une bonne fluidité et du coup, je n’ai pas vu le temps passé. J’ai beaucoup aimé les différents contrastes (décors, lumière, photographie etc etc) entre le monde « scolaire » de Balthazar et le monde de la mode d’ « Alice ». La bande originale composée par Guillaume Roussel est elle aussi très appréciable et accompagne bien ce long métrage avec par moment une certaine douceur classique mais bonne.

Pour résumer, j’ai eu exactement ce que je voulais devant « 20 ans d’écart ». C’est pas la comédie du siècle mais ça reste un divertissement populaire très plaisant qui m’a provoqué pas mal de sourire. Le film doit aussi beaucoup à son duo phare Virginie Efira – Pierre Niney qui rendent leurs personnages tout de suite sympathique et à la mise en scène soigné qui à défaut d’être véritablement original fait le job en remplissant son cahier des charges. Ce fut un plaisir en tout cas de voir ce film que je reverrais bien.

3.5




Girls only (Laggies)



Bien sûr, ceux qui me connaisse un minimum sont au courant du fait que j'apprécie Keira Knightley. Pourtant, cette dernière est loin de me faire déplacer en salles depuis quelques temps mais je continue malgré tout à la suivre car il lui ait arrivé à plusieurs reprises de me surprendre dans son interprétation. Profitant que je n'avais pas beaucoup de films à voir à ce moment-là, je me suis donc diriger vers ma salle de cinéma pour visionner "Girls only" où elle tient le haut de l'affiche.

Dire que je suis sorti de ma séance un brin déçu est un doux euphémisme. En effet, j'ai trouvé ce scénario écrit par Andrea Seigel d'un ennui assez profond. Je sais que je ne suis sans doute pas le public visé, que cela s'adresse sans doute à un public un peu plus féminin, mais même avec ce constat, j'ai trouvé cette histoire très pompeuse. Pourtant, les thèmes que ce film aborde, bien que très classique, est intéressant. Ce passage de l'adolescence au monde adulte, cette volonté de vouloir vivre pleinement sa vie ainsi que ses rêves, vouloir garder sa jeunesse... Ce sont des thèmes qui aurait pu véhiculer quelques bons sentiments mais cette histoire m'a semblé si vide que dès les dix premières minutes, j'ai vite su que j'allais trouver le temps long au point de me demander à plusieurs reprises si je devais rester jusqu'à la fin (chose que j'ai faite car je n'aime pas quitter une séance).

Le casting ne m'a pas aidé non plus. Keira Knightley en Megan ne m'a jamais réellement convaincu et je suis même assez surpris d'avoir apprécié le jeu de Chloë Grace Moretz en Annika alors qu'en temps normal, cette comédienne m’agace plus qu'autre chose. La complicité que l'on veut nous faire croire entre ses deux comédiennes ne fonctionne jamais et cela ne m'a pas aidé non plus pour être captivé par cette histoire. Fort heureusement, Sam Rockwell en Craig pointe le bout de son nez et même si c'est tardivement, c'est vraiment à partir de ce moment-là que le long métrage à réussit à devenir un tantinet plus intéressant. Je ferais l'impasse sur le reste de la distribution que je n'ai jamais trouvé crédible non plus et qui m'ont même plus irrité qu'autre chose comme Mark Webber en Anthony ou Ellie Kemper en Allison pour ne citer qu'eux dont la prestation est assez désastreuse.

Première réalisation que je vois de Lynn Shelton, sa mise en scène est très loin de sauver les meubles aussi. C'est très académique, très vide, sans aucune saveur et par moment, on a même des cadrages que je trouve vraiment ridicule. Cette réalisation possède pour moi tous les éléments du film que je vais vite mettre dans la catégorie "oubliable". J'ai déjà vu pire et plus détestable à suivre mais ici, le résultat est quand même assez quelconque. Je n'ai trouvé aucune chose qui aurait pu susciter mon intérêt devant cette œuvre. Même la bande originale composée par Benjamin Gibbard se fond dans le décor pour devenir anodine. Que ce soit dans la comédie ou dans le drame, ce long métrage s'avère totalement raté à mes yeux.

Pour résumer, je savais que je n'étais pas principalement le public visé mais même en condition, j'ai trouvé ce "Girls only" très mauvais. Il n'est pas foncièrement méchant, j'ai déjà vu bien pire mais ça reste quand même très ennuyeux et peu intéressant. Que ce soit dans son scénario, son interprétation ou sa mise en scène, ce film est à mes yeux assez quelconques et s'oublie très vite. Ma note ressentie aurait même pu être un peu plus mauvaise je pense mais la présence de Sam Rockwell a su un peu limiter la casse. C'est bien peu mais je prends ce que je peux car malgré tout, j'ai quand même eu envie de partir de la salle à plusieurs reprises tant il ne se passait pas grand-chose de palpitant à l'écran...

1.0




Howard... Une nouvelle race de héros (Howard the duck)

Howard... Une nouvelle race de héros


"- Vous êtes... un canard ?
- De grâce, toutes ces remises en questions finiront par saper mon amour propre."


Long métrage comptant parmi les films maudits pour Marvel et George Lucas son producteur, je n'avais jamais vu jusqu'à aujourd'hui "Howard... Une nouvelle race de héros". Pourtant avec le temps, le film a su cultivé son statut d’œuvre culte de par son côté nanardesque et c'est donc grâce à une sortie de ce film en Blu-ray que j'ai enfin pu le découvrir.

Dès ses premières secondes, cette œuvre a su se hisser parmi mes petits plaisirs coupables. En effet, le scénario écrit par Willard Huyck et Gloria Katz d'après l’œuvre de Steve Gerber est assez fidèle à ce que j'en avais entendu. Le scénario est très risible, c'est bourré de facilité, c'est ultra kitsch, peu crédible mais bizarrement, ça apparait tellement décomplexé que ça m'a fait marrer de bout en bout. L'histoire de base est si farfelue que j'en espérais pas moins et c'est ainsi que j'ai passé un très bon moment sans me prendre trop la tête.

On ne va pas se mentir, ça vole très bas mais comme un bon vieux nanar, j'ai pris mon pied devant ce film dont le principal défaut est surtout d'être assis entre deux sièges. S'adressant de prime abord à un public enfantin, son contenu explicitement sexuel par moment le fait plus destiné à un public plus adulte du coup, le dosage mal équilibré explique peut-être son échec commercial. Quoiqu'il en soit, avec son lot de répliques excellente et ses situations très cocasses, je comprends assez facilement le statut culte que ce film a pu avoir avec le temps.

Devant la caméra, la vraie vedette, c'est bien évidemment Howard le canard. Son côté marionnette comme le fut un temps les Tortues ninja font que l'aspect kitsch de ce film est davantage accentué et encore plus de nos jours. Difficile de parler de prestation d'acteur tant la marionnette est peu crédible même si cela colle bien avec le côté ultra décalé de ce long métrage. En tout cas, c'est un véritable plaisir coupable que de suivre ce héros hors norme avec sa gestuelle maladroite et son regard qui joue beaucoup aussi sur la sympathie que j'ai pu éprouver pour lui.

A ses côtés, Lea Thompson en Beverly Switzler m'a elle-aussi beaucoup plu. J'ai énormément apprécié la fraicheur de son personnage ainsi que son petit brin de folie qui permet de former un très bon duo avec Howard. Si par moment sa relation avec ce dernier est un peu douteuse (avec justement cet aspect sexuel mis en avant par moment), je dois avouer que cela contribue aussi fortement au plaisir que ce nanar peut me procurer. Quoiqu'il en soit, ce fut un vrai plaisir que de la voir évoluer à l'écran.

Derrière, le reste de la distribution fait aussi le job. Pas de palme particulière mais pas de naufrage non plus. C'est tout aussi risible mais ça colle à l'ambiance. Tim Robbins en Phil Blumburtt cabotine à fond (on comprend mieux pourquoi ce n'est pas le rôle de sa carrière) tandis que Jeffrey Jones en Docteur Walter Jennings s'avère être une bonne surprise surtout lorsque son personnage va prendre une tournure encore plus décalé dans son final. Acteur que j'apprécie de voir par moment, ça m'a bien fait sourire aussi de retrouver Paul Guilfoyle en Lieutenant Welker.

Côté réalisation, Willard Huyck n'aide pas à sortir ce film du côté des nanars. C'est tellement grossier que c'est aussi ça qui le rend drôle. Au moins on ne peut pas lui enlever une chose, ce long métrage sent bon les années 80 et avec le temps, ça lui donne beaucoup de charme pour jouer sur le côté kitsch. La restauration du film en Blu-ray contribue un peu plus à mettre en avant ses défauts visuels mais là encore, je reconnais que je ne boude pas mon plaisir devant par exemple des effets spéciaux à mourir de rire.

Après, j'ai quand même déjà vu des mises en scènes plus atroce mais c'est vrai que le résultat ici est quand même loin d'être positif même si c'est ce qui fait tout son attrait. Je ne sais pas quel aurait été son effet sur moi si je l’avais découvert plus jeune mais là en l'état en tout cas, c'est tellement décalé et de façon tellement assumé que le résultat ne peut que me plaire surtout avec ses quelques clins d’œil sympathique. J'ai beaucoup aimé aussi la bande originale composée par John Barry qui colle bien au kitsch ainsi que son utilisation comme lors de la dernière scène qui m'a fait penser à "Retour vers le futur" où jouait une certaine... Lea Thompson.

Pour résumer, il m'aura fallu du temps mais je ne regrette vraiment pas d'avoir enfin pu voir "Howard... Une nouvelle race de héros" tout comme je ne regrette pas de me l'être pris en Blu-ray car c'est un film que je reverrais très certainement. Nanar très années 80, c'est typiquement le genre de plaisir coupable qui, cinématographiquement, n'apporte pas grand-chose mais qui peut quand même nous divertir grandement en soirée entre potes quand on est en condition. Avec son lot de répliques et de situations loufoque ainsi que son look ultra kitsch, j'ai vraiment pris mon pied devant ce divertissement dont le principal défaut serait pour moi de ne pas avoir su réellement tranché pour savoir à quel public cette œuvre était destinée. C'est peut-être du gros n'importe quoi mais parfois, ça fait du bien pour se vider la tête. De plus Howard ainsi que Lea Thompson sont très sympa à suivre donc pourquoi s'en priver.

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3.5




Mad Max : Fury Road



"- Tu avais dit quelques véhicules à ta poursuite. Je compte trois convois de guerre !
- J'ai manqué de chance."


Bien que je ne sois pas spécialement un fan de la franchise, j'ai quand même toujours globalement apprécié l'univers de Max Rockatansky. Du coup, lorsque j'ai su qu'un quatrième volet allait sortir en salles à savoir "Mad Max : Fury Road", c'est tout naturellement que j'ai fait le déplacement dans mon cinéma peu de temps après m'être revu les trois précédents films en Blu-ray.

Trente ans se sont écoulés entre ce quatrième volet et le premier... Cela se ressent fortement... Et c'est une excellente chose. Sans renier ce qui avait déjà été fait, le scénario écrit par George Miller, Brendan McCarthy et Nick Lathouris dépoussière la saga pour nous la remettre au goût du jour. Pas véritablement une suite mais plutôt une sorte de reboot qui fait quand même quelques petits liens avec ce que l'on avait déjà pu voir, cette nouvelle aventure plus contemporaine nous propose un spectacle de haute envolée.

Énorme course poursuite de deux heures avec son lot d'explosions, de folies et même d'humour, c'est un grand plaisir que les fans de la première heure retrouveront ici. Sans jamais dénaturer le chemin déjà parcouru, cette histoire ne perd pas son temps et nous plonge directement dans son monde apocalyptique en nous proposant une relecture de cette mythologie que je trouve passionnante. Si le début est un peu poussif (j'avoue que tout ce délire n'est pas toujours mon trip), j'ai beaucoup aimé y retrouver les thèmes phares de cette saga qui nous replonge dans une société livré à elle-même, dévastatrice et qui nous permet même de faire un certain parallèle avec le commencement de l'humanité et sa vocation à survivre (la petite phrase de fin est en soit excellente et bien choisie).

La passation de témoin entre Mel Gibson et Tom Hardy dans la peau de Max Rockatansky se fait elle aussi assez facilement. Je ne le nie pas, je préfère largement Mel Gibson (j'adore cet acteur en même temps) mais Tom Hardy ne démérite pas et marque très rapidement de sa présence. Charismatique et convaincant, c'est juste un peu dommage que par moment, il m'est semblé un peu en retrait et ses répliques peu présente dans le film n'ont fait que accentuer cette sensation.

Ce n’est pas vraiment de la faute de l'acteur qui fait le boulot mais plus de la faute d'un scénario qui met plus en avant une Impératrice Furiosa magistralement interprété par Charlize Theron. La comédienne ne vole pas la vedette à Tom Hardy mais son rôle de femme à poigne fait qu'elle s'impose assez vite et devient tout aussi importante que son alter ego masculin. Ce qui fait la différence, c'est que j'ai trouvé ses motivations et sa quête d'elle-même, plus noble et plus intéressante. En tout cas, le duo entre les deux acteurs fonctionne bien.

Dans le rôle de Nux, j'ai bien aimé aussi Nicholas Hoult. C'est peut-être pas ma performance préféré du comédien qui se voit obligé de cabotiné et de jouer dans la surenchère pour interprété la folie de son personnage mais lui aussi s'intègre très bien dans cet univers. L'évolution de son personnage est même sympathique je trouve même si le changement de caractère qu'il peut y avoir m'a semblé un peu brutal surtout vers la fin. Quoiqu'il en soit, l'acteur fait lui aussi bien le boulot et ça fait plaisir.

Déjà connu dans le premier opus pour son mythique rôle du Chirurgien, on retrouve dans cette nouvelle opus Hugh Keays-Byrne qui est totalement méconnaissable (et heureusement car cela aurait choqué sinon) dans son nouveau personnage Immortan Joe. Toujours aussi déjanté et encore plus imposant et fou que ce qu'il avait déjà pu nous montrer jusqu'à présent, je regrette même qu'on ne le voit pas un peu plus. Il incarne en tout cas un nouveau méchant très crédible pour cette franchise et assez appréciable à suivre dans sa folie même si tout le côté secte qui l'entoure ne m'a pas passionné plus que ça.

Le reste du casting est excellent également. J'ai bien aimé le fait que la femme soit un peu plus mise en valeur. Pas toujours de façon imposante comme pour Charlize Theron, parfois peut-être un peu trop transparente ou pas assez exploité mais quand même très agréable à suivre comme Rosie Huntington-Whiteley dont le personnage de Splendid m'a plu dans son évolution ou encore Zoë Kravitz (qui est décidément partout en ce moment) en Toast. Megan Gale en Valkyrie aussi m'a plu même si on ne l'exploite vraiment pas assez tout comme le reste de sa tribu.

Bourré de testostérone, cette présence féminine dont la plupart ne se laisse pas faire non plus est en tout cas une idée fort judicieuse et qui ne gâche en rien le plaisir du film même si Max Rockatansky peine parfois à vraiment exister devant cette multitude de personnages. On retrouve aussi d'autres acteurs qui m'ont amusé sinon comme Nathan Jones, très drôle en Rictus Erectus ou alors Josh Helman en Slit dont on sent qu'il y avait aussi du potentiel avec lui.

Derrière la caméra, George Miller a beau avoir 70 ans, il démontre qu'il a gardé toute sa superbe. Sa réalisation est juste magnifique. Dès les premières secondes, il nous fait oublié les quelques lenteurs du premier volet et le côté ultra kitsch du troisième pour se hisser en terme de qualité au niveau du deuxième. Il le surpasse même très largement d'un point de vue technique avec une mise en scène qui multiplie les angles et les prises de vues ahurissante qui rende cette méga course poursuite encore plus dingue.

Avec (selon Allociné en tout cas) 80% des effets visuels fait de façon naturel en se passant de l'informatique, le réalisateur nous fout une grande claque dans la gueule et nous démontre que le grand spectacle n'est pas mort quand on à la force de se lancer à fond dans son œuvre. Il dépoussière vraiment totalement le mythe qu'il a mis en place avec en plus un excellent montage qui rend l'ensemble très dynamique. Si par moment on retrouve quelques petits creux, il est en tout cas bien loin le temps des lenteurs et on a peu de temps à chaque fois pour reprendre notre souffle.

Le spectacle grandiose qui nous ait proposé fait que j'ai vraiment eu la sensation d'être poursuivi moi aussi dans ses décors désertiques apocalyptiques qui sont juste d'une beauté inouïe. La photographie est superbe et la lumière saisissante avec ses couleurs qui nous donnent la sensation d'avoir du sable qui nous entoure jusque dans nos poumons. J'ai beaucoup aimé d’ailleurs la variété des décors qui aide aussi à rendre ce désert cinématographiquement magnifique.

Visuellement, c'est quand même assez dingues avec des véhicules customisé de façon excellente, des chorégraphies automobiles parfaites, des costumes qui cette fois ci nous font oublier le côté kitsch que l'on pouvait avoir auparavant ainsi que des costumes qui incarnent bien la folie générale. Il y a un look et une ambiance que je trouve géniale. La scène de la tempête de sable, la traversée de la vallée des corbeaux, l'utilisation du guitariste enflammé ou encore le combat final pour ne citer que ses exemples m'en ont vraiment mis plein la vue.

George Miller y va à fond dans la surenchère mais il le fait avec maitrise et en soi, il nous livrerait même presque une leçon de cinéma. C'est dommage que son trip apocalyptique ne soit pas totalement ma came car en d'autres cas, il y aurait fort à parier que ma note ressentie aurait été plus forte mais en l'état, ça reste quand même très jouissif. Même la bande originale composée par Junkie XL m'a beaucoup plu. Elle colle bien au film avec cette chevauchée musicale qui apporte un lyrisme dramatique supplémentaire à cet opéra moderne.

Pour résumer, "Mad Max : Fury Road" est bel et bien la claque cinématographique annoncé. Ce n'est pas totalement un coup de cœur à mes yeux car c'est vrai que je n'adhère pas à fond à ce genre de trip apocalyptique mais j'ai grandement apprécié la façon dont George Miller a su renouveler son univers avec cette relecture fort intéressante qui dépoussière cette mythologie. Tom Hardy reprend bien le flambeau de Mel Gibson même s’il se fait un peu prendre le devant de la scène par une Charlize Theron parfaite, le scénario est efficace et la mise en scène tout simplement magnifique. Cette quatrième aventure est maitrisée de bout en bout et se déguste de façon quasi obligatoire au cinéma. Je le reverrais sans nul doute en Blu-ray mais c'est véritablement sur grand écran que cette œuvre puissante mérite d'être découverte tant visuellement on en a plein la vue. Une grande folie cinématographique qui tient en tout cas toute ses promesses.

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4.0




samedi 16 mai 2015

Le Sixième Sens (Manhunter)



"- Je sais que je ne suis pas plus intelligent que vous.
- Alors comment avez vous fait pour m'attraper ?
- Vous étiez désavantagé.
- Quels désavantages ?
- Vous êtes fou."


Lorsque j'ai commencé mon cycle Michael Mann, "Le Sixième Sens" était sans doute l'un des films du réalisateur que je n'avais pas encore vu et qu'il me tardait de découvrir. En effet, aimant beaucoup l'univers d'Hannibal Lecter, j'étais assez curieux de voir la vision que pouvait en avoir ce cinéaste bien avant qu'Anthony Hopkins prenne possession du personnage et c'est ainsi que je me suis mis à le découvrir en dvd.

Et je n'ai pas été déçu. J'ai bien aimé ce scénario écrit par Michael Mann d'après l’œuvre de Thomas Harris. Je comprends même assez facilement pourquoi ce long métrage possède une si grande aura dans la mythologie du célèbre serial Killer. De mon côté, je dois reconnaitre que je l'ai sans doute découvert trop tard. Après avoir vu les trois films avec Anthony Hopkins ainsi que celui avec Gaspard Ulliel tout en ayant suivi un peu la série avec Mads Mikkelsen, j'ai l'impression de venir après la guerre.

L'histoire est toujours passionnante et son traitement m'a beaucoup plu surtout qu’Hannibal est loin d'être le personnage central du film mais je n'ai pas vraiment eu la grande surprise que j’espérais. C'est assez frustrant de se dire que le fait de l'avoir vu en dernier joue sans doute beaucoup sur mon ressenti inconsciemment mais après, je reconnais aussi que c'est un très grand film dont le récit réussit néanmoins à me prendre avec lui de bout en bout malgré des longueurs et des lenteurs comme on peut en trouver dans le cinéma de Michael Mann. Très psychologique, j'ai toujours un faible pour ce genre d'histoire qui nous plonge dans les pensées d'un tueur en série, ça doit être mon côté psychopathe qui ressort.

Heureusement, le casting fait le boulot. William Petersen est ainsi excellent en Will Graham. Sa façon d'incarner son personnage fait un peu daté, on sent les années 80 mais l'acteur n'en demeure pas moins charismatique est réussi brillamment à porter ce film sur ses épaules. Je pensais que Brian Cox en Docteur Hannibal Lecktor serait un peu plus présent, j'attendais pas mal de leur confrontation mais force est de constater que celui-ci est très en retrait dans cette intrigue. Cela n'empêche pas son personnage d'être toujours aussi captivant, d'avoir son importance et de constater que Brian Cox l'incarne très bien même si encore une fois, mon ordre de visionnage joue sans doute et j'ai toujours un faible pour Anthony Hopkins qui a su donner ses lettres de noblesses à ce rôle.

Si Hannibal Lecktor est un peu plus en retrait, c'est parce que Tom Noonan est plus mis en avant dans la peau de Francis Dolarhyde. Ce dernier arrive réellement un peu tardivement dans l'histoire mais il fait un adversaire redoutable pour Will Graham. J'ai trouvé que le comédien jouait très bien la folie de son personnage. Il est assez intéressant de le voir évoluer surtout que l'acteur sait se montrer angoissant et terrifiant lorsque cela est nécessaire tout en montrant certaine fêlures dans sa psychologie comme lors de son duo avec Reba McClane, très bien joué par Joan Allen.

Dans le reste de la distribution, chaque acteur reste à sa place et m'a convaincu. Personne ne fait véritablement de fausses notes à mon sens. C'est ainsi que j'ai bien aimé retrouver Dennis Farina en Jack Crawford. Là encore, ce n'est pas le Jack Crawford que je préfère mais le comédien est quand même bien en place. Si Stephen Lang en Freddy Lounds est un peu agaçant avec son personnage de façon volontaire (et un brin caricatural sur la vision de la presse), je regrette en revanche que Kim Greist en Molly Graham soit un peu transparente. Je n’ai pas toujours trouvé son personnage utile, bien au contraire, je trouve qu'elle ralentit considérablement l'intrigue au même titre que David Seaman en Kevin Graham. Je comprends l'utilité de la famille pour le drame de cette histoire mais c'est traité de façon un peu trop lourde à mon avis.

Sinon, je vais faire dans l'originalité mais Michael Mann m'a une nouvelle fois offert une sublime réalisation. Très ancré dans son époque, j'ai beaucoup aimé les différents cadres du cinéaste ainsi que son utilisation des travellings optiques et des zooms. La réalisation de ce film possède un lyrisme qui est assez envoutant avec une exploitation de la lumière ainsi que des jeux d'ombres qui rendent l'ensemble encore plus fort dans son style visuel. Après, le montage qui prends son temps fait que l'ensemble peut paraître ennuyeux mais pour moi qui est quand même réussit à adhérer, j'ai beaucoup aimé.

J'ai bien aimé également les différents décors. Tout comme le visuel, ils font très années 80 mais leurs utilisations dans cette mise en scène m'a permis de bien me plonger dans ce polar noir dont l'ambiance joue beaucoup avec la psychologie des personnages. J'aurais aimé qu'on joue un peu plus sur le lien qui unit Will Graham avec les tueurs qu'ils pourchassent mais c'est assez bien mis en avant à l'écran quand même. Quant à la bande originale composée par Michel Rubini, j'ai bien aimé aussi. Certains thèmes n'aident pas à donner du rythme au film mais ils jouent bien avec l'ambiance malgré tout tandis que d'autres, très années 80 eux aussi, m'ont plu à l'écoute comme le titre de fin "Heartbeat" interprété par Red 7 que j'avoue avoir réécouter ensuite plusieurs fois après mon visionnage ne serait-ce que pour me replonger dans cet univers.

Pour résumer, j'avais peut-être mis la barre un peu haute dans mes attentes concernant "Le Sixième Sens" qui m'a frustré sur certains points, la faute principalement au fait que j'avais déjà pu voir de nombreuses choses sur ce sujet que ce soit au cinéma ou à la télévision. Néanmoins, je comprends aisément l'aura que ce long métrage possède car il n'en reste pas moins excellent et je suis sûr que je le savourerais même davantage lors de mes prochains visionnages maintenant que je sais à quoi m'attendre. Le sujet me botte toujours en tout cas tout comme la mise en scène de Michael Mann et c'est un film que je ne regrette pas d'avoir enfin vu surtout qu'il me redonne envie de me refaire un micro cycle Hannibal Lecter. Un film à voir.

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4.0




Un peu, beaucoup, aveuglément



"Je peux vous dire une chose, c'est qu'on se voit mieux sans se voir."

A la base, si je voulais voir "Un peu, beaucoup, aveuglément", c'est surtout parce que c'était la première réalisation de Clovis Cornillac, un acteur que j'apprécie beaucoup et qui peux me faire déplacer en salles. Quand en plus, j'ai vu les nombreux bons retours que ce long métrage possédait lors de sa sortie, c'est sans trop d'hésitation que je me suis dirigé moi-même vers ma salle de cinéma.

Et je n'ai pas été déçu. J'ai énormément aimé ce scénario écrit par Lilou Fogli, Clovis Cornillac et Tristan Schulmann. Très théâtral dans son style d'écriture, moi qui m'attendais à un humour un peu lourdingue et facile (je n'ai rien contre ce type d'humour je le précise), j'ai été agréablement surpris de retrouver un humour plus subtil. Le film ne joue pas du tout sur des répliques types, il joue sur une sincérité je trouve. C'est cette sincérité et ses situations cocasses de théâtre qui font que j'ai passé un excellent moment.

L'humour y est vraiment très frais et de bout en bout, je me suis bien marré. On est ici en présence d'un feel good movie efficace qui en plus de me faire sentir bien, m'as furieusement donné envie de sortir et d'aller à la rencontre des gens. J'aime beaucoup quand un film me procure ce genre de sensation. Après, il y a bien sûr un petit côté prévisible mais j'ai quand même été happé par cette histoire qui m'a fait du bien. De plus, même si il est en sous texte, le thème des technologies qui prends le dessus dans notre société alors qu'on a un besoin évident de faire partie de la société avec un vrai contact humain m'a bien plu aussi.

Clovis Cornillac interprète en tout cas un très bon Machin. Charismatique à l'écran, ce que j'aime avec ce comédien, c'est que même si son personnage à des défauts, il réussit assez facilement à nous le rendre sympathique et ici, c'est une nouvelle fois le cas. Si je me suis un peu retrouvé dans Machin (pas que dans l'envie de distribuer parfois des claques), j'ai beaucoup aimé la façon dont est construit son personnage comme par exemple pour son passé tragique dont on fait référence à peine quelques secondes dans le film afin de ne pas tomber dans un pathos qui aurait pu rendre l'ensemble lourd. Clovis Cornillac est en tout cas parfait dans ce rôle et le joue avec beaucoup de conviction.

Face à lui, je suis tombé sous le charme de Mélanie Bernier en Machine. L'actrice, en plus d'être magnifique, incarne elle aussi son personnage avec une folie et une fraicheur qui fait plaisir à voir sans jamais tomber dans le ridicule. Elle aussi bénéficie d'un traitement que j'ai beaucoup aimé. J'ai apprécié ce côté déjanté et sensible à la fois qui va avoir pendant le film une évolution qui va l'aider en gagner en maturité. Machine n'est pas juste la jolie femme à conquérir, c'est aussi une femme à part entière qui va être très importante. La balance entre Clovis Cornillac et Mélanie Bernier est en tout cas très bien équilibré, les deux acteurs étant très complémentaire. On ressent leurs complicités à l'écran et c'est aussi cela qui fait que l'on se sent bien et qu'on sympathise avec eux.

Derrière ce duo attachant, on retrouve également des seconds rôles tout aussi bons à commencer par Philippe Duquesne en Artus qui m'a beaucoup fait rire. J'ai bien aimé son rôle qui n'est pas juste celui du pitre de service. Sa façon de le jouer nous donne en tout cas envie d'être pote avec lui. J'ai beaucoup aimé aussi Lilou Fogli (scénariste du film et épouse à la ville de Clovis Cornillac) qui en Charlotte est remarquable. Elle aussi est juste magnifique mais au-delà de ça, la comédienne donne un bon ton décalé à son rôle. J'ai vraiment aimé la folie de ses deux personnages qui apparaissent juste comme il le faut dans l'intrigue même si j'avoue que je n'aurais rien eu contre les voir un peu plus.

On peut également noter la présence dans cette distribution de Grégoire Oestermann en Evguénie qui fait un très bon salaud de service pour le peu qu'on le voit même si son rôle est très caricatural ainsi qu'une apparition de Jérôme Le Banner (l'homme au coup de boule) qui m'a fait sourire. Quant à Manu Payet en caissier Picard, sa présence fait plus caméo de luxe mais lors de ses deux ou trois scènes, il nous fait juste énormément rire et s'intègre très bien dans cet univers.

Curiosité qui m'a fait faire le déplacement en salles, j'avais hâte de voir ce que valait Clovis Cornillac à la réalisation. Ce dernier ne m'a pas déçu. Pour son premier film, il s'en sort vraiment avec les honneurs. Il n'y a pas de grande folie dans la mise en scène, la caméra est assez posée mais bon en même temps c'est une comédie qui n'a pas besoin de surenchère et cette réalisation est parfaite également. C'est très agréable à suivre, c'est très propre et les différents plans s'enchaînent avec beaucoup de fluidité grâce aussi à un montage réussi.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce style théâtral sinon. Visuellement, cela fonctionne et cela accentue aussi l'aspect comique du film tout en réussissant à garder son sérieux lorsque l'émotion doit prendre le dessus. Le dosage romance, humour et émotion est d'ailleurs bien maitrisé, c'est ce qui fait également que je n'ai ressenti aucun ennui durant ma projection. Si la photographie et la lumière sont très belles, j'ai beaucoup aimé les décors qui sont bien exploité et qui collent bien au caractère de nos héros.

Clovis Cornillac dit s'être librement inspiré d' "Indiana Jones" pour la pièce de Machin et des "Aristochats" pour celle de Machine. Si je comprends l'inspiration pour le premier (c'est vraiment qu'une inspiration ne vous attendait pas à tomber sur l'Arche d'Alliance), pour la seconde, je m'étais fait la réflexion durant mon visionnage. En effet, ce Paris un peu carte postale, ce décor de théâtre et ses toits de Paris m'ont fait pensé à plusieurs reprises aux "Aristochats" ce qui a aussi contribué à mon plaisir car niveau ambiance et atmosphère, ça marche très bien.

Le réalisateur a en tout cas su donner une âme à son film. D'apparence assez classique, Clovis Cornillac a su donner une identité à son film ce qui fait qu'il réussit à sortir un peu du lot de ce que la comédie française peut nous proposer tout en restant avec une base solide. Si il est encore tôt pour dire que la suite s'annonce prometteuse, pour un premier film il s'en sort vraiment bien et je serais curieux de le voir de nouveau derrière la caméra. Il a aussi su utiliser une bande originale composée par Guillaume Roussel que j'ai beaucoup aimé aussi et qui enrobe très bien ce cadeau de film.

Pour résumer, "Un peu, beaucoup, aveuglément" fut pour moi un véritable coup de cœur. Je savais qu'il y avait de fortes chances que j'accroche mais je ne pensais pas que j'aimerais autant. Véritable plaisir en salles, ce long métrage me fait me sentir bien et me donne envie d'aller à la rencontre des autres. J'ai énormément aimé les émotions qu'il véhicule et les sensations qu'il me procure. Cerise sur le gâteau, l'histoire est excellente en plus d'être drôle, le casting est impeccable et pour une première réalisation, Clovis Cornillac fait le boulot. En bref, c'est un film que je recommande chaleureusement et que je reverrais très certainement avec énormément de plaisir.

4.5




mercredi 13 mai 2015

Vengeance (Fuk Sau)



Je n'avais pas revu "Vengeance" depuis sa sortie en salles. J'en gardais juste un souvenir mitigé avec quand même un Johnny Hallyday pas exceptionnel mais qui avait le mérite de faire le job et de plutôt bien s'en sortir. Du coup, lorsque j'ai trouvé le dvd pas trop cher, je me suis décidé à lui laisser une seconde chance.

J'ai l'impression que j'ai bien fait dans le sens où je me suis moins ennuyé que la dernière fois face à ce scénario écrit par Wai Ka-Fai et Robert Mark Kamen d'après l’œuvre de Erwin Stoff. Maintenant, on ne va pas se mentir, l'ensemble est quand même très mou du genou et malgré quelques scènes efficaces, on est bien loin du film d'action percutant que veut nous vendre la bande annonce. L'histoire est extrêmement classique (le côté amnésique fait plus risible que véritablement originale) et tout devient vite prévisible. Très rapidement, même si il y a plusieurs petites choses intéressante, je me suis quand même bien ennuyé.

Pourtant, même classique je pense qu'on aurait pu avoir quelques choses de plus jouissif mais j'ai trouvé que c'était traité trop mollement pour véritablement me prendre. La vengeance d'un père, les triades, le français qui à son restaurant, le grand vilain sans scrupules... Tout semble avoir été déjà vu à de maintes reprises. Même les dialogues sonnent creux voir faux. Après, ça ne m'a pas empêché de suivre mais je suis arrivée une nouvelle fois jusqu'à la fin de façon pénible même si j'ai un peu plus apprécié ce second visionnage sachant que je savais à quoi m'attendre.

L'un des gros points forts du film, c'est Johnny Hallyday en Francis Costello. Comme je m'en souvenais, l'acteur n'est pas exceptionnel mais son charisme et sa classe font qu'on a quand même envie d'y croire. Tout en retenue, il trouve là un rôle qui lui va plutôt bien et même si c'est son physique et sa présence qui fait tout le boulot, je ne vais pas m'en plaindre. J'ai beaucoup aimé aussi ses amis à savoir Anthony Wong, très bon et tout aussi charismatique Kwai, Ka Tung Lam en sympathique Chu ainsi que Suet Lam en Lok, le comique de la bande qui s'en tire bien lui aussi.

Derrière cette bande, ils sont tous un peu en retrait mais font ce qu'on attend d'eux. Simon Yam en George Fung cabotine un peu et va dans la surenchère mais même si son personnage en devient vite risible (la scène du baiser dans le restaurant par exemple), j'ai quand même trouvé qu'il avait sa place dans ce casting. On la voit très peu, mais c'est sympathique aussi de voir Sylvie Testud dans ce genre de production dans la peau de Irène Thompson, même si ici, on peut sans doute plus parler d'une apparition que d'un véritable rôle.

L'autre gros point fort du long métrage, c'est la mise en scène. Johnnie To sais filmer et cela se voit. Visuellement, c'est quand même très esthétique avec une photographie et un jeu de lumière que je trouve parfait. Il y a des plans qui sont d'une très grande beauté et même si le montage est mou (ça manque vraiment de dynamisme malgré quelques bons gunfights), c'est très agréable à voir avec parfois un certain lyrisme que j’ai aimé. Chaque cadres semblent très bien pensés, parfois j'ai eu la sensation de les avoir déjà vu dans d'autres productions mais c'est beau et efficace.

C'est vraiment dommage que ça n'ait pas plus de peps car tout comme le personnage de Francis Costello, on arrive bien à se sentir dans la peau de l'étranger et je pense qu'il y avait matière à creuser davantage là-dessus plutôt que de jouer avec une pseudo amnésie et son lot de facilités qui l'accompagne. Quant à la bande originale composée par Tayu Lo, elle n'aide pas non plus à me réveiller. Elle est belle mais par moment, j'ai quand même eu la sensation qu'on me jouait une berceuse à l'image de la musique du générique de fin...

Pour résumer, j'ai bien fait d'avoir laissé une seconde chance à "Vengeance" car je l'ai un peu plus apprécié cette fois-ci. Néanmoins, c'est quand même très lent et trop long. Du coup, il y a des choses intéressantes mais je me suis quand même dans l'ensemble assez souvent ennuyé. Je retiendrais surtout un Johnny Hallyday loin d'être risible et qui fait le job en grande partie grâce à sa présence naturelle ainsi qu'une réalisation de Johnnie To impeccable qui rend quand même l'ensemble agréable à suivre.

2.5




La gamine



"Et dis donc, pour un flic, vous craignez beaucoup la police !"

De "La gamine", je me souvenais que d'un plan, celui de Johnny Hallyday roulant en marche arrière sur une voie rapide pour fuir la police... Je devais avoir 7 ans et c'était l'un des premiers films que je voyais au cinéma. Depuis, je ne l'avais pas revu jusqu'à aujourd'hui où je me suis décidé à me le revoir en dvd.

De mémoire de môme, ce film était sympathique... Depuis, je dois bien avouer que de l'eau à couler sous les ponts et ce scénario écrit par Igor Aptekman et Hervé Palud ne me fait plus le même effet que lorsque j'avais 7 ans. Faut même être honnête, le résultat est quand même assez mauvais. Le film ne sait jamais sur quel pied danser entre comédie et policier tout en accumulant les maladresses ainsi que les nombreuses facilités du scénario. Il ne faut pas être très regardant pour suivre cette aventure.

C'est peut-être pour ça aussi que je n'arrive pas à le détester totalement. Parce qu'il me rappelle ma jeunesse mais aussi parce qu'il est si bancal et si kitsch, qu'il en devient touchant. Entre son traitement abracadabrantesque, ses situations loufoques qui s'enchaînent sans aucune transition ou encore ses répliques farfelues, ce récit est un stéréotype du polar français des années 80 (bien que datant des années 90). C'est long à se mettre en place, ça n'a ni queue ni tête mais je me suis quand même un peu amusé, je plaide coupable.

Si je me suis amusé, c'est en grande partie grâce à Johnny Hallyday en Frank Matrix. L'acteur joue avec tous les clichés, il se donne une image qui lui fait plaisir même si on n'y croit pas trop mais ça fonctionne car cela en devient drôle. Ce côté rebelle qui s'y croit est loin d'être convaincant mais il donne un petit côté nanar au film que j'apprécie. C'est d'ailleurs l'un des seuls intérêts de ce long métrage car à ses côtés, je trouve Maïwenn juste très agaçante en Carole Lambert. Je sais que c'est le but mais déjà que j'ai un peu de mal avec cette actrice, son personnage ne m'aide pas beaucoup plus. Au moins j'arrive à avoir de l'empathie pour le personnage de Johnny Hallyday qui, tout comme nous, doit supporter celui de Maïwenn ainsi que son jeu durant l'ensemble du film...

Derrière, le reste du casting c'est plus de la figuration qu'autre chose. Comme notre couple vedette, tout le monde cabotine, tout le monde en rajoute des caisses et du coup, à défauts d'être crédible, il peut y avoir quelques sourires nerveux qui naissent. Que dire par exemple Jean-François Stévenin en Charly dont la présence est loin d'être utile ? Que dire aussi d'un Gilles Gaston-Dreyfus en Michaux qui semble tout droit sortir de la franchise "Taxi" avec son côté flic ridicule ? Même Michel Robin en grand père Georges, on n'y croit pas. Alors oui, je sais que c'est surtout la comédie qui est mis en avant mais force est de constater que maintenant, ça ne me fait plus trop rire même si je le vois comme un nanar.

La réalisation d'Hervé Palud est assez classique sinon. Ce n’est pas mauvais non plus, ça colle même plutôt bien à son époque et avec le recul, cela peut même lui donner un peu de charme mais on est quand même bien loin d'une quelconque innovation dans la mise en scène. Même le fameux plan que je me souvenais avoir vu quand j'étais môme semble avoir perdu de sa superbe maintenant que j'ai revu le film. L'exploitation des décors aurait pu être plus judicieuse aussi. La France et le Portugal se mélange sans aucune cohérence à tel point que je n'ai pas vu un grand intérêt à faire passer la frontière à nos personnages.

Après, les différents costumes et les coiffures de l'époque me font sourire. Ça aussi c'est très kitsch et je dois avouer que j'aime bien. Je ne crie pas au génie attention, je cherche juste des petits points positifs là où je peux en trouver. La bande originale avec des titres interprétés par Johnny Hallyday (une évidence) mais aussi Scorpions, Texas, Faith No more, Billy Falcon ou encore Statut Quo fait également partie de ses petites choses qui m'ont fait sourire et rendu mon visionnage un peu plus agréable.

Pour résumer, je ne regrette pas d'avoir revu "La gamine" ne serait-ce que pour son côté kitsch ainsi que pour Johnny Hallyday dans la peau d'un ancien flic stéréotypé comme ce n’est pas possible. Maintenant, ce long métrage fait quand même partie des films où j'aurais peut-être dû ne garder que le souvenir de mon enfance car il a quand même vieilli assez mal. Reste que pour un plaisir coupable, je pourrais revoir ce film de nouveau mais j'en abuserais pas pour autant.

2.0




Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent (Fantastic Four : Rise of the Silver Surfer)



"Le passage que je préfère, c’est celui ou tu te fais latter la gueule."

Profitant que j'avais une soirée de libre, c'est tout de suite après avoir vu le premier film que je me suis décidé à visionner "Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent". De cette seconde aventure, j'en gardais un bon souvenir donc j'étais quand même plutôt confiant avant d'insérer mon Blu-Ray dans le lecteur.

Et comme je m'en souvenais, cette suite est assez plaisante. Bien que le scénario écrit par Don Payne, John Turman et Mark Frost d'après l’œuvre de Stan Lee et Jack Kirby soit de nouveau très gentillet, il n'en demeure pas moins que ce deuxième opus réussi sans trop de difficulté à être meilleur que son prédécesseur. Ce n'est pas encore une grande claque, le film est toujours étouffé par un humour un peu lourd (bien que cela m'amuse) et des personnages souvent agaçant mais le côté dramatique à quand même pris un peu plus d'ampleur.

Cette ampleur, le film la doit en très large partie au personnage du Surfer d'Argent, véritable méchant qui a plus de gueule que Fatalis et un enjeu sur le monde plus intéressant qu'une simple prise de pouvoir. Il suffit de voir les scènes où Fatalis revient d'ailleurs pour se rendre compte à quel point le Surfer fait un bien fou à cette intrigue. Après, rien de bien nouveau à l'horizon, l'humour omniprésent avec des répliques sympathique domine mais ce divertissement reste correct malgré le fait que ce n'est pas ce volet qui va classer cette franchise parmi mes sagas de super-héros préférés au cinéma.

Devant la caméra, on prend les mêmes et on recommence. Ioan Gruffudd (Reed Richard - Mr Fantastic), Jessica Alba (Sue Storm - La femme invisible), Chris Evans (Johnny Storm - La Torche humaine) et Michael Chiklis (Ben Grimm - La Chose) reprennent du service. On voit à quel point ce casting, bien qu'ils fassent ce qu'on attend d'eux, manque un peu de charisme car eux aussi, dès que le Surfer va apparaître, ils vont vite se faire éclipser. Au-delà de leurs interprétations après qui n'est pas non plus catastrophique à mon sens, c'est surtout leurs traitements scénaristiques que j'ai moins aimé.

Comme pour le premier film, ses héros sont irritants et bien que j'arrive à suivre leurs aventures, j'ai beaucoup de mal à vraiment sympathiser avec eux malgré leurs humours ce qui explique aussi pourquoi je classe cette franchise loin derrière. Il n'y a qu'avec La Chose que j'arrive à avoir un peu d'affinités et encore, je trouve quand même que dans cette suite, ce personnage à beaucoup perdu de sa superbe même si une nouvelle fois, je pense que ça vient surtout du scénario.

Julian McMahon en Fatalis fait lui aussi son retour. Ce n’est pas choquant mais avec le Surfer, ce méchant apparait quand même ici un peu trop léger et gentillet. A aucun moment, je n'ai ressenti le danger avec ce personnage et même lorsqu'on sait qu'il va trahir tout le monde (c'est si prévisible qu'on se demande encore où est la crédibilité de l'armée dans ce récit), je ne m'y suis pas trop intéressé. L'acteur n'est pas non plus très convaincant. Je ne sais pas si c'est parce que je le catalogue inconsciemment "série télévisée" mais son jeu est sans doute le plus léger de tous pour moi. J'ai en revanche apprécié retrouver Kerry Washington en Alicia Masters, personnage qu'on voit un peu plus même si on continue de la sous exploiter.

Dans les nouvelles têtes, seul le physique de Doug Jones associé à la voix de Laurence Fishburne sort du lot. Grâce à eux (et aussi à un visuel convaincant), on a le droit à un Surfer d'Argent que j'ai beaucoup aimé. Ce personnage vole la vedette à l'ensemble du casting et c'est je pense clairement grâce à sa présence et à sa bonne interprétation que ce volet est meilleur que la précédente aventure. C'est en tout cas un personnage assez classe et jouissif à suivre je trouve même si on aurait quand même aimé en savoir et en voir un peu plus à son sujet. En effet, on s'y intéresse bien trop tardivement, le film mettant encore trop longtemps à se mettre en place avec ce questionnement sur la célébrité qui sonne faux en plus...

Après, le reste du casting est du même acabit que la distribution en général. C'est très caricatural et parfois très vite irritant à l'image de l'armée qui est juste risible ici. Faut dire aussi que niveau stéréotype du gros dur qui veut s'imposer mais qui n'est pas crédible pour un sou tant il est dans la surenchère, Andre Braugher en Général Hager va assez loin. Il cabotine comme ce n'est pas permis et son utilité dans ce récit n'est pas vraiment justifiée. Pire encore concernant Beau Garrett en Frankie Raye, la comédienne étant juste transparente et servant de faire valoir et de belle plante...

Il y a quand même d'autres points positifs dans ce long métrage. Tim Story réalise par exemple une meilleure mise en scène. Ce n'est pas exceptionnelle non plus, c'est même toujours assez lisse et trop propre sur soi mais sa façon de filmer m'a paru plus consistante comparé au précédent film. Le montage toujours rythmé permet de ne pas trop voir le temps passé et même si les différents costumes et maquillages me semble toujours aussi légers, ça fonctionne quand même.

Visuellement, c'est quand même plus appréciable. Il y a bien sûr ce Surfer d'Argent que je trouve très réussi mais dans les effets spéciaux, ce film fait moins daté que ce que l'on nous avait déjà offert. C'est d'ailleurs aussi un plaisir, même si c'est très rapide, de découvrir ici la Fantastic car qui fait partie intégrante de cet univers. De même, j'ai bien aimé la variété des décors même si ils ne sont pas toujours exploités de façon judicieuse. Quand les 4 Fantastiques parcours le monde, c'est dommage de juste se limiter à un simple plan carte postale. Quant à la bande originale composée par John Ottman, elle aussi s'est un peu calmée. Comme l'ensemble, c'est très prévisible et très académique du coup comme l'ensemble, ça manque clairement d'une âme, mais la musique s'intègre bien au film sans trop étouffer l'histoire ce qui est déjà agréable en soit.

Pour résumer, "Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent" s'avère être une suite bien supérieure à son prédécesseur grâce notamment à un Surfer réussit qui apporte plus de consistance et un véritable intérêt dramatique à l'ensemble. Cependant, malgré ses efforts et son côté divertissant qui fait que je ne regrette pas de l'avoir revu, cette franchise reste toujours assez faible surtout en comparaison de ce qui était déjà sorti à l'époque ("X-men", "Spider-man" ou "Hellboy" pour ne citer qu'eux). Ça manque clairement d'une véritable identité et d'une grande ampleur que ce soit dans le scénario, l'interprétation ou la mise en scène. Après, bien que très gentillet, ça se laisse suivre avec plaisir je trouve du coin de l’œil et parfois, je n'en demande pas plus.

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3.0




mardi 12 mai 2015

Les 4 Fantastiques (The Fantastic Four) (2005)



"Ça va faire mal !"

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas revu "Les 4 Fantastiques". Film assez critiqué depuis sa sortie en salles, j'en gardais moi-même le souvenir d'un film divertissant mais très loin d'être exceptionnel. Du coup, à l'approche de la sortie du reboot de la franchise, je me suis décidé à me le revoir en Blu-Ray.

Le film a su rester assez fidèle à l'image que j'en avais. Le scénario écrit par Michael France et Mark Frost d'après l’œuvre de Stan Lee et Jack Kirby est en effet loin d'être exceptionnel. Bien que très friand de films de super-héros, je dois bien admettre que ce récit fait même parti des adaptations les moins convaincantes que j'ai pu voir au cinéma. Cependant, je reconnais également que ça ne me dérange pas plus que ça de le revoir. Je n'en abuserai pas mais la légèreté de ce film gentillet fait qu'il se laisse gentiment suivre de mon côté quand je ne veux pas me prendre la tête.

Sans consistance ni même grande envergure dramatique, cette histoire m'amuse. L'humour omniprésent y est sans doute pour beaucoup et même si l'ensemble manque cruellement de subtilités, j'ai quand même le sourire aux lèvres. Après, c'est vraiment dommage de ne pas avoir un film à la hauteur en terme d'action. Il suffit de voir le combat final pour se rendre compte de la pauvreté du projet. Par moment, on peut même penser que ce scénario est destiné à un téléfilm à gros budget mais qu'importe mes regrets, je m'amuse et je prends ce que l'on me donne.

Le casting me plait bien aussi. Il n'est pas très charismatique, ce choix de distribution ne semble pas être une évidence mais chacun fait son boulot à l'image de Ioan Gruffudd en Reed Richard - Mr Fantastic, bien sympathique dans son rôle de leader scientifique très caricatural. Son duo avec Jessica Alba en Sue Storm - La femme invisible, n'est pas toujours convaincant ni crédible mais ça reste plaisant de les voir évoluer ensemble. Ce sont de beaux acteurs, agréable à voir, ils ne s'accaparent pas leurs personnages mais les incarnent quand même sans que ce soit trop choquant.

Bien que je lui préfère largement le rôle du Captain America qui lui va beaucoup mieux, Chris Evans s'en sort aussi bien dans la peau de Johnny Storm - La Torche. Beaucoup de légèreté pour lui aussi mais le bagout de son personnage et l'acteur qui semble s'amuser dans ce rôle de grand guignol font que ça fonctionne. De son côté, j'ai plus apprécié son duo avec Michael Chiklis en Ben Grimm - La Chose. Ce dernier est sans doute celui qui sort le plus du lot pour moi. Le seul à être vraiment charismatique et à dégager quelques choses dans son regard même lorsqu'il est recouvert par son costume de pierre. C'est en tout cas à mes yeux le personnage le plus intéressant et la prestation de l'acteur élève grandement le film à mon sens.

Pour le reste de la distribution, Julian McMahon fait un faible Fatalis. Méchant stéréotype de base, l'acteur ne montre rien de nouveau et cabotine un peu plus que l'ensemble. Ça a au moins le mérite d'en faire une bonne tête à claque mais ce méchant est à l'image du film et manque clairement de consistance. Rien à redire concernant le reste du casting, chacun est à son poste même Stan Lee qui nous offre son habituel caméo tandis que j'ai quand même apprécié Kerry Washington en Alicia Masters que je n'aurais rien eu contre le fait de la voir davantage.

La réalisation de Tim Story est assez faiblarde sinon et contribue grandement à cette impression que j'ai eu de voir un téléfilm à gros budget. Je ne vais pas dire que c'est moche ou mal filmé mais ça manque clairement d'âme. Il manque cette identité qui permettrait au film de se démarquait des autres super héros au cinéma. C'est très lisse avec des plans très basiques qui manque de folie et qui reste bien trop propre sur lui. Alors oui c'est quand même agréable à suivre et le montage rythmé fait qu'on ne s'ennuie pas trop malgré le manque d'action mais cela ne suffit pas.

De plus, visuellement le film est quand même loin d'être top. On a l'impression qu'on n'a pas mis tous les moyens pour que ce film puisse être une réussite. A l'heure où j'écris, le film à dix ans mais il apparait déjà plus daté que son âge. Les effets spéciaux sont très moyens, pas toujours convaincants et je ne parle même pas des différents costumes et maquillage à l'image de La Chose qui sauve les meubles grâce à l'acteur mais qui visuellement, est loin d'être crédible. Quant à la bande originale composée par John Ottman, c'est très classique aussi. Ça s'écoute, ça colle avec le film mais ça ne va pas plus loin.

Pour résumer, je serais un peu plus nuancé que les différents détracteurs du film. "Les 4 Fantastiques" n'est clairement pas un grand film de super héros. C'est même l'une des adaptations cinématographique les moins aboutis. Maintenant, cela vient peut-être du fait que j'apprécie le genre mais je passe quand même un bon moment devant ce film. C'est très léger, c'est caricatural, c'est simpliste, ça manque de consistance, ça manque d'une véritable identité mais ça se laisse suivre du coin de l’œil. Je n'en abuserai pas surtout qu'il commence déjà à prendre un coup de vieux mais son humour léger me fait sourire et c'est déjà ça.

2.5




lundi 11 mai 2015

Hell Driver (Drive Angry)



"- Pour ton info, je ne prends pas les auto-stoppeurs.
- Je n'ai pas levé mon pouce."


Lors de sa sortie en salles, "Hell Driver" me bottait bien. Cela avait l'air totalement décalé et je dois avouer que lorsque je suis en condition, je peux tout à fait avoir un faible pour ce genre de production. Cependant, je l'avais raté sur grand écran et c'est lors d'un de ses passages à la télévision que j'ai enfin pu le découvrir.

Si je ne regrette pas spécialement de l'avoir raté en salles (quoique ?), j'ai quand même passé un super moment devant ce film. Le scénario écrit par Todd Farmer et Patrick Lussier est juste jouissif. C'est du gros n'importe quoi totalement assumé et décalé. Le divertissement est présent et même si je pense qu'avec un meilleur traitement, on aurait pu avoir quelque chose de plus abouti, en l'état, j'en ai quand même eu pour mon argent en termes de spectacle.

Ça ne vole pas haut, c'est bourré de facilités, c'est même assez vide et prévisible et pourtant, qu'est-ce que je me suis éclaté. Cette façon de ne pas du tout se prendre au sérieux aide grandement pour apprécier ce film. Il y a des répliques qui m'ont énormément fait rire et même si c'est rempli de clichés, cette histoire de traque fantastique avec son lot de courses poursuite en bagnole classe, de gros calibres et de jolies filles a eu ce qu'il fallait pour me convaincre de rentrer dans le trip.

Nicolas Cage en John Milton semble prendre son pied dans ce nanar. Ce n’est sans doute pas le film qui fera redécoller sa carrière mais dans ses productions légères de ces dernières années, ce film est sans nul doute l'un des plus efficaces qu'il soit. En gentil badass, ça m'a vraiment fait plaisir de le voir. Dans l'ensemble, voir ce casting se prendre au sérieux dans une histoire qui est tout sauf sérieuse fait que cela a aussi amplifié mon plaisir. De même, j'ai vraiment bien accroché avec son duo avec Amber Heard qui fait une très bonne Piper, la jolie fille de service qui n'hésite pourtant pas à montrer les poings quand il le faut de façon très plaisante également.

A leurs trousses, même si j'ai l'impression qu'il joue toujours les mêmes types de personnages, j'ai beaucoup aimé aussi William Fichtner dans la peau du Comptable. Le charisme du comédien associé à son écriture détendu en font un rôle très simple aussi mais diablement efficace. D'ailleurs, je regrette presque qu'on ne le voit pas davantage même si il propose un bon équilibre avec Billy Burke en Jonah King, une autre caricature qui rajoute un peu plus de folie dans cet univers. Le reste de la distribution est plus anecdotique même si chacun fait son boulot. J'ai juste ressenti un peu de frustration de ne pas voir davantage David Morse, qui est un acteur que j'apprécie fortement, en Webster.

La réalisation de Patrick Lussier m'a bien plu aussi. Pourtant, j'ai conscience que l'ensemble est cinématographiquement assez laid. J'ai vu le film en 2D donc je ne sais pas si la 3D atténue tout ça (ce que je n'espère pas bizarrement) mais de bout en bout, on sent la grossièreté dans les effets spéciaux parfois très douteux ou encore les incrustations très risibles. Les différents plans s'enchaînent de façon assez grotesque aussi dans cette mise en scène qui en rajoute encore plus dans la surenchère.

Mais contre toute attente, c'est aussi ce que j'ai aimais. Cela fait partie du délire à mes yeux. C'est du gros n'importe quoi qui s'assume et l'ensemble bien kitsch m'a aidé à prendre mon pied devant ce film. Je l'ai savouré comme un bon gros comics de cinéma qui ne lésine pas pour aller toujours plus loin. Tant pis pour la crédibilité et même si je comprends qu'on ne puisse pas adhérer au projet, de mon côté, cela a fait mouche et même si le visuel est parfois atroce, ça fonctionne quand même pour moi.

J'ai adoré cette lumière et cette photographie flashy qui ne lésine pas sur les couleurs vives. Les décors sont eux aussi un élément très important dans ce spectacle avec ses routes bien exploitées et ses lieux qui collent à merveille à l'ambiance. Que dire aussi des différents costumes qui en rajoutent une couche ou encore des différents maquillages qui font qu'on ne peut définitivement pas prendre ce film au sérieux. J'ai beaucoup apprécié cette bande originale composée par Michael Wandmacher également. On s’attend à chaque morceau mais la musique a aussi contribué à me mettre le sourire aux lèvres.

Pour résumer, je comprends aisément qu'on ne puisse pas forcément accrocher à "Hell Driver" car d'un point de vue cinématographique, cela peut s'avérer désastreux. Je ne me risquerais pas à le conseiller. Cependant, ce grand n'importe quoi décalé est tellement assumé, que de mon côté, le film est devenu très jouissif. J'ai été pris dans ce spectacle du début jusqu'à la fin. J'ai adoré les différentes répliques bien fendardes, le gros trip de cette histoire, la surenchère dans son interprétation, dans sa réalisation... Bref, je ne m'attendais pas à passer un aussi bon moment. Honnêtement, je pense qu'on aurait peut-être pu aller plus loin en soignant davantage le fond et la forme mais en l'état, j'ai quand même pris mon pied devant ce comics déjanté que je ne manquerais pas de revoir. Un bon gros nanar de qualité qui plaira très certainement aux amateurs du genre.

4.0




mercredi 6 mai 2015

La Forteresse noire (The Keep)

La Forteresse Noire

"Vieillard, les vrais cauchemars sont ceux que l'Homme infligent à l'Homme pendant cette guerre. Les mauvais rêves de la Forteresse sont des rêves d'enfants en comparaison."

La seule fois où j'ai vu "La Forteresse noire", c'était il y a 5 ou 6 ans (je ne me souviens plus trop) lors de sa diffusion à la Cinémathèque de Paris. Depuis, je n'avais pas revu ce film bien que j'en gardais un bon souvenir. Continuant mon cycle consacré à Michael Mann, ce fut donc avec un certain plaisir que je me suis mis à le redécouvrir récemment.

Dans son ensemble, le film me plait toujours autant. Pourtant, au début c'est assez long et lent à se lancer mais une fois que cela commence réellement, j’accroche beaucoup à ce scénario écrit par Michael Mann d'après l’œuvre de F. Paul Wilson. Ce mélange de film fantastique et de film d'épouvante a su m'entraîner avec lui. C'était pas gagné d'avance car le style est assez particulier mais derrière les différentes facilités que peut avoir le récit, j'ai beaucoup aimé avec quelle intelligence tout est mis en place.

Derrière cette fiction, j'ai beaucoup aimé cette critique d'un monde en guerre et des atrocités que ce dernier est capable de commettre. L'oppression, l'injustice, la tyrannie, la condescendance, cette sensation de penser qu'un être peut être supérieur à un autre... Il n'y a foncièrement rien de bien nouveau dans ce décryptage de l'ère nazi mais l'ensemble est brillamment écrit tandis que ce côté fantastique rend vite le tout très fascinant et très captivant, bien porté par une poésie et un lyrisme ambiant très agréable. Petit plus, le scénario possède aussi quelques répliques sympathique je trouve.

Devant la caméra, la distribution fait un très bon boulot. Tout n'est pas parfait car malgré son sérieux on ressent des légèretés mais le casting à su m'emmener avec lui à commencer par Jürgen Prochnow en Capitaine Klaus Woernmann dont j'ai bien aimé l'évolution même si elle apparait un peu brutal surtout par rapport au discours que son personnage tient au début. Face à lui, on à un Gabriel Byrne excellent en Major Kaempffer. Déjà très charismatique, le comédien s'impose très vite et sait susciter la terreur lorsqu'on le voit à l'écran sans forcément avoir besoin de tomber dans la surenchère.

C'est toujours agréable également de revoir à l'écran Ian McKellen. Dans la peau du Docteur Theodore Cuza, il n'a sans doute pas le meilleur rôle de sa carrière mais il donne bien vie à son personnage. J'ai apprécié d'ailleurs que vers la fin, on montre un peu quelques zones d'ombres chez lui. Des zones d'ombres compréhensible au regard de ce que son personnage vit mais j'ai aimé que son rôle ne soit pas totalement "pur" du côté des gentils. Scott Glenn en Glaeken Trismegestus m'a lui semblé cabotiner un peu trop. C'est pas trop dérangeant car il vient vraiment tard dans l'intrigue mais il reste néanmoins trop en dessous des autres je trouve.

A côté, même Alberta Watson dans la peau d'Eva Cuza, qui est pourtant elle aussi très légère, m'a moins dérangé. Pourtant, je n'ai pas toujours trouvé une grande utilité à son personnage (malgré quelques scènes assez forte) mais sa légèreté m'a moins marqué durant mon visionnage. Le reste du casting est très bon sinon. J'ai bien apprécié par exemple Robert Prosky en Père Fonescu et je regrette un peu que les autres soldats allemands ainsi que la population du village roumain soit un peu trop mis en retrait.

Côté mise en scène, une nouvelle fois j'aime beaucoup le travail de Michael Mann. Le film commence à dater visuellement, sous plusieurs aspects il parait même très kitsch mais je le trouve quand même très beau à suivre. Il a un charme certain qui colle bien avec l'ambiance généré et qui le met un peu à part de ce que la production horrifique et fantastique peut faire. Ce long métrage possède sa propre identité et c'est l'un de ses plus grands atouts.

Après le montage est parfois un peu brutal. Il y a des coupes un peu brusques et on sent que certains enchaînements ne sont pas naturel (comme pour la "romance" qui du coup devient assez risible). Après, je n'en tiens pas trop rigueur (même si ça se ressent fortement) car, comme la dernière fois lorsque j'avais vu ce film à la Cinémathèque, j'ai visionné la version monté par le studio d'une heure et demie et qui est renié par Michael Mann lui-même (à la base, son film devrait durer 3 heures 30 apparemment).

Quoiqu'il en soit, ça me fait quand même son petit effet et c'est efficace pour moi. Les effets visuels souffrent du temps qui passe mais il y a quand même quelques petits trucs qui fonctionnent comme les effets de fumée qui contribue au lyrisme de l’œuvre à mes yeux. Même chose pour les maquillages (malgré un Golem que je trouve pourtant excellent) ainsi que pour les décors que je trouve parfait (on est vite pris par cette mystérieuse Forteresse). Du coup, c'est dommage qu'il n'y ait pas plus de détails qui me sautent aux yeux du point de vue des costumes car encore une fois, même si ça se voit à l'écran, je trouve que le film vieillit bien. Il fait son époque mais ça marche.

Il faut dire aussi que tout est très bien calibré. On a des plans d'une très grande beauté avec une mise en scène symétrique. Comme toujours, on voit le soin que Michael Mann apporte à l'ensemble de son long métrage. Il y a une photographie magnifique avec un jeu de lumière extraordinaire. Des jeux d'ombres que je trouve très beaux. Visuellement, c'est vraiment très réussis je trouve et au-delà du fait que le film ne soit pas édité à ce jour en Blu-Ray et/ou en Dvd, je comprends assez facilement pourquoi ce long métrage à un statut d’œuvre culte. La bande originale composée par Tangerine Dream me plait beaucoup aussi avec son caractère un peu hypnotique et ses mélodies envoutantes.

Pour résumer, ce fut un véritable plaisir pour moi de revoir "La Forteresse noire". Le film date un peu et possède ses défauts mais malgré un début un peu poussif, il a su m'entraîner avec lui de bout en bout. Je ne lui donne pas une note ressentie plus élevé car ça m'embête un peu de ne pas pouvoir voir la version du réalisateur mais celle du studio (surtout qu'on sent qu'il manque des passages importants) mais j'apprécie quand même beaucoup ce film d'épouvante fantastique avec sa poésie et son lyrisme. Michael Mann (toujours aussi efficace dans sa réalisation) a su donner une âme à son œuvre pour la faire un peu sortir du lot et j'espère vraiment qu'un jour ce film aura la ressortie qu'il mérite.

4.0




dimanche 3 mai 2015

Chicken Run



"J’ai vu toute ma vie défiler devant moi... C’était d’un ennui mortel."

Cela faisait une éternité que je n'avais pas revu "Chicken Run". Pour être honnête, je ne me souvenais même que de quelques petites scènes uniquement. C'est ainsi que j'ai profité d'une diffusion à la télévision pour me faire une petite piqûre de rappel et ainsi voir si ce long métrage d'animation était toujours aussi bon que dans mes souvenirs.

Fort heureusement pour moi, ce fut toujours le cas. Je me suis beaucoup amusé à revoir ce film. J'y aie même retrouvé une certaine tendresse qui rend ce visionnage encore plus plaisant bien que le scénario écrit par Karey Kirkpatrick et Kelly Asbury soit assez gentillet. L'ensemble est tout de même divertissant avec un humour un peu prévisible mais également des répliques sympathiques qui font qu'il y en a pour toute la famille. Ça ne vole pas forcément bien haut mais ça reste efficace.

Concernant le casting vocal, bien que la version originale bénéficie de grandes voix comme celle de Mel Gibson, Timothy Spall, Miranda Richardson ou encore Imelda Staunton, j'ai toujours vu ce film dans sa version française. Cette dernière est très réussie à mon sens. La voix de Gérard Depardieu pour Rocky colle à merveille tandis que j'ai beaucoup aimé le timbre de Valérie Lemercier pour le rôle de Ginger. Vocalement, j'ai trouvé que c'était bien choisi et interprété surtout que ses grands noms français (il y a aussi Josiane Balasko ou encore Claude Piéplu) ont réussi assez facilement à "s’éclipser" derrière leurs personnages respectifs (même si Gérard Depardieu possède encore ce style théâtral qui va bien avec son rôle).

La réalisation de Peter Lord et Nick Park est très agréable aussi. Les cinéastes ont su utiliser la pâte à modeler avec beaucoup de technique à tel point que très rapidement, cela s'efface et on ne voit plus que nos héros de basse cours. Il y a de très bons plans et une atmosphère qui n'est pas sans rappeler quelques films comme "La grande évasion". J'ai vraiment beaucoup aimé cette mise en scène ainsi que ses différents décors. L'ensemble possède vraiment beaucoup de charme tout comme la bande originale composée par John Powell, Steve Jablonsky et Harry Gregson-Williams.

Pour résumer, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à revoir à la télévision "Chicken Run". Ce long métrage a su malgré les années gardé beaucoup de charme. Très rythmé, je n'ai pas vu le temps passé et ce fut un divertissement très agréable à suivre de nouveau. Destiné à un public jeune, ce film à la qualité de pouvoir réunir toute la famille tant les adultes pourront y trouver leurs comptes aussi. Avec ce film, j'ai passé une très bonne soirée sans prise de tête et je me suis rappelé qu'il fallait que je me remate ce film un peu plus souvent juste pour le plaisir.

3.5




Connasse, Princesse des coeurs



"- Jésus vous aime.
- Ah, je sais mais je m'en fous !"


La mini-série de Canal Plus "Connasse" me faisait déjà beaucoup rire et j'appréciais beaucoup son interprète que j'avais déjà vu dans d'autres projets. Du coup, quand j'ai su qu'un long métrage "Connasse, Princesse des cœurs" allait sortir et que j'ai découvert la bande annonce ainsi que quelques teasers qui m'ont beaucoup fait rire, c'est sans aucune hésitation que je me suis décidé à faire le déplacement en salles.

Et je ne le regrette absolument pas car j'ai passé un très bon moment. Je ne suis pas sûr qu'une découverte sur grand écran soit légitime (je l'aurais découvert à la télévision cela m'aurait sans doute suffit) mais j'ai quand même beaucoup aimé ce scénario écrit par Noémie Saglio et Éloïse Lang. On sent que tout a été extrêmement bien travaillé afin d'amener leurs "victimes" là où elles le désirent et cette façon de créer un scénario à part entière à partir de simples caméras cachées m'a bien plu.

L'humour de la mini-série télévisée y est donc bien retranscrit. J'ai pas mal souris devant ses différentes situations assez cocasses, le tout ponctué de répliques qui m'ont bien fait rire. Après, je me demande quand même si je n'ai pas une préférence pour le format plus court de ce concept. Sur grand écran ça fonctionne, c'est très léger et divertissant mais par moment, il y a quelques petites baisses de rythmes qui sont un peu préjudiciable même si dans l'ensemble je dois admettre ne pas avoir vu le temps passé.

Devant la caméra, Camille Cottin est la connasse parfaite. Ce qui est drôle, c'est qu'en interview, l'actrice semble plus réservé, plus timide et voir à quel point elle se lâche à fond pour son personnage, ça fait bien plaisir à voir. La comédienne joue avec beaucoup de réussite sur les différents clichés de son rôle et nous propose une caricature que j'adore. Tout est dans la surenchère mais plus c'est gros, plus ça passe. Son interprétation est si bonne avec son exagération totalement assumé que je ne peux éprouver que de la sympathie pour ce personnage pathétique qui n'a pas véritablement conscience de ses actes et de ses paroles.

Cela à l'air simple comme ça mais je trouve que c'est une véritable prouesse que nous livre Camille Cottin. Je n'arrive d'ailleurs véritablement pas à trouver ce personnage foncièrement mauvais ou méchant malgré ses défauts. C'est aussi sans doute pour cela que l'on comprend mieux le côté déstabilisé de ses victimes qui n'arrive pas à y croire sur le coup tant la prestation de l'actrice semble juste. Elle est en tout cas cohérente de bout en bout dans son interprétation et c'est en grande partie grâce à son jeu je pense que l'on arrive à aimer cette connasse.

Entièrement filmé en caméra caché, je trouve que la réalisation d’Éloïse Lang et Noémie Saglio est sympathique. La transition du petit écran au grand fonctionne bien et pour des caméras cachées, je trouve que c'est plutôt bien filmé. Ça me fait plaisir de ne pas voir une image trop dégueulasse et tremblotante car du coup, c'est très agréable à suivre. Si, comme le générique de fin le précise, certaines scènes ont dû être redoublées (les prises de sons en caméra cachées c'est pas toujours simple), le résultat m'a en tout cas convaincu.

J'ai ainsi bien aimé ce montage efficace qui fait que l' "intrigue" se suit assez facilement tandis que le fait d'expatrier cet univers de l'autre côté de la Manche en Angleterre, avec une façon de vivre et une culture différente de celle de la France est une très bonne idée. Cette idée de quête, aussi dingue soit elle, fonctionne. Quant à la bande originale composée par Fred Avril, je l'ai trouvé très bonne également. C'est peut-être pas une musique que j'écouterais en boucle mais elle colle bien avec son sujet.

Pour résumer, comme je m'y attendais, j'ai passé un très bon moment devant "Connasse, Princesse des cœurs". Ce divertissement passe bien l'épreuve de la version longue (même si je préfère le format court plus efficace et rythmé) et je me suis vraiment bien amusé devant toutes ses situations et ses répliques. Le film peut aisément se découvrir à la télévision je pense mais pour se vider la tête, il remplit aisément sa tâche bien porté par une Camille Cottin que je continue de beaucoup apprécié et qui donne ses lettres de noblesses à son personnage. Je reverrais ce long métrage avec un grand plaisir en tout cas.

3.5




vendredi 1 mai 2015

The Human Centipede 2 (Full Sequence)



Quitte à me faire du mal cinématographiquement et après avoir eu confirmation que le premier volet n'était pas fait pour moi, je me suis quand même décidé à voir "The Human Centipede 2 (Full Sequence)" dans l'unique but de pouvoir être un minimum objectif lorsqu'on évoquera dorénavant ce film devant moi.

Un minimum objectif est le bon terme... En effet, pas de miracles ici et comme je m'y attendais, je n'ai pas du tout accroché à ce nouveau scénario écrit par Tom Six. Ce dernier a quand même du entendre les réserves faites lors du premier film puisque cette fois ci, il opte pour un style nettement plus trash et plus dégueulasse dans son traitement avec un nouveau psychopathe dont la seule vue suffit pour trouver l'ensemble sale. Seulement voilà, une nouvelle fois pour moi, il n'y a aucune ambiance.

Je n'ai jamais réussi à accrocher un tant soit peu à ce long métrage. Pire, alors qu'il est un peu plus trash, voyeur et malsain que son prédécesseur, j'ai même réussi malgré tout à le trouver plus lent et plus ennuyeux. Il me ferait même "presque" remonter ma note ressentie du premier film seulement je trouve ça si mauvais que je ne vais même pas prendre cette peine et les mettre au même niveau. Je ne vois vraiment pas l'intérêt d'un tel film. Je ne suis peut-être pas aussi ouvert d'esprit que je le pensais mais ce long métrage est juste naze à mes yeux.

On aurait pu croire qu'avec le buzz du premier film, cette suite allait avoir le droit à un casting un peu plus convaincant qui sauverait peut-être les meubles mais là encore, c'est peine perdue. J'essaie parfois de trouver des points positifs aux différents films que je visionne car je n'aime pas "descendre pour descendre" (et c'est sans doute pour cela que je suis un "public facile") mais bon, là, même avec de la bonne volonté, je n'y arrive pas. L'interprétation générale est juste pathétique et à aucun moment je n'y ait cru.

Pourtant, comme son prédécesseur, Laurence R. Harvey en Martin à la tête de l'emploi pour le rôle du psychopathe mais ça cabotine tellement, c'est tellement dans la surenchère et c'est tellement peu convaincant, que même lors des scènes sensés crées un malaise, je n'ai jamais ressenti la moindre angoisse. C'est dommage car sans sauver le film, je pense qu'il y avait quand même du potentiel mais le jeu de notre "héros" est juste catastrophique comme ses collègues, mention spéciale au voisin du dessus et au pseudo médecin qui sont juste risible tant ils m'ont paru grotesque.

La mise en scène de Tom Six m'a semblé également totalement gratuite. Pour masquer ses lacunes, il opte pour un noir et blanc du plus mauvais effet qui cache bien certaines choses et tente de jouer avec la lumière et la photographie mais c'est bien trop léger comme artifice pour que cela fonctionne. Le réalisateur donne un autre style à sa franchise mais ça ne change rien à mon sens. Bien au contraire, cette impression qu'il se prend encore plus au sérieux me donne même encore plus envie de ne pas aimer ce long métrage.

J'ai beau essayer de repenser à ce film, de chercher des petits détails mais même dans la réalisation, il n'y a rien que j'arrive à apprécier. Le fait de ne vraiment pas adhérer à ce concept ne doit pas aider mais même sans cela, je trouve que le film est juste laid et ce manque d'ambiance et de tension le rend juste gratuit pour moi. Rien ne fonctionne pas même la bande originale composée par James Edward Barker, qui même en jouant avec les différents sons, ne fonctionne pas pour moi.

Pour résumer, la franchise a sans doute réussi à trouver son public puisqu'au moment où j'écris ses lignes, un troisième opus s'apprête à sortir, mais je n'en fais définitivement pas parti. Je ne regrette pas d'avoir vu "The Human Centipede 2 (Full Sequence)" (malgré cette sensation de perte de temps) car maintenant lorsqu'on l'évoquera je pourrais en parler mais ce n'est clairement pas un cinéma que j'affectionne. Toujours aussi mal écrit, mal joué et mal filmé, ce long métrage se veut trash mais il est juste vide et gratuit. J'apprécie quand le gore ou le malsain crée une tension qui peut me mettre mal à l'aise mais ici, la seule chose que j'ai réellement ressentie, c'est de l'ennui...

0,0




The Human Centipede (First Sequence)



"Faut vous faire soigner, vous êtes malade !"

J'ai longtemps hésité avant d'écrire un court avis sur "The Human Centipede (First Sequence)". En effet, je partais avec tant d'à priori que je n'étais pas sûr d'être totalement objectif. Puis bon, j'ai quand même décidé de me faire ma propre idée sur le sujet et c'est ainsi que je me suis retrouvé à voir ce film donc maintenant que c'est fait, autant dire ce que j'en ai pensé.

Et ce que j'en ai pensé c'est que ce n'est pas très folichon. Le scénario écrit par Tom Six possède certes une trame bien dégueulasse, seulement voilà, il n'en fait pas grand-chose. Faussement trash, je me suis surtout franchement ennuyer devant ce récit assez vide qui n'arrive jamais à vraiment m'emmener avec lui. Au-delà de son simple concept où on se demande encore quelle drogue le créateur de ce film a pu prendre, le long métrage ne dégage juste absolument rien.

Je m'attendais à être gêné, à être écœuré, à me sentir mal... Et au final, j'ai trouvé ça si pathétique que cela ne m'a fait aucun effet. Des films comme "Hostel" ou plus encore "Irréversible", même si ils n'ont rien en commun à part le fait que je n'ai pas accroché plus que ça, ont au moins su retranscrire ce mal être chez moi. Là, j'ai juste suivi jusqu'au bout en me demandant comment cela allait finir et j'ai trouvé l'ensemble si grotesque que je trouve cela consternant.

Avec un scénario aussi plat, il ne fallait pas non plus s'attendre à une distribution de malade (quoique, il faut quand même avoir quelques connexions malsaines pour accepter ce projet). Les acteurs sont juste extrêmement mauvais mais bon, ce ne fut pas vraiment une surprise puisque dès le début, on va vite s'en apercevoir avec le jeu très fade de Ashley C. Williams en Lindsay ainsi que Ashlynn Yennie en Jenny que le résultat va vite être catastrophique.

Je reconnais que Dieter Laser en Docteur Heiter a une bonne tête de psychopathe. Mais la tête ne fait pas tout et son jeu tout aussi consternant fait que ce n'est pas avec lui que l'on va pouvoir trouver un quelconque intérêt à ce projet. Je ne parle même pas du duo de flics, Peter Blankenstein et Andreas Leupold, respectivement les Détectives Voller et Kranz, qui bien qu'ils apparaissent tardivement, sont si mauvais qu'à côté toute la brigade de l'Inspecteur Derrick mériterait un Oscar pour l'ensemble de leurs carrières...

Que dire aussi de la mise en scène de Tom Six ? Filmé avec les moyens du bord, on sent que le réalisateur veut donner une âme à son film, qu'il veut lui donner une identité propre mais il n'y arrive jamais. Il nous balance son récit comme un cheveu dans la soupe et ne prend pas la peine de construire réellement quelque chose. Le côté "film fauché" aurait pu apporter quelque chose à l'ambiance mais il n'en ait rien. Là encore, c'est très plat et vide de tout avec un visuel assez laid.

Dans ma note ressentie, j'aurais pu peut-être rajouter un demi-point pour les efforts sur la photographie ou les efforts sur l'exploitation de la villa du Docteur Heiter seulement voilà, je n’ai vraiment pas envie de faire cet effort d'autant plus que je ne comprends toujours pas l'intérêt de ce projet. Je ferais l'impasse aussi sur la bande originale composée par Holeg Spies et Patrick Savage qui dans le registre de la musique du mauvais téléfilm de quatrième partie de soirée à vingt ans de retard...

Pour résumer, vous l'aurez compris et je m'y attendais un peu, "The Human Centipede (First Sequence)" est juste un désastre. Faussement trash et malsain, il ne se passe juste pas grand-chose à l'écran. C'est écrit avec les pieds (les dialogues peuvent faire sourire tant c'est naze), c'est ultra mal joué, c'est mal filmé bref, c'est beaucoup de bruits pour rien à mon sens. Avec cette trame, on aurait pu me rendre malade, cela aurait au moins suscité chez moi une once d'émotion mais il n'y a rien de tout cela qui s'est produit. Je me suis ennuyé, voilà tout...

0,0




mercredi 29 avril 2015

Ouija



"C'est pas réel ok ! C'est juste un jeu !"

En ce moment, j'essaie de me faire un "cinéma détox". Je mate toujours autant de films chez moi en dvd ou Blu-ray mais je veux limiter mes sorties en salles car je commençais par faire de sacré journée en salles obscures. Du coup, dans cette envie de limiter mes séances, je pensais que je découvrirais "Ouija" plus tard à la télévision, le long métrage m'inspirant pas plus que ça mais des marteaux piqueurs à côté de chez moi ont eu raisons de moi et c'est de leur faute si je me suis diriger vers mon cinéma et que l'horaire collait.

Au final, je me demande si je n'aurais pas été plus à l'aise avec les marteaux piqueurs. En effet, je me suis quand même terriblement ennuyé devant ce scénario écrit par Juliet Snowden et Stiles White. L'histoire n'est pas bien méchante en soit mais il ne se passe absolument rien. Fidèle à ce genre de production, on est obligé d'attendre un certain temps avant que ça se lance réellement et une fois que c'est fait, force est de constater que l'on est dans un schéma ultra classique dans le genre.

Les morts qui viennent embêter une bande de jeunes, une planche d’Ouija qu'on utilise avec facilités, des dialogues bateau, une fin ouverte pour différentes suites... Non seulement il n'y a rien de bien nouveau à l'horizon mais en plus l'ensemble est traité avec une platitude assez déconcertante, les rebondissements que l'on veut donner ne changeant rien. C'est si académique, qu'en plus d'être ennuyeux et caricatural, cela devient poussiéreux. J'ai lu que le studio avait fait de nombreux changements sur le scénario de base, je ne sais pas si ce sont les producteurs les coupables mais ce film n'a vraiment aucune utilité et n'apporte rien.

Devant la caméra, ce n'est pas mieux non plus. Aucun comédien ne vient relever le film. Il n'y a aucune prestation que j'ai trouvé intéressante, chaque acteur se contentant juste du strict minimum pour un film d'épouvante pour adolescent qui auront de quoi être frustré également de leurs côtés. Je n'ai vraiment pas cru une seule seconde à cette bande de jeunes. Personne ne m'a convaincu et j'ai même trouvé ça si mauvais que cela accentue davantage les défauts de ce film.

Après, la mise en scène est très classique aussi. Pas d'originalité non plus. C'est propre mais c'est tout. Stiles White nous propose des scènes déjà vu des centaines de fois (et nettement mieux exploités) tandis que le montage très simple ne donne pas beaucoup de rythme au film. Il n'y a même aucun effort de fait sur l'ambiance. L'épouvante se fait attendre et c'est vraiment l'ennui qui a prédominé durant mon visionnage avec en prime des décors et une photographie insipide. Même la bande originale composée par Anton Sanko est un artifice qui ne change rien.

Pour résumer, je me doutais que "Ouija" allait être de cet acabit. J'avais cette crainte de m'ennuyer ferme mais je ne m'attendais vraiment pas à ce que ce soit aussi terrible que ça. Fade et insipide, dans un genre qui a déjà été plus loin avec les mêmes thèmes, il parait presque insensés que l'on ait choisi autant de facilités en espérant que cela fonctionne. Non seulement ça ne fonctionne pas mais en plus, dès le générique de fin, on commence déjà à oublier ce long métrage. C'est bien dommage car avec ce scénario déjà vu, ce casting transparent et cette mise en scène simpliste, même l'ambiance semble être aux abonnés absent et du coup, j'ai quand même trouvé le temps très long.

1.0




mardi 28 avril 2015

Good kill



"La guerre est devenue un jeu vidéo en vue subjective."

Avec "Bienvenue à Gatacca", l'association entre Andrew Niccol et Ethan Hawke a déjà fait ses preuves à mes yeux et bien que je n'ai pas encore vu "Lord of war" (même si c'est prévu), c'est avec une certaine attente que je me suis diriger vers mon cinéma afin d'aller voir "Good kill" surtout que le sujet avait tout pour faire un film passionnant.

Et passionné je l'ai été. Je n'ai sans doute pas été pris par ce film autant que je le devrais (ce n'est pas uniquement la faute du long métrage, je suis assez hermétique à la guerre au cinéma...) mais ce scénario écrit par Andrew Niccol m'a vraiment captivé. J'ai trouvé ça vraiment très original cette façon de nous montrer ce combat et l'utilisation de drones que l'on voit jamais au final accentuant un peu plus la sensation d'être Dieu pour celui qui décide d'appuyer sur le bouton.

Bien qu'assez prévisible sur son questionnement, j'ai quand même apprécié le débat que soulève ce récit. Il n'apporte pas forcément beaucoup de réponses, nos protagonistes acceptant pour la plupart cette fatalité, mais il est toujours bon je trouve de poser certaines questions et de mettre une humanité dans le débat. Qui doit vivre ou mourir ? Qui a le droit de prendre cette décision ? Qui est le plus responsable, celui qui ordonne ou celui qui exécute ? Comment finir cette guerre ? Jusqu'où peut aller l'hypocrisie d'un gouvernement ? En allant plus loin, notre adversaire ne finira-t-il pas lui aussi par aller plus loin accentuant chaque jour un peu plus la violence et la haine ? Combattre sans être face à son adversaire, est-ce honorable ? "Éduquer" les militaires comme si ils étaient face à une console de jeu n'est-ce pas les éloigner de la réalité ? Comment s'insérer dans une société où l'uniforme sert d'artifice ?...

Tout ceci n’est que quelques questions parmi tant d'autres mais il est vrai que même si on s'attend à ce genre de questions, j'ai vraiment apprécié qu'ils aient été soulevés. De même, à travers notre héros, j'ai beaucoup aimé que l'on essaie d'installer malgré tout l'humanité au centre de tout ceci. Voir le Commandant Tom Egan douter, déprimer, s'enfermer sur lui-même et voir que son travail à une grande incidence sur sa vie de famille, sa personnalité et son "bien-être" permet de rendre ce récit encore plus fascinant.

C'est ainsi que cette histoire, bien qu'un peu répétitive par moment, a su me fasciner de bout en bout sans jamais créer le moindre ennui de mon côté. Bien que l'on s’attende un peu à ce type de fin, le film a su quand même m'emmener avec lui. Plus que pour son aspect "film de cinéma", c'est surtout parce qu'il m'a permis durant toute ma projection de m'interroger moi-même sur le sujet, et même après le générique de fin, que j'ai apprécié découvrir cette œuvre. Je garderais la plupart de mes opinions pour moi car ce n'est pas le sujet mais j'aime cette façon d'interpeller le spectateur et de le mettre au centre du débat.

Le film fonctionne aussi à mes yeux grâce à la performance des différents comédiens à commencer par Ethan Hawke en Commandant Tom Egan. Constant de bout à bout, l'acteur en fait peut-être parfois un peu trop mais en accentuant les traumas de son personnage, on s'identifie mieux à son rôle. Il a ses défauts mais j'ai eu beaucoup d'empathie pour lui surtout que le comédien à très bien su retranscrire dans son jeu la détresse morale de notre héros. J'ai apprécié le fait qu'il soit dépeint comme quelqu'un de calme, serein et qui pèse chacun de ses mots et de ses gestes bien que par moment ça explose à force de tout garder en soit. Ethan Hawke est vraiment très bon en tout cas dans ce registre.

Il aurait même pu porter le film sur ses épaules. Seulement voilà, à ses côtés il est bien secondé par un Bruce Greenwood en Lieutenant-Colonel Jack Johns que je trouve excellent. Très charismatique, il fait un leader naturel et s'impose brillamment dans l'histoire sans pour autant être trop en avant ni en faire des tonnes. Le comédien est vraiment très bon et c'est aussi pour cela que ses échanges restent passionnants. J'ai aimé en tout cas le traitement de ce rôle qui nous le présente comme un chef avec l'autorité nécessaire sans pour autant trop accentuer sa supériorité hiérarchique. On sait que c'est lui qui donne les ordres et pourtant, il parait en même temps au même niveau que son équipe ce qui est une bonne idée.

J'ai été assez surpris par Zoë Kravitz. C'est une actrice que je découvre petit à petit, que je commence même à apprécier assez fortement, mais je dois avouer que je ne la voyais pas du tout dans ce genre de production. Pourtant, dans la peau de Vera Suarez, elle m'a vraiment convaincu. Elle apporte une touche de féminité qui fait plaisir sans pour autant s’éclipser. Elle s'impose dans ce groupe et même le jeu du chat et de la souris de son personnage avec Tom Egan n'est pas forcément utile et assez mal amené, j'ai quand même bien aimé sa prestation.

A l'inverse, j'ai trouvé January Jones en Molly Egan un peu plus en retrait. Fort heureusement, elle ne sert pas que de belles plantes et son rôle apporte pas mal de chose au niveau de la vie personnelle de notre héros mais j'aurais aimé que son traitement soit un peu plus fin que le simple portrait de la femme blasé qui se bat contre un mur et qui ne reconnait plus son mari. Après, elle fait bien le job et ses apparitions ne sont pas inintéressante bien au contraire mais je pense qu'on aurait pu aller plus loin.

Le reste du casting est du même acabit. Chacun fait son boulot et reste à sa place. Personne ne m'a véritablement choqué. Jake Abel en Joseph Zimmer apporte un bon contrepoids face au personnage de Tom Egan avec ce caractère je m'en foutisme de celui qui prend la guerre presque comme un jeu et qui ne fait preuve d'aucuns sentiments pour les dommages que cette guerre peut provoquer. Dommage que Dylan Kenin en Ed Christie soit plus effacé car du coup, on a du mal à trouver sa véritable utilité dans cette équipe, son personnage apportant un peu moins souvent son point de vue. J'ai bien aimé aussi (même si on les voit peu) les rôles du policier et du vendeur.

Côté mise en scène, Andrew Niccol m'a paru par le passé un peu plus inspiré. Cependant, sa réalisation reste quand même impeccable. Dans le "bunker" de pilotage, on a le droit à une sorte de huis clos assez intense qui amplifie un peu plus la tension et le stress que peuvent ressentir les pilotes tandis que les vues de drones sont très efficace sachant nous marquer lorsque c'est nécessaire. J'ai bien aimé aussi cette façon de nous montrer la banlieue de Las Vegas avec ses lotissements sans âmes où l'on tente de faire illusion.

Les différents cadres sont vraiment très bons tout comme le montage qui est bien ficelé et aide à ce qu'on ne voit pas trop le temps passé même lorsque l'on sent que l'ensemble devient répétitif. Les décors sont vraiment bien exploités. Il y en a peu et pourtant, j'ai eu l'impression de les voir sous des angles riches et variés. J'ai beaucoup aimé aussi la tension qui est généré par ce film comme par exemple lors des scènes téléphonique avec Langley qui véhicule pas mal de choses.

La photographie ainsi que la lumière sont eux aussi excellente. Que l'on soit dans la base militaire, dans le lotissement ou sur le terrain en guerre, j'ai beaucoup aimé les différents visuels que l'on a apportés à l'écran. On aurait peut-être pu apporter un peu plus d'âme au film mais ça fonctionne et c'est déjà ça pour moi. Quant à la bande originale composée par Christophe Beck, je l'ai bien aimé également. Elle sait se faire discrète et n'étouffe pas trop le film en étant utilisé à bon escient.

Pour résumer, "Good kill" fut pour moi une bonne surprise. Pourtant, il y a un petit côté répétitif dans le fond et déjà vu dans la forme qui font que j'aurais pu ressentir ce long métrage comme n'importe quel autre film de ce genre mais à côté de ça, il a quand même su me captiver de bout en bout. Avec des questions qui ont le mérite de créer un débat, une interprétation excellente et une réalisation efficace, ce film a su m'emmener avec lui bien que je ne sois pas spécialement amateur de film de guerre (je n'ai rien contre ce genre je le précise, ce n'est juste pas mon genre cinématographique de prédilection). Mieux encore, dès le générique de fin, "Good kill" a su se bonifier dans mon esprit à tel point que plus j'y pense et plus je lui trouve de nombreux aspects positifs. Il ne révolutionne sans doute pas le genre mais il n'en demeure pas moins un long métrage à voir à mon sens.



4.0




dimanche 26 avril 2015

Le Solitaire (Thief) (1981)



"Vos critères d'adoption ? Vos critères d'adoption ils sont tellement enfoncés dans votre cul, qu'ils ne voient même pas la lumière du jour."

Si j'ai décidé de me faire un cycle consacré à Michael Mann, c'est parce que c'est un cinéaste dont j'aime beaucoup le travail. Il y avait quand même des longs métrages que je ne connaissais pas et ce cycle était l'occasion pour moi d'y remédier. Premier long métrage de cinéma, "Le Solitaire" faisait partie de ses films que je n'avais encore jamais vu et c'est donc avec beaucoup d'enthousiasme que je me suis mis à le découvrir en Blu-Ray.

L'enthousiasme de mon côté est resté de bout en bout durant ma projection. En effet, j'ai vraiment beaucoup aimé ce scénario écrit par Michael Mann d'après l’œuvre de Frank Hohimer. Dans un genre auquel il deviendra une référence par la suite, Michael Mann nous raconte une bonne histoire de gangsters comme le septième art peut nous en offrir. La glorification de ses anti-héros ne véhicule peut-être pas une bonne image (en même temps c'est pas la première fois une telle glorification au cinéma) mais cette façon, grâce à la fiction, de pouvoir imaginer que l'on franchit la frontière, nous offre un certain plaisir il faut le reconnaître, un plaisir qu'à bien su exploiter ce récit.

Bien qu'il soit riche en défauts, j'ai apprécié le fait que notre "héros" soit un gangster qui s'assume totalement. Malgré ses actes que l'on ne peut pas cautionner, j'ai trouvé très intéressant la façon qu'à cette histoire de nous le rendre presque sympathique dans ce milieu déjà bien gangréné où même la police n'est pas si blanche que ça. De plus, en terme de films de gangsters avec cambriolages, j'ai trouvé que ce thriller était plutôt riche en tension, ce qui aide à rester en haleine, le tout saupoudré de quelques répliques bien senties qui font plaisir dans ce genre de production.

Devant la caméra, James Caan en Frank est parfait. Ce anti-héros s'inscrit dans la lignée des gangsters ayant marqué le cinéma. Très charismatique, j'ai beaucoup aimé cette façon très décontracté quoiqu'il arrive, que l'acteur a su donner à son personnage. Je pense que même si le film le glorifie un peu trop (sans pour autant faire abstraction de ses défauts encore une fois), la sympathie que j'ai pu ressentir à son égard est beaucoup dû à l'interprétation de James Caan qui fait un sans-fautes à mes yeux.

Derrière lui, le reste de la distribution suit le mouvement et reste également au même niveau à l'image d'un James Belushi que j'ai apprécié dans la peau de Barry. Bien qu'un peu caricatural, j'ai bien aimé aussi Robert Prosky en Leo dont l'une des dernières scènes où son personnage dévoile son jeu m'a beaucoup plu aussi. Quant à Tuesday Weld en Jessie, je l'ai bien aimé aussi mais je regrette que le film ne l'exploite pas davantage. Je pense qu'il y avait pourtant matière à lui donner un peu plus d'importance. Même constat pour Willie Nelson en Okla dont les quelques apparitions m'ont plu.

Pour son premier film de cinéma, Michael Mann signe en tout cas une excellente réalisation. Comme toujours, j'ai été bluffé par ce travail que je trouve très soigné et d'un esthétisme réussi. Je ne sais pas si la restauration du film en Blu-Ray joue ou pas en sa faveur mais un tel résultat pour un premier long métrage mérite vraiment d'être mis en avant. De plus, dès ce film on va retrouver les thèmes qui seront chers au réalisateur ainsi que cette façon de filmé un peu froide mais très intense que j'aime beaucoup.

Le seul petit défaut que je pourrais lui donner, c'est dans son montage. Le film possède des longueurs qui font que selon moi, on aurait très bien pu lui enlever vingt minutes faciles. On aurait gagné en rythme je pense car certaines scènes m'ont vraiment paru trop longue comme la scène d'ouverture par exemple. Après, cela ne m'a pas empêché de ne pas m'ennuyer une seule seconde et je dois avouer que malgré tout, je n'ai pas vraiment eu la sensation que ce film durait deux heures.

Un autre aspect que j'aime dans le cinéma de Michael Mann et que l'on retrouve également ici, c'est la beauté de la photographie. Une photographie magnifique qui exploite très bien sa lumière ainsi que ses différents décors tout en nous offrant des plans que je trouve très beaux. Quant à la musique composée par Edgar Froese, Christopher Franke et Johannes Schmölling, bien que je l'ai trouvé un peu trop lourde et bien trop présente au début, je m'y suis vite fait ensuite. Elle fait en tout cas bien parti de cette ambiance de polar noir comme je l'aime et j'ai même eu de l'affection pour la musique que l'on peut entendre lors du générique de fin.

Pour résumer, il m'aura fallu du temps mais je ne regrette vraiment pas d'avoir enfin découvert "Le Solitaire". Le long métrage n'est pas totalement parfait à mes yeux mais il a le mérite d'être prenant et de m'emmener avec lui malgré une glorification du gangster que l'on a depuis eu l'habitude de voir au cinéma. Si le film possède quelques longueurs, l'interprétation très convaincante des acteurs et notamment de James Caan ainsi que la brillante réalisation de Michael Mann font que j'ai beaucoup aimé ce thriller. C'est en tout cas un film que je reverrais volontiers et dont certaines répliques m'ont bien amusé. Un film de gangsters qui ne nous ment pas sur sa marchandise et un premier long métrage diablement efficace.

4.0




Warrior



"Gamins, on voulait tous savoir qui était le plus fort, n'est-ce pas ? Aujourd'hui, on va savoir qui est le plus fort de la planète."

Bien que le film me tentait énormément (quelques mois auparavant j'avais découvert "Fighter" que j'avais adoré et qui m'avait donné envie de voir un autre film du genre), j'ai raté "Warrior" lors de sa sortie en salles. Bénéficiant dans mon entourage de très bons échos sur ce film, il m'a donc fallu un peu de temps mais j'ai enfin réussi à le visionner.

Je ne sais pas si ça vient de mon attente ou de la façon dont on m'a vendu le film mais je suis un peu resté sur ma faim. Autant le dire tout de suite, j'ai beaucoup aimé ce long métrage que j'ai trouvé très plaisant à suivre mais le scénario écrit par A.M. Tambakis, Gavin O'Connor et Cliff Dorfman est loin de m'avoir offert une véritable claque. Dans son ensemble, j'ai eu l'impression d'avoir déjà vu ce film à de nombreuses reprises. Sans trop de surprises (ce qui du coup baisse l'intensité dramatique de l'histoire), plus le film avançait et plus on anticipe assez facilement les scènes à venir jusqu'à son final tout aussi téléphoné malgré le fait qu'on éprouve une certaine sympathie pour nos deux héros.

Malgré ça, comme je l'ai déjà dit, le film est assez efficace. Il traine un peu avant de se mettre en place mais je me suis quand même assez facilement laissé prendre au jeu. Novice en matière de MMA, si je n'ai pas eu l'impression de vivre une véritable immersion dans ce sport, j'ai trouvé qu'il servait de bon décor pour ce récit. De toute façon, tout comme un "Rocky" à son époque, le sport de combat n'est qu'un prétexte pour une trame dramatique qui est ici touchante même si elle n'apporte rien de bien nouveau.

Devant la caméra, le face à face entre Tom Hardy et Joel Edgerton, soit Tom Conlon et Brendan Conlon, est sympathique. On voit vite que leurs personnages ont des traumas, qu'ils n'ont pas eu la vie facile et même s’ils peuvent apparaître comme bourrés de défauts, j'ai quand même ressenti une certaine empathie pour eux grâce à l'interprétation des comédiens qui font le boulot. De plus, lorsqu'ils sont dans l'arène, au-delà de leurs musculatures (surtout pour Tom Hardy), ils sont très convaincants en combattants. A noter au passage que j'ai vu ce film en version originale. J'ai commencé au début en version française mais le doublage ne collait tellement pas je trouve que la version originale c'est vite imposé d'elle-même.

Derrière eux, on retrouve également de bons acteurs comme Nick Nolte que j'ai beaucoup aimé dans la peau de Paddy Conlon. Le jeu du comédien m'a plu. On se doute que son personnage n'a pas toujours eu un comportement exemplaire mais Nick Nolte réussit tellement bien à incarner cette volonté de se rattraper que j'ai été ému par son rôle et son interprétation. Son rôle dans ce récit et tout aussi important que celui de Jennifer Morrison en Tess Colon, un peu plus en retrait, mais dont le personnage équilibre bien aussi la balance dans ce duel de caractère que l'on suit.

Les autres rôles secondaires sont un peu moins mis en avant que ce quatuor et ce n’est pas plus mal. Les personnages m'ont plu mais cela ne servait à rien de trop ce concentré sur eux et du coup, leurs présences m’ont semblé bien dosées comme il se doit. C'est par exemple le cas de Frank Grillo que j'ai aimé en Frank Campana. Bien qu'il ne soit pas forcément utile, Kevin Dunn est lui aussi bon en Joe Zito tandis que les amateurs de MMA s'amuseront sans doute de la présence de Kurt Angle en Koba dans la peau d'un personnage un peu caricatural mais qui fait ce que l'on attends de lui lors de ses quelques apparitions.

J'ai bien aimé aussi la mise en scène de Gavin O'Connor. Je ne m'attendais pas trop à ce genre de réalisation mais ça fonctionne plutôt bien puisque je n'ai pas vu le temps passé. Si l'intérêt des scènes à multiples écrans où on suit plusieurs situations en même temps ne m'a pas spécialement emballé plus que ça, j'ai bien aimé en revanche la façon de filmer les différents combats. Proche du ring, on rentre plus facilement dans leurs luttes et bien que ce soit très énergique et que ça bouge pas mal, l'ensemble reste quand même lisible et facile à suivre.

Les décors et la photographie sont eux aussi pas mal. Cette façon d'épuré un peu le style lorsqu'on est en dehors du tournoi m'a beaucoup fait pensé à "Rocky" avec ses outsiders que personne n'attend et qui n'ont pas eu une vie facile mais ça colle plutôt bien avec l'ambiance. Le film reste rythmé et j'ai apprécié aussi la bande originale composée par Mark Isham même si par moment, il y a des thèmes musicaux qui m'ont semblé surprenant pour ce genre de projet (et je ne parle pas de l'utilisation de Beethoven dont on justifie la présence même si cela m'a fait plus sourire qu'autre chose).

Pour résumer, "Warrior" n'est pas le super film que l'on m'avait vendu. Il a un petit côté prévisible et déjà vu qui porte un gros préjudice au film selon moi. Pourtant, son histoire fonctionne, son casting est convaincant et sa mise en scène plutôt bien réussie. Du coup, même si ce n'est pas forcément le film que je voudrais revoir très souvent, j'ai quand même passé un très bon moment devant ce long métrage. Il se suit très facilement, il est agréable à regarder et on a un divertissement efficace. Je ne me suis pas ennuyé, le résultat est là et donc je suis quand même satisfait d'avoir enfin pu le voir même si je reste un peu sur ma faim.

3.5




samedi 25 avril 2015

Citizenfour



C'est parce que le sujet m'intéressai alors que je ne comprenais pas grand-chose à cette affaire mais aussi parce que ce documentaire bénéficiait d'une bonne réputation que j'ai eu envie de découvrir "Citizenfour". Il m'a fallu un peu de temps mais j'ai enfin réussi à le visionner au cinéma.

Que dire ? L'histoire est vraiment palpitante avec une intrigue hollywoodienne qui fait de ce divertissement d'espionnage... Attendez... Ce n’est pas un divertissement ?... Ce n’est pas une fiction ?... Et bien.... Tout ceci me fait froid dans le dos. Blague à part, l'ensemble de ce documentaire est vraiment passionnant. Dès le début, j'ai été captivé par ce que ce film avait à nous raconter et bien que j'ai été à plusieurs reprises un peu perdu car le monde de l'informatique est loin d'être une de mes spécialité, l'ensemble est fascinant.

C'est tellement hollywoodien que l'on pourrait vraiment croire qu'il s'agit d'une fiction et le sujet qui traite et d'une grande importance (surtout à l'heure où en France on s'apprête à voter la loi Renseignement...). Bien entendu, le citoyen lambda se doute qu'il est surveiller et que certains de ses propos sur le net ainsi que ses contacts peuvent être surveiller mais le fait d'en voir la preuve à l'écran et de voir les proportions que ce système mis en place ne me laisse vraiment pas indifférent.

Ce qui est important dans ce documentaire filmé comme une intrigue de John Le Carré (que l'on cite d'ailleurs à tel point cela semble irréel), c'est de voir que même une personne qui semble n'avoir rien a caché peut fournir des informations privées dont elle ne se doute pas avec les métadonnées qui sont collectés. Le simple fait de relier une carte bancaire à un achat peut en dire beaucoup sur nous, je m'en doutais un peu, mais entendre comment on peut utiliser tout ceci permets à mes idées d'être plus concrète je trouve.

Quand on sort de la projection, on devient en tout cas très vite paranoïaque. A qui faire confiance ? Est-ce que cet achat que je fais ou cette personne avec qui je veux rentrer en contact est vraiment quelque chose d'anodin ? Les théories du complot les plus folles nous viennent en tête mais au-delà de ça, c'est surtout une atteinte à notre liberté qui est en jeu ? Pouvons-nous dire tout ce que nous pensons et avoir le comportement que l'on peut avoir quand on est seul si on se sait surveiller ?

Sans revenir sur la loi Renseignement dont je vais garder mon opinion pour moi car ce n'est pas le lieu pour en débattre, ce documentaire montre aussi de façon très intéressante la façon dont les gouvernements ont laissés une place trop importante à ses services et à quel point il est dangereux de laisser tout ceci à un exécutif qui se retrouve avec beaucoup trop de chose à diriger. L'une des scènes d'ouverture où le gouvernement semble vouloir "légalement" reprendre une affaire et l'enlever au pouvoir judiciaire en est un bon exemple.

D'un simple espionnage qui semble ahurissant par son ampleur (puisqu'on part du principe qu'une majorité de personne n'est ni terroriste, ni criminel), on voit se dessiner un état totalitaire qui se cache derrière une démocratie et même si ici, il est surtout question des États-Unis, on voit quand même dans le long métrage que c'est l'ensemble de la planète qui est concerné puisque les pays n'hésite pas à s'échanger des informations entre eux.

Après, j'ai conscience de ne pas avoir toute les cartes en main. La politique et le monde de l'espionnage est un monde qui me dépasse et où je suis loin de tout comprendre. Cet avis sur ce documentaire et ce qu'il traite peut même sembler assez brouillon et dans mes propos je mélange peut-être beaucoup de choses qui n'ont pas lieu d'être mélangé mais malgré tout, en tant que citoyen, je ne suis pas indifférent à ce que j'ai pu voir et je trouve intéressant de voir que ce film peut susciter un débat et permettre une prise de conscience sur le fait que notre liberté n'est pas acquise et qu'aujourd'hui encore, il faut se battre car elle est de nouveau attaquer derrière différentes lois et autres effets de brouillard qui essaie de nous faire passer ça pour de la "normalité".

Sinon, en tant que documentaire, c'est vraiment bien filmé. Laura Poitras met très bien en scène son sujet, on se croirait presque dans un spectacle hollywoodien tant c'est soigné et que le sujet est ahurissant, tandis que j'ai bien aimé voir le travail des journalistes qui ont révélés cette affaire. A l'heure où les journalistes sont souvent pointés du doigt et où l'information est synonymes de recherches de scoop, j'ai trouvé ça très appréciable qu'on en voit faire leur travail avec sérieux et intelligence.

Cette façon de dévoiler l'affaire petit à petit en protégeant leurs sources (et eux-mêmes) tout en tachant de comprendre les tenants et les aboutissants m'ont beaucoup plu. Ils auraient pu tout balancer mais en ayant ce devoir de responsabilité et en ne publiant que ce qui est utile, je trouve que le film défend une notion de journalisme qui est assez noble. Face à eux, j'ai aussi trouvé intéressant d'en voir un peu plus sur Edward Snowden. Jusque-là, j'avais surtout la vision des gouvernements via leurs discours et j'ai trouvé ça bien d'avoir ce contrepoids en pouvant l'écouter davantage pour mieux comprendre ses motivations et les risques qu'il a conscience de prendre.

Pour résumer, bien qu'il m'ait parfois un peu perdu dans son contenu complexe à mes yeux, "Citizenfour" est un documentaire indispensable qu'il est important et intéressant de découvrir. Il n'a pas volé son Oscar en tout cas car le fond et la forme s'avère très réussie en plus d'avoir des propos nécessaires qui permettent d'interpellé le public sur ce qui est en jeu. Il m'a fallu du temps mais je ne regrette vraiment pas de l'avoir découvert et c'est un film que je conseille très fortement. Que l'on soit d'accord ou non avec cet espionnage, ce long métrage permet de lancer des débats et de mettre le citoyen dans la discussion. C'est une démarche que j'apprécie, que je trouve intelligente et qui j'espère en interpellera plus d'un. Un film à voir.

4.5




Avengers : L'ère d'Ultron (The Avengers: Age of Ultron)



"J'en ai assez de voir des innocents payer pour nos erreurs."

Pour ceux qui me lisent un peu depuis un moment (si, si, il y en a quand même quelques-uns ^^ ), le fait que j'aime les films de supers héros n'est pas une grande nouvelle en soit. Du coup, afin d'éviter d'être spoiler (chose que j'éviterais de trop faire ici), c'est très rapidement que je me suis décidé à aller voir "Avengers : L'ère d'Ultron" en salles surtout que je gardais un excellent souvenir du premier volet.

Pas le temps de s'acclimater, ici, on repart tout de suite dans le bon gros blockbuster attendu. Avec une scène d'ouverture reprenant un peu les mêmes codes que la scène finale du premier volet, c'est donc très rapidement que je me suis replongé dans cet univers que j'aime tant. Et pourtant, bien que cela démarre extrêmement vite, je dois admettre que ce scénario écrit par Joss Whedon m'a légèrement moins emballé que son prédécesseur.

Légèrement car j'ai quand même repris mon pied devant cette nouvelle aventure mais pendant une bonne grosse première partie du long métrage, il y a eu un je ne sais quoi qui m'a empêché de totalement rentrer dans le film. J'ai eu la sensation que l'intrigue partait un peu partout et qu'elle se compliquait un peu la vie aussi pour pas grand-chose. Si dans le premier film, les quelques longueurs pour placer le récit et ses personnages sont tout à fait justifiable, ici, je m'attendais quand même à ce que ce nouveau scénario démarre un peu plus vite et la grande scène de combat du début n'a pas forcément eu l'effet escompté à mes yeux.

Durant cette grosse partie, le film manque un peu d'intensité je trouve. Les Avengers se dispersent, ils se font un peu la guéguerre entre eux mais cette guéguerre des égos avec ses caractères différents si opposé, on y a déjà eu le droit auparavant et du coup, j'ai par moment eu l'impression que le film ne prenait pas trop de risques. En fait, il sert surtout de transition pour les futurs suites Marvel que l'on va voir. Cette réunion de famille tisse les liens entre les différents films en nous rappelant avec amusement certains faits passés mais du coup, j'ai l'impression qu'ils ne vont pas plus loin. Ils se réunissent, ils combattent et ils repartent...

C'est assez basique et on s’attend à ce genre de chose mais du coup, on ne ressent pas vraiment de cohésion dans ce groupe et c'est regrettable. Pourtant, après le premier film on aurait quand même pu penser qu'ils étaient plus unis que cela mais cette volonté de vouloir recrée la bande manque un peu de piment je trouve. Il y avait pourtant de la matière. Entre la vie si atypique de ses personnages et leurs peurs que l'on met un peu en avant, il y avait de quoi faire une bande forte mais j'ai trouvé que c'était moins fort que le premier film surtout que toute forme d'intensité est vite atténué par un humour léger.

Après je dis ça mais ça ne m'a pas empêché de prendre mon pied. Je n'ai rien contre cet humour léger qui est très plaisant. Si je veux voir quelque chose d'un peu plus sombre, j'opterai plus pour une adaptation DC Comics (même si eux aussi ont leurs légèretés propres). J'en ai quand même eu pour mon argent avec ce florilège de scènes d'action (je trouve ça pas mal qui se rendent quand même un peu compte des dégâts que leurs combats peuvent provoqués) et d'humour sympathique qui en font un divertissement honnête.

Le premier film avait à mon sens mis la barre très haute donc j'en attendais peut-être un peu trop mais il n'en demeure pas moins que le cahier des charges est respecté. C'est typiquement le genre de films que l'on nous a vendu et il montre malgré tout, des choses intéressante. Par exemple, Ultron est en soit un méchant qui vaut le détour et la scène finale (même si elle sent un peu la redite du premier film) opte aussi pour une certaine évolution dans leurs états d'esprits. J'ai bien aimé aussi tout le rapport avec le monde en guerre via les personnages de Quicksilver et de la Sorcière Rouge même si leurs combats personnels auraient peut-être mérités un film à eux seuls mais bon... Globalement, c'est quand même du très gros spectacle je trouve que j'ai énormément aimé.

Devant la caméra, on prend les mêmes et on recommence. Comme dans le premier film, j'ai apprécié le fait que chaque héros ait son quart d'heure de gloire. Ça nous laisse bien sûr avec quelques frustrations car on aimerait en voir davantage sur chacun d'entre eux et je comprends que ça ne puisse pas être possible car il faut essayer d'avoir l'esprit bande mais chaque acteur s'en sort bien je trouve. Devant la richesse de ce casting, je trouve ça bien que personne ne tire trop la couverture vers soi.

Robert Downey Jr. en Tony Stark - Iron man est une nouvelle fois parfait par exemple. Il s'impose peut être un peu moins comme le leader naturel mais le comédien possède un charisme et une classe qui font que même lorsque son personnage doit s'effacer un peu, il réussit à exister. Il joue toujours bien le personnage à l'égo surdimensionné et pourtant, dans son interprétation, j'ai trouvé ça intéressant de le voir avec quelques fêlures et voir son personnage se remettre un peu en question par moment.

J'aime toujours aussi la complicité qu'il retrouve avec Bruce Banner - Hulk qui est toujours bien interprété également par Mark Ruffalo. L'acteur brille une nouvelle fois dans ce rôle, il est très convaincant dans la peau du Docteur réservé qui craint le mal qu'il peut faire et son alter égo vert est très bien retranscrit en motion capture avec le regard du comédien que l'on ressent bien à l'écran. Quand on voit le jeu de Mark Ruffalo, ce qui me frustre le plus, c'est que pour une histoire de droits, pour le moment on ait pas le droit à un film solo avec son personnage car le comédien à vraiment apporté beaucoup au mythe à mes yeux.

J'ai bien aimé aussi Scarlett Johansson en Natasha Romanoff - Black Widow. La romance de son personnage avec Bruce Banner, bien que souvent maladroite et un peu lourde, est assez touchante. Ça nous permet de la mettre un peu plus en avant comparé au premier film et ce n'est pas plus mal. C'est vraiment un rôle que je trouve intéressant (encore plus lorsque l'on découvre les traumas de son passé avec des visions digne d'un bon petit film d'épouvante) et son exploitation dans ce groupe me plait surtout que la comédienne apporte aussi une touche de glamour qui n'est pas négligeable pour mes yeux d'hommes.

Avec elle, j'ai beaucoup aimé retrouvé Jeremy Renner en Clint Barton - Hawkeye aussi. C'est peut être l'un des rares (avec Scarlett Johansson) à être un chouia trop en retrait dans le premier film et ici, son personnage va prendre une importance que j'aime beaucoup. Entre sa vie sans les Avengers, ses doutes mais aussi son importance dans ce groupe qui apparait plus évident, l'acteur livre une bonne prestation et n'a rien à envier à ses collègues super héros. Il s'impose très facilement en tout cas à l'écran sans pour autant devoir être trop lourd ou devoir trop en faire.

Autre personnage que j'ai aimé retrouver, c'est celui de Chris Evans dans la peau de Steve Rogers - Captain America. Pourtant, son personnage pourrait vite apparaître comme le plus lisse de tous mais une nouvelle fois, il s'avère vraiment pas mal du tout surtout que l'acteur l'incarne parfaitement. Il retranscrit très bien la sympathie que l'on peut avoir à son égard et le regard de son rôle sur les événements ainsi que l'évolution qu'il veut donner à ce groupe sont bien joué. Le personnage fait un bon meneur d'hommes je trouve et j'ai apprécié le fait (même si on se moque de lui sur certains de ses discours) que son personnage s'impose par son esprit plutôt que par sa force.

Un point fort du film sinon, c'est que j'ai bien aimé aussi retrouver le personnage de Thor (en fait il ne fait pas que des moulinets avec son marteau mais il swingue aussi ;-) ). C'est le personnage des Avengers qui me parle le moins (c'était déjà le cas pour ses films solo, je préfère largement Loki qui est plus intéressant à mon sens par exemple) mais ici, j'ai aimé sa contribution même si elle n'a rien d'exceptionnel. Chris Hemsworth le joue très bien en tout cas et il semble prendre du plaisir à l'interprété une nouvelle fois à l'écran.

Dans les autres têtes que l'on connait déjà, Samuel L. Jackson est une nouvelle fois très classe et charismatique en Nick Fury, Cobie Smulders est très plaisante en agent Maria Hill même si on la voit peu, Don Cheadle en James Rhodes - Iron Patriot m'a bien fait sourire, Hayley Atwell que j'aime beaucoup me fait regretter qu'elle n'est pas eu un autre rôle que celui de Peggy Carter car on la voit peu, Anthony Mackie en Sam Wilson - Falcon est lui aussi bien à sa place, Stellan Skarsgård en Docteur Erik Selvig fait le job et même si on le voit très peu, Idris Elba en Heimdall a toujours une classe énorme.

Parmi les nouvelles têtes, celle qui sort un peu plus du lot à mon sens et à ma grande surprise, c'est Elizabeth Olsen dans la peau de Wanda Maximoff - Scarlet Witch. J'ai beaucoup aimé son évolution dans ce long métrage et elle est vite devenue un personnage que j'ai apprécié suivre. Inversement, Aaron Taylor-Johnson en Pietro Maximoff / Quicksilver est lui aussi très bon mais c'est vraiment frustrant de voir qu'à côté, son personnage s'avère être sous-exploité. Il aurait sans doute mérité un meilleur traitement et le fait d'être dans une galerie de personnages aussi riche n'a sans doute pas aidé non plus.

Sinon, dans le reste de la distribution, je retiens Thomas Kretschmann en Baron Wolfgang von Strucker qui est pas mal mais disparait trop vite, Soo-hyun Kim en Docteur Helen Cho que j'ai bien aimé aussi même si elle s'avère vite un peu transparente dans le groupe et Andy Serkis qui est encore excellent en Ulysses Klaw. Ce dernier fait un méchant qui a de la gueule et il aurait même été plaisant de le voir davantage je pense, du moins cela ne m'aurait pas dérangé.

Petite aparté, on l'entendait déjà en Jarvis, le fidèle acolyte virtuel de Tony Stark mais j'ai énormément apprécié le fait de voir cette fois Paul Bettany à l'écran. Il fait un Vision des plus convaincants et malgré son maquillage un peu lourd (le personnage est ainsi), il réussit à très vite s'imposer dans le groupe et à l'écran et est vite devenu un personnage que j'adore (bien que j'aimais déjà beaucoup Jarvis). Et puisque je parle des voix, le travail vocal de James Spader pour Ultron est lui aussi remarquable. D'ailleurs, c'est un choix de casting que je trouve très judicieux.

Côté mise en scène, on retrouve Joss Whedon derrière la caméra et ça se voit. Il y a une bonne continuité et une cohérence visuelle entre cet épisode et le premier film ce qui fait qu'à aucun moment, je n'ai eu la sensation de redécouvrir un nouvel univers. C'est pas plus mal mais bon, comme pour le scénario du coup, j'ai trouvé qu'il n'y avait pas de grandes surprises. Que ce soit le combat final du premier film et la scène d'ouverture de celui-ci (voir même la scène finale aussi), on retrouve quand même les mêmes plans, les mêmes cadres, les mêmes prise de vue.

Alors après, c'est très agréable, j'ai énormément aimé et c'est aussi ça qui a contribué à ce que je prenne mon pied devant ce divertissement mais bon, si dans le premier film il avait su me surprendre, ici, le cinéaste m'a juste emmené avec lui en terrain conquis. Il faut bien que je sois difficile parfois mais bon, j'aurais aimé qu'il y ait un peu plus de folies. J'aurais aimé qu'on puisse démarquer assez facilement les différents combats entre les films ou qu'on ait un brin de nouveauté. Cela aurait peut-être contribué à donner plus d'intensité au film.

Mais bon, là c'est vraiment parce que la barre a été mise assez haut précédemment car en l'état, c'est quand même pas mal du tout. Il y a quand même quelques petites idées qui par moment sortent du lot comme les pensées obscures de nos Avengers lorsqu'ils sont envoutés. Il y a, à ces moment-là, un climax un peu différent et une atmosphère un peu plus sombre qui se dégage et qui est appréciable même si une nouvelle fois, je n'ai rien contre l'ambiance un peu plus légère du film.

Le montage aurait peut-être pu avoir quelques coupes aussi notamment au début. C'est beaucoup trop long à se lancer à mon sens et du coup, il y une sensation de longueurs que j'ai ressentie qui m'a parfois dérangé même si pour ce genre de production, une durée de film de plus de deux heures n'est pas un handicap. A la limite, plutôt que de partir au début dans une sorte de brouillon d'intrigue qui va s’éclaircir un peu plus vers la fin, on aurait gagné à exploiter davantage certains personnages et leurs caractères mais bon, je ne vais pas non plus refaire le film (ça serait moins bien de toute façon, je laisse ça aux pros ;-) ).

Visuellement après c'est très réussis. Les effets spéciaux sont pas mal du tout. On peut pointer du doigt cette volonté assumé de tout faire exploser mais ça passe quand même et c'est aussi un peu pour ça que je fais le déplacement. Techniquement, j'ai trouvé que l'ensemble était très bon en tout cas. J'ai beaucoup aimé aussi l'exploitation de la lumière et cette photographie un peu froide par moment qui tranche un peu avec la photographie un peu plus chaleureuse new-yorkaise que l'on pouvait avoir auparavant.

Les décors sont eux aussi très bons. La ville à la fin apparait un peu petite (ils ont beau tout détruire, on a l'impression qu'ils combattent juste dans une rue...) mais l'ensemble est quand même agréable à voir au même titre que les costumes qui collent toujours bien aux différents personnages ainsi que les maquillages qui sont réussis. Quant à la bande originale composée par Brian Tyler et Danny Elfman, je l'ai bien aimé aussi mais je l'ai quand même trouvé moins percutante musicalement que les différents thèmes du premier volet.

Pour résumer, "Avengers : L'ère d'Ultron" est une excellente suite. J'ai eu le bon gros blockbuster que je voulais, j'ai adoré retrouvé ses différents personnages mythiques et le temps d'un film, j'ai apprécié retrouvé mon âme de gamin. Maintenant, peut-être que cela vient du premier volet qui avait mis la barre très haute à mes yeux, mais cette suite est un poil au-dessous de son prédécesseur. Je sais que les facilités sont légions dans ce genre de production mais le scénario un peu brouillon et illisible du début associé à une mise en scène efficace mais dont l'originalité fait défaut fait que je préfère le premier film. Ici, on est resté sur ses acquis, c'est pas mal du tout mais c'est vrai que j'espérais quand même autre chose qu'un simple épisode de transition. Un nouveau visionnage plus tard changera peut être la donne mais bon en attendant, pour tous les fans de films de super-héros, ce deuxième volet nous offre quand même un excellent spectacle que l'on aurait tort de bouder.

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4.0




jeudi 23 avril 2015

Mission : Impossible - Protocole fantôme (Mission: Impossible - Ghost Protocol)



"- Tu vas pas y arriver.
- Ça, ça m'aide !"


Cet avis a été écrit lors de la sortie en salles du film. Je le remonte aujourd'hui car je l'ai revu récemment en Blu-Ray et mon avis à son sujet n'a pas changé.

Grand amateur de Tom Cruise et aussi de la franchise cinématographique "Mission : Impossible" dont je m'étais refait les trois premiers volets il y a pas longtemps, ce "Mission : Impossible - Protocole fantôme", quatrième aventure de l'agent Ethan Hunt, était l'une de mes principales attentes. C'est ainsi que dès que j'ai pu, je suis allé le voir en salles avec l'espoir de m'en prendre plein la vue.

Et bien je dois dire que je n'étais pas été déçu du résultat. Je m'attendais à un sacré film d'action en voyant la bande annonce et personnellement, j'en ai eu pour mon argent. Après un troisième opus très réussi qui avait véritablement mis la franchise sur la bonne voie, ce quatrième volet réussi à parfaitement continuer sa route à mes yeux en restant cohérent avec son prédécesseur tout en gardant en tête l'esprit de la série originale. Le scénario écrit par Josh Appelbaum et Andre Nemec m'as vraiment beaucoup plu.

Comme toujours, on a le droit à un nombre incalculable de grosses facilités scénaristique mais j'ai réussi à passer outre pour ma part et c'est ainsi que j'ai pris mon pied devant cette histoire. Oui, nos héros s'en sortent souvent avec juste des petits bobos, oui on peut penser qu'ils sont immortels, les voitures qui explosent arrivent toujours à tomber du ciel là où il faut pour ne blesser personne, on a toujours le bon gadget sous la main etc etc mais ce fut quand même un sacré pied.

L'histoire mélange habillement je trouve les différentes scènes d'action avec juste ce qu'il faut d'humour (même un peu plus que d'habitude j'ai eu l'impression) tout en mettant en scène son intrigue de façon plaisante. On a encore de vilains terroristes pas beaux qui veulent déclencher une guerre mondiale mais j'ai quand même bien aimé cette histoire que j'ai trouvé efficace. Le fait que l'équipe soit désavoué (même si ils restent grandement équipé malgré tout) apporte un plus à ce film qui fait que je les ai sentis un peu plus en difficultés que d'habitude. Après, on n’est pas en présence non plus d'une trame complexe mais mine de rien, dans l'ensemble j'ai quand même trouvé que le résultat final tient la route et que le cahier des charges a été respecté. C'est exactement le film que je voulais voir.

Niveau casting, c'est comme toujours un plaisir pour moi que de retrouver Tom Cruise à l'écran. L'acteur reprend à merveille son rôle d'Ethan Hunt en restant dans la continuité du troisième opus et évitant ainsi les pièges dans lequel le scénario du deuxième volet lui faisait tomber. Le comédien est impeccable et tient bien le haut de l'affiche. Que ce soit dans l'humour ou dans l'action, je continue de le trouver excellent et ce film continue de confirmer tout le bien que je pense de lui. Très charismatique, il en devient même énervant quand on voit la classe qu'il a comme lorsqu'il porte son costume bleu ;-) . Du haut de ses 49 ans, l'acteur n'as pas à rougir de sa performance en tout cas et quoiqu'on puisse me dire à son sujet, je continue d'être fan de ce comédien.

A ses côtés, on retrouve un autre acteur que j'aime beaucoup : Jeremy Renner. Il fait partie de ses acteurs qui ne cessent de grandir dans mon estime à tel point que maintenant, son nom me fait déplacer en salles et le savoir dans un film avec Tom Cruise avait tout pour me réjouir. Dans son rôle de William Brandt, il est une nouvelle fois très bon. Très à l'aise dans une bande, il s'impose juste comme il faut à l'écran sans jamais trop tirer la couverture vers soi. Je l'ai trouvé très performant et son jeu m'as beaucoup plu également.

Dans "Mission : Impossible 3", on avait eu le droit dans le rôle du méchant à un excellent Philip Seymour Hoffman. Je pensais qu'il allait être dur de passer derrière lui mais Michael Nyqvist dans le rôle de Kurt Hendricks s'en sors très bien lui aussi. Son rôle n'as pas la même dureté et la même intensité que son prédécesseur mais il fait un méchant vraiment convaincant et assez charismatique lui aussi ce qui avec du recul me fait sourire quand je pense au désastreux méchant qu'on avait le droit dans "Mission : Impossible 2" (la franchise à vraiment su bien rebondir).

Vu très furtivement dans le troisième volet, j'ai bien aimé retrouver Simon Pegg dans le rôle de Benji Dunn. Même si une belle part de la touche comique du film est sur lui, j'ai apprécié le fait qu'il ne soit pas utilisé uniquement comme le pitre de service. On lui doit certes quelques passages très drôles mais il reste convaincant et ne fait pas tâche dans cette équipe. Il a su bien donner vie à son personnage pour lui donner une bonne crédibilité.

Paula Patton dans le rôle de Jane Carter est aussi très bonne. En plus d'être ravissante et très agréable à voir à l'écran, la comédienne ne se contente pas d'être la belle plante de service. Elle est elle aussi très convaincante et fait exactement ce qu'on lui demande tout comme Léa Seydoux dans le rôle de Sabine Moreau. J'avais un peu peur de retrouver cette comédienne devant ce casting impressionnant mais elle joue vraiment bien son rôle. Mystérieuse et efficace, je l'ai trouvé vraiment très bonne et j'ai bien aimé sa prestation au point que j'aurais même aimé en voir un peu plus avec elle. Sa scène finale avec Paula Patton est en tout cas très efficace tout comme sa première scène dans le film.

Pour le reste de la distribution, je n'ai rien de particulier à dire, chaque acteur reste à sa place et je n’ai pas senti particulièrement de fausses notes. Vladimir Mashkov en Anatoly Sidirov et Josh Holloway en Trevor Hanaway possèdent une bonne présence à l'écran par exemple et même si il est loin d'être aussi charismatique que dans "Slumdog millionaire" ou encore la série télévisée "24 heures chrono", Anil Kapoor en Brij Nath m'as bien amusé aussi. Quant à Tom Wilkinson dans la peau du secrétaire de l'IMF, tout comme Anthony Hopkins dans "Mission Impossible 2" à son époque, je regrette qu'on ne le voit pas un peu plus.

Après une grosse carrière dans la réalisation de film d'animation ("Le géant de fer", "Les indestructibles", "Ratatouille"...), voir Brad Bird pour son premier long métrage "live" s'avère être un choix aussi surprenant que casse gueule. Du coup, sans trop savoir à quoi m'attendre, j'étais quand même curieux de voir le résultat et je dois dire que j'ai été très agréablement surpris. Brad Bird prend la relève de J.J. Abrams (qui reste à la production ;-) ) avec brio et nous livre un film d'action efficace qui nous en met plein la vue au point qu'on regretterai presque qu'il n'ait pas réalisé de film "live" avant.

Sa caméra est toujours bien placée, on a le droit à des plans vraiment superbe et dans les scènes d'action, en plus d'être lisible, c'est joli à voir. On peut bien sûr citer la scène de l'immeuble à Dubaï qui fait déjà parti des scènes cultes du film mais "Mission : Impossible - Protocole fantôme" regorge de scènes que j'ai trouvé vraiment pas mal du tout comme celle dans le parking automatisé, la course poursuite en pleine tempête de sable ou encore la scène d'ouverture pour ne citer que celle-ci. J'ai trouvé la photographie vraiment très belle et la lumière bien exploité. Visuellement, j'ai vraiment beaucoup aimé avec une variation agréable dans les décors et des effets spéciaux réussis qui contribue à nous offrir un grand spectacle. La musique du film composée par Michael Giacchino est elle aussi très bonne et colle bien avec l'ensemble également.

Pour résumer, "Mission : Impossible - Protocole fantôme" est un excellent film d'action qui m'as procuré beaucoup de plaisir. Avec le troisième opus la barre avait été mise assez haute je trouve mais Brad Bird réussi l'exploit de se hisser à sa hauteur et de nous offrir un grand divertissement de qualité. On peut regretter que le scénario possède de nombreuses facilités mais ça reste quand même diablement efficace tout comme la performance des acteurs que j'ai trouvé impeccable. J'ai hâte de revoir ce film en tout cas que je ne regrette pas d'avoir vu et que je me procurerai très certainement en Blu-Ray lors de sa sortie. Les amateurs de film d'action en auront pour leur argent face à ce film sans prise de tête qui m’a fait passer un très bon moment :-) .

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4.5




Mission : Impossible 3



"J’ai une bombe dans la tête. Si tu ne me tues pas, je vais mourir."

Cet avis à été écrit il y a quelques années. Je le remonte car j'ai revu le film récemment en Blu-Ray et mon avis à son sujet n'a pas changé.

C'est quasiment dans la foulée de "Mission : Impossible 2" que je me suis mater "Mission : Impossible 3" dernier volet en date de la franchise avant la sortie prochainement de "Mission : Impossible - Protocole fantôme". Ça faisait un sacré moment maintenant que je ne l'avais pas revu ce film et il faisais sans doute parti de ceux que je voulais le plus revoir car je gardais en mémoire un excellent ressenti de mon précédent visionnage.

Force est de constater que le plaisir est toujours là. Alors que "Mission : Impossible", premier du nom, nous offrait une bonne base avec une profondeur assez intéressante des différents personnages et que "Mission : Impossible 2" nous décevait un peu mais nous offrait une bonne dose d'action, ce troisième opus réussi la prouesse de véritablement lancer la franchise en ne prenant que le meilleur des deux précédents films tout en gardant l'esprit de la série télévisée d'origine. Du coup, on a le droit à un scénario écrit par J. J. Abrams, Alex Kurtzman et Roberto Orci qui est excellent.

Bien sûr, on a toujours quelques facilités et des scènes un peu grosse le tout avec un final quelque peu prévisible mais ça m'as fait plaisir de retrouver une intrigue prenante qui tient un minimum la route et qui nous donne envie de nous intéresser aux personnages. Même la romance du film trouve ici une utilité (à la différence du deuxième film) et reste intéressante en se faisant présente sans être étouffante. Dès les premières minutes j'ai été emballé par cette histoire sans temps mort où j'ai eu l'impression d'avoir enfin le genre d'histoire que je voulais.

On s'intéresse à la psychologie des personnages, il y a de l'action, de l'émotion, de l'humour bref tous les ingrédients nécessaire pour avoir un divertissement de qualité qui ne renouvelle certainement pas le genre mais qui nous fait passer tout de même un sacré bon moment de cinéma. J'ai particulièrement bien aimé le fait que l'on retrouve de l'espionnage dans ce volet, qu'il ne serve pas juste de prétexte pour des scènes d'action comme cela avait pu être le cas pour le deuxième film mais que l'espionnage reste le cœur du film comme dans le premier film avec des agents secrets qui prennent leurs missions au sérieux et ne sont pas des mannequins.

Après, même si ce n’est pas forcément toujours exploité, j'ai bien aimé aussi le fait que le film pose la question de savoir si un agent secret peut avoir une vie familial et quel lien il peut tisser avec son entourage. Bien entendu ce n’est pas le centre du film et on n’a pas le droit à une thèse sur la question le film restant avant tout un divertissement mais j'ai apprécié que ce soit utilisé et mis un peu en avant dans l'intrigue ça lui donne plus de force, plus d'importance. De plus, le fait de garder l'esprit de la série télévisé crée par Bruce Geller permet de donner davantage de crédit à ce scénario que je trouve parfaitement bien maitrisé et dosé.

Quel plaisir aussi de retrouver Tom Cruise dans le rôle d'Ethan Hunt. Ce personnage lui va toujours bien et j'ai aimé le fait qu'il redevienne un agent secret. Débarrasser des fantaisies scénaristique du film de John Woo, l'acteur redevient le héros charismatique, intelligent et efficace que j'avais aimé chez Brian De Palma le tout avec encore plus de consistance. On s'attache plus à son personnage et l'acteur s'investit à fond dans son interprétation pour nous livrer un résultat vraiment excellent.

J'ai bien aimé aussi revoir Ving Rhames dans le rôle de Luther Stickell. Toujours aussi drôle et pertinent, l'acteur est de nouveau mis un peu plus en retrait mais garde une bonne importance évitant ainsi les pièges précédent. Le fait de retrouver les deux comédiens ensemble assure une bonne continuité et une certaine cohérence dans la franchise malgré les différents changements de cap effectué ce que j'ai aussi apprécié. Puis je ne boude pas mon plaisir de revoir à l'écran un acteur que j'apprécie.

Autre cohérence avec les autres opus, l'arrivée dans cette distribution de grands noms du cinéma américain pour remplacer les anciens. C'est ainsi que dans l'équipe on va retrouver Jonathan Rhys Meyers dans le rôle de Declan. J'ai bien aimé le jeu de l'acteur que j'ai trouvé très juste. Un peu en retrait, ça n'enlève pas le fait que le comédien s'en sort à merveille avec son personnage. Un peu en retrait aussi mais donnant à ce casting une dimension internationale, on retrouve aussi la charmante et talentueuse Maggie Q en Zhen. J'ai trouvé l'actrice convaincante (bien plus qu'Emmanuelle Béart dans le premier film) et même si on ne l'exploite pas toujours de la meilleure façon qu'il soit, ce fut un plaisir pour moi de la voir à l'écran.

J'ai beaucoup aimé aussi Michelle Monaghan dans le rôle de Julia. Son personnage apporte vraiment quelque chose de nouveau à la franchise au-delà de la simple romance facile. J'ai trouvé que son arrivée est faite de façon très intelligente et même si elle n'est pas toujours mise en avant, j'espère vraiment la retrouver dans le prochain opus. Billy Crudup en John Musgrave est lui un peu plus léger notamment vers la fin du film mais l'acteur s'en sort bien quand même, sauver par un charisme qui lui permet de bien rester présent dans cette intrigue. L'évolution de son personnage n'est pas toujours judicieuse mais j'ai quand même apprécié de le voir ici tout comme Laurence Fishburne, un acteur que j'aime beaucoup, dans le rôle de Theodore Brassel. L'acteur brouille bien les pistes du coup on ne capte pas toujours les intentions et les motivations de son personnage mais j'ai bien aimé même si on peut, peut-être, regretter que dans le scénario les employeurs d'Ethan Hunt soient un peu trop mis en avant au lieu de rester dans l'ombre et de "nier leurs activités si un agent se fait prendre".

Il est aussi agréable de retrouver Simon Pegg dans le rôle de Benji Dunn. Il ne sert pas à grand-chose mais il est bien écrit et apporte un peu de fraicheur au casting. L'acteur joue bien le jeu en tout cas et évolue dans un registre comique où il a fait ses preuves le tout sans en rajouter. En revanche, j'ai eu un peu plus de mal avec Keri Russell dans le rôle de Lindsey Farris. Ça vient peut-être aussi du scénario mais l'actrice ne m'as jamais vraiment convaincu, je n'ai pas arrêté de la trouver un peu trop légère pour ce personnage et j'ai eu du mal à lui trouver une quelconque crédibilité du coup même si elle apparait peu à l'écran, à chaque fois je trouvais que ça sonnais un peu faux un peu comme si on avait demandé à Michael Moore d'incarner Bruce Lee au cinéma (l'exagération est volontairement assumé pour illustrer mon propos ^^ ).

De toute façon, la palme du film revient à Philip Seymour Hoffman, magistral en Owen Davian au point qu'il vole la vedette à un Tom Cruise livrant pourtant une excellente interprétation. Le face à face entre les deux comédiens est excellent et fait vraiment plaisir car après un Dougray Scott très risible dans "Mission : Impossible 2", ça fait plaisir de voir un vrai bon méchant sans états d'âme et prêt à tout pour atteindre son but. Je pense d'ailleurs que si le film est une réussite, si il est aussi prenant, c'est aussi en grande partie grâce au jeu de Philip Seymour Hoffman qui offre enfin à la franchise un vrai bon méchant digne de ce nom. Chacune de ses apparitions fut en tout cas pour moi un délice et une scène marquante.

Après Brian De Palma et John Woo, voici venu le règne de J. J. Abrams qui prend le relai haut la main et réussi la passation de témoin. Tout comme le scénario, le réalisateur prend ici le meilleur des deux précédents volets et les élèvent un cran au-dessus pour nous offrir un spectacle parfaitement maitrisé de A à Z. Les scènes s'enchaînent avec une grande fluidité et sont d'une très grande beauté je trouve. On est loin de la parodie d'avant pour avoir un vrai bon film d'action comme j'aime les voir avec son lot de cascades, de fusillades et d'explosions comme je les aime.

Visuellement, je trouve que les effets spéciaux sont très réussis et on a le droit à de belles scènes pyrotechniques même si encore une fois l'intrigue n'est pas délaissée au profit de l'action fort heureusement. Bien au contraire, les deux forment un mélange homogène et agréable que la mise en scène de J. J. Abrams sublime à merveille même si ça n'empêche pas de tomber dans quelques facilités. Quoiqu'il en soit, les scènes les plus grossières, les plus abracadabrante (comme celle du balancier) passent cette fois ci sans difficultés et sans nous sortir du long métrage même si on continue de les trouver énorme.

Les costumes et différents accessoires sont eux aussi mieux choisi cette fois et contribue à l'esthétisme général de l’œuvre sans être trop choquant. Les décors sont bien exploités et un très bon travail a été fait là encore sur les différentes lumières et la photographie général du film. Quant à la musique du film composée par Michael Giacchino et Lalo Schifrin, je l'ai trouvé elle aussi excellente en ayant atteint son objectif de bien donner vie à l'histoire ainsi qu'à la mise en scène tout en gardant à l'esprit la série d'origine en dénaturant par exemple le moins possible le thème phare qui des années après sa composition et son utilisation dans la série télévisée ainsi que dans deux films, reste toujours aussi diablement efficace pour nous entraîner dans l'aventure.

Pour résumer, "Mission : Impossible 3" fait partie des meilleurs opus de la franchise pour moi. J. J. Abrams a su donner un coup de pied dans la fourmilière et lancer définitivement cette saga en nous offrant un divertissement de très grande qualité qui a su ne garder que le meilleur des deux précédents opus tout en ayant en tête l'esprit de la série télévisée. On retrouve un Tom Cruise en grande forme face à un Philip Seymour Hoffman encore plus saisissant pour un duel passionnant qui m’a beaucoup plu. Même si parfois c'est un peu trop gros, je prends toujours beaucoup de plaisir à voir ce film décidément très efficace et qui plaira je pense aux amateurs du genre.

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4.5




mercredi 22 avril 2015

Mission : Impossible 2



"Toute recherche d’un héros doit commencer par ce qui est indispensable à tout héros : un ennemi."

Cet avis a été écrit il y a quelques années. Je le remonte aujourd'hui car j'ai revu le film récemment en Blu-Ray.

Toujours dans l'optique de me refaire la franchise juste avant la sortie du quatrième opus, après "Mission : Impossible", je me suis attaquer à la suite des aventures d'Ethan Hunt avec "Mission : Impossible 2", une nouvelle vision signé John Woo mais avec toujours Tom Cruise (et Ving Rhames :P ).

Même si il s'éloignait un peu de la série d'origine, j'avais globalement plutôt bien aimé le premier film de la saga même si je reconnaissais en même temps que tout n'était pas parfait. J'avais passé un très bon moment devant ce film et du coup, j'étais plutôt confiant vis à vis de cette suite. C'est peut-être à cause de cette confiance que lors de sa sortie en salles, mon avis concernant ce long métrage fut un peu mitigé. Avec le temps et plusieurs visionnage je commence à le trouver divertissant mais c'est vrai qu'auparavant, j'avais un peu de mal avec ce volet.

Faut dire aussi que le scénario écrit par Robert Towne, Ronard D. Moor, Brannon Braga et Ronald D. Moore prend quand même un virage à 180 degrés. Fini ici la finesse du scénario avec une histoire classique mais prenante qui se veut psychologiquement un minimum intéressant le tout avec un peu d'action. Ici, on garde uniquement l'action, simple, à l'état brut. L'intrigue est toujours aussi classique mais elle est si grossière qu'on se rend vite compte qu'elle sers uniquement de prétexte pour pouvoir nous offrir différentes explosions, fusillades et autres course poursuite le tout agrémenté de quelques gadgets pour emballer l'ensemble.

Du coup, si maintenant je tiens face à ce film, ce n'est pas parce que je trouve cette histoire passionnante, c'est surtout parce que je la trouve divertissante. Pas besoin de se concentrer beaucoup dans ce long métrage qui offre à ses spectateurs des scènes rythmés avec un humour plus présent. Tant pis si on va encore plus loin dans l'abracadabrantesque. Le coup du TGV dans le premier volet était déjà pas mal mais là on a le droit à une succession de scènes qui à défaut d'être crédible reste drôle.

L'issue finale se dessine aussi facilement que cette romance auquel on peine à croire tant elle est facile, évidente mais bizarrement encore une fois, tout ce qui m'embêtais auparavant dans ce film m'amuse désormais. Je ne vais donc pas bouder mon plaisir et même si (à ce jour) ce deuxième opus est le plus faible de la franchise, ça me dérange moins de le revoir. En tout cas, si le premier volet s'éloignait un peu de la série télévisée d'origine, ce second film décide carrément de passer à autre chose ;-) .

Heureusement quand même que Tom Cruise est toujours présent au générique dans son rôle d'Ethan Hunt. Il n'est pourtant pas aidé par le scénario qui le cantonne au rôle du héros grotesque le tout avec un brushing impeccable qui ne bouge jamais et nous laisse penser que l'espion veut se reconvertir dans le mannequinat mais l'acteur arrive tout de même à bien s'en sortir grâce à un charisme certain même quand il est ridicule et à un jeu d'acteur qui tient la route tout en comblant quelques faiblesses. J'ai en tout cas pris beaucoup de plaisir à le revoir dans la peau de ce personnage que je trouve une nouvelle fois taillé sur mesure pour lui. Le rôle de l'espion lui va comme un gant. C'est dommage que l'on ait perdu la psychologie de son personnage, sa profondeur mais le comédien reste en tout cas très bon en terme d'action et l'humour lui va bien. De plus, le côté mannequin gâche un peu l'intrigue mais colle bien à cet acteur qui reste plutôt beau gosse il faut l'admettre même si là je n'émets qu'un point de vue masculin.

J'ai beaucoup aimé retrouver Ving Rhames aussi en Luther Stickel. L'acteur est charismatique et garde la même ligne de conduite ce qui fait que même si quasiment tout à changer en deux films, le comédien garde une certaine cohérence. Son personnage était assez drôle dans le premier film mais quand même un peu discret, en retrait. Dans ce volet où l'humour est de mise, il est mis un peu plus en avant sans pour autant voler la vedette à Tom Cruise ce qui est une bonne chose.

Pour le reste du casting, c'est que de la nouveauté mais comme pour le premier film, on a tout de même cherché à avoir de gros noms dans cette distribution. On retrouve ainsi Thandie Newton en Nyah Nordoff-Hall. La belle actrice fait office de belle plante qui n'hésite pas à mettre en avant ses charmes sans trop en dévoiler mais au-delà de ça j'ai aimé le fait qu'on lui offre un rôle important dans l'action, qu'elle ne se contente pas juste de faire acte de présence. Du coup, c'est pas toujours bien exploité mais la comédienne tient la dragée haute aux autres personnages quand même et elle n'as pas à rougir de sa performance.

J'ai beaucoup aimé Richard Roxburgh en Hugh Stamp aussi qui possède une très bonne carrure et que j'ai trouvé dans l'ensemble convaincant. Pour ce type de rôle il s'en sort très bien d'ailleurs c'est dommage que le scénario soit si faible car je pense qu'il y avait matière avec lui pour en faire un méchant vraiment redoutable. John Polson en Billy Baird est en revanche lui, totalement inutile. C'est pas la faute de l'acteur mais son personnage n'apporte rien du tout (hormis une ou deux blagues qui n'aide pas vraiment le film) et je me suis vraiment demandé quel but on cherchait à atteindre avec ce personnage.

Brendan Gleeson en John McCloy et Rade Serbedzija en Docteur Nekhorvich font un peu cliché à travers leurs gestuels et leurs jeux d'acteurs à mes yeux mais bon ça n'est pas choquant pour autant tout comme Anthony Hopkins en Commandant de mission Swanbeck qui se contente du minimum syndical même si une nouvelle fois son charisme et sa classe font que ça passe. C'est pas ce genre de rôle qui va marquer la filmographie de ses comédiens mais ce n'est pas non plus celle où ils seront le plus ridicule.

En revanche, ce qui est un peu plus choquant, c'est Dougray Scott dans le rôle de Sean Ambrose. Pas crédible, souvent risible (le scénario n'aidant décidément pas...), se faisant voler la vedette par son second le tout avec une présence à l'écran quasi inexistante, l'acteur incarne dans ce long métrage l'un des méchants de cinéma que je trouve le moins convaincant. On y croit pas une seule seconde du coup avec cette histoire de virus grotesque mal exploité à aucun moment je me suis fait du souci pour notre héros qui malgré les apparences n'as pas à beaucoup se forcer pour aller à ses fins. Il y a cependant une réplique (dite par le Docteur Nekhorvich) dans ce film que j'aime bien c'est : "Toute recherche d’un héros doit commencer par ce qui est indispensable à tout héros : un ennemi.". Avec un tel constat on pouvait avoir un face à face implacable mais si notre héros mis en difficulté par le scénario est bien là, en revanche l'ennemi qui peut lui mettre des bâtons dans les roues est aux abonnés absent...

Derrière la caméra, Brian De Palma à passer le relai à John Woo... et cela se ressens grandement. Là encore, fini la finesse, fini les plans bien maitrisés qui donne une profondeur au film. Ici, il y a toujours une certaine maitrise mais tout ce que ça apporte au film, c'est un effet comique supplémentaire. Entre le tango des voitures, la scène d'ouverture risible, les colombes qui volent etc etc le film sens le John Woo à plein nez. On ressens sa signature, sa façon de filmer sauf que c'est tellement exagéré, tellement grotesque (non mais c'est quoi ce reflet dans les lunettes de soleil ???) que l'on a l'impression que le réalisateur a fait une parodie de son propre travail.

Attention ça reste soigné je ne dis pas le contraire et aussi grotesque soit ils, certains plans possèdent un esthétisme certain mais c'est juste ridicule dans le résultat final. Le film n'avait pas besoin de ça et avec une tel mise en scène, non seulement on ne peut que ressentir les faiblesses du scénario mais en plus on ne peut que décrocher du film à plusieurs moments tant on y croit plus (si seulement on y avait cru à un moment...). Après, les scènes d'action reste efficace on en a pour notre argent et ça contribue à en faire un simple divertissement mais après les bonnes choses montré dans le premier film, ce changement radical est perturbant et décevant.

John Woo sais se servir d'une caméra et sa démonstration est si grossière qu'elle dessert le film c'est vraiment dommage. J'ai quand même bien aimé le travail qui a été fait sur la lumière et la photographie. Par moment on ressens bien la chaleur et la poussière qu'on a voulu donner à cette intrigue (un peu trop peut-être) et il y a quand même des plans que j'ai apprécié tout comme certains effets visuels même si tout n'est pas totalement réussi non plus dans l'ensemble.

Je vais faire l'impasse sur les accessoires et les costumes également car hormis la robe de Thandie Newton lors de sa première apparition que j'ai trouvé très joli, le reste est à l'image du film je trouve à savoir une succession de clichés avec par exemple un Tom Cruise mannequin au brushing impeccable à qui on va donner une belle veste en cuir et les lunettes de soleil qui vont avec, prêt pour nous faire un défilé sur sa belle moto qu'il trouve par hasard et qui colle parfaitement avec la scène.

En revanche, même si pour ce genre de production elle s'avère très classique, j'ai quand même bien aimé la bande originale signé Hans Zimmer et Lalo Schifrin (à qui on doit le thème phare de la série d'ailleurs ;-) ) qui donne du peps à l’œuvre et accentue le côté divertissement avec en générique de fin la chanson "I Disappear" interprété par Mettalica et le thème de la série qui est revisité donnant "l'électricité" nécessaire à ce genre de composition.

Pour résumer, "Mission : Impossible 2" est loin d'être le meilleur volet de la franchise. Il m’a même fallu longtemps et plusieurs visionnage pour réussir à vraiment l'apprécier tant beaucoup de choses apparaissent ridicule dans ce long métrage à commencer par son méchant qui est l'un des méchants les moins crédibles de l'histoire du cinéma (On s’attend presque à entendre les Inconnus dans leur parodie de "Bioman" nous dire : "Ahahahah !!! Je suis le méchant !!!" ). Pourtant je dois bien admettre que j'ai réussi à apprivoiser ce film proche de la parodie que je préfère voir comme un simple divertissement bourré de clichés. C'est efficace, ça vole pas haut mais ça me divertit du coup la pilule passe un peu mieux. Le changement de cap est sans doute trop brutal mais le plaisir de retrouver Tom Cruise en Ethan Hunt est toujours intact et du coup maintenant, j'arrive à revoir ce film (à petite dose) sans me forcer. Pas indispensable mais il se laisse regarder tout de même.

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3.0




Mission : Impossible



"- Nombre de morts : zéro.
- Ça on verra."


Cet avis à été écrit il y a quelques années, je le remonte aujourd'hui car j'ai revu le film récemment en Blu-Ray et mon avis à son sujet n'a pas changé.

A l'occasion de la sortie prochainement de "Mission : Impossible - Protocole fantôme" (le quatrième opus de la franchise), je me suis dit que je me referais bien cette saga dont j'apprécie plus ou moins les volets histoire de me faire une petite piqûre de rappel. C'est ainsi que dernièrement j'ai revu "Mission : Impossible", premier du nom que je n'avais pas revu depuis quelques temps maintenant.

J'en gardais un bon souvenir et je dois avouer que le résultat est toujours aussi efficace après plusieurs visionnages. Je ne vais pas m'amuser à comparer ce film avec la série télévisé d'origine car le film de Brian De Palma s'en éloigne quelque peu en gardant quand même certains points dans son esprit mais le scénario écrit par David Koepp, Robert Towne, Bruce Geller et Steven Zaillian reste très bon. Dès les premières minutes je me suis retrouvé à nouveau entrainé dans ce film mélange d'espionnage et d'action qui réunit tous les ingrédients nécessaire pour nous faire passer un très bon moment de cinéma.

Sur le papier, l'histoire est très simple avec un méchant à débusquer, une taupe à trouver, un héros pris au piège et une mission impossible dont l'issue apparait facile à deviner mais malgré toutes ses facilités, l'intrigue reste quand même passionnante et on ne s'ennuie pas du tout. Il faut dire aussi que le dosage entre action et humour est parfait alors qu'on dispose en plus de très peu de temps morts ce qui fait que le film passe relativement vite.

Avec le recul, le seul petit bémol que je pourrais avoir vis à vis de ce film, c'est pas qu'il prenne ses distances avec la série d'origine que j'aimais regarder quand j'étais enfant, c'est surtout qu'après plusieurs visionnage (dès le premier même !!! ), la fin qui apparait téléphoné... et justement un peu trop téléphoné. Le scénario n'as de cesse de nous tendre des perches pour qu'on devine cette issue et au lieu d'être sur le cul lors des révélations finales, on souris uniquement à voir que l'on a deviné juste et on regrette d'avoir deviné trop rapidement.

Pourtant, lors de ses finals, Brian De Palma a déjà su être plus percutant (c'est même quasiment sa touche personnelle je trouve) mais là le manque de surprises fait que l'on peut se sentir un peu frustré. Ça reste quand même efficace et j'ai pris encore une fois beaucoup de plaisir à suivre cette aventure tant le long métrage comporte tout ce que j'aime mais il est vrai que cette fin me laisse un peu sur ma faim et m'a empêché d'être un peu plus généreux dans ma note ressentie.

Devant la caméra, Tom Cruise nous offre une excellente performance. C'est un acteur que j'affectionne beaucoup et que je trouve souvent sous-estimé injustement à cause de ses choix de vies privés mais en tant qu'acteur je le trouve vraiment impeccable et ici, il fait un parfait Ethan Hunt à mes yeux. Il nous l'avait déjà prouvé à maintes reprises mais là encore on voit que le comédien est à l'aise dans l'action mais aussi dans l'humour subtil et dans les passages plus posés. Il a un charisme et un charme qui donne beaucoup à son personnage et qui font qu'on sympathise très vite avec lui. Parfait en meneur d'hommes, il livre un sans-faute une nouvelle fois pour moi et continue de faire partie de mes acteurs préférés.

A ses côtés, on retrouve une distribution de luxe qui se met bien au service du film à commencer par un Jon Voight en Jim Phelps très charismatique. L'acteur est bon au point qu'il arrive à nous faire oublier les faiblesses de son personnage. Parfois son jeu le trahi un peu mais même si il n'est pas dans son meilleur rôle, j'ai pris beaucoup de plaisir à le revoir ici comme j'ai pris beaucoup de plaisir à voir Jean Reno en Franz Krieger. Il reste lui aussi l'un de mes acteurs préférés (je suis gâté pour ce film ^^ ) et même si notre frenchie à un personnage qui possède quelques faiblesses au niveau du scénario, c'est toujours un plaisir également de le voir évoluer à l'écran. Il n'as pas l'air toujours à l'aise mais on reconnaît bien les caractéristiques de son jeu d'acteur et ça m'as plu de voir tout ce que j'aime chez lui même si encore une fois, c'est pas toujours parfait.

Ça m'as même fait plaisir de voir Emmanuelle Beart en Claire Phelps. Pourtant elle, elle ne fait pas vraiment partie des actrices que j'affectionne (comme quoi ^^ ) mais même si par moment je trouvé que son jeu sonné un peu faux, j'ai quand même trouvé qu'elle s'en sortait globalement bien. Chauvin comme je suis, je ne cache pas mon plaisir en tout cas de voir des acteurs français dans une production international, c'est un autre point du film que j'apprécie ;-) .

Ving Rhames en Luther Stickell est excellent. Un peu en retrait pourtant, je trouve qu'il offre un contrepoids intéressant à Tom Cruise et j'ai apprécié son côté gros dur avec beaucoup d'humour et très intelligent. Le film aurait gagné à exploité un peu plus son personnage mais l'acteur s'en sors vraiment très bien et fait partie de ceux qui se hisse en haut du lot de ce casting de grande classe où l'égo ne prend pas le dessus et où chacun fait ce qu'il a à faire en restant à sa place.

C'est aussi le cas pour Vanessa Redgrave en Max que j'ai trouvé excellente. J'ai trouvé son rôle bien pensé et même si il n'échappe pas à quelques clichés, l'actrice lui donne vie de bien bonnes façon tout comme Kristin Scott-Thomas en Sarah Davies que j'aurais aimé voir un peu plus malgré tout. J'ai été un peu moins convaincu en revanche par Henry Czerny en Eugene Kittridge que j'ai trouvé peu crédible mais bon, ce dernier apparaissant très peu à l'écran ça n’a pas gâché le spectacle à mes yeux. Le reste de la distribution est très bon sinon chaque rôle secondaire ayant sa petite importance.

Niveau mise en scène, j'adore la réalisation de Brian De Palma. Il ne signe pas son meilleur long métrage mais son expérience cinématographique apporte beaucoup à ce film. Il y a une grande maitrise de sa caméra et certains plans sont très bien pensé au point par exemple que dès qu'on parle de "Mission : Impossible", on ne peut s'empêcher de penser à la fameuse scène d'intrusion à la CIA avec Ethan Hunt pendu à un câble qui ne doit surtout pas toucher le sol et qui atterrit dans la position de la planche parfaite à quelques millimètre du sol.

Tout est bien pensé, c'est très fluide et très dynamique ce qui donne un ensemble efficace. L'ensemble des plans m'ont beaucoup plu et je pense que cette mise en scène m'as grandement permis d'apprécier ce film sans que certaines scènes me paraissent "choquante". En effet, en y repensant, il y a quand même des scènes grossières qui peuvent faire rire comme ce face à face Hélicoptère-TGV qui se termine de façon tout aussi grossière d'ailleurs mais la réalisation de Brian De Palma fait que ça passe quand même sans nous détacher du film.

Cette scène me fait d'ailleurs pensée que les effets visuels ont pris un petit coup de vieux quand même. On est loin des effets spéciaux pathétiques mais on ressent les retouches faites par ordinateurs et du coup certains plans sonnent parfois un peu faux mais ce sont des défauts liés à son époque plus qu'autre chose car en 1996, cela m'avait moins marqué. J'ai bien aimé la bande originale du film composée par Danny Elfman dont le thème phare de la série qui me plait tant et qui est repris ici juste comme il faut pour faire plaisir aux fans et rester ancré dans l'ambiance. J'ai bien aimé aussi les différents décors notamment ceux lors de la scène d'ouverture qui donne au film une atmosphère pesante que j'ai apprécié même si à certains moments on peut trouver que le brouillard tombe vachement vite ^^. Globalement en tout cas, j'ai beaucoup aimé cette réalisation et Brian De Palma confirme tout le bien que je pense de lui. C'est un réalisateur que je suis volontiers les yeux fermés et pour un premier volet dans cette franchise, je trouve qu'il ouvre bien le bal.

Pour résumer, "Mission : Impossible" premier du nom est un très bon film que j'adore revoir même si au fil des visionnages certains défauts (principalement liés à son époque) se font plus ou moins ressentir. On est un peu éloigné de la sérié télévisé d'origine mais je ne me lasse pas de revoir ce film efficace qui m'offre tout ce que je veux. C'est dommage que tout ne soit pas parfait car il y avait matière à faire de ce film une œuvre majeure dans la filmographie de Brian De Palma mais il lance tout de même parfaitement la franchise et donne à Tom Cruise un rôle taillé sur mesure pour lui le tout entouré d'une distribution de grande classe même si tout le monde n'est pas au sommet de sa forme. Un film d'action que je revois avec beaucoup de plaisir en tout cas, de préférence en version originale personnellement (la version française est bonne mais ça me fait toujours bizarre d'entendre Patrick Poivey, la voix de Bruce Willis sur le visage de Tom Cruise :P ). Un classique dont je ne me lasse pas ;-) .

4.0




Terminator Renaissance (Terminator Salvation)



"Tu sais ce que j’ai appris, Marcus ? On peut passer son temps à regretter tout ce qui été perdu, ou on peut se consacrer à ce qui reste."

L'avis qui suit à été écrit lors de la sortie du film en salles. Je le remonte aujourd'hui car j'ai revu le film récemment en Blu-Ray et mon avis n'a pas changé.

Étant donné que Terminator est l'une de mes sagas cinématographiques préféré, le quatrième opus ne pouvait que m'attirer. Pourtant, un Terminator sans Arnold Schwarzenegger avec McG derrière la caméra (je garde un avis perplexe de "Charlie et ses drôles de dames" et encore plus perplexe pour sa suite), j'avais de grosses craintes. Pourtant, la bande annonce et le casting était alléchant donc prenant mon courage à deux mains, il fallait absolument que j'aille découvrir ce nouvel épisode en salle et c'est maintenant chose faite. Mes craintes ont rapidement été balayées. Dès le début en fait, le film nous laissant aucun moment de répits et nous plongeant directement dans l'intrigue, à peine le générique de début fini, on se retrouve embarqué dans une guerre contre les machines. Après nous en avoir parlé dans les trois premiers films, on y est enfin et sur ce point la saga assure une continuité qui me parait des plus logiques. En effet, après le final de "Terminator 3 : Le soulèvement des machines", il était difficile de faire autrement.

Personnellement, j'ai une préférence pour l'esprit des trois premiers films car j'aimais beaucoup le fait que l'histoire se déroulait de nos jours cela nous permettait de nous identifier plus facilement à ce qui nous entourait mais alors que j'avais des craintes sur cette guerre, le scénario écrit par John Brancato, Michael Ferris et Jonathan Nolan réussi à la rendre captivante et logique. Tout en faisant de nombreux clins d'œil aux anciens films dont on sent l'hommage respectueux, ce quatrième opus nous fait découvrir un tout nouvel univers apportant à la franchise un souffle nouveau.

L'esprit y est quelque peu différent de ce que l'on avait déjà pu voir donc mais cela nous permet d'être surpris. Surpris tout comme John Connor car si les grosses lignes que l'on se doutait de cette guerre était connu avant d'avoir lieu, l'apparition de choses nouvelle tel que les motos terminator, la création des T-800 ou encore celle de Marcus (la meilleure idée du scénario) arrive à nous surprendre. Loin de la simple guerre hommes contre machines, l'histoire se montre très inventive en terme de stratégie.

Bien sûr, tous comme les précédents opus de nombreuses facilités scénaristiques ont lieu mais honnêtement, on sait à quoi s'attendre dans ce genre de production et pour ma part, elles ne m’ont pas gêné plus que cela. Le troisième volet ayant atteint son apogée du point de vue de l'humour, cette renaissance nous permet de retrouver un univers plus sombre, plus proche du premier film avec une psychologie des personnages que l'on retrouve aussi. Seul petit bémol, certains personnages qui auraient pu avoir de l'importance se retrouve sous exploité. Les amateurs de film d'action en auront pour leur argent en tout cas le film ne lésinant pas sur les moyens pour rendre cette guerre aussi crédible que efficace.

Du point de vue de la distribution, celui qui était attendu au tournant (du moins de mon côté) c'était Christian Bale qui reprenait les habits de John Connor. L'acteur s'en sort très bien. Il est charismatique comme toujours, dégage une certaine classe et arrive à rester convaincant dans son discours tout comme dans ses scènes d'actions mais, parce qu'il y a un mais, alors que dans "The Dark Knight, le chevalier noir", il se faisait voler la vedette par un Heath Ledger en transe dans son rôle de Joker, ici il se fait voler la vedette par Sam Worthington qui possède encore plus de charisme et qui en plus se retrouve favoriser par un scénario qui le met beaucoup plus en valeur.

Ce dernier est d'ailleurs la vraie révélation du film et même si l'affiche nous laisser supposer qu'il en serait la vedette avec Christian Bale, l'acteur l'éclipse assez vite dans son rôle de Marcus Wright. Efficace dans les scènes d'action également, il arrive à être convaincant avec son personnage assez complexe qui je pense n'était pas si facile que ça a interprété. Il y a bien sûr un peu de surenchère par moment dans sa gestuelle mais cela m'a moins marqué que la voix grave que prend Christian Bale par moment.

Anton Yelchin est assez surprenant lui aussi. Au fur et à mesure que je le découvre au cinéma, je commence de plus en plus à apprécier son jeu et ici le comédien fait un très bon Kyle Reese en trouvant un bon compromis entre la solidité et la naïveté de son personnage. Sans chercher à copier le jeu de Michael Biehn dans "Terminator" à qui il reprend le rôle, l'acteur nous donne une nouvelle facette à ce personnage que je trouve fort intéressante surtout qu'ici, son rôle n'est pas aussi "fort" que ce que l'on pourrait croire.

Bryce Dallas Howard en Kate Connor s'en sors aussi assez bien mais elle fait partie de ses personnages qui ont été sous exploité dans le scénario. Alors que le troisième film nous annonçait qu'elle avait un rôle capital dans la résistance, ici, elle est réduite à la simple femme de John Connor sur qui ont peu compté niveau soutien mais qui apparait bien transparente niveau résistante. C'est pas trop la faute de l'actrice je pense qui fait ce qu'elle peu mais plus celle de l'intrigue qui a préféré se concentrer sur d'autres personnages.

Moon Bloodgood en Blair Williams aurait aussi pu apporter un plus au film je trouve mais même si elle est un peu mise en valeur le temps d'une scène ou deux je trouve que l'actrice qui n'as pas à rougir de sa prestation aurait pu être réduite à autre chose que la femme qui va tomber sous le charme de Marcus. Derrière tous ce casting, d'autres personnages encore plus secondaires vont apparaître comme Common en Barnes ou Michael Ironside en General Ashdown qui même si ils ont des personnages stéréotypés s'en sortent bien mais il y a surtout Helena Bonham Carter en Docteur Serena Kogan qui sort tellement du lot de ses personnages secondaires que l'on en regretterai presque qu'elle n'est pas plus d'importance, la comédienne apparaissant juste dans deux scènes du film...

Tous que je n'aimais pas dans la réalisation de McG, le réalisateur ne les as pas mis dans ce film ce qui pour ma part est donc une très bonne chose. Je n'aurais pas du tout pensé à lui pour un projet de cette envergure mais après plus d'une heure et demie de film je dois reconnaître qu'il livre une très bonne copie. Filmé de façon très efficace, on ressent beaucoup le côté film de guerre qui se colle bien avec le côté science-fiction. Certains plans sont vraiment bien ficelés et j'ai trouvé que visuellement, le film en plus d'être très agréable à regarder, arriver à être à la fois sobre et inventif.

Les scènes d'action sont efficace et assez nombreuses ce qui fait qu'avec cette mise en scène énergique, on n'as pas le temps de s'ennuyer. Les décors sont parfaitement bien exploités notamment tout ceux utilisés lors de la rencontre entre Kyle Reese et Marcus ainsi que Skynet à la fin qui pourrait nous faire penser à une ville futuriste à part. Les effets spéciaux nous en mettent pleins la vue et sont très convaincant sauf peut-être la petite apparition de Schwarzy qui même si elle est plaisante et un peu grossière je trouve (heureusement elle ne dure que quelque secondes ce qui fait que l'on passe vite à autre chose).

Cette lumière qui se dégage du film est aussi très agréable et m'as fait penser à un monde où sable et chaleur cohabitent ensemble. Les différents Terminators sont un régal pour les yeux en tout cas et même la bande originale est excellente en faisant un hommage à la saga (on retrouve le thème de Brad Fiedel - pas assez souvent à mon goût mais là c'est le fan qui parle ^^ - ou encore la chanson "You could be mine" de Guns N' Roses ;-) ) tout en apportant autre chose d'original qui casse un peu ce que l'on pouvait entendre dans ce genre de film. Si Danny Elfman a fait des compositions plus inspirés, plus proche de son univers, il nous livre tout de même une très bonne musique qui colle bien avec l'atmosphère générale. La musique et la mise en scène tranche bien aussi en tout cas avec les trois premiers films.

Pour résumer, "Terminator renaissance" est bien plus qu'une simple surprise à mes yeux. Le film apporte un souffle nouveau à la saga qui nous promet des trucs très intéressant pour la suite. Arnold Schwarzenegger m'as un peu manqué dans ce film je dois admettre, je reste nostalgique mais la distribution n'as pas à rougir tout comme le scénario qui se veut respectueux de la mythologie d'origine tout en s'assurant d'une continuité qui se veut logique. On pourra lui reprocher quelques incohérences et autres facilités mais pour ma part elles n’ont pas d'importance car elle s'incorpore très bien dans le film. Une nouvelle fois, je préféré quand même les deux premiers films de la franchise car j'étais friand du fait que ça se passe de nos jours mais ce quatrième film nous fait vite oublier le troisième opus et nous offre un très grand divertissement que j'ai adoré. Le désastre n'as en tout cas pas eu lieu. Mieux, la franchise a réussi à s'envoler de nouveau et nous laisse pleins de perspective. Un film à voir si on aime cette saga mais aussi si on veut y voir un film d'action fantastique qui nous en met plein la vue et qui, ne serait-ce que pour ses effets spéciaux grandioses, et très conseillé à voir sur grand écran pour mieux le savourer. Un excellent film que je conseille en tout cas ;-) .

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4.5




Terminator 3 : Le soulèvement des machines (Terminator 3 : Rise of the Machines)



"- J'entends des sirènes de police, arrête toi !
- C'est ça, dès que je vois une place, je me gare."


Canard boiteux de la saga cinématographique "Terminator", je gardais quand même un souvenir amusé de "Terminator 3 : Le soulèvement des machines" qui à défauts d'être exceptionnel restait divertissant dans mon souvenir. Du coup, juste après m'être revu les deux premiers, j'ai inséré le Blu-Ray de ce troisième volet dans mon lecteur.

Bon, autant être honnête tout de suite, bien que le fait de retrouver le personnage du Terminator me procure un plaisir jouissif, je dois reconnaître que ce troisième volet est celui qui me plait le moins dans cette saga. Mais attention, cela ne veut pas dire que je ne l'aime pas bien au contraire. Le scénario écrit par John D. Brancato, Michael Ferris et Tedi Sarafian essaye malgré les années qui passent de garder une certaine continuité ce qui fait qu'on est pas trop déstabilisé par cette suite même si on est fans des premiers films mais en cours de route, l'histoire à quand même perdu beaucoup de sa splendeur.

Changement d'équipe ou changement d'époque je ne sais pas mais force est de constater que cette histoire se révèle être beaucoup plus légère. La psychologie des personnages à presque disparu au profit de l'action et de l'humour ce qui est assez regrettable. En effet, action et humour était déjà présent dans les autres films mais malgré les légèretés scénaristiques, ce qui faisait la force de la saga avant tout c'est aussi la profondeur des personnages qui n'étaient pas traités à la légère.

Du coup, alors qu'avant on avait eu le droit à une œuvre de science-fiction visionnaire, ici on a surtout le droit à un film d'action parmi tant d'autres qui reste toutefois efficace. Les fans d'action en auront pour leur argent tandis que ceux qui souhaitent passer un bon moment de divertissement auront le droit à un humour encore plus léger qui d'ailleurs à par moment du mal à fonctionné (le coup des lunettes de soleil en forme d'étoile ou du "parle à ma main" font plus office de parodie que d'une véritable subtilité humoristique).

Les dialogues ne sont pas toujours intéressant mais cela fonctionne. Maintenant, j'ai trouvé assez sympa les petits clin d'œil qui ont été fait aux autres films dans les répliques du style "Elle reviendra" ou encore "Elle est chouette ta voiture" qui nous rappelle le "Elle est chouette ta moto" de Robert Patrick dans "Terminator 2" (ce dernier gag tombera malheureusement à plat quelque secondes plus tard par manque d'inventivité en enchainant avec un "Il est chouette ton flingue" qui fait qu'après sa sens le réchauffé).

L'histoire ne casse donc pas des briques mais malgré ma déception, elle reste plaisante quand même. Le véritable point fort de ce film pour moi réside dans sa fin qui m'as assez surpris pour ce genre de production et que j'ai trouvé pas mal du tout. Cette fin rehausse d'ailleurs pour moi le film en lui assurant non seulement une continuité avec les autres volets mais également une fin logique (le long métrage ne pouvait pas finir autrement sous peine de tomber dans le ridicule).

Du point de vue du casting, le fait de ne pas retrouver Linda Hamilton (Sarah Connor forever :-) ) est assez regrettable au même titre qu'Edward Furlong qui s'en sortait pas mal du tout dans le rôle de John Connor. Ce dernier d'ailleurs est maintenant interprété par un Nick Stahl qui livre une prestation correcte mais loin d'égaler celle du jeune acteur dans "Terminator 2". Livrant le minimum syndical, l'acteur n'apporte pas beaucoup de profondeur à son personnage (en même temps il n'est pas aidé non plus avec le scénario) et même si il ne m'as pas déplu plus que cela, je regrette vraiment le fait qu'il n'est pas réussi à transcender son rôle qui reste tout de même très important dans cette saga. Nick Stahl avait peut-être trop de poids sur les épaules et ça se ressens surtout lors de quelques scènes où il arrive même à être transparent.

Seul rescapé des autres films (avec Earl Boen dans le rôle de Silberman qui apparait le temps d'une scène assez drôle ;-) ), Arnold Schwarzenegger rempile une nouvelle fois dans ce rôle qu'il a su élever au plus haut niveau. C'est toujours un plaisir de le voir enfilé la veste de cuir et les lunettes de soleil mais bon, malheureusement là aussi de l'eau à couler sous les ponts et si l'acteur fait toujours un bon Terminator, il est loin d'égaler les performances qu'il avait pu accomplir dans le passé. Faisant juste ce qu'on lui demande de faire, le côté "robotisé" qu'il avait réussi à parfaitement retranscrire à l'écran à ici totalement disparu. Par moment, si on prend le film en cours de route on pourrait même se poser la question de savoir si c'est une machine ou pas alors que cette question ne se posait même pas dans les autres volets. Possédant une gestuelle plus fluide, l'acteur n'en reste pas moins charismatique et une nouvelle fois, c'est dommage aussi que le scénario lui fasse dire des choses risibles (comme la scène sur la psychologie de base qu'il possède... Les fiches sur l'anatomie humaine pour être un meilleur tueur dans le deuxième film, ça au moins, ça avait de la classe ;-) ).

Claire Danes quant à elle s'en sort bien je trouve. L'actrice montre une certaine naïveté mais aussi une certaine force qui colle bien avec son personnage et même si son rôle ne marquera pas les annales, elle arrive tout de même par moment à être plus consistante dans son jeu que Nick Stahl qui est censé être l'un des héros principal. Quant à Kristanna Loken, j'avais quelques craintes sur le choix de cette actrice mais je dois avouer que c'est pour moi la bonne surprise de ce film. Elle arrive à interprété un très bon méchant et même si sa plastique est mis en avant sans aucune subtilité, l'actrice s'en sors pas mal du tout. Tout comme Arnold Schwarzenegger dans le premier volet, elle n'as pas grand-chose à dire donc ça aide peut être aussi mais il n'empêche à travers son regard on ressent la détermination de son personnage et elle arrive vraiment à être convaincante. Elle ne fera pas un Terminator mythique mais elle fait le job.

Parmi les rôles secondaires, j'ai bien apprécié David Andrews en Robert Brewster qui est charismatique comme acteur je trouve mais dont le talent n'est pas beaucoup exploité dans ce film tandis que Mark Famiglietti dans la peau de Scott Peterson m'as paru un peu fade mais il n’a pas eu beaucoup de scènes non plus pour essayer de me convaincre. De toute façon, le casting suit dans l'ensemble la même ligne de conduite ce qui fait qu'aucun comédiens n'est réellement choquant.

Derrière la caméra, James Cameron a passé le relai et c'est toute une époque qui se termine. Jonathan Mostow s'en sort plutôt bien pourtant mais malgré l'efficacité de sa mise en scène, le nostalgique que je suis ne peut s'empêcher de regretter James Cameron. Jonathan Mostow livre en tout cas une mise en scène qui colle bien avec son sujet et si le scénario peut parfois laissé à désirer, derrière la caméra, le réalisateur apporte beaucoup de profondeur au film.

On le sens vachement respectueux des autres films et dans sa mise en scène les clins d’œil qu'ils livrent comme les clés dans le pare-soleil (clin d'œil à "Terminator 2") ou le TX qui frappe à la porte et demande le nom de sa victime avant de la tuer (clin d'œil à "Terminator" et son fameux "Sarah Connor ?") par exemple son bien plus subtiles que les clins d'œil dissimulé dans les répliques du film. On a des plans qui sont très bon et le rythme reste soutenu de bout en bout.

Visuellement, le film est aussi très beau à voir. Les effets spéciaux nous en mettent plein la vue (la scène de la grue par exemple est très plaisante ;-) ) et accentue un peu plus le côté grand spectacle. Les décors sont bien exploités et les maquillages restent corrects. Le seul défaut dans la mise en scène je trouve c'est que l'ensemble sonne trop propre justement. Tout sonne parfaitement trop calibré du coup aussi ironique que cela puisse paraitre ça manque un peu de crédibilité par moment je trouve. La bande originale du film est cette fois ci signée Marco Beltrami. Le compositeur reprend bien le flambeau et fort heureusement, le thème phare de la saga composée par Brad Fiedel est toujours présent :-) .

Pour résumer, "Terminator 3 : Le soulèvement des machines" n'arrive pas à égaler les deux premiers volets de la saga. Handicapé par un scénario un peu faible ou la psychologie des personnages a disparu et un casting livrant le minimum syndical malgré quelques prouesses, le film de Jonathan Mostow qui s'en sort plutôt bien quant à lui peine à arriver à la cheville des films mythique de James Cameron. Dommage aussi que ce troisième opus souffre de son côté commercial cherchant à ne pas prendre de risques pour viser un large choix de spectateurs (c'est d'ailleurs le seul film de la saga à être tous publics ;-) ). Résultat des courses, on n'as plus un film de science-fiction novateur mais il nous reste cependant un film d'action fort plaisant qui se regarde sans se prendre la tête et qui peut même nous procurer un certain plaisir. Les fans des deux premiers volets ont toutes les raisons du monde d'être déçu même si de mon côté, je reverrais ce film sans soucis. C'est le moins réussi de la franchise à ce jour selon moi mais j'ai quand même passé un bon moment.

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3.0




mardi 21 avril 2015

Terminator 2 : Le Jugement dernier (Terminator 2 : Judgement Day)



"Hasta la vista, baby !"

C'est tout juste après avoir fini de me remater "Terminator" et avoir repris mon pied comme durant mon adolescence que je me suis enchaîné "Terminator 2 : Le Jugement dernier". Sachant que je gardais un excellent souvenir de ce film, c'est avec encore plus les yeux fermés que j'ai inséré mon Blu-Ray du film dans le lecteur.

Et quel kiff !!! En général (bien que je ne partage pas toujours cet avis), on a tendance à dire que les suites sont souvent rater comparé au premier volet. Ici, il n'en est absolument pas question. Bien au contraire, si dans ma notation ressentie, je donne au deux premiers long métrage ma note maximale, je dois bien admettre, que si je devais en choisir un, mon cœur pencherait nettement plus vers ce deuxième film. Efficace et prenant de bout en bout, le scénario écrit par James Cameron et William Wisher Jr. est presque un modèle du genre.

Reprenant la trame du premier volet, cette suite réussit à nous proposer quelque chose de vraiment nouveau qui s'inscrit dans la continuité de ce que l'on a déjà pu voir tout en faisant évoluer de la meilleure façon qu'il soit son intrigue. Très intelligent, il n'hésite même pas une seule seconde à basculer les codes pour que le méchant du précédent film devienne ici un gentil. Je ne révèle d'ailleurs pas de grandes surprises puisque c'est depuis ce volet que Schwarzenegger en gentil Terminator semble sonner comme une évidence.

Malgré son humour plus présent ainsi que son action plus intense, le scénario arrive également à faire un peu plus "sérieux" dans sa construction. On retrouve bien sûr quelques facilités et l'issue finale semble prévisible mais j'ai trouvé malgré tout que cette suite apparaissait comme étant moins légère que son prédécesseur (je ne sais pas si je m'explique bien, les deux films étant quand même profond dans le message qu'il veut véhiculer). Quoiqu'il en soit, on a tous les ingrédients du premier film qui se retrouve multiplier ici et c'est aussi pour ça qu'à chaque fois que je revois ce long métrage, je retrouve aussi facilement mon âme d'adolescent car j'ai tout le temps cette impression de voir un film bien fait, qui m'en met plein la vue et qui n'oublie jamais de me divertir malgré l'importance de son sous texte.

Devant la caméra, c'est aussi un pied terrible que de retrouver Arnold Schwarzenegger en Terminator T-800. L'acteur assoit un peu plus son statut et continue de prouver qu'il est le seul et unique Terminator. Toujours très charismatique et portant une grande partie du film sur ses épaules, le comédien fait très bien le job et il s'avère, comme je le dis un peu plus haut, que c'est une excellente idée que d'avoir renversé son rôle comparé à la première aventure. Très facilement, la tendance se renverse, on oublie très vite son passé de méchant dans la franchise et c'est très naturellement qu'on éprouve de la sympathie pour son personnage robotique à qui on tente d'apporter une petite touche d'humanité dans son évolution.

J'ai beaucoup aimé revoir Linda Hamilton également dans la peau de Sarah Connor. La comédienne reprends bien son personnage également tout en subissant une très bonne évolution aussi ce qui accentue encore un peu plus le fait qu’on n’ait pas l'impression d'être dans une suite copier-coller. Oublié la légèreté de son rôle et le côté femme en détresse. Ici, au-delà de sa simple musculature qui montre à quel point elle s'est investie dans son rôle, l'actrice nous dépeint le portrait d'une femme forte, véritable combattante qui ne va pas hésité à mettre les mains dans le cambouis. Je trouve ça vraiment bien ce que l'on a fait d'elle, j'apprécie beaucoup le fait qu'on n'en ait pas encore fait une femme à sauver.

Nouveau venu dans la franchise, Edward Furlong incarne un John Connor parfait. Absent du premier film puisqu'il n'était pas encore né, on le retrouve ici dans la peau de l'adolescent rebelle un peu paumé, en manque de repère mais qui va vite prendre conscience de ses responsabilités. Quand je vois la qualité du jeu de l'acteur (pourtant très jeune ici), je regrette vraiment que par la suite l'acteur n'ait pas su faire fructifier sa carrière autant qu'il l'aurait pu. C'est vraiment dommage car au-delà de sa "belle gueule", le jeune acteur démontre de belles choses et s'insère dans l'aventure avec une facilité déconcertante. Interprété ce genre de personnage après le mythe que l'on nous a vendu dans le premier film n'était pas facile mais il s'en sort vraiment bien.

Arnold Schwarzenegger étant passé du côté des gentils, il a fallu trouver un nouveau méchant à nos héros et celui-ci n'est autre que Robert Patrick en Terminator T-1000. Là aussi, le rôle était assez casse gueule mais l'acteur fait très bien son boulot et reste convaincant. L'évolution des Terminators n'explique pas tout, le regard manipulateur et la présence froide du comédien joue pour beaucoup dans la crédibilité que je trouve à ce personnage. Face à la montagne de muscles qu'est Arnold Schwarzenegger, Robert Patrick assure bien à tel point qu'il est ici à mes yeux dans l'un des rôles les plus marquants de sa carrière et fait lui aussi dorénavant parti de la mythologie de cette franchise.

Tourné principalement autour de ses quatre personnages, le reste de la distribution est quand même très bonne aussi. Je pense par exemple à Earl Boen que j'ai apprécié retrouvé en Docteur Silberman. Un peu plus développé qu'auparavant, son scepticisme face à cette histoire en deviendrait presque agaçant ce qui me laisse penser qu'il joue bien son jeu. J'ai bien aimé aussi Joe Morton en Miles Dyson. Le parallèle de son personnage avec celui qui a inventé la bombe nucléaire est très intéressant mais au-delà de ça, l'acteur m'ait vite apparu sympathique au point que je regrette presque de ne pas le voir plus.

Avec un budget plus conséquent, James Cameron s'est donné les moyens de faire une suite réussie et il y parvient très facilement. Sa réalisation est encore une fois magnifique. J'avais déjà beaucoup aimé le précédent volet mais ici, je trouve qu'il arrive à faire quelque chose d'encore plus propre. C'est net avec des plans d'une très grande beauté et d'une très grande richesse pour un film d'action fantastique. De nombreuses scènes restent en mémoire après la projection et sont même devenus des références dans le genre.

Si le premier volet faisait très années 80, on voit dans ce film que l'on est passé dans les années 90 mais pour autant, le long métrage n'a pas pris une ride. Il vieillit nettement mieux que son prédécesseur avec des effets visuels très réussi. Le côté métal liquide du T-1000 apparait peut être un peu kitsch avec le recul mais ça ne m'a jamais dérangé dans mon visionnage même lorsque je le revois aujourd'hui. Le fond n'est pas oublié mais dans la forme aussi en tout cas on n'en a pour notre argent.

Quel pied aussi de voir ses différents looks et ses différents décors. Le Terminator n'a jamais semblé être aussi classe, le côté militaire de Sarah Connor lui va comme un gant et la ville de Los Angeles est un cadre de jeu parfait. La course poursuite entre la moto de John Connor, le camion du T-1000 et la Harley du T-800 derrière est un bon exemple de la très bonne utilisation de la caméra de James Cameron. J'apprécie beaucoup aussi la photographie du film avec cette lumière chaude qui tranche un peu avec le précédent volet et des scènes du futur superbement bien ficelé comme l'apparition de John Connor dans le futur ou le rêve apocalyptique de Sarah Connor qui fait froid dans le dos (ce rêve est vraiment bluffant visuellement). Quant à la musique signée par Brad Fiedel, elle fait de nouveau le boulot en exploitant bien son thème phare et en reprenant de bonnes chansons de l'époque dans le fond.

Pour résumer, "Terminator 2 : Le Jugement dernier" est à mes yeux une claque cinématographique. Référence dans son genre, cette suite d'une très grande qualité me procure toujours le même plaisir que lors de la première fois où j'ai découvert le film et comme son prédécesseur, je ne me lasse vraiment pas de le revoir. J'avoue même avoir une petite préférence pour la version française tant les répliques exceptionnelles apportent aussi un petit plus à l'ensemble non négligeable. Malgré les visionnages, le plaisir est toujours là et je pourrais de nouveau le revoir les yeux fermés sans soucis tant on est en présence d'un bon gros divertissement efficace de cinéma comme je l’affectionne.

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5.0




Terminator (The Terminator)



"Je reviendrais"

A l'approche d'un nouveau volet en salles qu'il me tarde de découvrir même si j'ai quelques craintes à son sujet, j'avais envie de me refaire la saga cinématographique "Terminator", une saga dont je reconnais volontiers que je ne me lasse pas et c'est ainsi que je me suis retrouvé devant le blu-ray du premier volet.

Et ce que je peux continuer d'affirmer, c'est que même après de multiples visionnages, je prends toujours mon pied devant ce film. Il faut dire aussi que le scénario écrit par James Cameron, Gale Anne Hurd, Harlan Ellison ainsi que William Wisher est brillant. Dès le début, je suis captivé par cette histoire futuriste qui se passe dans notre présent. Cohérent de bout en bout, si le film opte pour quelques facilités inhérente au genre, j'en ai quand même grandement pour mon argent.

Le spectacle proposé nous entraine avec lui sans aucun temps morts. On a de l'action, de l'humour, du fantastique et même une romance, qui contrairement à ce que l'on peut avoir d'habitude, est non seulement pas lourde du tout mais en plus importante pour la suite du récit. Il y a vraiment tout ce que j'aime dans ce genre de production avec aussi son lot de répliques qui restent en tête après le visionnage. Le film possède bien parfois quelques petits ralentissements histoire de poser l'intrigue et les différents personnages mais à aucun moment, il n'est ennuyeux bien au contraire.

Face caméra, le casting apporte également beaucoup à ce long métrage à commencer par Arnold Schwarzenegger dans son rôle mythique du Terminator. Plus je vois le film et plus ce choix de casting apparait comme une évidence. Indissociable de la franchise maintenant, l'acteur incarne avec brio cet être robotique sans âme. Bien qu'il ne prononce qu'une dizaine de phrases à peine durant tout le film, son interprétation est très convaincante que ce soit dans sa gestuelle ou dans son regard même si parfois, on sent que le maquillage commence un peu à dater. Charismatique, il incarne vraiment bien le danger que son rôle représente.

Autre personnage qui est vite indissociable de la franchise, c'est celui de Sarah Connor et pour l'interprété, je trouve que Linda Hamilton lui donne ses lettres de noblesses. D'abord un peu fragile, naïve et innocente, l'évolution de l'actrice me plait bien dans ce film et sa dernière scène nous laisse un peu présager de ce que sera la suite avec elle. J'aime vraiment beaucoup son jeu ici et il est vrai que maintenant, quand je pense à la comédienne, il m'est difficile de penser à un autre rôle de sa filmographie (même si je l'ai trouvé bonne dans d'autres projets mais jamais aussi marquante).

Michael Biehn est lui aussi excellent en Kyle Reese. Même quand on découvre le film pour la première fois, il suffit de voir son arrivée sur Terre comparé à celle du Terminator pour se rendre compte qu'il fera partie des gentils mais bon, même si l'effet de surprises n'est guère là, le comédien a réussi à faire exister son personnage avec beaucoup de conviction. On le suit dans son histoire et il m'ait apparu si crédible qu'il a tout de suite réussi à me faire croire en son récit futuriste. On éprouve tout de suite de la sympathie pour lui tandis que son duo avec Linda Hamilton fonctionne très bien.

Le reste de la distribution est un peu en retrait mais n'en demeure pas moins tout aussi efficace. J'ai ainsi beaucoup aimé le duo de flics entre Paul Winfield et Lance Henriksen, soit le Lieutenant Ed Traxler et l'Inspecteur Vukovich. Eux aussi sont bien complémentaires. Ils incarnent des films typique des films policiers de l'époque et c’est aussi pour ça que le mélange entre récit au présent et récit futuriste fonctionne bien car le dosage est respecté et correct. D'une manière un peu plus légère (et très années 80), j'ai apprécié aussi le couple décalé Bess Motta et Rick Rossovich, respectivement Ginger Ventura et Matt Buchanan. Quant à Earl Boen en Docteur Peter Silberman, il n'a pas encore l'importance que la suite de la saga lui donnera mais son rôle me fait déjà sourire avec son regard très carré qui refuse toute autre possibilité que ce qu'il croit vrai, incarnant bien le côté sceptique que chacun d'entre nous aurait pu avoir face à cette histoire.

Après "Piranha 2 - Les Tueurs volants" (que je n'ai toujours pas vu), James Cameron signe un coup de maître pour sa seconde réalisation et s'inscrit tout de suite comme étant l'un des réalisateurs les plus prometteurs de sa génération. A partir de ce film, il n'aura de cesse de nous livrer des mises en scène soigné et pour ce premier volet de la franchise, le cinéaste réalise un long métrage techniquement excellent. Ses plans sont vraiment d'une grande richesse avec des cadres et des prises de vues que je trouve parfaite.

Dans sa façon de filmer, c'est toujours aussi efficace et dynamique même après plusieurs visionnages. Sa réalisation ne prend pas du tout de coup de vieux. Il n'y a que les maquillages et les effets visuels qui commencent à faire ressentir un peu le temps qui passe sans que cela ne me gâche le plaisir pour autant. Après, il y a des marionnettes qui font un peu faux (je pense à la scène avec l’œil blessé) et des effets spéciaux qui, comme les coiffures et les costumes, font très années 80 mais globalement, le travail de Stan Winston marque les esprits et ça fonctionne dans le film.

Le montage est lui aussi très réussi. Comme je l'ai déjà dit, il y a très peu de temps morts et aucunes scènes ne m'a semblé vraiment inutiles en soit. J'ai beaucoup aimé aussi la photographie de ce film avec le travail apporté aussi sur la lumière et sur quelques ombres qui donnent un bon effet. Quant à la bande originale composée par Brad Fiedel, elle est tout simplement aussi cultissime que son film à l'image de son thème phare toujours aussi diablement identifiable et efficace à la première écoute. J'aime beaucoup en tout cas les mélanges de sons métalliques que l'on a donné à cette musique qui s'intègre très bien dans cet univers.

Pour résumer, j'ai beau avoir vu ce film en boucle à de nombreuses reprises, je ne me lasse toujours pas de "Terminator". Avec un premier volet aussi maitrisé, cette saga s'inscrit tout de suite parmi les films qui ont marqué mon enfance et qui me font aimer le cinéma. C'est du bon gros blockbuster intelligent qui s'avère réussit dans le fond et dans la forme avec chaque scène qui a son importance. Porté par un casting excellent et une mise en scène brillante, même si aujourd'hui on ressent très fortement l'ambiance des années 80, ce long métrage reste un classique indémodable à mes yeux que je reverrais de nouveau avec grand plaisir.

5.0




lundi 20 avril 2015

Bone Collector (The Bone Collector)



"Il faut des gagnants et des perdants. Fini de jouer."

Ayant un peu de temps pour moi avant de me refaire une nouvelle saga cinématographique, je me suis dit qu'il serait bien que je me mate un film que j'avais enregistré sur ma box et que je n'avais pas encore eu le temps de voir et c'est ainsi que je me suis retrouvé devant "Bone Collector", film que je n'avais pas encore vu et qui sur le papier avait tout pour me plaire.

Est-ce que ça vient de mes attentes ou non ? Je n'en sais rien mais je suis quand même resté un peu sur ma faim avec ce scénario écrit par Jeremy Iacone d'après l’œuvre de Jeffrey Deaver. Très classique dans sa structure (le fait d'avoir comme héros un policier paralysé ne change rien), j'ai quand même eu l'impression d'être devant un énième film de serial killer. En soit ça ne me dérange pas beaucoup car j'adore le genre mais je regrette quand même qu'on ait pas été plus loin que le concept pour en faire au final une histoire ultra calibré.

Au-delà du rebondissement final très prévisible et malgré de nombreuses facilités, le film se laisse après agréablement suivre. Très ancré dans son époque, ce récit à quand même eu le mérite pour lui de me faire passer un bon moment sans que je m'ennuie trop. L'enquête reste prenante même si on devine vite certains aboutissants et en se laissant prendre au jeu, il y a quand même de quoi passer une bonne soirée. En ça, je ne regrette pas du coup de l'avoir découvert à la télévision.

Le casting qui était aussi un autre atout à mes yeux ne m'a pas déçu également. Le duo Denzel Washington - Angelina Jolie, respectivement Lincoln Rhyme et Amelia Donaghy, font le job. Tous les opposent mais on sait qu'ils vont vite trouver un terrain d'entente pour être complémentaire. Dommage que l'issue finale entre eux soit un peu trop risible (ça gâche un peu le duo) tout comme les traumas de leurs personnages mais les deux comédiens restent quand même agréable à suivre.

Derrière eux, j'ai été surpris de retrouver Queen Latifah dans ce projet. Bon, son personnage est un peu en retrait de l'enquête donc ceci explique cela et ce n'est pas plus mal car du coup, son rôle de Thelma ne devient jamais choquant. Michael Rooker en Capitaine Howard Cheney fait une bonne tête à claque. C'est vraiment bête que ce soit tout de suite marqué sur son fronts qu'il va nous mettre des bâtons dans les roues car c'est un acteur que j'apprécie et je pense que son personnage aurait mérité un peu plus de finesse.

Le duo Ed O'Neill - Luis Guzman, soit l'Inspecteur Paulie Sellitto et Eddie Ortiz, fonctionne lui aussi très bien. J'ai trouvé leurs rôles très sympathique, ils véhiculent un humour un peu léger qui n'est pas déplaisant et j'aurais bien aimé les voir un peu plus en avant même si je comprends qu'on ne les voit pas davantage (plus, ils auraient fait de l'ombre aux véritables héros du film). Michael McGlone en Inspecteur Kenny Solomon est lui un peu plus fade et transparent je trouve sans que cela ait trop d'importance. Quant à Leland Orser en Richard Thompson / Marcus Andrews, il fait ce que l'on attend de lui mais on l'a déjà vu plus efficace, son personnage ne bénéficiant pas aussi d'une bonne écriture malheureusement.

Derrière la caméra, la réalisation de Phillip Noyce fait très années 90. Je n'irais pas jusqu'à dire que son film a pris un coup de vieux, j'ai vraiment pris du plaisir à le suivre malgré ses défauts mais dès le premier coup d’œil, on le situe bien dans son époque. Dans son traitement, ce thriller est visuellement très classique avec sa mise en scène sombre très stylisée qui peut nous faire penser à certains effets clipesque. Le cinéaste à au moins le mérite pour lui de nous emmener dans son projet sans trop avoir susciter d'ennui chez moi.

En effet, le montage efficace fait que l'on avance bien pièce après pièce et malgré son dénouement qui est loin de m'avoir convaincu, j'avoue avoir pris du plaisir à voir ce type de réalisation qui fait un peu cliché maintenant. Le long métrage aurait pu avoir une identité propre, il ne se démarque pas vraiment du lot mais reste cohérent avec lui-même. La bande originale composée par Craig Armstrong est également excessivement classique avec des notes déjà entendues des milliers de fois au point que cela en deviendrait presque caricatural.

Pour résumer, si "Bone Collector" ne m'a pas autant transporté que ce que j'aurais espéré, il n'en demeure pas moins un thriller qui m'a fait passer un bon petit moment. Il possède pas mal de défauts à commencer par son aspect très classique, il est très ancré dans son époque mais pour un film que j'ai suivi à la télévision, il fait ce que l'on peut attendre de lui. C'est dommage qu'il n'est pas su apporter son propre style car du coup il se noie un peu dans les films de ce genre mais pour être honnête, j'ai quand même passé un bon moment et c'est déjà ça.

3.0




Mad Max : Au-delà du Dôme de tonnerre (Mad Max Beyond Thunderdome)



"Deux hommes entrent. Un homme sort."

Considéré comme le plus mauvais volet de la franchise à ce jour et très descendus par la critique, je gardais un souvenir amusé de "Mad Max : Au-delà du Dôme du tonnerre". Du coup, j'étais assez curieux de voir si cet amusement était toujours présent et c'est ainsi que je me suis retrouvé face au Blu-Ray de ce film juste avant la sortie en salles d'un quatrième opus.

Alors oui, je comprends que ce volet soit le mal aimé de la franchise pourtant, après l'avoir revu, je dois bien reconnaître que comme un plaisir coupable, il m'amuse toujours autant. Bien en deçà de ses prédécesseurs, ce scénario écrit par George Miller et Terry Hayes me divertit comme un bon vieux nanar. Oui, ça ne vole pas haut et c'est assez frustrant de voir qu'un tel potentiel et réduit à ceci pourtant, en parfaite condition, j'ai continué à sourire face à son long métrage et à son discours moralisateur post-apocalyptique très prévisible.

Toutes proportions gardées, cette franchise me fait même un peu pensé à celle des "Evil Dead" avec un premier volet ambitieux un peu fauché, un second plus carré et soigné ainsi qu'un troisième qui part dans un délire total (de là à dire que le prochain sera plus trash et "réaliste", il y a des paris qui peuvent être lancés ;-) ). Car il est bien question de délire totale ici. Avec son grand n'importe quoi sur sa Cité qui s'est construite elle-même et sa seconde partie qui part dans le côté "enfants perdus" avec un Max qui s'approche plus d'un Peter Pan, le récit a su me faire sourire.

Je n'y peux rien, j'ai vraiment conscience que c'est le plus mauvais des trois premiers films mais avec son ambiance légère (le film perd pas mal de sa violence physique et morale) ainsi que son humour tout aussi léger, je me suis divertit et j'en attends pas plus d'un nanar. Il se laisse même à mes yeux toujours suivre avec beaucoup de facilités et le seul reproche que je pourrais peut-être lui faire, c'est celui d'être un poil trop long. Quitte à voir un nanar, je pense qu'une durée un peu plus courte aurait été préférable.

Même dans un nanar, je ne boude pas non plus mon plaisir de retrouver Mel Gibson dans la peau de Max. Ce rôle de guerrier des sables bourru lui va vraiment bien. Ici, l'acteur n'apporte pas grand-chose de bien nouveau au personnage, il ne le fait pas beaucoup évolué mais il gagne néanmoins en charisme je trouve. Cette surenchère dans son côté badass m'amuse vraiment beaucoup et la présence de l'acteur au casting contribue pour beaucoup au fait que j'ai aimé de nouveau suivre ce film.

Face à lui, on retrouve une Tina Turner en Entity qui vaudra aussi son pesant de cacahuètes. Son jeu approximatif et son rôle de leader de troupes dans cette histoire amplifie encore un peu plus le côté nanardesque de l’œuvre. Elle n'aurait presque pas besoin de ses costumes pour que j'accroche au délire de son rôle. Avec elle, Frank Thring dans le rôle du Collectionneur fait lui aussi un bon cliché du genre. Impossible de prendre ce film au sérieux en voyant ces personnages. Et je ne parle même pas de Angelo Rossitto et Paul Larsson en Maître Bombe qui ne fait que accentué que ce grand n'importe quoi est totalement assumé.

Sinon, j'ai eu un peu de mal à revoir Bruce Spence en Jedediah. L'acteur m'amuse toujours mais je ne vois pas trop la logique de lui donner un rôle différent de "Mad Max 2 : Le défi" alors même que l'on pourrait trouver à ses deux personnages quelques similitudes. C'est dommage car le comédien semble être à l'aise dans cet univers et semble s'amusait à jouer avec le côté décalé de son rôle. J'aurais bien aimé aussi voir davantage Robert Grubb en tueur de cochons. On le voit surtout à la fin et je le regrette car il m'a bien fait rire. Le reste de la distribution fait le boulot sinon. Toute la troupe des "enfants perdus" m'ont paru un poil trop léger pour cet univers mais bon, ça joue aussi sur le ressenti kitsch et nanar que j'ai pu ressentir.

Assisté de George Ogilvie, la réalisation de George Miller est moins percutante que pour les précédents volets mais ça reste quand même pas mal. Oui, il n'y a pas de véritables coups de folies et on ne retrouve pas la force de la franchise, oui cette légèreté joue aussi dans le "ridicule" du film et pourtant, il y a quand même quelques plans qui sont fort sympathique. L'attaque finale par exemple m'a paru pas mal tout comme l'ambiance générale de Bartertown.

Encore une fois, il n'y a que le long passage dans la cité des "enfants perdus" qui m'a paru un peu fade. J'ai trouvé ça trop lisse, sans saveur et c'est vraiment quand il retourne dans la ville du troc que j'ai pu véritablement reprendre mon pied. Les décors sont sympathiquement kitsch je trouve. Dommage que l'usine à cochon et le fameux Dôme de Tonnerre ne soit pas plus exploité mais j'ai quand même souris. C'est peut-être pas forcément toujours le but, ça atténue sans nul doute le côté apocalyptique du film mais ça ne m'a pas dérangé.

Les différents costumes aussi prêtent à sourire. Toujours présent, le look sado-maso disparait quand même peu à peu pour laisser place à un look plus années 80 qui niveau kitsch ne peut que me faire sourire également. Ça colle bien avec l'ambiance même si encore une fois, je conçois que ce n'est peut-être pas ce que l'on recherche d'un "Mad Max". Le montage fait que le film passe plutôt vite sinon même si je l'aurais amputé de plusieurs minutes malgré tout. Quant à la bande originale composée par Maurice Jarre, elle finit de m’achevai dans le spectacle nanar avec des musiques années 80 qui trouveront leur apothéose avec le générique de fin "We Don't Need Another Hero", tube international de Tina Turner qui finit de me laisser avec le sourire au coin des lèvres.

Pour résumer, si je comprends que "Mad Max : Au-delà du Dôme de Tonnerre" soit le mal-aimé de la franchise, je trouve la critique un peu dur à son égard. Certes ce n'est pas le film du siècle et il est bien en dessous des précédents volets mais pour ma part, je préfère vraiment le voir comme un nanar plaisant qui assume son délire et son grand n'importe quoi. D'autres franchises ont mieux transformé l'essai mais ce film reste quand même un petit plaisir coupable que je ne regrette pas d'avoir revu avec son côté kitsch des années 80.

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3.0




Eden Lake



"Le petit copain de Patricia l'emmène à Paris pour le week-end, le mien me traine dans une carrière désaffectée."

Je me souviens très bien que lors de sa sortie "Eden Lake" m'avait un peu déçu même si c'est avec le recul que je me suis mis à le trouver un peu plus intéressant. Je m'étais toujours promis de lui laisser une seconde chance et même si il m'a fallu du temps, c'est maintenant chose faite puisque j'ai eu l'occasion de le revoir en Blu-Ray récemment.

On peut dire que j'ai bien fait de lui laisser une seconde chance. Maintenant que je savais à quoi m'attendre, ce scénario écrit par James Watkins m'a un peu plus parlé. Je me souviens que ma déception à l'époque venait surtout du fait qu'on me l'avait vendu comme un film d'horreur (même Allociné d'ailleurs le classe un peu dans cette catégorie...). Cependant, si ici il est bien question d'une horreur sociale, le film est avant tout un thriller haletant qui se situe plus du côté d'un "Délivrance" ou d'un "Chien de pailles" (d'ailleurs le réalisateur lui-même ne considère pas ce film comme un film d'horreur et assume le parallèle avec ses films).

Du coup, c'est comme tel que je l'ai vu cette fois-ci et c'est comme tel que j'ai passé un bon moment en étant pris de bout en bout. Je ne suis plus trop mitigé dans mon ressenti et je trouve même le débat que lance ce long métrage sur l'importance de la responsabilité des parents et la violence de plus en plus accrues chez certains jeunes très intéressant. Par exemple, la scène où l'un des protagonistes cite Tony Montana (célèbre personnage de "Scarface") et porte des lunettes de soleil façon mafieux cinématographique peut même ouvrir la porte au débat sur l'influence que ses jeunes peuvent avoir sur le monde qui les entoure ainsi que leur vulnérabilité lorsqu'il n'y a pas l'encadrement nécessaire.

Après, il y a quand même quelques facilités qui m'ont un peu embêté, des réactions que je trouve assez stupide et une fin un peu maladroite même si le dernier plan qui glace le dos peut nous permettre de continuer le débat. Quoiqu'il en soit, ce second visionnage m'a vraiment permis de réhabiliter le film à mes yeux et même si je continue de lui trouver de nombreux défauts dans son traitement (le couple est très léger à mon sens), la tension qui est généré ici et qui s’accélère jusqu'à son aboutissement m'a beaucoup plu.

Le casting est lui aussi très bon. Comme je viens de le dire, le couple m'a paru un peu léger dans son côté parfois trop moralisateur (que ce soit dans leurs propos ou dans leurs regards face à ce village), trop lisse mais le duo Kelly Reilly - Michael Fassbender, respectivement Jenny et Steve, reste quand même très bon. Si Michael Fassbender finit par vite s'éclipser, le scénario se recentre assez vite sur la survie du personnage de Jenny. J'ai bien aimé le fait que ce soit elle qui montre plus de preuves de lutte quitte à réveiller en son personnage toute son animalité (la scène où elle voit son reflet est vraiment pas mal).

Les jeunes comédiens qui vont se lancer totalement gratuitement à la poursuite de ce couple sont eux aussi très bon. Bien mené par un Jack O'Connell angoissant à souhaits en Brett, le reste de la troupe va suivre. C'est parfois facile à tel point que j'ai parfois eu du mal à croire qu'ils aient suivi leur chef sans chercher à s'enfuir (même si je conçois le pouvoir de manipulation et l'aura qu'il peut avoir face à eux) mais ça marche. Ils ne sont pas tous vraiment exploités comme il le devrait, le personnage de Brett s'imposant comme le seul et véritable leader mais les comédiens sont quand même suffisamment angoissant pour apporter de la crédibilité à cette traque.

Le gros point fort du long métrage, c'est la réalisation de James Watkins. Ce dernier va nous offrir des plans qui sont redoutablement efficace et qui vont contribuer pour beaucoup à cette tension que j'ai ressentie. Il y a certes quelques plans prévisibles mais c'est bien fait. Après, le montage fait que je ne me suis pas ennuyé (la durée assez courte du film aide bien également) mais dans l'exploitation des décors (très bons au demeurant), j'ai quand même trouvé que l'on tournait parfois un peu en rond.

Les personnages reviennent un peu trop souvent sur leurs pas, leurs directions n'est pas souvent justifiés, la nuit tombe aussi brutalement que le jour se lève et au final, j'ai parfois eu la sensation qu'on utilisait seulement une petite partie de cette forêt qui offre pourtant un cadre de jeu impressionnant. Là où un "Délivrance" nous montrait la nature environnante comme un personnage à part entière et un danger omniprésent, je trouve ça dommage qu'ici ce ne soit pas totalement le cas.

Après, les maquillages sont plutôt bons. Je comprends que parfois on ait aussi cité "The Descent" en référence mais bon, je préfère ne pas trop partir sur ce terrain car je veux vraiment voir ce film comme étant un thriller plutôt que comme un film d'épouvante. On sent en tout cas ici la terre, la boue, la sueur etc etc dans ce combat. Quant à la musique signée David Julyan, elle s'intègre bien aussi dans cette atmosphère pesante sans pour autant trop se faire ressentir ou prendre le dessus en terme d'artifices.

Pour résumer, ce second visionnage a été bénéfique à "Eden Lake". En condition et sachant à quoi m'attendre, j'ai nettement plus apprécié ce très bon film qui doit beaucoup à sa réalisation et à son fond qui ouvre un débat intéressant. Dommage que l'ensemble soit parfois assez facile malgré la tension généré (il y a vraiment trop de réactions que je trouve stupide et qui m'ont parfois fait sortir de l'intrigue) mais rien que pour son débat de fond et sa mise en scène ce thriller vaut le coup d'œil.

3.5




dimanche 19 avril 2015

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban)



"Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises."

Il y a peu de temps, j'ai enfin fini de lire les troisièmes aventures littéraires d’Harry Potter. L'occasion pour moi donc de me replonger de nouveau dans la saga cinématographique en me revoyant le troisième film à savoir "Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban" en Blu-Ray, un film que je n'avais pas revu depuis un petit moment maintenant.

Comme pour ses prédécesseurs et bien que cette fois-ci j'ai lu le livre d'origine, je ne me lasse toujours pas de cette franchise au cinéma. Je trouve même qu'elle vieillit très bien et ce troisième opus ne déroge pas à la règle. Je comprends la frustration des fans (je la comprends tellement que bien que je préfère maintenant les livres, je ne regrette pas de les avoir découvert après) car encore plus à partir de cette troisième aventure, les changements par rapport au roman sont important.

Cependant, le scénario écrit par Steve Kloves d'après l’œuvre de J.K. Rowling reste néanmoins très bien ficelé. Plutôt que de faire une copie conforme au livre (ce qui nous aurait valu un film encore plus long), ce scénario à l'intelligence de continuer de nous proposer une relecture en modifiant certains aspects de cette histoire afin de la rendre plus cinématographique. Alors oui, il y a de la déception car de grosses scènes que le lecteur s'était amusé à imaginer ne sont plus présentes. De même, la fin est totalement réécrite pour arriver à son dénouement mais je trouve quand même que dans l'ensemble, c'est loin d'être honteux.

En faisant abstraction du roman (ce qui est impossible je le conçois lorsqu'on l'a énormément apprécié), cette adaptation reste un divertissement fantastique des plus efficaces. On retrouve avec beaucoup de plaisir cet univers avec une évolution très intéressante et des thèmes forts qui sont toujours abordés avec subtilité comme l'absence parentale, le racisme, le passage de l'adolescence au monde adulte, la quête d'identité etc etc. De plus, l'humour, l'action et la magie sont toujours au rendez-vous dans une suite cohérente et logique qui fait que je passe toujours un agréable moment.

Cela fait plaisir aussi de retrouver les principaux personnages de la saga à commencer par un Daniel Radcliffe qui fait toujours le job en Harry Potter. Son jeu d'acteur ne me convainc pas toujours (je trouve les rôles secondaires plus attachants) mais il reste quand même crédible. Il sait donner l'innocence et la naïveté nécessaire à son rôle. Avec lui, on retrouve toujours avec plaisir également Rupert Grint qui est toujours parfait en Ron Weasley. Toujours aussi délirant avec l'humour qui me botte bien, je trouve qu'il apporte un bon équilibre face au personnage d'Harry Potter. Pour compléter ce trio, Emma Watson est elle aussi parfaite en Hermione Granger. Elle s'accapare bien du rôle et son personnage est à mes yeux la preuve vivante que la relecture du roman est bien faite (dans les bouquins, je trouve le personnage d'Hermione trop agaçant et irritant ce qui n'est pas le cas ici, Emma Watson aidant beaucoup aussi dans son interprétation).

Parmi les habitués, Alan Rickman en professeur Severus Rogue est toujours aussi bon dans sa surenchère du professeur qui a une dent contre Potter tandis que Maggie Smith est toujours très bonne en professeur Minerva McGonagall même si on la voit un peu moins dans ce volet. J'ai bien apprécié aussi Robbie Coltrane en Rubeus Hagrid, toujours sympathique et dont on aurait bien aimé en voir un peu plus dans ses nouvelles fonctions.

Tom Felton en Drago Malefoy est un peu en retrait ici (ce qui n'est pas toujours le cas dans le roman) mais le comédien joue toujours bien cette tête à claque sournoise. Dommage qu'on ne l'exploite pas plus car dans le roman ce que j'apprécie c'est qu'il fait encore plus pathétique mais il se positionne bien en adversaire d'Harry Potter à Poudlard. Si on nous montre un peu moins les Dursley ainsi que les Weasley ici, les acteurs les incarnant font en tout cas toujours ce qu'il faut. Au passage, on notera la passation de pouvoir à Michael Gambon pour le rôle de Dumbledore suite au décès tragique de Richard Harris. Une transition qui se fait plutôt bien et sans que cela soit choquant ce que je trouve être une bonne chose.

Puisque je parle des nouvelles têtes de la saga, l'arrivée la plus notable est sans nul doute celle de Gary Oldman dans la peau d'un Sirius Black des plus convaincants. Je trouve que l'acteur est parfaitement bien choisi et si on le voit réellement à l'écran un peu tardivement, c'est en tout cas un vrai plaisir que de le voir interprété ce personnage complexe dont le sort tragique est très intéressant au même titre que son évolution. La première fois que j'ai découvert cette histoire je ne m'attendais pas à une telle issue et Gary Oldman nous permet très bien de faire la transition entre l'image que l'on donne à son personnage au début et sa réelle image à la fin.

Autre arrivée que j'aime beaucoup, c'est celle de David Thewlis en professeur Remus Lupin. C'est sans doute l'un des professeurs de Poudlard que j'apprécie le plus et j'adore l'interprétation de son acteur. Son évolution me plait beaucoup aussi et plus j'y repense, plus je me dis que ce choix de casting est également très judicieux. J'aime beaucoup aussi (même si il n'est pas aussi important que dans le roman) le choix d'Emma Thompson pour le rôle décalé du Sybille Trelawney qu'elle incarne bien. Sinon, je retiens aussi Timothy Spall qui fait un très bon Peter Pettigrew qui à la gueule de l'emploi.

Si ce troisième film fait partie de mes volets préférés (même si au final, je les place quasiment tous au même niveau à mes yeux), c'est aussi en grande partie grâce à l'excellent travail d'Alfonso Cuarón à la mise en scène. La noirceur qu'il donne à son film est moins sombre que son prédécesseur je trouve mais bizarrement reste plus efficace car il joue avec plus de subtilité et de finesse. Cela passe par des plans bien cadrés mais aussi par une photographie magnifique et une exploitation de la couleur bleu feutré qui me donne froid dans le dos et colle bien à l'ambiance.

Les décors sont eux aussi très bon. Poudlard est une école dont on aurait aimé faire partie. Les décors sont d'une richesse inouïe, ils retranscrivent très bien ce que le roman nous laissait imaginer et même si ici, on accentue un peu moins la folie des lieux, la magie est toujours au rendez-vous. C'est en tout cas visuellement très beau avec aussi des effets spéciaux à tomber par terre à l'image des fameux Détraqueurs qui font leur boulot dans l'épouvante qu'ils sont sensés représenté ou encore le Patronus final qui est d'une grande beauté.

Je l'ai déjà dit mais le film vieillit vraiment très bien et c'est aussi grâce à ça qu'il peut toucher une large partie du public. Il y a un public jeune qui est visé avec le côté fantastique mais ces thèmes universels ainsi que le soin apporté à ce long métrage font que cet opus (tout comme les autres) réussit à réunir toute la famille. Chacun en trouvera pour son compte et le montage bien ficelé qui rend l'ensemble dynamique fait qu'on ne s'ennuie pas du tout.

En prenant le relai derrière la caméra à Chris Columbus, Alfonso Cuarón arrive à mes yeux à garder en tout cas une bonne continuité dans la franchise, à la faire évoluer sans nous perdre, en gardant nos repères mais le cinéaste réussit aussi le pari fou d'y mettre sa propre signature et sa propre identité sans que cela soit choquant. C'est aussi pour ça que ce volet est un peu à part je pense à mes yeux dans cette franchise. Quant à la bande originale composée par John Williams, elle est également plus sombre mais continue de rester dans l'univers que l'on connait tout en restant très agréable à écouter.

Pour résumer, "Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban" demeure un volet un peu à part dans la franchise cinématographique du célèbre sorcier. S’il s'inscrit dans une suite logique et cohérente, la patte et la performance d'Alfonso Cuarón font que cette aventure sort un peu du lot malgré tout. C'est en tout cas une nouvelle fois une très grande aventure féerique que je ne me lasse pas de revoir. Bien que je comprenne un peu mieux certaines frustrations maintenant que j'ai lu le roman de base, je trouve que le travail fourni est remarquable et c'est typiquement le genre de spectacle qui me fait apprécier le cinéma. De la magie, de la poésie, de la noirceur, de l'humour, de l'émotion... On a tous les ingrédients pour passer un bon moment et l'essai est transformé haut la main à mes yeux.

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4.5




Enfant 44 (Child 44)



"Il n'y a pas de meurtres au paradis."

Entre la bande annonce qui me laissait présagé d'un thriller passionnant sur des meurtres d'enfants (dont j'ignorais alors que l'histoire était inspirés de faits réels) et un casting de grande classe, "Enfant 44" avait tout pour me plaire dès le départ et c'est donc tout naturellement que j'ai fait le déplacement en salles pour le découvrir.

Effectivement, le scénario écrit par Richard Price d'après le roman de Tom Rob Smith (inspirés du tueur en série Andreï Tchikatilo) possède beaucoup de choses qui m'ont plu. Le film a d'ailleurs eu sur moi un petit côté fascinant. J'ai été pris de bout en bout par cette intrigue. Très amateurs des histoires de serial killer, celle-ci a en plus pour elle le fait d'être placé dans une société totalitaire ce qui la rend encore plus dangereuse avec son côté plein de déni et de manipulation de la population par le gouvernement en place.

D'ailleurs, le film a longtemps eu à mes yeux tout pour faire partie des films qui pourraient me marquer. Cependant, il s'avère qu'il a néanmoins réussit à me perdre un peu en cours de route. Non pas qu'il soit difficile d'accès (bien au contraire, même avec les aboutissants politique le film est assez simple à comprendre et à suivre) mais le scénario devient vite brouillon à force de vouloir nous donner des tonnes d'informations qui ne sont pas nécessaires.

En fait, même si cela peut paraître basique, j'aurais aimé que le film se concentre plus sur l'enquête pour capturer le tueur, j'aurais aimé en savoir plus sur ses motivations, sur ce qui le guide. Je pense qu'on aurait pu tout aussi bien creuser les difficultés de l'enquête dans cette société totalitaire sans pour autant alourdir le sujet avec ses histoires d'espionnages et de trahison. L'histoire avec les jumelles alourdissent pas mal aussi l'ensemble. A plusieurs reprises, j'ai eu la sensation de voir plusieurs films en un et je pense (peut-être à tort) qu'il aurait été plus judicieux de se concentrer davantage sur l'enquête. Je suis convaincu qu'avec cette dernière, on aurait quand même pu traiter tous les thèmes qui sont abordés ici. Quoiqu'il en soit et malgré mes réserves, le long métrage n'en demeure pas moins efficace.

Si le film reste efficace, c'est aussi parce que le casting est convaincant et fait son boulot. Par moment, j'ai eu l'impression de voir une Russie un peu caricaturale mais cela ne m'a pas empêché de trouer cette distribution crédible à commencer par un Tom Hardy très bon en Leo Demidov. Ce n'est peut-être pas le rôle de sa carrière mais il s'en sort bien je trouve. Le comédien a su garder son charisme et il réussit même à apporter de la sympathie à son personnage même lorsqu'on peut trouver ses actes douteux. Le fait de se dire qu'il est manipulé aussi par ce système aide un peu mais l'acteur dans son interprétation apporte beaucoup quand même à la sympathie que j'ai pu avoir envers lui. De même, je trouve l'évolution de ce personnage ainsi que de son caractère très intéressant.

A ses côtés, j'ai bien aimé aussi Noomi Rapace en Raisa Demidov. Ce n’est pas forcément une actrice qui me fait déplacer en salles mais je trouve son jeu très intéressant également et ici aussi, elle m'a bien plu. Pourtant effacé au début du long métrage, son rôle va avoir de plus en plus d'importance avec un traitement là encore intelligent qui lui permet d'évoluer dans cette intrigue et de ne pas servir juste pour une romance basique. Son utilité est parfois un peu facile (il y a des scènes je ne vois pas trop ce qu'elle est sensé faire sur place) mais l'actrice fait bien le boulot.

Derrière ce duo, on retrouve une multitude de seconds rôles tout aussi bien les uns que les autres. Il y a bien sûr une petite frustration de ne pas les voir développer davantage mais bon l'intrigue est déjà assez lourde comme ça. C'est en tout cas le cas pour Fares Fares (que j'apprends à découvrir ces temps-ci) en Alexei Andreyev, très bon, que l'on voit un peu au début avant de vite se faire éclipser. Je pense aussi à Paddy Considine en Vladimir Malevich qui sans trop en dire à son sujet n'apparait clairement pas assez dans le film pour pouvoir exploiter ses motivations.

Joel Kinnaman en Wasilij Nikitin m'a lui aussi semblé sous exploité. J'ai eu du mal à cerner son évolution et ses actes douteux sont parfois traités avec un peu trop de facilités. Quel frustration également de voir aussi peu Gary Oldman dans la peau du Général Mikhail Nesterov. Pourtant, ce dernier offre un tandem avec Tom Hardy que j'ai bien aimé mais il y a de quoi rester sur sa faim malgré tout, ce personnage n'ayant pas l'importance qu'il aurait pu avoir.

Après, il y a des seconds rôles qu'on voit moins mais ça me marque moins car je trouve cela plus compréhensible au regard du scénario. Par exemple Vincent Cassel en Major Kuzmin apparait juste quand c'est nécessaire. L'acteur l'incarne bien même si son accent joue parfois aussi sur la caricature. Jason Clarke en Anatoly Brodsky montre lui aussi de belles choses tout comme Charles Dance en Major Grachev. Ce dernier n'apparait que quelques minutes mais il s’intègre bien dans cet univers. Il n'y a que Nikolaj Lie Kaas en Ivan Sukov que j'ai moins aimé. Pas très crédible, facile et prévisible, son jeu ne m'a pas marqué et on devine assez vite l'évolution que va subir ce personnage dans cette intrigue.

Concernant la mise en scène de Daniel Espinosa, je trouve qu'il y a du bon et du moins bon. Sa réalisation reste agréable à suivre, le réalisateur a su recrée une bonne ambiance avec une atmosphère pesante qui joue sur la tension générale de l'intrigue cependant, il y a quand même plusieurs moments où je trouve que c'est assez mal filmé. C'est surtout le cas lors des scènes avec un peu d'action où je trouve que la lisibilité n'est pas terrible du tout.

Avec la caméra trop tremblante, que ce soit lors de la bagarre finale dans la boue, l'attaque dans le train ou encore l'ouverture en pleine guerre, on ne comprend pas toujours ce qui se passe à l'écran. Dommage que ses scènes ne soit pas plus soignés. Pour le reste, sa caméra est bien posée et on suit l'intrigue de façon certes un peu classique mais efficace. Il manque sans doute juste une véritable identité à ce film pour vraiment me marquer l'esprit. Il n'y a pas de folie visuelle ou une âme vraiment forte. J'ai eu la sensation de voir une Russie totalitaire comme je l'ai déjà souvent vu au cinéma.

Il n'empêche, les décors sont quand même plaisants et il y a aussi un bon travail qui a été fait sur les différents costumes. La photographie aussi est pas mal même si elle n'a rien de remarquable. Le montage fait bien le boulot, après, c'est vraiment dommage que le film possède de lourdes longueurs. Ça vient peut-être du scénario que je trouve trop lourd, qui aurait mérité de se concentrer davantage sur la traque du tueur à mes yeux mais bien que je sois resté accroché jusqu'à la fin, le film aurait pu être ponctionné d'une bonne demi-heure que cela aurait été mieux. L'ensemble s'étire un peu trop selon moi. Quant à la bande originale composée par Jon Ekstrand, elle fait de son côté le boulot sans trop de risques pour elle aussi.

Pour résumer, "Enfant 44" est un très bon film... Et c'est bien dommage car il aurait pu être davantage encore s’il ne s'était pas vu alourdir d'une intrigue qui part dans trop de direction ainsi qu'une mise en scène qui manque peut-être d'un peu d'âme. Malgré ça et porté par une distribution de luxe, le film a réussi à me captiver et j'ai passé un bon moment. Sans doute un peu trop long à mon goût quand même, c'est un film que je pourrais revoir mais ce n'est pas la claque qu'il aurait pu être. Je suis sorti de ma projection en restant sur ma faim même si j'ai quand même eu la sensation d'avoir vu un très bon film, c'est déjà ça...

3.5




samedi 18 avril 2015

Mad Max 2 : Le défi (Mad Max 2: The Road Warrior)



"Si vous cherchez à vous en aller, adressez vous à moi."

C'est dans la foulée du premier opus que je me suis mis à revoir également la suite des aventures du célèbre Max Rockatansky à savoir "Mad Max 2 : Le défi". Sobrement intitulé "The Road warrior" aux États-Unis (le premier ayant été diffusé de façon limité il fut choisi, de manière judicieuse, de vendre ce film comme n'étant pas une suite), je gardais un bon souvenir de cet épisode que j'avais hâte de revoir.

Tout comme pour le premier film, ce second visionnage s'est avéré bien bénéfique. Sans doute parce que je savais dans quoi je mettais les pieds mais j'ai encore plus apprécié ma projection cette fois ci. L'idée de ne pas vendre ce film aux États-Unis comme une suite à proprement parlé ne cause pas de torts au film tant cet épisode se distingue de son prédécesseur en prenant une autre direction. En effet, alors qu'auparavant nous étions dans une société presque post-apocalyptique (il y avait encore quelques petites traces de civilisations), ici, la saga prend clairement ce statut et nous propose un monde dévasté où règne la violence et le chaos.

J'ai trouvé que ce scénario écrit par Terry Hayes, Brian Hannant et George Miller était en tout cas nettement plus cohérent et logique dans sa construction que le premier film. C'est aussi sans doute pour cela que j'ai une petite préférence pour ce second volet que je trouve vraiment maitrisé avec une violence psychologique toujours aussi forte et une violence physique encore plus intense. Cette critique d'une société qui a couru à sa perte avec des dirigeants incapable de trouver une solution et une population livrée à elle-même qui combat pour du pétrole mais aussi pour leur survie m'a vraiment bien plu.

Encore plus marqué qu'auparavant, j'ai bien aimé aussi cette façon de vendre le long métrage comme un western moderne. On remplace les chevaux par les grosses cylindrés mais ça fonctionne. J'ai été pris dans cette ambiance, par ce récit et même si son final est sans doute conventionnel (quitte à faire un film sombre, on aurait pu aller un peu plus loin je pense), j'ai quand même été captivé de bout en bout. Il y a aussi un petit humour qui est parfois présent que je trouve très agréable.

Avec cette suite, Mel Gibson continue de faire prospérer sa carrière naissante. Il incarne un Max Rockatansky encore plus badass, encore plus charismatique et il continue d'inscrire son personnage parmi les grands mythes du cinéma. Solitaire et sans attaches cette fois-ci, j'ai vraiment beaucoup aimé cet aspect du personnage qu'on lui donne avec une certaine humanité mais qui continue de vivre malgré tout sans but précis et peu importe le sort du monde qui l'entoure. Pas vraiment justicier (le titre du guerrier de la route lui va comme un gant), l'acteur est en tout cas une nouvelle fois très à l'aise et continue de prendre beaucoup d'envergures à mes yeux.

Derrière, le reste de la distribution suit la route mais c'est bel et bien Mel Gibson le véritable héros qui porte le film sur ses épaules. J'ai quand même beaucoup aimé Bruce Spence en Gyro. Son rôle apporte beaucoup en humour (ce qui laisse présager de ce que deviendra le troisième volet mais j'y reviendrais) mais cela ne m'a pas déranger surtout que son personnage s'avère vite sympathique. Il a en tout cas une évolution que j'ai aimé et qui va bien au-delà du statut de simple brigand de route.

Vernon Wells en Wez est lui aussi très bon dans le rôle du timbré de service. Il est d'ailleurs si efficace, qu'on peut sans doute reprocher au scénario le fait que son rôle éclipse celui du Seigneur Humungus dont la carrure de Kjell Nilsson aurait pu apporter davantage. Les deux comédiens font le job je trouve, ils sont très bons mais c'est dommage que le scénario brouille les pistes car parfois, ce n'est pas forcément flagrant de savoir qui est le chef dans cette bande de psychopathes.

Mike Preston en Pappagallo est lui aussi peut être un peu trop en retrait. C'est le cas de toute sa communauté dont on n’exploite pas forcément tout le potentiel et dont on ne comprend pas toujours les motivations. Après, on sait qu'ils sont assiégés et que le but va être de les aider à s'en sortir mais, on aurait quand même pu en savoir davantage sur ses différents caractères. Il y a par exemple un traumatisme chez le jeune garçon bien interprété par Emil Minty qui est évident mais comme on ne sait jamais de quoi il s'agit, on peut trouver qu'il s'agit surtout d'un artifice. Je regrette un peu le fait qu'on ne sache vraiment pas grand-chose sur cette communauté au final même si cela ne m'a quand même pas dérangé plus que cela durant mon visionnage.

George Miller reprends le flambeau derrière la caméra et c'est tant mieux. On sent que le cinéaste à eu plus de moyen pour cette suite et il s'en donne du coup à cœur joie en matière d'action. On a le droit à des courses poursuites démentes (le final de plus de dix minutes en ait un bon exemple), des explosions et des cascades incroyable le tout porté par un réalisme fou par ce film qui a opté (et c'est une excellente idée) pour des prises de vues et des cascades réelles plutôt que des effets spéciaux.

Ce réalisme porte ses fruits. Il y a de la crédibilité dans l'ensemble et même si parfois, cela sonne un peu léger, remis dans son époque et dans les conditions dont les cascades ont été tournées, c'est quand même incroyable. Le long métrage vieillit bien je trouve en tout cas. Il possède tout son charme avec une photographie bien soigné et des décors apocalyptique bien exploité, cet étendu de sable et de routes offrant pas mal de possibilités.

Visuellement, George Miller signe une nouvelle fois une réalisation brillante avec des plans efficaces qui m'ont beaucoup marqué. La surenchère dans les maquillages ainsi que dans les costumes qui font trop sado-maso apporte sans doute un peu de kitsch à cet univers mais c'est un kitsch que je ne trouve pas déplaisant bien au contraire. Quant à la bande originale composée par Brian May, elle est aussi dans la continuité du premier film tout en ayant sa propre identité ce qui accentue un peu plus la démarcation entre les deux œuvres.

Pour résumer, "Mad Max 2 : Le défi" est une excellente suite. Elle a même à mes yeux ma préférence comparé à son prédécesseur car ce volet s'avère plus rythmé, nettement mieux construit et avec une identité bien à lui qui fait qu'on voit quand même quelque chose de nouveau. De plus, cette fois-ci, j'ai vraiment eu la sensation d'être dans un monde apocalyptique ce qui m'a plus tandis que Mel Gibson donne encore plus d'envergure et d'importance à son personnage continuant de lui donner ses lettres de noblesses. J'ai pris beaucoup de plaisir à revoir ce film (encore plus avec ce second visionnage) et maintenant je vais me replonger dans le troisième film juste avant de pouvoir découvrir le quatrième film qu'il me tarde de découvrir en salles (même si il arrive 30 ans plus tard...)

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4.5




vendredi 17 avril 2015

Mad Max



"La chaîne des menottes est en acier trempé. Il te faudrait dix minutes pour la scier avec ça. Ou bien, avec un peu de chance, tu dois pouvoir te trancher la cheville en cinq minutes."

Je n'avais pas revu "Mad Max" depuis que je l'avais découvert il y a quelques mois de cela. J'en gardais le souvenir d'un bon film (bien qu'un peu lent) mais profitant de la sortie en salles prochainement d'un prochain opus, je me suis décidé à le revoir en Blu-ray histoire de me faire une petite piqûre de rappel.

Dans son ensemble, j'ai été plutôt content de voir que je me souvenais assez bien de ce film. Le scénario écrit par James McCausland et George Miller est assez classique dans sa structure mais il a le mérite de rester prenant. Cela s'avère même encore plus exact pour moi lors de mon second visionnage. J'ai encore plus apprécié de le revoir. Peut-être parce que cette fois ci je savais à quoi m'attendre mais j'ai de nouveau été captivé de bout en bout par le spectacle que l'on me proposait.

Pourtant, cette histoire n'est vraiment pas exempt de défauts. Il y a les longueurs qui réduisent le rythme du film avec parfois des courses poursuites en voitures qui peuvent devenir ennuyeuses malgré leurs réussites techniques. Il y a aussi la façon dont on emmène notre héros à son issue finale. J'ai eu l'impression que le scénario hésité entre soit une vendetta policière, soit une simple vengeance familial mais dans les deux cas, j'ai trouvé que le lien avec Max était assez maladroit (il y avait combien de chances pour que ce gang tombe sur sa femme sans la chercher ?). Après, il y a une violence psychologique et un humour noir qui font que j'ai quand même aimé suivre cette aventure.

De mon côté, je trouve ça intéressant aussi de découvrir le film qui aura fait de Mel Gibson la star qu'il est devenu. Un Mel Gibson bien jeune mais qui ne manquait déjà pas de charisme dans la peau de "Mad" Max Rockatansky. C'est vraiment un plaisir de le voir jouer ce genre de personnage et même si ici, il ne lui donne pas encore tout à fait ses lettres de noblesses, il contribue quand même très fortement à commencer à construire le mythe que son rôle deviendra.

Face à lui, le reste de la distribution est correct également. Tous ne sont pas transcendants comme Joanne Samuel en Jessie Rockatansky que je trouve un peu légère mais d'autres comédiens réussissent à marquer un peu plus les esprits. C'est ainsi le cas de Hugh Keays-Byrne dans la peau du totalement barjo Toecutter. Il fait un très bon adversaire à Max. Dans ce match, c'est dommage que leurs alliés soit parfois un peu mis en retrait. Côté gentil, je pense à Steve Bisley Jim Goose ou encore Roger Ward en Fifi Macaffee que j'ai bien aimé mais qu'on exploite trop peu. Côté méchant, je pense davantage à Tim Burns en Johnny the Boy qu'on semble vouloir mettre un peu en avant au début avant de faire au final marche arrière.

Quoiqu'il en soit, si tout n'est pas parfait, l'ensemble reste rehaussé par une mise en scène de George Miller qui est juste excellente. Bon d'accord, la qualité de mon Blu-ray qui est impeccable joue un peu sur la beauté que j'ai pu entrapercevoir dans la lumière, la photographie ainsi que les décors désertique qui sont très bien mis en valeur. Cependant, George Miller exploite vraiment très bien tout ça en positionnant toujours sa caméra au bon endroit pour avoir l'angle parfait.

C'est ainsi qu'on se retrouve avec des plans que je trouve visuellement très bon. Je pense notamment à la scène culte où Max est blessé en plein milieu de la route et qu'il cherche désespérément à attraper son arme. La scène dans la forêt où Jessie est pourchassé est bien maitrisé aussi niveau angoisse. L'ambiance apocalyptique d'une société à la dérive y est bien dépeinte, j'ai ressenti cette violence, cette tension et cette folie qui y règne à travers cette très bonne réalisation. Quant à la bande originale composée par Brian May, je l'ai trouvé très bonne, très métallique et collant bien avec le film ainsi qu'avec le très bon travail fourni sur le son.

Pour résumer, je ne regrette vraiment pas d'avoir revu "Mad Max". Il s'est même bonifié à mes yeux je trouve lors de cette seconde projection. Il y a toujours quelques défauts et quelques maladresses qui font que je ne peux pas mettre ce long métrage sur un piédestal mais, remis dans son époque et avec le budget qui lui été alloué (650 000 dollars selon Allociné), le résultat est quand même efficace. Si on passe outre les quelques lenteurs, il y a quand même moyen de prendre son pied surtout avec une réalisation aussi impeccable et un Mel Gibson dont je ne boude jamais mon plaisir de le voir à l'écran. Un classique que j'apprécie beaucoup en tout cas avec en prime au passage pour ceux qui la possède une édition Blu-ray qui lui rend bien honneur.

4.0




Robin des Bois, la véritable histoire



"- Pourquoi tu veux pas sortir avec ma mère ?
- Mais parce que... Regarde là, elle est dégueulasse."


Avant même sa sortie en salles, "Robin des Bois, la véritable histoire" se faisait descendre par la critique et le jour de sa sortie, j'ai pu lire d'autres avis (parfois facile je trouve) qui ne faisait que confirmer ce que beaucoup de personnes disait. Cependant, assez ouvert d'esprit et plutôt bon public facile (surtout en terme de comédies française), j'avais quand même envie de voir ce film surtout que j'aime bien Max Boublil.

Et de mon côté, il y a eu plus de peur que de mal. Autant le dire tout de suite, c'est vrai que le scénario écrit par Anthony Marciano et Max Boublil ne vole pas haut ("Les Gamins", leur précédente collaboration était bien meilleur) mais je m'attendais à ce genre de résultat et c'est peut-être pour cela aussi que je n'ai pas été déçu. L'humour y est facile, prévisible et la parodie bien lourde mais après avoir vu la bande annonce, je ne trouve pas que le film nous ait menti sur sa marchandise. C'est aussi pour ça que j'ai aimé. C'est con mais c'est ce que je voulais. Dommage après que l'humour ait quelques baisses de rythme et que la parodie ne soit pas écrit avec un peu plus de finesse (ce n'est pas l'écriture d'un Alexandre Astier pour "Kaamelott" et ça se voit...) mais à mes yeux, le film ne vaut pas cet acharnement. En sachant ce qu'on va voir, si on adhère à cet humour bien entendu, il y a de quoi passé un bon moment.

Après, le film repose principalement sur les épaules de Max Boublil en Robin des Bois. On reconnait son humour et c'est sûr que si on n'aime pas, on risque de s'ennuyer. Pour ma part, je me suis amusé mais je pense quand même que sans lui, j'aurais peut-être un peu moins accroché je veux bien l'admettre. A ses côtés, j'ai beaucoup aimé l'autodérision de Géraldine Nakache en Marianne qui n'hésite pas à passer pour une cruche tout comme j'ai aimé Malik Bentalha en Tuck ou encore Gérard Darmon en Shérif de Nottingham, le comédien n'hésitant pas à en faire des tonnes. J'ai moins accroché avec Ary Abittan en Petit Jean (j'ai toujours un peu de mal avec lui, il n'y peut pas grand-chose...) et j'ai été amusé par le petit caméo lors de la scène finale même si c'est un caméo très prévisible vu la tournure de cette parodie.

Côté mise en scène, Anthony Marciano a déjà été plus inspiré. J'ai déjà vu plus de travail dans ses réalisations. Ici, même si on essaye d'enrober le tout avec une belle photographie chaleureuse et quelques plans un peu stylisé, ça reste quand même plat. Au début, c'est même un peu brouillon avant de mieux se rattraper. Après, je trouve que cela se laisse regarder quand même. Il y a un petit creux au milieu mais je n'ai quand même pas vu le temps passé et je ne me suis pas trop ennuyé. J'ai même plusieurs fois souris vu que j'ai adhéré à cet humour stupide malgré quelques runnings gags un peu lourd. La bande originale n'est pas mauvaise même si elle m'a laissé de marbre en revanche, j'ai trouvé les décors assez hideux pour ce genre de production et je pense qu'on aurait pu quand même mettre un peu plus de sérieux dans les costumes tout en restant dans la parodie.

Pour résumer, "Robin des Bois, la véritable histoire" est un divertissement que j'ai trouvé sympathique. J'ai même souris à plusieurs reprises. Je comprends après qu’on n’adhère pas à ce genre de production et à ce genre d'humour mais de mon côté, c'est exactement le film auquel je m'attendais donc pas de déception. Je pense même que je pourrais le revoir du coin de l’œil car malgré tout, je continue d'avoir de la sympathie pour Max Boublil dont l'humour me plait même lorsqu'il est répétitif. Bref, ce n'est pas la catastrophe que l'on m'a vendu même si je conçois aussi qu'on est très loin du chef d’œuvre...

3.0




En équilibre



"- On fait pas forcément ce que l'on veut dans la vie.
- Si !"


"En équilibre" n'était pas spécialement une grosse attente. A vrai dire, j'ai même commencé à entendre parler de ce film qu’une ou deux semaines avant sa sortie en salles. Si j'avais envie de le découvrir, c'est surtout pour sa présence au casting d'Albert Dupontel ainsi que de Cécile De France qui sont deux comédiens que j'apprécie beaucoup.

Globalement, j'ai trouvé que c'était un bon film. L'histoire est belle et j'ai senti de la sincérité dans ce scénario écrit par Denis Dercourt librement inspiré de l’œuvre de Bernard Sachsé et Véronique Pellerin. Cette histoire de lutte personnelle dans ses deux personnages principaux est intéressante je le nie pas. Cependant, il m'a quand même manqué un petit quelque chose pour être vraiment touché. Au-delà de la romance qui vient vraiment plomber l'ensemble, si je ne me suis pas foncièrement ennuyé, je n'ai jamais réussi à avoir une quelconque empathie pour eux. Cela vient peut-être du monde l'équitation et de celui de la musique qui ne me parle absolument pas. J'en sais trop rien mais j'ai traversé ce long métrage de façon assez banale sans ressentir trop d'émotions en ayant juste eu la sensation de voir un beau film mais dénué de vie à mes yeux.

Pourtant, le casting est quand même convaincant. Albert Dupontel en Marc m'a paru crédible. L'acteur qui réalise ses propres cascades équestres ici livre une bonne prestation même si elle ne restera pas dans ma mémoire. C'est aussi le cas pour Cécile De France en Florence, bonne également, mais dont le personnage manque quand même d'envergure je trouve. Le duo fonctionne, les deux acteurs font tout pour, mais c'est vraiment dans la construction de leurs rôles que je n'ai pas été marqué. Derrière, c'est assez anecdotique même si on peut retenir un Patrick Mille en Julien toujours bon même si son rôle est inintéressant ou encore une Marie Bäumer en Alexandra dans l'un de ses rares films où la comédienne joue en français.

Question mise en scène, là encore il n'y a rien de bien folichon. Ce n’est pas mauvais mais c'est quand même assez classique et banale. Il y a de belles images mais j'aurais découvert ce film à la télévision que cela ne m'aurait pas dérangé plus que cela je pense. Cette façon assez plate de raconté son récit sans trop d'artifices ne m'aide pas non plus pour que ce film me percute. De plus, si le montage fait que le temps passe quand même assez vite, la bande originale composée par Jérôme Lemonnier est tellement lourde qu'elle plombe bien l'ensemble.

Pour résumer, "En équilibre" est un bon film. Malheureusement, son traitement assez classique et même très prévisible font que le film ne m'a jamais marqué et que je pense même l'oublier assez vite. Pas vraiment mauvais, la bonne prestation d'Albert Dupontel ainsi que celle de Cécile De France ne sauve pas l'ensemble surtout que la mise en scène s'avère banale et que la musique, pourtant élément important de cette histoire, plombe le résultat final. Dommage car je pense qu'on aurait quand même pu avoir quelque chose de plus "vivant"...

2.5




Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban (Harry Potter and the Prisoner of Azkaban)

Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban


"Les conséquences de nos actions sont toujours si complexes, si diverses, que prévoir l'avenir est une entreprise bien difficile..."

Il m'a fallu du temps pour me mettre à lire les livres sur la saga littéraire Harry Potter (bien que j'aime beaucoup les films) donc maintenant que je suis lancé, je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin et c'est tout naturellement que j'ai lu le troisième tome à savoir "Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban".

Et une nouvelle fois, j'ai beaucoup aimé. J'ai vraiment été pris par cette nouvelle aventure du célèbre sorcier. Peut-être un peu moins sombre que son prédécesseur je trouve à la lecture, cette histoire n'en demeure pas moins très efficace avec ce retour dans le passé de la famille Potter. L'arrivée du personnage de Sirius Black est vraiment une excellente idée et j'ai adoré la place qui lui ai réservé dans cette intrigue avec son aura mystérieuse qui l'entoure.

Dans la parfaite continuité, J. K. Rowling arrive encore à être très à l'aise dans ce monde qu'elle a créé sans jamais nous ennuyer. Bien au contraire, ce monde est si riche que c'est un plaisir de s'y aventurer et de voir quelles sont les autres nouveautés que l'auteur nous réserve. Le style littéraire semble enfantin mais la romancière réussit la prouesse de captiver l'ensemble de la famille en visant à chaque fois juste et de façon efficace. Le seul petit bémol que je pourrais émettre concernant ce tome, c'est au sujet du personnage d'Hermione que je trouve vraiment agaçant et tête à claques malgré ses bonnes intentions. Pour le coup, les films à travers son personnage nous offre une bien meilleure relecture selon mon goût.

Pour résumer, c'est avec délice que je suis retourné à Poudlard avec ce livre. "Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban" est un ouvrage très bien écrit, qui tape juste et qui captive. Je suis toujours autant fan du travail de J.K. Rowling à tel point que j'ai vraiment du mal à dire quelle histoire pourrait avoir ma préférence mais concernant ce troisième tome, je comprends malgré tout pourquoi il attire les faveurs de plusieurs personnes.

Liens divers :



5.0




lundi 13 avril 2015

Les enquêtes du département V : Profanation (Fasandræberne)



"Vous avez eu un AVC collectif ?"

Bien que n'ayant pas vu "Miséricorde" (la précédente enquête du département V) sorti en VOD et que je ne désespère pas de pouvoir mater un jour, j'avais une grande hâte de découvrir "Les enquêtes du département V : Profanation" à savoir sa suite. Il faut dire aussi que la bande annonce m'avait mis l'eau à la bouche en me proposant quelque chose qui avait de fortes chances de me plaire.

Et je ne me suis pas trompé. En effet, j'ai vraiment adoré ce film. Le scénario écrit par Nikolaj Arcel et Rasmus Heisterberg d'après l’œuvre de Jussi Adler-Olsen n'est pas parfait mais on y découvre une violence et une noirceur de la nature humaine que j'apprécie beaucoup et qui a le don de me fasciné. C'est donc avec beaucoup de plaisir que je me suis plongé dans cette enquête dès les premières secondes sans jamais pour autant en décrocher malgré sa durée de deux heures.

Pourtant, l'histoire n'est pas exempt de défauts. Je ne ferais aucune comparaison avec le livre d'origine que je n'ai pas lu mais le récit joue quand même sur quelques facilités dans son intrigue. Si côté noirceur et psychopathes bien timbrés, on en a pour notre argent, en ce qui concerne l'enquête à proprement parler, le suspense n'est pas toujours au rendez-vous. En effet, dès le début et sans forcément avoir besoin des flashbacks, on comprend très vite ce qui s'est passé. Les flashbacks rendent l'intrigue plus limpides, plus simples mais avant ce procédé, tout est déjà bien clair.

C'est d'ailleurs un peu dommage car du coup, je n'ai pas retrouvé beaucoup de surprises. Je n'ai pas eu de rebondissements qui m'ont fait sauter de mon fauteuil. Cependant, même avec toutes les clés en main, j'étais curieux de voir comment notre duo d'enquêteur allait réussir à coincer les coupables et cette plongée dans un monde de violence et de pouvoir, bien qu'assez classique dans son fond, n'en demeure pas moins plutôt plaisant à suivre je trouve surtout avec justement ses enquêteurs complémentaires qui forme une très bonne équipe.

J'ai ainsi beaucoup aimé Nikolaj Lie Kaas en Carl Mørck. Son côté solitaire avec ses cicatrices psychologiques bien visible et la clope au bec lui donne un petit côté caricatural mais cela ne m'a pas dérangé. Bien au contraire, ça donne même du charme au film et à son ambiance. Avec lui, Fares Fares en Assad apparait un peu plus léger mais il est tout aussi charismatique et important dans ce tandem, chacun apportant quelque chose à l'autre. J'ai d'ailleurs eu de la sympathie pour ses deux personnages malgré les défauts qu'ils peuvent avoir. Un peu plus en retrait, j'ai apprécié aussi Johanne Louise Schmidt en Rose Knudsen, personnage très frais que j'aurais aimé voir davantage exploité.

Du côté des grands vilains, Pilou Asbæk en Ditlev Pram est assez angoissant. L'acteur livre d'ailleurs une très belle performance. Il n'a pas forcément la tête de l'emploi je trouve mais il réussit néanmoins très vite à devenir terrifiant tout comme son alter ego jeune qui est bien interprété par Marco Ilsø. Lui aussi dispose d'un acolyte dans ses méfaits qui s'avère un peu plus en retrait mais tout aussi efficace en la personne de David Dencik en Ulrik Dybbol. Son évolution est d'ailleurs assez intéressante tout comme sa place aux côtés du grand patron. Philip Stilling joue bien le jeu également pour ce personnage jeune.

Au milieu de tout cela, on retrouve Danica Curcic en Kimmie Lassen. L'actrice incarne bien le côté paumé de son rôle tout en lui donnant un caractère assez fort et un final à la hauteur de son évolution. Toute proportion gardée bien sûr, son rôle m'a beaucoup fait penser à celui de Lisbeth dans la saga "Millénium", autre franchise à succès nordique. Pour jouer ce personnage jeune, Sarah-Sofie Boussnina s'en sort très bien et apporte dans son regard des choses que j'ai beaucoup aimé et qui nous montre bien aussi comment cette dernière va vite être "contrôlé" sans que ce soit trop lourd.

Le reste du casting est un peu moins important dans cette intrigue mais joue quand même bien le jeu. Il y a en tout cas quelques acteurs que j'ai appréciés même si on les voit peu à l'image de Beate Bille dans la peau de Thelma Pram. Je pense d'ailleurs qu'on aurait pu jouer davantage avec elle aussi, je regrette que par moment on l’éclipse totalement du récit alors qu'on pouvait penser qu'elle aurait pu avoir plus d'importance que ça. Kristian Høgh Jeppesen en Bjarne Thøgersen est lui aussi très bon même si on le voit peu tout comme son homologue jeune à savoir Adam Rower.

La réalisation de Mikkel Norgaard est aussi impeccable. Elle me donne d'ailleurs encore plus envie de découvrir le premier film même si ce deuxième volet peut vraiment se voir indépendamment comme une enquête à part. Je n'ai pas encore vu "Miséricorde" à ce jour mais je n'ai jamais eu la sensation d'être perdu ni même d'être étouffé par une présentation lourdingue des personnages ou de l'intrigue. Cette mise en scène est vraiment d'une efficacité remarquable et c'est aussi grâce à elle je pense que malgré le manque de suspense dans cette enquête que j'ai été pris de bout en bout.

La photographie est vraiment magnifique avec un jeu de lumière très bon aussi qui est bien loin des couleurs froides que l'on peut s'attendre à retrouver dans le cinéma nordique. De façon totalement assumé, on ressent bien vite les inspirations du réalisateur pour les thrillers américains. J'ai d'ailleurs souvent pensé à David Fincher et à son "Seven" ainsi que son "Zodiac". Très américanisé dans son style mais avec son identité bien à lui, le long métrage est visuellement d'une grande beauté.

Même dans la violence, on ne tombe jamais dans la surenchère gratuite ou dans le voyeurisme. C'est souvent dur psychologiquement mais la forme est si bien traité que l'on tombe jamais dans l'excès. Cette réalisation avec son ambiance bien particulière contribue vraiment à la réussite du long métrage à mes yeux. Le montage est lui aussi bien ficelé. Les flashbacks sont pas forcément toujours utile mais bien intégré au récit et malgré la durée, je n'ai jamais ressenti trop de longueurs ni d'ennui. Quant à la bande originale composée par Johan Söderqvist, Patrik Andrén et Uno Helmersson, elle est assez classique dans son genre mais colle bien avec cette atmosphère glauque et violente.

Pour résumer, je ne regrette vraiment pas d'avoir été voir "Les enquêtes du département V : Profanation". L'ensemble apparait souvent facile dans son traitement mais j'ai quand même été pris de bout en bout grâce à une superbe interprétation ainsi qu'une mise en scène remarquable qui n'a rien à envier aux plus grands thrillers américains tout en ayant sa propre touche personnelle. Décidément, le cinéma nordique continue de m'apporter son lot de surprises et si je devais n'avoir qu'un regret, c'est celui de ne pas encore avoir vu "Miséricorde" (même si ce n'est pas dommageable pour voir cette suite) mais c'est une erreur que j'espère pouvoir réparer prochainement. Quoiqu'il en soit, c'est le genre de films que j'aime beaucoup et il a réussi à combler mes attentes au point que j'aimerais maintenant en voir davantage.

4.0




dimanche 12 avril 2015

A trois on y va



"Je sais que certaines rencontres peuvent mal tournées, comme je sais que la frontière est très fine entre le jeu de la séduction et quelque chose,pourquoi pas de dangereux."

Au début, je n'étais pas très partant pour découvrir ce "A trois on y va". Si je devais y aller, c'était surtout en tant qu'accompagnateur. Mais bon, petit à petit je me suis fait à l'idée et il est vrai qu'au regard du casting que j'apprécie beaucoup, j'étais quand même assez curieux de visionner ce long métrage.

J'ai eu du mal à le caser dans mon emploi du temps (mon cinéma proposant peu de séances...) mais l'attente en valait la peine. En effet, je dois reconnaître que j'ai eu une certaine tendresse pour ce scénario écrit par Jérôme Bonnell et Maël Piriou. Le thème du triangle amoureux a déjà été abordé au cinéma mais j'ai trouvé ici que l'histoire était traitée avec une certaine délicatesse que j'ai beaucoup aimé. En effet, aucun des protagonistes ne m'a paru réellement mauvais dans ses intentions et la forte empathie que j'ai éprouvé pour eux a largement contribué au fait que j'ai passé un bon moment.

Avec son humour léger, cette histoire n'est jamais redondante. Bien au contraire, j'ai très vite été captivé par leur relation et les liens qui se créent entre eux. Curieux de savoir comment tout ceci allait se terminer, j'ai beaucoup aimé l'issue qui à l'image du film dégage aussi une certaine poésie. Tout ici n'est pas parfait mais je me suis vraiment surpris moi-même à savourer ce film qui a su me parler sans jamais tomber dans l'excès. Cette légèreté générale apporte beaucoup au film qui n'est jamais trop lourd.

Si cela fonctionne, c'est aussi principalement grâce à son trio d'acteurs qui forme une alchimie et une complicité qui fait plaisir à voir. Félix Moati par exemple en Micha est très bon. J'ai beaucoup aimé le traitement de son personnage qui n'est jamais salaud mais véritablement perdu dans une romance qui le dépasse et qu'il ne comprend pas. C'est assez intéressant je trouve de voir ce genre de personnage masculin. Le scénario à vraiment eu l'intelligence de ne pas le faire passer pour un goujat et le comédien contribue pour beaucoup aussi à ce trait de caractère.

On retrouve aussi Anaïs Demoustier en Mélodie. Bien qu'elle ne me fasse pas spécialement déplacer en salles, j'ai beaucoup d'affection pour cette actrice que je trouve très fraîche et très pétillante. Ici, c'est encore le cas. J'ai beaucoup aimé l'innocence et la fraîcheur de son rôle à la fois complexe et ambiguë mais qui est traité avec humanité ce qui fait que j'ai éprouvé pour elle aussi une grande tendresse. Son personnage à le rôle le moins facile de ce trio et l'actrice a su m'émouvoir dans la finesse de son interprétation.

Dernière protagoniste de ce trio, Sophie Verbeeck en Charlotte est elle aussi très bonne. Avant ce film, je ne connaissais pas cette actrice belge (c'est surtout Félix Moati et Anaïs Demoustier qui m'ont fait venir vers ce long métrage) mais elle m'a assez vite convaincu. C'est peut-être celle pour qui j'ai eu le plus de mal à accrocher (peut-être pour son comportement au début vis à vis de Micha) mais très vite cela a changé et la comédienne a su rendre son personnage crédible et tout aussi touchant à mes yeux.

Cette histoire est si brillamment porté par ce trio que derrière, le reste de la distribution semble inexistante. On rentre dans ce groupe et on se moque un peu de ce qui se passe autour tant c'est ce trio que l'on aime suivre. Cependant, il y a quand même quelques rôles secondaires qui m'ont plu comme Olivier Broche en prévenu pervers si pathétique que son personnage pourrait presque faire sourire si ce qu'on lui reproche n'était pas aussi grave. La scène avec Laure Calamy, une autre prévenue jugé pour dégradation de véhicule m'a elle aussi beaucoup fait rire. Quant à Patrick d'Assumçao en William, il est si grotesque que l'on comprend pourquoi le personnage de Mélodie ne lui en veut pas. Quoiqu'il en soit, ces seconds rôles assez triste amplifie malgré tout beaucoup la couleur et l'amour que bénéficie l'aura de ce trio à mes yeux.

Premier film que je vois de Jérôme Bonnell, j'ai beaucoup aimé sa réalisation. Il n'y a pas de grands plans mémorables mais j'ai ressenti à travers sa mise en scène la tendresse qu'il a voulu nous communiquer avec cette histoire. Il y a bien quelques scènes un peu facile comme la scène du bar lors de la fête chez les amis (et encore, cela apporte juste un petit côté vaudeville sympathique) mais c'est toujours très agréable à suivre. C'est peut-être pas un film de cinéma (à la télévision ça doit bien passer je pense) mais c'est quand même très bien filmé.

J'ai bien aimé notamment la photographie ainsi que le jeu fait sur la lumière. Dans ce sens, j'ai trouvé que c'était une très bonne idée de montrer le nord de la France avec une certaine chaleur et une certaine joie de vivre dans son ambiance. On aurait pu opter pour la facilité en faisant cette histoire à Paris mais les décors nordistes s'avèrent vite bien exploiter et bien coller au film. Concernant la bande originale composée par Mike Higbee, je l'ai trouvé très belle aussi avec cette touche de douceur qui fut appréciable à mes oreilles. Il n'y a que la chanson de Charlotte, un peu trop badant, qui m'a donné envie de m'ouvrir les veines mais hormis ce court passage, la musicalité du film m'a beaucoup plu.

Pour résumer, "A trois on y va" fut pour moi une vraie belle surprise. Je ne m'attendais pas à être aussi touché par ce film qui ne dispose pas de grands effets dans son traitement mais qui a su viser juste dans ses sentiments et dans la vision de ce triangle amoureux pour lequel j'ai eu beaucoup d'affection et de tendresse. Alors qu'elle aurait pu être casse gueule, même la fin de cette histoire m'a plu tandis que l'ensemble du film ne m'a jamais paru trop répétitif ou trop lourd. Son scénario à l'humour léger et à l'émotion sincère, son trio d'acteurs efficace, sa mise en scène qui va à l'essentiel et sa musique qui accompagne le tout font de ce long métrage une découverte que je ne regrette pas et que je serais même curieux de revoir plus tard. J'ai eu du mal à le découvrir en salles mais de mon côté, ça en valait vraiment la peine.

4.0




vendredi 10 avril 2015

Pourquoi j'ai pas mangé mon père



"Ça fait une semaine que je te coures après... Tu me prends pour un kényan ?"

Je ne suis pas un grand fan de Jamel Debbouze. Je veux bien reconnaître qu'il me fait rire mais il me lasse assez vite aussi. Cependant, j'avais quand même envie de voir "Pourquoi j'ai pas mangé mon père" car j'étais curieux de voir sa première mise en scène et je souhaitais faire le déplacement aussi pour ce qui s'avère être (selon ce que j'ai pu lire), le premier film d'Europe en motion capture.

Bref, passé la motivation qui a fait que je me suis déplacé, je voulais quand même être confiant et globalement, j'ai eu raison. Ce n'est pas la grosse claque humoristique que j'ai pu lire selon certains critiques mais le scénario écrit par Jamel Debbouze, Frédéric Fougea et Jean-Luc Fromental d'après l’œuvre de Roy Lewis m'a bien plu. Je comprends même pourquoi ce projet tenait tant à cœur à Jamel Debbouze car on retrouve dans cette histoire (au-delà de son humour propre ce qui est logique) de nombreux thèmes que l'acteur aime abordé comme le racisme, la tolérance, l'ouverture d'esprit etc etc.

Maintenant, l'extase ne fut pas totale car je m'attendais quand même à quelque chose de beaucoup plus drôle. J'ai bien eu de nombreux sourires mais l'ensemble reste quand même assez léger devant ce récit très conventionnel. C'est assez lisse je trouve et bien que ça reste cohérent, il manque sans doute à mes yeux un peu de folie pour que le résultat soit percutant. Du coup, je ne me suis pas ennuyé mais il est vrai que je suis quand même resté un peu sur ma faim. J'ai apprécié ce discours globalement gentillet et positif mais cette sensation de l'avoir déjà entendu chez Jamel Debbouze et de la même façon a fait que je n'y ait rien trouvé de vraiment original.

Le long métrage sent l'honnêteté en tout cas. Que l'on aime ou pas, l'équipe de ce film respire la sincérité sur ce projet et c'est plutôt louable. Jamel Debbouze sur tous les fronts semble parfaitement à l'aise dans la peau d'Edouard. En même temps, il est dans un registre qu'il maitrise bien et même si il est bien mis en avant comparé aux autres qui s'avère un peu sous exploité derrière, l'humoriste fait ce que l'on attends de lui. A ses côtés, Mélissa Theuriau en Lucy s'en sort bien aussi. En même temps, elle n'a pas beaucoup à se forcer pour être complice avec Jamel Debbouze, son conjoint à la ville, mais c'est assez plaisant de voir ses "premiers pas" au cinéma autrement que pour juste du doublage.

Concernant Louis De Funès, je suis un peu plus sceptique. J'adore cet acteur, c'est lui qui m'a fait aimer les comédies françaises et c'est vrai que j'ai ressenti durant toute ma séance un petit malaise à retrouver ses mimiques et sa voix. Maintenant, je dois quand même admettre que la technologie a fait un sacré chemin. Bien que l'animation l'ait changé, Patrice Thibaud prête bien sa silhouette (qui a été très modifié du coup) mais l'aura de Louis De Funès pour le personnage de Vladimir fait quand même plaisir. Vraiment, ce n'est pas détestable c'est juste que j'ai eu du mal à adhérer à fond au concept.

Le reste de la distribution est sinon correct. Que ce soit via la motion capture (dur de juger ce procédé dont une multitude de détail est par la suite totalement modifié par ordinateur...) ou via le doublage. Les différents personnages prennent globalement bien vie sous nos yeux et je me suis vite senti intégré dans cette communauté même si c'est quand même très bruyant. D'ailleurs, le scénario aurait peut-être pu calmer un peu les choses car ça devient parfois énervant je trouve. Je retiens en tout cas surtout Arié Elmaleh en Ian qui est assez émouvant comme personnage ainsi que Diouc Koma en Vania dont le doublage est bien exécuté par Adrien Antoine.

Dans la mise en scène, Jamel Debbouze, bien assisté par Frédéric Fougea, livre quelque chose de très correct. J'ai beau ne pas être totalement fan de ce qu'il fait, pour sa première réalisation, il s'en tire quand même avec les honneurs. L'animation est très propre, c'est lisse, c'est coloré et visuellement, c'est agréable à suivre avec des plans bien pensés qui colle bien avec l'énergie de ce long métrage. On reconnait bien les traits de certains comédiens tandis que la motion capture s'avère utilisé avec justesse.

Les différents décors auraient pu posséder un peu plus de folie mais ils sont sympathiques aussi. N'ayant pas lu le livre d'origine, je ne sais pas ce que Jamel Debbouzze a changé (en plus du "pas" au titre du film qu'il a rajouté) mais j'ai trouvé que ça fonctionnait bien. C'est en tout cas un film qui ne fait pas de mal et même si dans le genre on a déjà vu mieux, j'ai quand même envie de féliciter ce projet européen qui peut ouvrir d'autres portes par la suite.

Je ne sais pas ce que vaut la 3D car une nouvelle fois, je voulais voir ce film en 2D mais les effets visuels sont en tout cas réussis. Le montage fait qu'on ne s'ennuie pas trop (sauf peut-être si on n’adhère vraiment pas à l'humour de Jamel Debbouze) et la durée de cette œuvre est juste comme il le faut. Quant à la bande originale composée par Laurent Perez Del Mar, je l'ai trouvé vraiment très agréable et discrète malgré un choix de chanson pertinent qui colle bien à l'atmosphère.

Pour résumer, j'avais lu quelques éloges qui fait que j'attendais un peu plus de "Pourquoi j'ai pas mangé mon père" mais ça reste quand même un film d'animation sympathique. Classique, gentillet et bien propre sur lui, il y a malgré tout de la sincérité dans ce projet qui fait que je ne peux que l'apprécier. Maintenant, ce n’est pas un film que je reverrais de nombreuses fois mais avec parcimonie, il se laisse quand même suivre.

3.0




jeudi 9 avril 2015

Dark places



"- C'est bien triste pour toi petite fille.
- Je t'emmerde connard ! Tu trouve ça drôle ?
- Non, je trouve ça ironique.
- Quoi ?
- Tu vis en prison toi aussi."


Si j'avais envie de voir "Dark places" au cinéma, c'est surtout grâce à la présence de Charlize Theron au casting. De plus, cerise sur le gâteau, le synopsis avait tout pour me plaire. Du coup, c'est sans aucune hésitation que j'ai été le voir le jour de sa sortie en espérant que le résultat soit à la hauteur de ce que j'espérais.

Cette attente ne fut pas totalement comblée mais j'ai néanmoins beaucoup aimé ce scénario écrit par Gilles Paquet-Brenner d'après l’œuvre de Gillian Flynn. C'est typiquement le genre d'histoire que j'aime au cinéma. Cette ambiance de drame sous fond de meurtre avec son enquête à résoudre a fait que j'ai réellement été captivé de bout en bout par ce récit. Si mes attentes n'ont pas été tout à fait comblé, c'est surtout parce que l'histoire utilise des ficelles un peu grosses avec une fin à moitié prévisible dans les grosses lignes.

Ses différentes facilités ne m'ont pas pour autant fait détaché du film mais j'ai quand même eu la sensation qu'au aurait pu aller plus loin. On aurait en tout cas pu faire quelque chose de beaucoup plus sombre. L'humour présent ici n'est pas déplaisant mais c'est vrai qu'il apporte parfois une touche de légèreté que j'aurais presque aimé absente. C'est sans doute mon côté sadique refoulé mais j'aurais aimé quelque chose d'un peu plus "crade" qui nous prenne aux tripes autant physiquement que psychologiquement. Quoiqu'il en soit, l'ensemble est quand même convaincant à mes yeux.

Grand attrait pour moi (j'apprécie beaucoup cette actrice), Charlize Theron en Libby Day fait un excellent boulot. Elle porte bien le film sur ses épaules et semblent croire en son personnage ce qui se ressent à l'écran. Bien que très charmante, elle a parfois un côté garçon manqué qui colle bien à son personnage et même si parfois il est caricatural ou sous-exploité, j'ai bien aimé l'aspect solitaire et prisonnier de soi même que son rôle possède. Pour jouer son rôle plus jeune, Sterling Jerins m'a moins convaincu même si son jeu n'est pas détestable.

A ses côtés, Nicholas Hoult en Lyle est tout aussi bon. Son personnage apporte sans doute un peu trop d'humour par moment et son club d'enquêteur est parfois maladroit mais on sympathise quand même assez vite avec lui ce qui fait que l'on peut aisément croire en la confiance que lui accorde Libby. Son personnage aurait pu être davantage impliqué dans l'enquête je pense mais bon en l'état, la prestation de l'acteur m'a quand même fait bien plaisir.

J'ai beaucoup aimé aussi Corey Stoll dans la peau de Ben Day. On le voit pourtant au final assez peu à l'écran mais le comédien dégage un certain charisme et son regard possède une certaine tendresse. Ça accentue peut être un peu plus le manque de surprises vis à vis de son rôle dans ce film mais j'ai quand même bien apprécié son jeu. Tye Sheridan en Ben Day jeune est un peu plus présent mais le jeune comédien n'est pas en reste non plus. Il y a quelque chose d'un peu lisse que je ne saurais décrire dans le caractère de ce personnage jeune mais l'acteur s'en sort de son côté quand même très bien.

Chloë Grace Moretz en Diondra m'a elle moins plu. Je n’ai rien spécialement contre cette comédienne mais je ne sais pas pourquoi, ici, je n'ai pas trop cru à son personnage. J'ai trouvé qu'elle en faisait des tonnes (du coup niveau surprises pour l'évolution de son personnage, on n'a quasiment rien...) et par moment ça devenait même un peu risible à mes yeux. Son personnage plus âgé est bien joué en revanche par Andrea Roth qui retranscris de façon un peu plus subtil la folie d'un tel portrait.

Sinon, l'ensemble du casting est quand même très bon. J'ai bien aimé Christina Hendricks en Patty Day. Je l'ai vraiment trouvé touchante dans ce rôle de mère dépassé par les événements qui vont la conduire à sa fin tragique (je ne spolie rien, c'est un peu la base de cette histoire). Drea De Matteo en Krissi Cates est elle aussi bonne même si on aurait pu également je pense aller plus loin avec elle tandis que Sean Bridgers en Runner Day est parfait dans la peau du salaud de service.

La réalisation de Gilles Paquet-Brenner est sinon très belle. Je ne suis pas un grand fan de certains de ses flashbacks fait dans un noir et blanc au grain assez hideux le tout porté par une caméra à l'épaule qui ne montre rien de façon totalement assumé et qui est assez laid aussi je trouve. Hormis ce petit détail (ça ne concerne que quelques petits passages), l'ensemble est très propre. Les cadres sont soignés, la lumière et bien exploité et les décors sont bien mis en avant pour que le spectateur ait l'impression de suivre le film comme si il était un habitant de Kansas City.

Le montage est lui aussi efficace même si de grossières perches nous aide à deviner une grosse partie de la fin et si le long métrage à quelques longueurs, elles ne m'ont pas dérangé plus que ça. Le film aurait pu se passer de dix minutes voire un quart d'heure mais bon en l'état ça fonctionne quand même. Quant à la bande originale composée par BT et Gregory Tripi, je l'ai bien aimé. Elle contribue à apporter cette ambiance un peu angoissante parfois sans trop étouffer le récit.

Pour résumer, j'ai bien aimé ce "Dark places". Bien entendu, on aurait pu avoir quelque chose de beaucoup plus percutant sans l'humour léger parfois présent et des ficelles un peu moins grosses mais ce thriller se laisse quand même agréablement suivre ne serait-ce que pour la prestation de Charlize Theron qui fait le boulot. Sans en abuser à cause de ses légères longueurs, je pourrais en tout cas revoir ce film car une nouvelle fois, j'aime beaucoup ce genre d'histoires au cinéma.

3.5




Un homme idéal



"Vous savez les femmes finissent toujours par savoir qui on est vraiment."

Pierre Niney est un acteur qui me plait beaucoup. C'est pourquoi, quand j'ai vu qu'il était à l'affiche d'un thriller, j'avais envie de le découvrir. Le problème, c'est que plus je voyais la bande annonce du film "Un homme idéal", plus il me tentait moins à tel point que j'ai failli le rater en salles et que j'ai bénéficié d'une de ses dernières projections par chez moi pour le découvrir.

Malheureusement, mes craintes se sont vite avérées juste. Le scénario écrit par Yann Gozlan, Guillaume Lemans et Grégoire Vigneron m'a juste bien ennuyé. Je ne sais pas si c'est à cause de la bande annonce qui résume très bien cette histoire dont le film s'attarde pendant plus d'une heure et demie mais j'ai souvent eu l'impression qui ne se passait rien à l'écran. Pendant une bonne heure, je me suis même demandé si le film allait se lancer à un moment ou à un autre jusqu'à ce que la tension s'accentue un peu.

Seulement voilà, même quand ça s’accélère et qu'il commence à y avoir enfin un peu d'avancement, tout devient facile et prévisible. Je ne sais pas si le meurtre était presque parfait pour reprendre Hitchcock dont le film tente de s'inspirer mais en tout cas avec de telles facilités scénaristique, il est bien loin d'être complexe. On devine tout ce qui va se passer très rapidement et ça ne m'a pas aidé à calmer mon ennui. Après tout n'est pas mauvais non plus et le thème de la quête identitaire peut être intéressant mais c'est quand même bien peu je trouve pour calmer la frustration qui s'est emparé de moi.

Heureusement, Pierre Niney est là. Il ne nous livre pas sa meilleure performance d'acteur mais il est en tout cas très bon dans le rôle de Mathieu. Je pense que mon ressenti aurait pu encore être plus mauvais sans le comédien qui joue en tout cas bien le jeu et donne un peu de consistance à l'ensemble puisque même quand il ne se passe rien, il réussit à nous emmener avec lui et à crée chez nous une certaine empathie qui fait que même lorsqu'il commettra des actes qu'on ne peut cautionner, on n'arrivera pas vraiment à lui en vouloir.

Derrière, la distribution n'est pas trop mauvaise mais est loin de m'avoir convaincu pour autant sans doute à cause du traitement que leur inflige le scénario. Par exemple, la très charmante Ana Girardot est bonne en Alice Fursac mais son personnage est traité de façon un peu lisse (sauf peut-être vers la fin). Je ne parle même pas de André Marcon en Alain Fursac ainsi que Valeria Cavalli en Hélène Fursac, stéréotype d'une bourgeoisie française qui sent le renfermé dans notre cinéma hexagonal.

Je ne vais pas trop m'attarder non plus sur Thibault Vinçon en Stanislas Richer dont le personnage est tellement un cliché ambulant que ce soit dans ses propos, dans ses tenues ou dans sa façon d'être que dès sa première apparition, on voit ses motivations et son sort se dessiné sur son front. Pareil pour Marc Barbé en Vincent dont l'identité apparait un peu vite dans l'intrigue ce qui me laisse douté de l'utilité de ce personnage et me fait aussi un peu comprendre pourquoi il nous faut attendre une heure avant que le film se lance.

Bien qu'il faille que je le revoie, je garde un bon souvenir de la mise en scène de Yann Gozlan dans "Captifs". Ici aussi, il nous livre une réalisation assez soigné qui emballe plutôt bien son projet. Si le fond de son film me semble très maladroit, la forme est un peu mieux traité. Ça reste très artificiel mais c'est quand même agréable à voir. On sent les références à Hitchcock, on pense aussi à "Plein Soleil" et à tous ses types de films et bien que le long métrage peine à disposer de sa propre identité, ça reste quand même correct.

Les décors sonnent un peu faux (enfin, on a juste l'impression d'avoir vu ses décors des milliers de fois) mais ils sont bien exploités à l'image de la villa familial qui joue un rôle important dans la mise en place de l'intrigue. La lumière un peu trop chaude m'a un peu fatigué par moment avec son aspect lisse mais elle va bien avec la photographie qui est belle. Le montage est lui bien ficelé puisqu'il réussit à emboîter toutes ses scènes où il ne se passe rien en nous donnant l'illusion que ça avance. Quant à la bande originale composée par Cyrille Aufort, elle est vraiment très lourde. J'ai eu l'impression qu'elle était là pour créer une tension qui est absente et pour créer une atmosphère superficielle à laquelle je n'ai jamais réussi à adhérer.

Pour résumer, alors que "Un homme idéal" avait tout pour me plaire, je suis sorti de ma projection assez déçu. La forme essaie de sauver un peu les meubles tout comme Pierre Niney qui est correct mais le fond trop caricatural, prévisible et réchauffé fait que j'aurais pu me passer de cette séance. J'aurais très bien pu le suivre du coin de l’œil lors d'un passage en deuxième partie de soirée à la télévision mais maintenant, je ne suis pas vraiment sûr de vouloir retenter l'expérience. Pas foncièrement mauvais malgré tout, ce long métrage s'avère quand même une réelle déception et c'est bien dommage.

2.0




Lost River



"On cherche tous une vie meilleure quelque part. C'est comme ça."

Sur le papier, "Lost River" ne me tentait pas des masses. Si j'ai voulu le découvrir en salles, c'est surtout parce que j'étais très curieux de voir la première réalisation de l'acteur Ryan Gosling. J'avais quelques craintes (principalement celle de m'ennuyer) mais j'ai quand même décidé de franchir le pas et c'est ainsi que je me suis retrouvé après une journée de boulot face à ce film.

Ce film à dépasser toutes mes attentes dans le mauvais sens du terme. Je pensais m'ennuyer mais ce terme est bien trop faible pour réellement expliquer mon profond désarroi face à cette œuvre. Je pense que c'est le genre de récit qu'on adore ou qu'on déteste. Malheureusement de mon côté, c'est tout ce que je déteste. J'ai trouvé ce scénario écrit par Ryan Gosling plombant. Très rapidement, j'ai vite vu que cela n'allait pas être ma came et c'est ainsi que même après le mot fin, je me retrouve dans l'incapacité de vraiment dire de quoi ce film parle.

Il n'y a pas de mauvaises foi de ma part, je ne nie pas qu'il pourra sans doute plaire à certains amateurs du genre mais de mon côté, c'est vraiment le genre de trip auquel je n'adhère pas. J'ai trouvé ce scénario très pénible à suivre, très lourd et très rapidement, je n'ai eu qu'une seule envie, celle de quitter ma salle. J'ai tenu jusqu'à la fin car je voulais voir jusqu'où ça irait mais plus le film avançait et plus il me tardait que ma séance de torture se termine.

Pourtant, on sent que les acteurs croient en ce projet. Là encore, je pense sincèrement que mon ressenti vient du fait que ce cinéma ne me parle absolument pas car le casting fait le boulot à commencer par une Christina Hendricks en Billy qui nous montre une image assez forte de son jeu d'actrice. Iain De Caestecker n'est pas exceptionnel mais il fait le boulot aussi en Bones tandis que Matt Smith en Bully est dans le délire. La folie de son personnage colle bien à ce film sous acide.

Eva Mendes qui est pourtant une actrice que j'apprécie en temps normal m'as fait ni chaud, ni froid dans la peau de Cat. Pendant ce temps-là, Saoirse Ronan en Rat continue de me laisser de marbre. Je suis rarement touché par cette actrice et une nouvelle fois (le scénario n'aidant pas non plus cette fois ci), je l'ai trouvé assez inexistante et ennuyeuse à l'écran. Ben Mendelsohn en Dave est angoissant dans sa perversité et Barbara Steele en grand-mère reste énigmatique. Quant à Reda Kateb, je suis rarement fan de cet acteur également et ici aussi, bien qu'il possède un petit rôle de conducteur, il me laisse indifférent.

Après, pour une première réalisation, je veux bien reconnaître quelques qualités à Ryan Gosling et ma note ressentie finale apparait peut être un peu trop brutale ou pas au niveau de la qualité du travail fourni. C'est vrai que c'est très stylisé, très propre et que si on ne nous le dit pas, ce n'est pas forcément flagrant qu'il s'agit là d'une première réalisation. Cependant encore une fois, qu'est-ce que c'est chiant... Le montage ralenti considérablement le film et il y a un gros problème, du moins à mes yeux, de rythme.

C'est bien simple, le film dure une heure et demie mais j'ai eu l'impression qu'il faisait le double à tel point que la fin de la projection fut synonyme pour moi de grand bol d'air. Alors oui la photographie est belle, il y a un travail sur la lumière et un jeu intéressant sur l'exploitation des décors mais l'ensemble reste quand même ennuyeux à mon sens et même parfois un peu prétentieux dans son style visuel. Même la bande originale composée par Johnny Jewel plombe le tout...

Pour résumer, mon avis peut apparaître un peu cruel concernant ce "Lost River" au regard du travail qui a été fourni et du fait qu'il s'agit là d'une première réalisation. Cependant, je me suis tellement ennuyé devant ce trip auquel je n'ai jamais adhéré que je ne peux rien ressentir d'autres que de la déception. Bien que je n'ai rien contre son jeu d'acteur, ces derniers temps Ryan Gosling peinait un peu à me faire déplacer en salles mais quand je vois son premier long métrage, c'est pas sûr qu'il réussisse à me faire plus bouger quand il passe derrière la caméra bien au contraire. En tout cas pour ce premier essai, il est certain qu'il s'agit d'un film que je n'ai pas du tout envie de revoir et dont je garde le souvenir d'une séance très pénible. Dommage.

0,0




mardi 7 avril 2015

Les Incorruptibles (The Untouchables)



"J’ai grandi dans un quartier malfamé où on arrive mieux à obtenir quelque chose avec un mot gentil et un flingue qu’avec un mot gentil tout seul."

Cela faisait un sacré moment maintenant que je n'avais pas revu "Les Incorruptibles". Pourtant, j'adore ce film et j'en gardais un excellent souvenir. Quand l'occasion s'est présenté à moi de le revoir, je ne me suis pas beaucoup fait prier et c'est confortablement installé que je me suis mis à le redécouvrir.

Dès les premières secondes, je me suis replongé automatiquement dans cette ambiance que j'avais déjà beaucoup aimé. Quand on me parle de la mythique histoire d'Eliott Ness et d'Al Capone, je pense tout de suite à ce film qui est une référence à mes yeux. Il faut dire aussi que le scénario écrit par David Mamet d'après l’œuvre de Paul Robsky, Oscar Fraley et Eliott Ness est vraiment excellent. La tension est palpable de bout en bout et le scénario bénéficie d'une noirceur et d'un humour aussi qui font qu'on est en présence d'un grand film de cinéma.

La prohibition y est ainsi parfaitement bien décrite je trouve. Les deux camps qui s'opposent sont assez classique avec d'un côté les gentils flics prêt à tout pour faire régner la justice et de l'autre, le grand mafieux qui n'hésitera pas à utiliser la manière forte pour imposer sa loi mais ça marche. J'ai beaucoup aimé aussi le visage que l'on donne de la corruption à Chicago à cette époque. C'est très classique comme traitement mais ça fonctionne également. L'ensemble nous offre vraiment quelque chose de sombre et une nouvelle fois, j'ai été pris du début jusqu'à la fin. J'ai apprécié aussi le fait que le scénario réserve un drôle de sort à ceux qui boivent (accentuant le danger de l'alcool au temps de la prohibition).

Si cette histoire me fascine toujours autant, la distribution quant à elle garde elle aussi mon plaisir toujours intact. Kevin Costner en Eliott Ness est juste parfait. J'adore cet acteur et il est très à l'aise dans ce registre. Son duo avec Sean Connery (qu'il retrouvera plus tard dans le tout aussi jouissif pour moi "Robin des Bois : Prince des voleurs) en Jim Malone est très efficace et très drôle. Les deux comédiens sont bien complémentaire et c'est un vrai plaisir de les voir ensemble.

Pour compléter cette bande d'intouchables, j'ai apprécié aussi revoir Andy Garcia dans la peau de Giuseppe Petri / George Stone. J'aurais bien aimé en voir plus avec son personnage mais son traitement reste quand même bien foutu et ses échanges avec Sean Connery font aussi parti des moments du film que j'ai bien aimé. Charles Martin Smith en Oscar Wallace est lui aussi très bon en complétant cette bande comme il se doit. Concernant Andy Garcia et Charles Martin Smith, on peut regretter par moment leur mise en retrait dans le récit mais les deux acteurs font partie intégrante de cette équipe et ont une place très importante malgré tout.

Dans la peau du mafieux Al Capone, on ne pouvait rêver mieux que Robert De Niro. Ici, il fait ce qu'il sais faire de mieux et ça marche aussi. C'est peut être un brin caricatural surtout avec le recul quand on sait que l'acteur fut ensuite habitué à ce type de personnage. On retrouve les mêmes mimiques et les mêmes gestes habituels du comédien mais il reste parfaitement à sa place. Ce choix apparait vite comme étant logique même si j'avoue que j'aurais été curieux de voir Bob Hoskins dans ce rôle, le comédien ayant été approché en premier lieu pour incarné le gangster.

Quant au reste du casting, chaque acteur est impeccable. J'ai beaucoup aimé retrouvé Billy Drago en Frank Nitti. Habitué des seconds rôles et toujours dans le rôle du méchant de service, c'est un comédien qui n'a rien d'exceptionnel (du moins dans ce que j'ai pu voir de lui à ce jour) mais dont cela reste un plaisir coupable pour moi que de le voir donner un peu de fil à retordre à nos héros. Il a en tout cas la tête de l'emploi. J'ai bien aimé aussi Richard Bradford en chef de la police Mike Dorsett tout comme Jack Kehoe m'a fait sourire en Walter Payne, le comptable d'Al Capone.

Bien que je n’aie pas vu toute la filmographie de ce cinéaste, j'aime beaucoup ce que j'ai pu voir de Brian De Palma et ce long métrage compte même parmi mes préférés de ce réalisateur. Il faut dire aussi qu'il y a un sacré travail. Le Chicago corrompu des années 30 y est bien représenté et malgré quelques touches d'humour, on a ce qu'il nous faut en noirceur pour rendre le film crédible. La scène dans le bar avec la petite fille qui veut rendre un "cartable" continue d'être marquante je trouve (comme à chaque fois pour moi quand on touche à un enfant) ou encore la scène avec la batte de base-ball (censuré un temps en Belgique) diaboliquement efficace. Ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres mais le film est quand même assez sanglant sans pour autant tomber dans un voyeurisme gratuit.

Les cadres sont eux aussi bien pensé. La caméra de Brian De Palma semble se balader dans ce récit. On a le droit à des plans que je trouve somptueux comme la scène de la gare (et son hommage au "Cuirassée Potemkine") qui est un classique du genre ou celui d'Eliott Ness sur un toit que l'on voit d'en bas et que je trouve d'une très grande beauté. Si la réalisation est bien ancré dans son époque, le long métrage n'a en tout cas pas pris une ride à mes yeux et s'avère toujours aussi plaisant à suivre.

Que dire aussi des différents décors qui sont très bien exploités, des costumes que j'aime beaucoup, des différents accessoires qui me plonge avec délices dans les années 30 le tout portés par une très belle photographie et un montage réussi qui fait qu'on ne voit vraiment pas le temps passé. Quant à la bande originale composée par Ennio Morricone, on sent la patte du compositeur face à ce western urbain et sa musique est juste d'une logique imparable. Sa musique est indissociable de cette œuvre et colle parfaitement à l'ambiance.

Pour résumer, le plaisir de revoir "Les Incorruptibles" est toujours intact. Entre son scénario efficace, son casting de grande classe et sa mise en scène brillante porté par une musique excellente, on est en présence d'un grand classique du cinéma qui à mes yeux n'a pas pris une ride. J'ai adoré me replonger dans ce film qui fonctionne toujours sur moi et qui me fascine toujours autant. Avec le temps, il y a bien quelques petits trucs qui font que maintenant on peut trouver certaines choses un peu clichés tant cela a déjà été vu et revu mais le film de Brian De Palma possède une telle intensité que je ne boude pas mon plaisir. Référence dans son genre, ce film de gangsters avec son humour léger et sa noirceur efficace font que ce film reste toujours à mes yeux un chef d’œuvre que je ne me lasse pas de voir.

5.0




Indian Palace - Suite Royale (The Second Best Exotic Marigold Hotel)



"Le temps est un précieux cadeau."

"Indian Palace" fut une très bonne surprise pour moi lorsque je l'ai découvert en salles. La surprise fut si bonne que je l'ai même revu plusieurs fois depuis afin de me replonger dans cette ambiance si particulière qui mélange avec délice le charme anglais et la vie indienne. Du coup, lorsque j'ai eu vent d'une suite, c'est sans aucune hésitation que j'ai voulu refaire le voyage et que je me suis mis à découvrir "Indian Palace - Suite Royale".

Et je ne regrette absolument pas le voyage. Dès les premières secondes, je me suis replongé dans cette folie et cet amour de la vie que j'avais tant aimé dans le premier film. Le scénario écrit par Ol Parker m'a vraiment une nouvelle fois beaucoup plu. Je pensais que la magie de ce récit allait un peu s'essouffler mais bien au contraire, j'ai eu l'impression de retrouver une bande de potes. Plus qu'une simple redite de la précédente aventure, on a le droit à quelque chose de vraiment originale et même de très touchant.

J'ai beaucoup apprécié ce discours sur l'âge, sur le fait que la retraite n'est pas une mort en soit mais une nouvelle vie et que chacun est libre de s'offrir justement une nouvelle vie si il le désire, peu importe son âge. Cette volonté de vouloir combattre la peur et d'affronter la vie me plait énormément. Il y a un amour à la vie que je ne peux qu'apprécier surtout qu'en plus le scénario dispose de dialogues savoureux avec beaucoup de charme et un humour léger que j'adore. Son seul petit bémol, c'est sans doute une légère longueur vers la fin qui me laisse penser que le film aurait pu être amputer d'un petit quart d'heure pour gagner en rythme.

Devant la caméra, j'ai adoré retrouvé ce casting de luxe. On sent la complicité entre eux tous et on sent que ça leur plait d'interpréter ses personnages. Le duo Judi Dench - Bill Nighy, respectivement Evelyn Greenslade et Douglas Ainslie, est très tendre et très touchant. Maggie Smith en Muriel Donnelly est toujours excellente et incarne une bonne forme de sagesse malgré son tempérament de feu tandis que j'ai toujours de l'affection pour Ronald Pickup en Norman Cousins (ses dernières scènes avec la très bonne Diana Hardcastle en Carol m'ont plu). Celia Imrie en Madge Hardcastle est elle aussi excellente.

Pour canaliser ce casting, la folie du personnage de Sonny Kapoor est parfaite. Dev Patel l'incarne avec pas mal de peps et son énergie est très communicatif ce qui me plait bien. Il est pourtant souvent agaçant (pas autant que Penelope Wilton en Jean Ainslie que l'on revoit très peu dans cette suite) mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir de la tendresse aussi pour sa fougue et l'envie de bien faire de son personnage. L'humour qu'on lui donne est excellent et l'acteur joue vraiment bien le jeu. Lillete Dubey dans le rôle de sa mère apporte un nouveau visage très intéressant à son personnage tandis que Tina Desae en Sunaina reste dans la même ligne que ce que l'on avait déjà pu voir.

Parmi les nouveaux venus, Richard Gere s'intègre très bien à cette bande. Dans son rôle de Guy Chambers, on retrouve la classe et le charme de ce comédien tout en y apportant sa touche américaine qui tranche un peu avec le glamour britannique ambiant. Dommage que son personnage manque un peu de finesse dans le sens où on devine assez vite pourquoi il est là et ce qu'il va devenir (tout comme la bonne Tamsin Greig en Lavinia Beech, moins marquante mais tout aussi prévisible). En tout cas, Richard Gere trouve bien sa place dans ce casting et contribue lui aussi à lui donner cette grande qualité.

John Madden réalise sinon une nouvelle belle aventure. Il y a de la couleur, la photographie est magnifique, les décors somptueux (même si je m'attendais à ce que l'on exploite davantage l'Inde dans cette suite), les costumes tout aussi bon et l'ensemble est très bien mis en scène pour nous offrir quelque chose de très agréable. Il y a plusieurs plans assez simpliste que je trouve pourtant très beau et derrière cet aspect minimaliste, on sent toute la tendresse que l'on veut nous donner avec ce récit.

Je me suis d'ailleurs tellement bien senti dans ce voyage que tout comme le personnage de Muriel Donnelly, lors des rares scènes en dehors de l'Inde, j'avais qu'une envie, c'est de passé à autre chose et de retrouver cet hôtel si particulier avec tous ses caractères bien différents qui cohabitent et forment une communauté à laquelle j'ai envie de participer. Le montage est bon également même si encore une fois, vers la fin, ça manque un peu de dynamisme. Quant à la bande originale, je l'ai beaucoup aimé aussi avec son petit côté Bollywood certes facile mais qui fait son petit effet tout comme la danse que l'on nous propose.

Pour résumer, "Indian Palace - Suite Royale" est un deuxième volet que j'ai beaucoup aimé. Il n'arrive peut être pas au même niveau que son prédécesseur qui avait pour lui une certaine originalité (cette fois-ci on sait ce que l'on nous réserve) mais ce deuxième voyage se trouve pas très loin derrière et je pourrais aussi très facilement le revoir. Ce film nous propose autre chose qu'un simple copier-coller et même si c'est facile et prévisible, c'est typiquement le genre de film qui me fait sentir bien, le genre de film qui me fait profiter de la vie et le genre de film qui me fait passer un vrai bon moment de cinéma. Avec ce deuxième volet, la surprise n'est plus là mais le plaisir est toujours intact et il n'en faut pas plus pour faire de moi un spectateur satisfait.

Liens divers :



4.0




Arnaud fait son deuxième film



"Seuls les médiocres sont toujours à leur maximum - Somerset Maugham"

Bien que je ne connaisse pas trop l'univers de ce cinéaste (je n'ai pas vu "Clara et moi"), je dois avouer que la bande annonce de "Arnaud fait son deuxième film" a su attiser ma curiosité. Je ne m'attendais pas à une grande comédie mais j'avais l'impression que je pouvais quand même passer un bon moment et la courte durée du long métrage m'a ainsi poussé à faire le premier pas.

Dans son ensemble, j'ai eu exactement ce que je pensais avoir. Le scénario écrit par Arnaud Viard ne m'a pas vraiment surpris, la bande annonce étant assez fidèle à ce que le film va être. Ce n'est pas un défaut en soi car du coup, je n'ai pas été déçu. J'ai même passé un bon moment devant cette histoire assez drôle qui aborde les thèmes du cinéma et du temps qui passe de façon très sympathique. Si vers la fin le film s'essouffle un peu question rythme, j'ai quand même réussi à tenir de bout en bout. C'est dommage qu'on perd un peu en humour à mon sens car jusque-là c'était assez frais mais bon cela ne m'a quand même pas empêché de rester jusqu'à la fin pour voir comment tout ça allait se terminer.

Le casting est lui aussi assez fidèle à ce qu'on pense retrouver dans ce genre de production économique (le budget a été de "seulement" 500 000 euros). Arnaud Viard dans son propre rôle (bien que ce soit une fiction) porte bien son projet sur les épaules. J'ai aimé la sympathie qu'il a su donner à son rôle. On a envie qu'il s'en sorte, on a envie que son projet aboutisse et même si parfois c'est maladroit, c'est quand même un personnage divertissant et intéressant à suivre. Le reste de la distribution est un peu plus en retrait mais s'en sort néanmoins tout aussi bien. Irène Jacob en Chloé est très touchante, l'apparition de Frédérique Bel en fille Meetic m'a amusé et Chris Esquerre en coach sexuel est assez tordant. Celle qui sort un peu du lot, c'est Louise Coldefy qui dans la peau de Gabrielle apporte pas mal de vie, de jeunesse et de fraicheur à l'ensemble. Petite aparté, j'ai beaucoup aimé sa scène chantée.

Présent sur tous les fronts, Arnaud Viard réalise aussi très bien son projet ce qui accentue encore un peu plus sa personnalité dans cette œuvre. Pour un film de cette envergure, il n'y a pas foncièrement de plans vraiment originaux (quoique la scène au lit avec la fille Meetic vaille le coup d’œil) mais le travail fait sur l'exploitation de la lumière naturelle ainsi que sur la photographie est vraiment très propre et met bien en valeur ce récit. Quant à la bande originale composée par Mathieu Boogaerts, il a beau ne pas s'être appuyé sur les images du film pour faire sa composition, sa musique s’intègre très bien dans ce long métrage et le choix des différentes chansons est assez judicieux.

Pour résumer, "Arnaud fait son deuxième film" n'est pas une grande surprise. C'est un film très personnel, porté de bout en bout par son auteur, qui nous donne exactement ce que sa bande annonce nous laisse présager. Cependant, malgré une petite baisse de régime vers la fin, le long métrage a su m'emmener avec lui et j'y ai beaucoup apprécié sa fraicheur et sa dose de folie. Ce n'est pas un film inoubliable mais c'est un film sympathique que je suis quand même bien content d'avoir découvert.

3.0




Divergente 2 : L'insurrection (Insurgent)



"- Je ne vais pas vous combattre.
- Bien sûr que non, c'est toi que tu va combattre."


Bien que je ne me souvienne plus trop du premier volet, je gardais en mémoire le souvenir d'un épisode prévisible mais qui ne nous mentait pas trop sur sa marchandise pour le public qu'il visait. Du coup, sans aucunes attentes particulières, je me suis quand même décidé à aller voir "Divergente 2 : L'insurrection" en salles afin de voir si c'était toujours du même acabit.

Et je dois bien avouer que c'est du même niveau. Ceux qui n'ont pas aimé le premier film risque de s'ennuyer sévère dans cette suite et inversement, ceux qui ont globalement passé un bon moment devrait prendre du plaisir à se replonger dans cette ambiance post-apocalyptique pour adolescents. C'est toujours prévisible, c'est toujours gentillet mais au final, je n’en attendais rien d'autres. Le scénario écrit par Brian Duffield, Akiva Goldsman et Mark Bomback d'après l’œuvre de Veronica Roth est une suite logique de ce que l'on a déjà pu voir. Si en voyant cette suite je me suis rendu compte que j'ai vite oublié le premier volet, il y a de fortes chances pour que j'oublie assez vite aussi ce deuxième opus mais pour autant, la cohérence de l'ensemble et la promesse tenue face à ce que j'avais déjà pu voir dans la bande annonce font que je n'ai pas été déçu plus que ça.

Les différents acteurs reprennent leurs rôles respectifs avec plaisir j'ai l'impression et même si je me souvenais de l'intrigue précédente que dans les grosses lignes, j'ai très vite ré-identifier les différents protagonistes grâce à leurs jeux. Shailene Woodley en Beatrice "Tris" Prior n'est pas exceptionnelle mais elle fait le boulot (même si sa moue boudeuse peut parfois agacer) et je dois avouer que son air de garçon manqué avec sa chevelure courte m'a bien plu même si il ne s'agit que d'un détail. Derrière, chacun est à sa place que ce soit Theo James en Four stéréotypé dans la peau du héros avec qui l’héroïne va avoir sa romance ou encore Jai Courtney en Éric, le bon gros méchant qu'on veut voir souffrir. Grosses têtes d'affiches, si Naomi Watts en Evelyn est assez sous exploité, Kate Winslet en Jeanine retrouve bien son rôle de grand manitou sans scrupule qui apporte un peu de consistance dans ce casting.

Côté mise en scène, Robert Schwentke fait également le job. C'est bien cadré, c'est lisible et l'univers montré est assez plaisant même si dans ce monde post-apocalyptique, ça manque quand même un peu de noirceur et de sueurs. Mais bon, encore une fois, pour le public visé, je trouve que ce n'est pas honteux même dans le visuel qui est efficace. En revanche, je n'ai pas vu le film en 3D donc je ne peux rien dire à ce sujet mais de ce que j'ai pu voir en 2D, je pense (mais je peux me tromper) que la 3D est une nouvelle fois un gadget inutile qui ne doit pas apporter grand-chose ici. La bande originale composée par Joseph Trapanese se laisse agréablement écouter sinon.

Pour résumer, j'allais voir "Divergente 2 : L'insurrection" juste pour voir un film sans prise de têtes. Mes attentes étant assez basses pour ce projet, je n'ai pas été déçu. Le film est un divertissement plutôt correct qui fait ce que l'on attend de lui sans grande originalité mais en restant efficace. Il possède les défauts de son genre ainsi que les facilités qui vont avec mais si le concept de base s'avère encore une fois très mal exploité, je pense que ceux qui ont aimé le premier film devraient quand même y trouver leurs comptes. Il y a de fortes chances que comme son prédécesseur, je l'oublie assez vite mais je n'aurais rien contre le fait de le revoir du coin de l’œil.

3.0




Shaun le mouton : Le film (Shaun the Sheep Movie)



Je suis assez étranger à l'univers de "Shaun le mouton : Le film". Je n’en avais même jamais trop entendu parler avant de découvrir la bande annonce en salles. Mais bon, ça avait l'air sympathique et je n'ai rien contre ce genre de long métrage donc quand j'en ai lu quelques bons retours, cela m'a décidé de le découvrir sur grand écran.

Et je ne le regrette pas trop. Ce n'est pas le genre de film que je vais pouvoir voir et revoir, ce n'est pas le genre d'animation qui me parle plus que ça (même si j'aime bien) mais ça reste quand même gentillet et plaisant. Le scénario écrit par Mark Burton et Richard Starzak est pas mal, pour le public visé il tape juste et pour les plus grands il y a quand même matière à passer un bon moment. J'ai apprécié les quelques clins d’œil que l'on peut retrouver dans ce film tout comme j'ai aimé le fait que le film réussisse à captivé sans jamais avoir la moindre parole de prononcé. Juste avec l'animation et de bons bruitages, le film réussit à être drôle et émouvant ce qui est une belle prouesse à mes yeux.

Le travail fait sur le son est d'ailleurs assez incroyable. Les bruitages apportent vraiment beaucoup de choses à ce film sans jamais être trop lourd pour autant. Quant à l'animation en pâte à modeler, je l'ai vraiment trouvé très belle. Cette famille prend bien vie sous nos yeux et je me suis très facilement laissé prendre au jeu. J'ai même beaucoup apprécié la bande originale composée par Ilan Eshkeri qui reste bien en tête et qui à l'image du film est assez frais.

Pour résumer, je n'ai vraiment pas grand-chose à dire au sujet de "Shaun le mouton : Le film". C'est gentillet, c'est mignon et j'ai bien adhéré au projet. Les enfants présents dans la salle semblaient vraiment très satisfaits du spectacle qu'on leur offrait et en tant que spectateur, ce fut assez agréable de suivre cette projection avec les rires des bambins qui passait un bon moment. De mon côté, je pense que je pourrais le revoir du coin de l’œil (si je tombe dessus) car le long métrage est assez honnête et reste fidèle à ce que l'on espère de lui. Un bon petit film familial.

3.0




samedi 4 avril 2015

Délivrance (Deliverance)



"- Quand on parle de dégénérescence on dit ça en l'air, mais c'est pas beau à voir.
- On joue quand même du banjo."


Cet avis a été écrit il y a quelques mois. Je le reposte aujourd'hui car j'ai revu le film récemment en Blu-ray et mon avis n'a toujours pas changé.

C'est seulement il y à environ quatre ou cinq ans que j'ai découvert le classique "Délivrance". Je me souviens que celui ci m'avait plu tout en me dérangeant en même temps pour les sensations qu'il pouvait me donner. Ne l'ayant pas revu depuis, j'étais donc assez curieux de voir ce qu'un second visionnage de cette œuvre pouvait faire sur moi et c'est ainsi que je me suis retrouvé à revoir ce film en blu-ray prêt à repartir sur cette rivière...

Force est de constater que le second visionnage fut encore plus bénéfique que le premier. Sachant cette fois ci à quoi m'attendre, il n'y avais pas vraiment de surprises mais pourtant, j'ai une nouvelle fois été très tendu et j'ai ressenti les mêmes sensations que lors de mon dernier visionnage. Faut dire aussi que le scénario écrit par James Dickey d'après sa propre œuvre est assez intense. On ne ressors pas vraiment indemne de cette aventure. Pourtant, le début est assez classique dans son atmosphère. L'intrigue prend même le temps de s'installer pour nous faire découvrir nos héros et les placer dans le contexte.

On ne sympathise pas forcément avec eux car ils sont bourrés de défauts mais on fait leur connaissance avec en prime en conclusion un mythique duel au banjo, seul moment du long métrage où l'on respire un peu. On commence donc tout doucement en partant avec cette bande à l'aventure tout en jetant un regard assez acide sur la prétention de ses derniers. Les clichés sont poussés à leurs paroxysmes et pourtant c'est montré avec une certaine finesse et le duel ville-campagne pose les bases pour la suite. Cet affrontement entre un monde soit disant civilisé qui se croit supérieur à un autre univers jugé plus bestial est très intéressant.

Comme je le dis, c'est pas toujours très fin, on ne dissimule pas les clichés qu'un monde peut avoir sur l'autre mais c'est efficace, l'arrogance de la ville nous empêchant d'avoir trop d'empathie pour nos héros mais au contraire d'avoir notre propre point de vue sur le sujet comme ci nous étions le cinquième homme du groupe. A côté on nous distille aussi un petit message écologique, pas très fin non plus mais qui fait son effet surtout lorsque l'on sais par la suite l'importance que la nature et les différents éléments vont avoir sur le récit.

Et le fait de se sentir le cinquième homme du groupe va avoir toute son importance pour la suite car après le film d'aventures qui pose ses bases, le long métrage part dans un survival haletant où le danger se fait ressentir sous chaque feuille de la forêt qui nous entoure et même à bord du canoé que nos personnages vont prendre pour descendre leur rivière. Il prend son temps pour arriver mais une fois en place, ce survival est très malsain. Il y à une telle brutalité et une telle violence, physique et psychologique, que c'est à partir de ce moment là que le film dérange dans le bon sens du terme.

Rien qu'avec la scène du viol et de l'humiliation, on se sens mal. Plus qu'un simple spectateur, j'ai vraiment eu la sensation d'être sur place, impuissant et c'est en ça que c'est dérangeant dans le bon sens du terme car on à tellement l'impression de faire partie de cette histoire que l'on sors parfois un peu du cadre cinématographique. Comme nos héros, on se retrouve alors à retrouver notre bestialité primale pour sauvegarder notre survie. Comment auront nous réagi ? Aurions nous fait la même chose ? On s'interroge tout comme eux sur l'attitude à avoir et pire que tout, par moment ce retour à nos instincts primaires nous semble presque une évidence, on semble presque ressentir de la satisfaction dans notre besoin de nous venger pour survivre, on retrouve notre côté animal.

Attention, je ne dis pas que je cautionne les actes de nos personnages qui sot parfois aussi incompréhensible que ceux de leurs assaillants, mais alors qu'au début les clichés et le regard qu'ils pouvait avoir nous semblais primaire et qu'on pouvais vraiment être contre leur vision du monde, on se retrouve subitement nous aussi à comprendre leurs réactions et c'est aussi cette sensation malsaine qui fait que le film réussi à être très fort dans son propos. L'attaque est humaine mais elle est aussi dans la nature imprévisible et cette sensation de danger de toute part nous pousse à ce que le spectateur se mettent en mode survie également.

D'ailleurs, je trouve que le titre du film est ainsi très pertinent. Sans en dévoiler l'issue pour ceux qui n'ont pas encore vu le film (un final assez intéressant et intelligent aussi d'ailleurs je trouve, on évite le piège casse gueule de la fin trop classique), on se sens dans cette aventure, on est pris au piège et on veut cette délivrance. On veut retrouver notre confort, notre quotidien, notre routine même si elle n'as rien de passionnant car elle est synonyme pour nous de sécurité. Dès que le survival démarre, on n'arrive plus à respirer, le film devient vite anxiogène et ce huis clos en liberté est si intense qu'on veut vraiment en sortir. Sans dire si cette délivrance vient ou non pour nos personnages principaux, pour le spectateur en tout cas le générique de fin arrive comme une bénédiction mais on aura avant ça tellement pris part à l'action en rentrant dans le film, que ce que l'on à pu ressentir ou vivre fait que même après le générique de fin, on se sens un peu "sale", un peu mal d'avoir eu certaines pensées et/ou de cautionner certaines choses. Ce film réveille vraiment nos instincts les plus primaires...

Si le scénario est si bon, faut dire aussi qu'il est porté par un casting tout aussi exceptionnel à commencer par un Burt Reynolds charismatique dans la peau de Lewis Medlock. Leader naturel du groupe et pourtant un peu en retrait bizarrement dans l'aspect survival, l'acteur livre une excellente performance. Montré un peu comme le héros du groupe, celui qui connait le plus la nature et qui sais agir lorsque la situation l'exige, j'ai trouvé son évolution très intéressante. C'est aussi un personnage assez complexe et ambiguë, on sens qu'il prends du plaisir à retrouver son côté animal et c'est peut être aussi pour ça que l'on as pas d'empathie pour lui même si on veut qu'il s'en sorte comme les autres car on à vraiment l'impression de faire parti du groupe.

Mais celui qui à l'évolution la plus intéressante reste quand même à mes yeux Jon Voight en Ed Gentry. Alors qu'il apparait au début comme un simple suiveur qui idolâtre Lewis, son personnage va retrouver son côté animal avec plus de finesse. Il va être lui même très surpris de faire certaines choses et petit à petit, il va même s'imposer comme leader, comme l'homme sur qui on peut compter. Confronté très rapidement aux attaques en se sentant impuissant, la révolution intérieure de ce personnage est très bien pensé je trouve. Le comédien l'incarne avec beaucoup de brio et j'ai beaucoup aimé le voir gagné en charisme et s'imposé de plus en plus à l'écran.

Ned Beatty en Bobby Trippe évolue bien lui aussi. Apparaissant d'abord comme le clown de service avec ses maladresses et ses remarques, c'est peut être celui qui va être aussi le plus marqué par cette violence. Ça va moins se montrer à l'écran car il à un rôle moins "physique" mais à travers le regard et la gestuelle de l'acteur on ressens le changement. On ressens que plus rien ne sera comme avant pour son personnage et que celui ci gagne même un peu en maturité. On exploite peut être pas assez les traumas que vont provoquer son agression mais le traitement de ce personnage associé à l'interprétation de son comédien est vraiment excellent.

Quatrième larron du groupe, j'ai eu un peu plus de mal avec Ronny Cox en Drew Ballinger. Pourtant ça commençais bien, c'est celui qui avait le moins de clichés, celui qui semblé être le plus sensé du groupe et son duel au banjo (excellent Billy Redden aussi au passage, énigmatique et sympathique à la fois dans son rôle muet) faisait en sorte que c'est peut être celui qui apparaissait comme le plus sympathique mais pourtant par la suite l'acteur m'as moins convaincu. J'ai moins été pris par son jeu même si je reconnais que ça reste excellent. En fait, c'est même assez déstabilisant pour ce point là aussi car si c'est celui qui m'ait apparu comme le plus sympathique, c'est aussi celui dont le sort dans ce survival m'as le moins touché. C'est peut être pour ça aussi que le film fait ressentir une sensation de mal être car en retrouvant notre instinct primaire, on perds toute forme de sympathie qu'on pouvait éprouvé et on le sens même parfois comme quelqu'un qui peut nous bloquer pour notre survie.

C'est vraiment autour de ce très bon quatuor que le film va se concentrer. Les quatre comédiens sont extrêmement complémentaires avec leurs caractères bien différents et il y à une bonne alchimie dans ce groupe qui fait que l'on est jamais choqué par leurs amitiés même si parfois ils semblent issus d'un univers différent. Derrière, le reste du casting fait le job. On est plus dans la figuration mais on trouve quand même de très bon seconds rôles comme les agresseurs terrifiant de la montagne où encore le Shériff, riche en clichés lui aussi (en même temps le rôle n'en demande pas plus) et bien interprété par James Dickey qui du coup signe un bon caméo dans cette histoire après avoir écrit le roman d'origine ainsi que le scénario de ce film.

Dans sa réalisation, le cinéaste britannique John Boorman maitrise parfaitement son sujet. A travers sa mise en scène, il nous dépeint un monde brut et sauvage sans aucune concession. Il magnifie la nature qui entoure nos personnages afin de mieux la renfermer sur eux. Bien qu'il y ait quelques lenteurs dans le rythme par moment, celles ci s'avèrent vite nécessaire pour le suspense et la tension qu'elle génère. Sans aucun voyeurisme gratuit, le réalisateur nous filme son récit avec une certaine maestria et si le film n'est pas forcément simple à vivre de prime abord, c'est aussi parce que le cinéaste à su retranscrire à merveille la brutalité de ses propos.

Le montage est vraiment bien ficelé je trouve. A aucun moment on ne ressens de l'ennui, bien au contraire, on se sens même toujours aux aguets, prêt à répondre au moindre danger et la caméra de John Boorman nous aide très bien je trouve à rester sur le qui vive avec ses plans à travers le feuillage ou encore la descente de la rivière qui fait qu'à chaque instant, on se demande si le danger ne va pas nous tomber dessus. Il y à une excellente exploitation de la photographie avec un jeu de lumière que je trouve vraiment saisissant. De plus, la qualité d'image de mon blu-ray à peut être joué mais je trouve que le film à vraiment bien vieilli et à su rester vraiment percutant en tout point sans tomber dans le kitsch ou le ridicule.

Pourtant, par moment on aurait pu tomber dans ce ridicule avec par exemple le costume du personnage de Lewis qui accentue un peu plus son stéréotype mais pourtant ça fonctionne, ça s'insère bien dans cette histoire et ça donne même un petit charisme supplémentaire aux personnages pour qui ses costumes vont très bien collés à leurs caractères respectifs. Les décors sont eux aussi magnifique. Sensé se passer aux États-Unis, on se croirait en pleine jungle amazonienne tant toute forme de civilisation nous semble loin agrandissant un peu plus la sensation de danger et de devoir de survie. Les paysages sont d'une beauté incroyable avec cette forêt qui nous entoure et cette fameuse rivière à descendre en canoé qui font office de personnage à part entière tant ils vont avoir de l'importance. Les différents décors sont vraiment utilisés aussi avec beaucoup d'intelligence, chose que j'ai encore plus ressenti lors de se second visionnage.

Après visuellement on sens quand même un peu le temps qui passe je pense notamment lors de la scène où Ed Gentry se retrouve à escalader une falaise tandis que ses amis sont en bas. Les incrustations sont parfois un peu limite (surtout lors des passages nocturne) et parfois j'ai eu la sensation qu'on en faisait peut être un peu trop (elle semble interminable à monter mais très courte à descendre cette falaise) mais bon là encore c'est surtout une question de détails histoire de dire que j'ai quelques petits trucs à dire car pendant ma projection ça ne m'as jamais gêné tant j'étais pris dans cette intrigue.

Quant à la bande originale composée par Eric Weissberg, je l'ai trouvé également très brillante. On retiens surtout le mythique thème musical qui sers lors du duel de banjo mais dans l'ensemble, avoir utilisé de telles sonorité pour accompagner cette histoire m'as vraiment plu. Non seulement je trouve que ça colle avec le lieu où est sensé se déroulé cette histoire mais en plus cela apporte un contraste presque joyeux par moment qui fait que ce sentiment de malaise reste bien présent. Il y à peut être juste une musique lorsqu'une corde casse que j'ai trouvé un poil trop appuyé mais ça dure que quelques secondes car sinon dans l'ensemble j'ai vraiment beaucoup aimé cette bande originale que je trouve très réussie.

Pour résumer, j'avais bien aimé "Délivrance" lors de mon premier visionnage mais je trouve que le film s'est vraiment bonifié à mes yeux lors du second ce qui fait que non seulement je ne regrette vraiment pas de l'avoir revu mais en plus, je suis très satisfait de mon acquisition en blu-ray de cette œuvre que je reverrais de nouveau. Toutefois, il ne faut pas en abuser pour autant car ce sentiment de mal être qui nous fait ressortir nos instincts les plus animales et ce côté dérangeant que l'on peut ressentir en suivant cette histoire font que le long métrage ne nous laisse pas indifférent. Il continue même de nous travailler après le mot fin, une fin bien pensée aussi qui ne tombe pas dans la facilité. Avec un excellent scénario, une excellente distribution, une excellente mise en scène et une excellente bande originale, ce long métrage est vraiment un classique du septième art très intéressant à voir. Modèle dans son genre, ce survival reste toujours aussi efficace sans pour autant avoir besoin d'en faire des tonnes. Une grande leçon de cinéma pour un film que je recommande en tout cas même si il faut se préparer avant de le voir. Un film très intéressant et très intelligent.

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5.0




Fast and Furious 7 (Furious 7)



"Dominic Toretto ? Tu ne me connais pas mais ça ne va pas tarder."

J'aime beaucoup la saga cinématographique "Fast and Furious". C'est du gros n'importe quoi, ça se regarde sans prise de tête mais ça reste efficace je trouve surtout que la franchise a su se renouveler à partir de "Fast and Furious 4" en assumant clairement son côté film d'action pour délaisser le tuning (mais en gardant les belles voitures) et nous offrir un "Fast and Furious 5" qui reste à ce jour mon épisode préféré. Du coup, l'arrivée de "Fast and Furious 7" en salles faisait parti de mes attentes surtout que celui-ci marque aussi la dernière apparition de l'acteur Paul Walker, décédé peu de temps avant la fin du tournage dans un tragique accident.

Autant le dire tout de suite, globalement j'ai plutôt bien aimé ce nouveau volet. Le scénario écrit par Chris Morgan reprend les mêmes ficelles habituelles de la franchise. Humour, action et grosses cylindrées sont donc présent au rendez-vous pour notre plus grand plaisir et c'est avec ce même plaisir que je me suis replongé dans cette saga. Seulement voilà, la barre était peut-être un peu trop haute pour moi mais à force de vouloir aller dans le gros n'importe quoi, le récit finit par se perdre un peu en cours de route.

Pourtant, on ne peut pas dire que le cinquième volet qui est mon préféré faisait dans la finesse mais ici, je ne sais pas pourquoi, ça marche un peu moins je trouve. J'ai souvent eu l'impression que l'on se forcait dans cette surenchère, qu'elle n'était pas vraiment naturelle et du coup, j'ai plus sourit en ayant l'impression d'être devant une parodie plutôt qu'être captivé. Encore plus que d'habitude, tout semble ici poussé à l'extrême et sonne parfois même terriblement faux. C'est regrettable car après ça reste efficace mais il m'a manqué un petit quelque chose pour que ce volet réussisse à se démarquer de ses prédécesseurs.

Avec le recul, je pense même que c'est toute cette histoire avec le terroriste et l’œil de Dieu qui plombe un peu l'ensemble (le seul intérêt dans cet aspect du film, c'est que cela nous permet d'intégrer le personnage assez jouissif de Mr Nobody). J'aurais aimé que l'on se concentre davantage sur la vengeance de Deckard Shaw. Il y avait matière à faire quelque chose de véritablement plus badass et plus jouissif avec son personnage je pense. Après, sans vouloir refaire le film, ça reste quand même un film de cinéma. Totalement décérébré, on ne m'a pas menti sur la marchandise, c'est juste que son potentiel a été traité de façon un peu maladroite à mon sens.

Devant la caméra, on prend les mêmes et on recommence à commencer par un Vin Diesel toujours à l'aise dans ce genre. L'acteur ne fait pas beaucoup évolué son personnage de Dominic Toretto (toujours le même discours, le même regard, la même grimace...) mais c'est sympathique de le revoir surtout qu'il porte plutôt bien son équipe et s'impose facilement comme leader de ce groupe. On ne va certainement pas crier à l'Oscar (et encore moins pour ce volet), mais il assure le boulot et semble content de le faire.

Bien que je n’aie jamais été spécialement fan de cet acteur, c'est avec un pincement au cœur que j'ai retrouvé une dernière fois sur grand écran Paul Walker. Pour cet ultime opus, on n’exploite pas trop le côté père de famille qui est nostalgique de son passé, Brian O'Conner apparait toujours un peu lisse et gentillet mais c'est quand même agréable de le revoir. Suite à sa disparition, on ressent bien que la fin a été réécrite, une fin intelligente pour son personnage qui ne m'a pas laissé indifférent et où on sent la tristesse de l'équipe du film qui a perdu l'un des siens. Le côté numérique de son visage (greffé au corps de son frère) pour les scènes qu'il n'a pas pu tourner ne m'ont pas choqué plus que ça (même si à la fin ça se voit quand même à l'écran l'artifice) et encore une fois, j'apprécie l'issue que l'on a voulu lui donner.

Pour le reste du groupe, j'ai bien aimé aussi revoir Michelle Rodriguez en Letty Ortiz. Toujours présenté comme le garçon manqué de la bande, c'est intéressant de voir qu'on a voulu exploiter légèrement sa part de féminité et même si son amnésie qui accentue sa romance avec Dominic Toretto est parfois un peu lourde, l'actrice n'en demeure pas moins un membre important de l'équipe. C'est d'ailleurs aussi le cas pour Ludacris en Tej Parker que j'ai bien aimé également. J'ai apprécié aussi Tyrese Gibson en Roman Pearce, c'est juste dommage qu'on l'ait fait un peu débile par moment. Quant à Jordana Brewster, elle n'a décidément pas de chance dans la franchise car une nouvelle fois, dans la peau de Mia Toretto, elle est juste transparente et totalement anecdotique.

Dwayne Johnson en Luke Hobbs me fait encore une fois toujours rire. Stéréotype du genre, sa carrure impressionnante qui a de quoi effacer Vin Diesel de l'écran reste une très bonne idée pour cette saga. Après, c'est peut être justement parce qu'il a tendance à effacer Vin Diesel que cette fois ci, on le voit très peu. C'est dommage car son rôle est très jouissif je trouve une nouvelle fois. L'acteur en fait encore des tonnes, son personnage va encore plus loin dans la surenchère et c'est aussi ça que j'aime à l'image de la scène à la fin où il se débarrasse d'un plâtre ou encore qu'il se prend pour Rambo en pleine rue.

Côté nouveauté, il y a de la frustration pour moi avec Jason Statham. L'intégré dans cette saga était une vraie bonne idée, son introduction dans la franchise via la scène du film précédent promettait du très lourd et au final, on l'exploite vraiment trop peu... Il y a de fortes chances que son rôle n'ait pas dit son dernier mot mais on reste sur sa faim. Si le comédien est lui aussi dans la surenchère, c'est en tout cas très drôle et je trouve que ce rôle lui va plutôt bien. Toujours en train de sauver la veuve et l'orphelin, j'ai aimé le voir jouer un salaud même si il est caricatural.

Autre bonne idée dans ce casting, l'arrivée de Kurt Russell en Mr Nobody. J'adore cet acteur et ça m'a fait diablement plaisir de le trouver ici surtout qu'à chacune de ses apparitions, j'ai pris un sacré pied. Il n'est pourtant pas dans l'action pure et dure mais il possède un charisme et une classe que j'adore tandis que son personnage possède des répliques qui m'ont beaucoup fait rire. J'aurais d'ailleurs bien aimé en voir davantage pour lui aussi et j'espère que la franchise continuera de l'exploiter car c'est le genre de clichés ambulant qui me plait bien.

En revanche, j'ai moins aimé Djimon Hounsou en Jakande. L'acteur est bon mais son personnage plombe vraiment les possibilités que le film aurait pu exploiter. Cette histoire de terroriste n'est vraiment pas ce qui m'a le plus plu. Ce n’est pas vraiment la faute du comédien donc qui fait le boulot mais ça m'a quand même un peu ennuyé. Au moins, cela aura permis de nous présenter dans le groupe Nathalie Emmanuel en Ramsey qui s'intègre bien et qui forme un bon trio avec Ludacris et Tyrese Gibson.

Après, même si ce n'est pas du très grand niveau, l'ensemble de ce casting fait ce que l'on attend de lui. C'est cohérent et ça fonctionne plutôt bien chacun sachant être à sa place. Dans les rôles secondaires, il y en a quand même deux que je retiens. Tony Jaa en Kiet. Pas transcendant, je regrettais de ne pas le voir plus après "Ong Bak" et si son rôle ici n'est pas foncièrement marquant, j'espère qu'il lui ouvrira quelques portes car dans l'action, c'est loin d'être un novice. Je retiens aussi Elsa Pataky en Elena. Malheureusement pour elle, si je retiens son personnage, c'est surtout parce que je ne la trouve pas crédible pour un sou. Je ne sais pas si ça vient de sa tenue qui la boudine ou quoi mais dans sa courte apparition, je ne l'ai vraiment pas trouvé crédible, je l'ai même trouvé à la limite du ridicule...

S’il y avait des attentes à mes yeux vis à vis de ce film, c'est aussi en partie à cause de la présence de James Wan derrière la caméra. C'est un cinéaste dont j'apprécie le travail et j'étais curieux de le voir mettre sa patte dans cette franchise. Le problème, c'est que si c'est très agréable à suivre et très bien filmé, je n'ai pas ressenti l'identité de ce réalisateur. J'aurais aimé qu'il y mette un peu de son âme, qu'en voyant ce film on n'ait pas de doute quant au fait que ce soit lui qui réalise. Là, c'est bien filmé mais ça s'arrête là.

Les scènes d'action restent efficaces. Il y a une bonne lisibilité dans les différents combats (même si par moment on abuse un peu de la caméra qui tourne pour nous renverser dans tous les sens), les explosions nous en mettent plein la vue (un peu trop peut-être) et c'est agréable à suivre. Visuellement, c'est sympathique. Après, il y a quand même quelques incrustations assez douteuse. Je ne parle pas de celle de Paul Walker (même si elle avait été mauvaise, j'aurais pu en faire abstraction car j'apprécie la démarche et la finalité qu'on a voulu lui donner) mais vraiment du reste.

Par exemple (pour citer une scène de la bande annonce), le passage où Brian court sur un bus avant que celui-ci ne tombe dans un ravin est assez laid. La chute en parachute (qui, toute proportion gardée bien entendue, m'a fait penser à "Taxi 2") n'est pas non plus à la hauteur de ce que j'attendais. Dans le gros n'importe quoi même visuel, "Fast and Furious 5" a quand même montré qu'on pouvait faire quelque chose d'un peu plus convaincant à l’œil... Je ne parle que des scènes dont on peut voir un extrait dans la bande annonce mais il y en a d'autres (comme celle avec les trois tours...)

Les décors sont sinon agréable. On voyage bien ce qui est pas mal. Maintenant, c'est quand même lorsqu'ils sont plongés dans la ville et qu'ils peuvent faire crisser les pneus et tout détruire que le film prend toute son ampleur. La course poursuite sur la route ultra protégé à un certain standing mais une fois en ville avec le labyrinthe des différentes rues et les différentes infrastructures qui souffrent, cela a une autre gueule je trouve. D'ailleurs, en parlant des voitures, ses dernières sont pas mal du tout. Dommage que cette fois ci on les mette un peu trop en retrait. C'est bien de privilégié l'action mais pour cette franchise, il ne faut quand même pas trop délaisser les voitures et les mettre un chouia un peu plus en avant. Quant à la musique de Brian Tyler, elle est du même acabit que les précédentes bandes originales de la saga. Elle est bonne mais rien ne sort du lot pour autant.

Pour résumer, bien que j'ai passé un très bon moment de cinéma devant "Fast and Furious 7", je reste quand même sur ma faim. C'est une sensation assez étrange car on ne m'a pas vraiment menti sur la marchandise, j'ai eu ce pour quoi j'ai fait le déplacement mais l'ensemble est un peu maladroit je trouve. J'aurais aimé plus de vengeance et un concentré badass plus intense. Le grand n'importe quoi général qui caractérise cette franchise mériterait également un peu plus de "finesse". C'est peut-être trop gros cette fois-ci j'en sais rien (ils avaient pourtant déjà fait fort dans le passé) mais on décroche assez souvent, on ne se laisse pas prendre toujours au délire. Ça sonne parfois un peu trop faux, un peu trop exagéré et c'est bien dommage. Reste que le divertissement est quand même là et que je ne regrette pas de l'avoir vu sur grand écran. A l'image des précédentes aventures, ce nouveau long métrage est un film que je pourrais facilement revoir surtout que malgré tous ses défauts, je n'ai pas vu les plus de deux heures passés.

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3.5




jeudi 2 avril 2015

Diversion (Focus)



"- On pourrais zapper le moment où je me mets à minauder avec des airs langoureux synonymes d'une baise cosmique ?
- Pas de baise cosmique dans les minutes qui viennent ?
- Non.
- J'ai même pas le droit aux minauderies ?
- Non.
- Attends, c'est mon truc préféré."


Will Smith est le genre d'acteur toujours classe même dans un mauvais film qui peut me faire déplacer en salles. Ayant dernièrement des souvenirs assez mitigé de ses longs métrages, j'étais plutôt content de pouvoir le revoir sur grand écran et c'est ainsi que je me suis retrouvé dans une projection de son dernier film en date à savoir "Diversion".

J'avais quelques craintes car j'ai eu quelques retours négatifs mais j'avais envie de croire au projet. Dès le début, c'était plutôt bien parti d'ailleurs. Le scénario écrit par Glenn Ficarra et John Requa est certes bourrés de facilités mais je me suis assez vite laissé prendre au jeu. J'ai beaucoup aimé cette histoire de pickpockets classique avec ses ficelles que l'on connait par cœur mais qui s'avère efficace à mes yeux. Pendant une bonne heure, je n'ai pas été transcendé mais j'ai passé quand même un bon moment.

Puis ensuite l'intrigue s'est délocalisée à Buenos Aires et là, j'avoue avoir décroché. J'avais beau adhéré aux énormités que le long métrage voulait me proposait, le virage prit dans la manipulation à ce moment-là m'a vite lassé et paru grotesque. Auparavant, cela ne faisait pas dans la finesse mais à partir de Buenos Aires, ce fut beaucoup trop pour que je reste accroché surtout que l'éternelle romance vient un peu plus plombé l'ensemble. Alors, ce n'est pas non plus catastrophique à mes yeux, j'ai tenu jusqu'à la fin et il y a des passages que j'ai même bien aimé avec quelques sourires de mon côté (même si l'humour est majoritairement présent lors de la première heure de film) mais j'ai quand même été déçu. Rien que la scène finale est à l'image du traitement grossier que l'on à voulu donner au film et je suis resté sur ma faim.

Fort heureusement, retrouver Will Smith m'a bien fait plaisir (je ne garde pas un souvenir joyeux de "After Earth" et son rôle - bien que bon - dans le très léger "Un amour en hiver" ne compte pas pour moi). Dans la peau de Nicky, l'acteur est même très convaincant. Avec sa classe naturelle, on se laisse facilement charmer par ses tours de passe-passe. Bien entendu, son personnage n'est pas très honnête mais il n'est pas non plus bien méchant au point qu'on sympathise vite avec lui-même après de belles crasses d'un point de vue humain de son rôle.

Il forme un très beau duo avec Margot Robbie en Jess Barrett. Je ne suis pas spécialement admirateur de ses talents d'actrice pour le moment mais l'actrice est très agréable à voir et est convaincante. Par moment, j'ai même trouvé son personnage un peu ambigu. Je me laissé gentiment berné également en n'étant pas toujours sur de ses intentions dans ce récit qui prône le mensonge et la manipulation. Quoiqu'il en soit, elle fait le job et son rôle dispose de suffisamment de répondant pour pouvoir bien exister au-delà de la simple romance bien lourde.

Le reste de la distribution est plus anecdotique que ce soit Rodrigo Santoro en Garriga très stéréotypé ou encore Gerald McRaney en Owens qui dispose pourtant de certains attraits qui rendent son rôle plutôt drôle parfois (j'aurais bien aimé qu'on exploite davantage le côté "violent" et old school de ce personnage). Quant à Adrian Martinez en Farhad, c'est le personnage secondaire qui sort le plus du lot à mes yeux. Très drôle, la deuxième partie du long métrage que j'ai moins aimé aurait gagné à l'exploiter un peu plus histoire de garder un peu la fraicheur du début.

La réalisation, on la doit au tandem Glenn Ficarra - John Requa. Là aussi, j'ai bien aimé toute la première partie et moins accroché à la seconde. La première partie est assez classe, très propre. Les plans sont basiques mais agréable avec des ouvertures sur les vols bien ficelés afin de bien se rendre compte de ce qui se passe ainsi qu'une initiation dans la bande de Nicky très plaisante. Ça manque de discrétion mais ça passe. La seconde m'a semblé pour sa part un peu plus bâclé. Pas mauvaise mais quelconque. Mes yeux n'ont pas saignés mais il n'y a aucun plan qui m'a véritablement marqué et je regrette que le final soit un peu ridicule car j'aurais aimé resté sur une autre impression.

Il y a un gros travail qui a été fait en tout cas sur les costumes ainsi que sur les costumes. Plus le film avance et plus on sent qu'il y a du soin qui a été apporté dans chaque détail comme pour la coiffure de Jess qui évolue comme son personnage. La photographie est belle aussi tout comme l'exploitation de la lumière qui donne à ce film une ambiance un peu chaleureuse. Quant à la bande originale composée par Nick Urata, elle est à l'image du film. Elle joue beaucoup sur le charme et la sensualité pour nous manipuler et colle bien à l'atmosphère.

Pour résumer, "Diversion" n'est pas mauvais mais à l'issue de ma projection, je suis quand même resté un peu sur ma faim. J'ai même failli mettre une note ressentie un ton en dessous à cause de la seconde partie du long métrage qui vient un peu gâcher tous les éléments de la première heure que j'avais bien aimé malgré ses facilités. Après, ça fait plaisir de retrouver Will Smith au cinéma pour moi mais j'espère quand même le revoir prochainement dans une œuvre un peu plus forte. En attendant, loin d'être qu'une simple diversion, ce film se laisse regarder mais on aurait quand même pu avoir un divertissement d'un calibre supérieur j'en suis convaincu.

3.0




mercredi 1 avril 2015

Cerise



"- Tu veux finir comme moi c'est ça ?
- Plutôt crever !"


Bien qu'ayant trouvé "Paulette" sympathique sans être mémorable, "Cerise", réalisation suivante de Jérôme Enrico (bien que écrit avant) ne m'attirait pas plus que ça. La bande annonce ne m'avait pas spécialement envoyer du rêve mais curieux de nature, j'ai malgré tout fait le déplacement en salles afin de le découvrir.

Si il n'y a aucune continuité ni aucuns liens avec "Paulette" (hormis peut-être le conflit intergénérationnel), le résultat s'avère quand même à mes yeux assez identique. En effet, le scénario écrit par Jérôme Enrico et Irina Gontchar n'est pas foncièrement mauvais mais il y a de fortes chances que d'ici quelques mois, je commence déjà à l'oublier. L'humour y est pourtant assez sympathique (la parodie de boys band militaire m'a par exemple beaucoup fait rire), le fond très intéressant (avec la crise récente en Ukraine) mais il manque un petit truc que je ne saurais expliqué pour vraiment me transporter.

Je ne sais pas si c'est ce mélange de comédie et de drame qui est mal dosé ou si l'ensemble manque peut-être d'un peu plus de subtilités (peut être les deux) mais si j'ai quand même passé globalement un bon moment, je n'ai jamais réussi à être complétement dans ce film. Après encore une fois, ce n'est pas détestable. Le côté dramatique est trop léger mais l'humour frais peut rendre ce divertissement efficace si on y adhère. C'est sans prise de tête et c'est déjà ça mais avec un tel sujet de fond, même avec de l'humour, c'est dommage que ce ne soit pas un peu plus consistant.

Premier pas au cinéma de Zoé Adjani-Vallat (qui est la nièce d'Isabelle Adjani... Oui c'est gratuit et ça n'a rien à voir avec le film ni même sa présence à l'écran), je dois admettre que les premières images que j'ai eu d'elle, que ce soit au travers de la bande annonce ou lors de la scène d'ouverture, me laissait un peu sceptique. Cependant, petit à petit, j'ai réussi à apprécier la fraicheur de cette actrice qui incarne une Cerise certes bourrés de clichés mais quand même convaincante. Le maquillage aide beaucoup pour son personnage au point de vue de son évolution à l'écran et des différentes facettes de son caractère mais la jeune comédienne joue quand même bien le jeu et apporte pas mal de peps à l'ensemble en portant bien ce long métrage sur ses épaules.

Derrière, le reste du casting est tout aussi efficace. Je pense notamment à Jonathan Zaccaï en Fred, cliché lui aussi mais bon père absent (on le voit d'ailleurs au final très peu autour de Cerise). Mykola Mateshko est assez touchant en Mikita. On devine assez vite ses intentions et le sort de son personnage mais l'acteur réussit à lui donner une certaine tendresse qui n'est pas déplaisante. Très peu présente à l'écran, Olivia Côte en Pascale interprète bien aussi cette vision de la mère blasée (la scène avec Fred et Cerise via l'ordinateur est très bonne). Celle qui sort du lot en revanche, c'est Tania Vichkova en Nina. La comédienne est juste excellente et à elle toute seule, elle nous donnerait presque envie de nous exiler en Ukraine pour partager la joie de vivre de son personnage.

La réalisation de Jérôme Enrico est sinon basique. Ce n’est pas mauvais, il y a de bons cadrages et esthétiquement c'est agréable à suivre mais il n'y a rien de bien vraiment percutant quand même. Ce que je peux lui reproché à la limite, c'est peut être un côté "trop propre" par moment là où certaines scènes devraient être un peu plus "sales", un peu plus sombre (je pense par exemple à la scène après le vernissage ou encore le local où se retrouve tous les révolutionnaires ukrainiens).

La photographie est en tout cas efficace tout comme le montage. Bien que le long métrage possède ses longueurs, elles ne sont pas trop dérangeantes et la durée assez classique du film fait que l’on n’a pas trop le temps de s'ennuyer. Quant à la bande originale composée par Michel Ochowiak et Marc Chouarain, elle n'est pas détestable non plus en jouant avec les stéréotypes de l'ensemble. Encore une fois, je retiendrais surtout la parodie de boys band qui, même avec le recul, me fait beaucoup rire et à sa version militaire tout aussi tordante.

Pour résumer, ce "Cerise" n'est pas aussi catastrophique que ce que je craignais. Je suis même surpris d'avoir passé un bon moment. Le film ne marquera pas les annales de la comédie dramatique française mais son humour assez frais porté par une très bonne Zoé Adjani-Vallat ainsi qu'un fond sociétale sur la crise en Ukraine (bien que traité de façon extrêmement légère) rend ce long métrage agréable. On aurait bien sur pu avoir quelque chose de plus consistant mais en l'état, ça se laisse quand même regarder.

3.0




lundi 30 mars 2015

Les Gardiens de la Galaxie (Guardians Of The Galaxy)



"Je s'appelle Groot !"

Cet avis à été écrit lors de la sortie en salles du film. Je le reposte aujourd'hui car j'ai revu le film en Blu-ray dernièrement et mon avis à son sujet n'a pas changé.

Autant être honnête dès le début, "Les Gardiens de la Galaxie" me tentait que moyennement. Je ne connaissais pas ses personnages et la bande annonce m'attirait que moyennement sans forcément m'envoyer du rêve. Pourtant, grand amateur de films de super héros, j'étais quand même grandement décidé à découvrir ce nouveau film Marvel en salles surtout que celui-ci bénéficiait de très bons échos.

Et j'ai bien fait d'y aller car j'ai vraiment passé un excellent moment. Le scénario écrit par James Gunn et Nicole Perlman d'après l’œuvre de Dan Abnett et Andy Lanning m'a vraiment botté. Après un début peut être un peu lent le temps de nous présenter ses différents personnages ainsi que cet univers très varié, on se retrouve alors propulsé dans un divertissement diablement efficace de bout en bout. Quand on y regarde de près, le scénario ne joue pas sur de la grande nouveauté en reprenant les ficelles habituelles de ce genre de blockbuster mais cela fonctionne.

On a le droit à une bonne dose d'humour (ça faisait longtemps que je n’avais pas autant ris) qui marche très bien avec une action qui nous en mets plein la vue. Si l'issue finale reste prévisible, on en a en tout cas pour notre argent. Si avant de rentrer dans ma salle, ses personnages étaient inconnus à mes yeux, ils ont gagné en un long métrage leurs lettres de noblesses qui font que maintenant, j'ai hâte de voir la suite. De plus, cette histoire s'inscrit vraiment bien dans la continuité des autres films Marvel avec des liens qui nous montre que l'ensemble reste toujours cohérent.

Côté casting, pour incarner ses gardiens, le choix de cette distribution s'est fait de manière plutôt judicieuse. Chris Pratt en Peter Quill - Star Lord s'impose bien comme leader du groupe. Je n’aurais pas parié sur lui pourtant il réussit à exister et à devenir charismatique dans sa carrure mais aussi dans sa présence à l'écran. A ses côtés, Zoé Saldana est toujours aussi charmante. Après le bleu de "Avatar", elle réussit une nouvelle fois à rendre glamour son personnage en étant cette fois ci verte. L'actrice demeure touchante et convaincante dans l'action et s'intègre très bien dans cette équipe.

Si ils sont surtout le fait d'images de synthèse, le duo Rocket Raccoon et Groot, incarné vocalement respectivement par Bradley Cooper et Vin Diesel en version originale, est lui aussi excellent. Entre la folie du raton laveur qui m'a bien fait rire et le côté très touchant et poétique même dans son humour de Groot, on a une autre formule gagnante qui fonctionne. A noter aussi que devant le peu de dialogues qu'il possède, l'acteur Vin Diesel à doubler son personnage dans six langues dont le français avec une réplique qui s'annonce déjà culte. Pour compléter la bande, même si je n'y croyais pas trop on plus, Dave Bautista en Drax le Destructeur m'a lui aussi beaucoup amusé.

Côté méchant, c'est assez sympathique de réentendre Josh Brolin pour le rôle de Thanos qui prend de plus en plus d'importance chez Marvel (ce personnage se construit bien). Lee Pace fait lui un très bon Ronan l'Accusateur. Ce dernier aurait pu être encore plus sombre et terrifiant je pense mais pour un film qui se veut tout publics, son interprétation reste néanmoins très correct. J'aurais bien aimé qu'on développe un peu plus sinon le personnage de Nebula, bien joué par Karen Gillan qui aurait sans doute pu montrer davantage je pense tout comme Djimon Hounsou en Korath même si en méchant, ce dernier reste sans doute le plus caricatural je trouve.

Niveau personnage un peu plus ambigu, Benicio Del Toro m'a également bien plu en Collectionneur (personnage que l'on avait déjà pu entrapercevoir) tandis que Michael Rooker en Yondu Udonta fait lui aussi bien le boulot avec son personnage que l'on devrait détester mais qu'on arrive malgré tout à apprécier pour une certaine dose de folie qu'il possède. On les exploite peu eux aussi sinon (et c'est dommage) mais j'ai bien aimé aussi John C. Reilly en Rhomann Dey et Glenn Close en Nova Prime. Ses derniers restent intéressant et prendront peut être un peu plus d'ampleur par la suite. Le casting est en tout cas très bon et personne ne m'a vraiment choqué dans son interprétation.

La réalisation de James Gunn est sinon excellente. On se sent dans l'espace avec sa caméra qui n'a de cesse de partir en vrille tout en restant à chaque fois très lisible dans l'action. On n’est jamais perdu et le montage bien ficelé aide beaucoup aussi pour le dynamisme général. Il n'y a pas vraiment de gros plans qui m'ont marqué plus que ça (peut-être plus tard quand je le reverrais), mais ça reste très agréable à suivre et très fluide. L'ensemble est très propre.

Les effets spéciaux sont eux aussi très bons. On se sent pris dans la bataille et même si comme toujours, Marvel fait tout péter dans tous les coins, j'ai trouvé que c'était plutôt bien fait. J'avais un peu peur en fonction de ce que j'avais pu voir avant des différentes couleurs utilisés mais au final, ses dernières s'avèrent elles aussi plutôt bonne. Bien entendu, c'est parfois un peu flashy (je ne suis pas trop fan des mélanges de vert, de jaune, de rose etc etc un peu pétant) mais ce n’est pas aussi pire que je le craignais. Ca ne pique pas les yeux et ça s'inscrit bien dans cet univers.

Les différents décors sont eux aussi très bons et bien exploité. Très variés, par moment je me suis mis à penser à la saga "Star Wars" même si je ne m'amuserai pas à comparer les deux. Les costumes sont eux aussi plaisant notamment celui de Star Lord que je trouve assez classe. Quant à la bande originale composée par Tyler Bates, c'est indéniablement l'un des points forts du film. En reprenant de vieux classiques, elle aussi fait son boulot, accompagne très bien ce récit et surtout nous fait bien plaisir aux oreilles.

Pour résumer, alors que j'avais de très grosses craintes vis à vis de ce film, "Les Gardiens de la Galaxie" ont très rapidement su me mettre dans le bain et me faire adhérer à cet univers. Ce n’est peut-être pas mon film de super héros préféré mais je sais que maintenant il va falloir que je compte avec cette bande. Il me tarde d'ailleurs de suivre leurs prochaines aventures tant j'ai aimé ce mélange d'humour et d'action qui m'en met bien la vue avec un casting que je n'attendais pas mais qui a su me surprendre et me plaire. Un excellent divertissement très plaisant à suivre et qu plaira sans nul doute aux amateurs du genre.

4.0




dimanche 29 mars 2015

Le flingueur (The Mechanic) (2011)



"- C'était mes deux meilleures équipes. Je crois que je vais vous en envoyer d'autres.
- Économiser votre essence, j'arrive !"


A l'époque de sa sortie en salles, j'avais raté "Le flingueur". Pourtant, c'est le genre de films que je peux affectionner mais il est sorti dans une période où j'avais pas mal de trucs à faire et du coup, j'ai dû mettre ma projection de côté. J'ai donc profité d'un passage à la télévision pour le découvrir et c'est confortablement installé que j'espérais en avoir pour mon argent.

Remake d'un film de 1972 avec Charles Bronson que je n'ai pas vu, j'ai plutôt passé un bon moment devant ce scénario écrit par Richard Wenk et Lewis John Carlino d'après l’œuvre de ce dernier. Pur Statham movie, on en a effectivement pour notre argent avec son lot d'action, de castagnes et de tensions sans prise de tête juste comme il faut. Bien sûr, c'est bourré de facilité (à l'image de son final) et l'ensemble et assez prévisible mais le film se passe plutôt bien sans que je ne vois vraiment le temps passé.

C'est très classique mais efficace. Je suis rentré facilement dans le délire et c'est aussi pour ça je pense que je me suis amusé. Ces temps-ci, Jason Statham est loin de m'avoir emballé dans ses choix de films d'actions, il alterne toujours les même films entre le mauvais et le bon mais fort heureusement, cette production fait partie de la deuxième catégorie. C'est pas très fin mais j'ai bien aimé tout comme j'ai apprécié la relation père-fils spirituel entre Arthur et Steve ainsi que l'initiation de ce dernier qui me laisse même penser qu'avec un traitement un peu plus sérieux, on aurait pu avoir un film d'une bien meilleure qualité même si en l'état cela ne me dérange pas trop.

Un Statham movie doit avoir un Jason Statham cela va de soi et ici, l'acteur est très bon en Arthur Bishop. Il joue de son charisme naturel, il s'impose aisément à l'écran et nous propose ce pour quoi on fait le déplacement. Rien de bien original ni même transcendant dans son interprétation mais le boulot est fait ce qui me fait bien plaisir. Très à l'aise avec son personnage, j'ai apprécié le voir évolué même si j'aurais bien aimé en voir quand même davantage avec un tel rôle.

A ses côtés, c'est très plaisant également de retrouver Ben Foster en Steve McKenna. C'est un acteur que j'aime grandement, qui est lui aussi très charismatique et j'ai beaucoup aimé le voir jouer ce looser qui va tenter de se reconstruire à sa manière. Pour lui aussi l'issue est prévisible mais le duo fonctionne très bien et la balance entre leurs deux jeux est parfaitement équilibrée. C'est peut-être d'ailleurs aussi parce que face à lui Jason Statham a un acteur de la trempe de Ben Foster que ce Statham movie fonctionne si bien.

Quant au reste de la distribution, c'est assez anecdotique. On joue principalement sur ce qui lie nos deux personnages principaux. Cependant, le casting fait quand même ce que l'on attend de lui à l'image de Tony Goldwyn en Dean, parfaite tête à claque dont les intentions et le sort est gravé sur son front dès le début. Mini Anden en Sarah fait de la figuration mais elle n'est pas désagréable à voir donc ses apparitions, même gratuite ne m'ont pas gêné. Quant à Donald Sutherland dans la peau de Harry McKenna, il est une nouvelle fois très bon, j'ai beaucoup aimé le voir et je regrette au final qu'on le voit aussi peu.

Dans sa réalisation, Simon West reste très académique. C'est un film d'action lambda comme il en a déjà fait et même si c'est très agréable à suivre, sa mise en scène ne sort pas vraiment du lot. C'est quand même très propre et bien rythmé avec un montage efficace qui va à l'essentiel et qui contribue à cette sensation que j'ai eu de ne pas m'ennuyer. A mes yeux, c'est en tout cas suffisamment bon pour m'avoir donné envie de découvrir le film d'origine. Je ne sais pas encore si j'aurais l'occasion de le voir mais si je peux, j'aimerais vraiment bien pouvoir le voir afin de me rendre compte de ce que le film de Simon West a pu apporter de nouveau ou pas.

La photographie chaleureuse colle bien au projet sinon et lui donne aussi une bonne ambiance. Les différentes scènes d'action sont bien chorégraphiés, c'est très lisible même quand ça bouge à l'image de la fameuse descente en rappel de l'immeuble dont l'extrait visuel que l'on pouvait nous montrer sur l'affiche du film me laissait craindre le pire. L'affiche n'est vraiment pas très belle je trouve, heureusement que la réalisation est bien plus agréable visuellement. Quant à la musique signée par Mark Isham, elle aussi s'avère être classique mais elle s'intègre bien au film.

Pour résumer, même si il ne révolutionne rien, dans l'idée de voir un film d'action sans prises de tête (et même du coin de l’œil si besoin), "Le flingueur" est un très bon divertissement qui nous apporte ce que l'on veut. On aurait pu aller plus loin avec un concept de base comme celui-ci mais Jason Statham m'a tellement habitué à des films d’actions un peu fades ces derniers temps que j'aime le revoir dans une production aussi efficace. C'est un très bon long métrage agréable que je pourrais en tout cas facilement revoir.

3.5




vendredi 27 mars 2015

Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?



"Dix minutes de retard, on est au moins sûr d'une chose, c'est pas un chinois."

Bien que j'en gardais un bon souvenir (malgré un buzz médiatique un poil exagéré), je n'avais pas revu "Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?" depuis sa sortie en salles. Du coup, n'ayant pas spécialement envie de me l'acheter en Blu-ray pour le moment (même si j'y pense), j'ai profité d'un passage à la télévision pour me le revoir tout en espérant que le spectacle me plaise toujours autant.

Et je dois bien avouer que ce fut le cas. Certes, cela ne vole pas haut. Le scénario écrit par Philippe de Chauveron et Guy Laurent est une succession de clichés et de stéréotypes mais l'ensemble est suffisamment bien amené pour nous offrir un divertissement très agréable. Niveau vanne, rien de bien nouveau, chaque blague que l'on peut entendre (peu importe la communauté visé), a déjà été entendu à plusieurs reprises. On a ainsi un best of de vannes bon enfant, qui ne fait pas bien mal et qui en mettant tout le monde dans le même panier, nous donne une jolie histoire de mixité certes prévisible mais qui fait quand même du bien au moral a une époque où chacun tire sur l'autre.

Devant la caméra, la distribution est à la hauteur. Le couple Christian Clavier - Chantal Lauby, respectivement Claude et Marie Verneuil, est très efficace. Leurs expériences dans cette troupe les imposent de façon très naturelle en tant que leader de famille. Face à eux, j'ai bien aimé leurs filles (avec une préférence pour Elodie Fontan en Laure que je trouve très charmante) tandis que leurs gendres ne sont pas en reste (avec de leurs côtés une préférence pour Noom Diawara en Charles Koffi qui apporte pas mal de fraîcheur et d’énergie même si Frédéric Chau en Chao Ling n'est pas en reste). Parmi les rôles secondaires, je retiendrais surtout l'excellent Pascal N'Zonzi en André Koffi qui m'a bien fait rire.

Côté réalisation, c'est assez classique. C'est rythmé, c'est efficace, c'est agréable à suivre et même si il n'y a rien de nouveau dans cette comédie, Philippe de Chauveron met très bien en scène ce film en jouant avec tous les clichés possibles à sa disposition à l'image de son scénario. Le montage est parfois un peu chaotique dans le sens où j'ai trouvé parfois l'enchainement entre les scènes un peu maladroit (je l'ai surtout ressenti lors de ce second visionnage) mais rien de bien méchant. La musique signée Marc Chouarain apporte un peu de peps aussi et fonctionne plutôt bien avec l'ensemble.

Pour résumer, cela m'a vraiment fait plaisir de revoir "Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?". Le buzz autour de ce long métrage est exagéré mais le divertissement proposé nous vide bien la tête. Les gags sont prévisibles, les répliques connues d'avance tout comme les différents stéréotypes mais c'est aussi ça que je trouve amusant. Quant à la morale gentillette qui veut tous nous unir, bien que très facile c'est une morale qui fait du bien et qui ponctue à ravir le bon moment que je passe devant ce divertissement que je reverrais de nouveau avec plaisir.

3.5




Cendrillon (Cinderella) (2015)



"Ce n'est pas simplement parce que cela se fait qu'il faut le faire."

Déjà pas très fan à la base du dessin animé de Walt Disney (je trouve le personnage principal fade et inintéressant), j'étais quand même assez curieux de découvrir la version live de "Cendrillon". La bande annonce me laissait présager le pire mais avec Kenneth Branagh derrière la caméra, j'avais envie d'être un peu confiant.

Malheureusement, le miracle n'a pas eu lieu selon moi. Le scénario écrit par Chris Weitz est juste une pâle copie de la version animé pour laquelle j'ai si peu d'affinité. Alors bien sûr, les scènes ont été rallongées, on tente de développer certains points comme l'enfance de Cendrillon mais vu qu'il n'y a rien de bien innovant dans tout ceci, une nouvelle fois je me suis fortement ennuyé. Aucun passage ne m'a fait dire "Ok, ce film méritait d'être fait". Le long métrage d'animation se suffisait amplement à lui-même. En effet, si c'est très classique et prévisible dans le dessin animée, dans sa version live le côté niais et ridicule est davantage amplifié.

Peut-être que le jeune public (où ceux qui n'ont pas vu le dessin animé et/ou qui ne connaissent pas cette histoire... Si il y en a...) y trouvera son compte mais pour le reste, c'est quand même d'une platitude affligeante. Là où récemment "Blanche Neige et le chasseur" nous offrait une légitimité en faisant un excellent travail de relecture sur Blanche Neige, ici, on a sans cesse l'impression que l'on à jouer la carte de la facilité tant l'ensemble semble être d'une banalité absolue. Le fait de ne pas accrocher à ce personnage doit sans doute jouer de mon côté mais vraiment, même sans y mettre de grandes attentes, j'en attendais quand même un minimum qui justifierait la production de ce long métrage. Je ne parle même pas des dialogues qui m'ont parfois paru encore plus vide que ceux du dessin animé qui au moins annoncé tout de suite la couleur vis à vis de son public.

Le casting n'aide pas non plus. Chacun est à sa place et tient son rôle mais devant un scénario aussi plat, on est en présence d'interprétation tout aussi plate à l'instar d'une Lilly James en Ella qui n'a jamais su incarner une once de magie ou de féerie à mes yeux. Tout le monde est dans la surenchère, dans l'excès et notre héroïne en paie les frais. A aucun moment je ne me suis attaché à elle ou eu la moindre sympathie à son égard, ses réactions vis à vis de ce qu'elle vit étant juste ridicule (comme dans le dessin animé d'ailleurs qui avait au moins pour lui d'être d'une autre époque).

Le reste de la troupe est ainsi du même acabit. L'ensemble manque cruellement de folie, de passion, d'envie. Je n’irais pas jusqu'à dire que c'est mauvais car c'est quand même cohérent de bout en bout mais ce n’est quand même pas très glorieux. Richard Madden en Prince est transparent, son père le Roi l'ait tout autant malgré une certaine présence dans l'écran (même très courte) de Derek Jacobi tandis que nous avons déjà connu Stellan Skarsgård plus inspiré et plus convaincant que pour cette prestation de Grand-Duc.

Même si ça ne vole jamais haut et que personne n'est vraiment transcendant, je retiendrais quand même Cate Blanchett en Lady Tremaine. Elle en fait des caisses mais bon, ce genre de personnages lui va bien. Dommage qu'on n'est jamais réussi à exploiter le côté "bon" qu'il pouvait y avoir dans son personnage (un simple regard ne suffisant pas...). Helena Bonham Carter en Fée Marraine est elle aussi sympathique même si on la voit peu. C'est bien dommage aussi car à côté de ça, sa voix off qui sert de narration est juste extrêmement lourde et souvent inutile. Si les parents d'Ella sont bien joués par Ben Chaplin et Hayley Atwell, j'ai apprécié Nonso Anozie dans la peau du Capitaine.

Ce qui sauve un peu l'ensemble, c'est le travail de mise en scène de Kenneth Branagh. Son potentiel n'est pas exploité à sa juste valeurs mais bon, au moins, c'est beau et très agréable à voir c'est déjà ça. Les plans sont très bien millimétrés, la caméra est toujours placée là où il le faut et esthétiquement c'est quand même pas mal. On peut s'avérer frustré que pour un conte le film ne soit pas plus féerique mais bon les effets visuels font quand même le boulot.

Bizarrement, si le scénario et les interprétations jouent sur la surenchère, il est presque étrange de ne pas retrouver cette même surenchère dans la mise en scène. C'est très classique, très académique (même si ça marche encore une fois) et c'est presque dommage que seule la scène du carrosse avec la Fée Marraine soit source de folie. Je n'irais pas jusqu'à dire que le reste est poussiéreux mais ce n'est quand même pas très contemporain et on ne retrouve malheureusement même pas la fibre Shakespearienne que l'on peut retrouver dans d'autres films de Kenneth Branagh.

Point positif quand même, les décors sont très beaux tout comme les différents costumes. Pour le coup, il n'y a pas de grandes relectures non plus de ce point de vue mais l'esprit conte de fées est bien là. Le montage est très classique mais ça reste quand même rythmé, mon ennui venant vraiment du fait que je n'ai rien vu de nouveau. Une scène qui durait cinq minutes dans le dessin animé dure juste dix dans ce film mais ça reste cinq minutes de trop et inutiles (pour le coup, ce film ferait presque remonté le dessin animé Disney dans mon estime...).

Quant à la bande originale, celle-ci est composée par Patrick Doyle. Elle est bien mais pas exceptionnelle non plus. Elle s'accorde bien à cet univers mais elle ne nous transporte pas pour autant. C'est dommage car la musique de la bande annonce pouvait presque nous laisser rêver d'un peu de modernité dans cette adaptation mais au final, même avec la musique il n'y a absolument aucuns risques de pris. C'est pas détestable mais aucun thème ne m'a vraiment marqué ou retenu mon attention.

Pour résumer, bien que j'en attendais pas grand-chose, je suis quand même sorti de ma séance de "Cendrillon" version live assez frustré. Je ne comprends pas l'intérêt de ce projet. C'est certes bien filmé et mis en scène mais le fond semble si plat et n'apporte tellement rien de nouveau à l'horizon que je me demande quel légitimité on a voulu avoir. Ce n'est même pas celle de vouloir proposer une relecture ou de développer certains points car en voyant le film, on a juste l'impression de revoir le dessin animé dans une version longue avec des scènes coupées qui auraient très bien pu rester coupées. Le jeune public y trouvera peut-être son compte mais de mon côté, c'est quand même l'ennui qui a dominé et ce n'est pas avec ce film que je vais réussir à apprécier ce personnage que je trouve toujours aussi plat, fade, transparent, niais et inintéressant...

2.0




mercredi 25 mars 2015

Star Trek Into Darkness



"- Je suis meilleur.
- En quoi ?
- En tout !"


Cet avis à été écrit lors de la sortie en salles de ce film. Je le remonte aujourd'hui car j'ai revu le long métrage récemment en Blu-ray et mon avis n'a pas changé.

Il y à encore quelques temps, l'univers "Star Trek" ne m'attirait pas plus que ça. J'en avais beaucoup entendu parler mais j'avais pas spécialement envie de me plonger dans cette franchise. Mais ça, c'était avant... C'était avant que J.J. Abrams en 2009 nous livre un opus qui donna un coup de fraîcheur à la saga. Résultat, j'ai pas encore vu les précédents volets (même si c'est prévu) mais à l'annonce de la sortie de "Star Trek Into Darkness", je n'ai pas hésité longtemps avant de le découvrir en salles.

Et le résultat est assez conforme à mes attentes. Je me suis éclaté devant ce scénario écrit par Roberto Orci, Alex Kurtzman et Damon Lindelof d'après l’œuvre de Gene Roddenberry. Dès le début, on est pongé dans cet univers passionnant qui aborde des thèmes comme la découverte de nouveaux mondes, de nouvelles civilisations avec beaucoup d'intelligence surtout quand il s'agit de côtoyer ensemble des sociétés qui ne devraient pas se rencontrer. Et c'est ça le but de l'Enterprise mais fort d'un reboot récent donc qui à donner un coup de peps à la franchise accompagner d'une mode de film sombre, ce volet va alors prendre un virage pour aborder une bonne vieille histoire de vengeance à l'ancienne.

Est ce mauvais ? Non. C'est même très efficace et très plaisant à voir. Sans aucun temps morts, on est pris en plein dans cette vendetta où l'ombre du 11 septembre et de l'attaque intérieure plane fortement. De toute façon en temps normal, j'aime beaucoup les histoires de vengeance donc ce volet à tout pour me plaire malgré un final peut être un peu trop convenu mais nécessaire pour avoir une fin ouverte. L'humour est toujours présent, l'action aussi bref, tout est réunis pour passer un excellent moment. Mon seul vrai regret, c'est qu'avec un tel titre, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus sombre. Je ne dis pas que ça ne l'ai pas, juste que j'aurais aimé quelque chose de plus sombre qui me prennent plus aux tripes. Là, j'ai trouvé ça très sympathique mais il manque un je ne sais pas quoi pour vraiment être profond dans la noirceur ce qui est regrettable car ce n'est pas les bonnes idées qui manque pour exploiter ce filon.

Après au niveau du casting, c'est toujours un plaisir de retrouver le duo Chris Pine - Zachary Quinto, respectivement Kirk et Spock. La complicité entre les deux fonctionnent très bien et nous offre de très bons moments les acteurs semblant bien s'amuser dans la peau de leur personnage. Manquant peut être un peu de charisme naturel et exploitant les contradictions de leurs caractères comme dans le volet précédent, c'est peut être aussi pour ça que je n'ai pas trouvé ce film plus sombre que ça mais les deux acteurs restent quand même suffisamment bon pour qu'on passe un très bon moment.

Ce manque de charisme, Benedict Cumberbatch en John Harrison réussit cependant à le combler un peu. Très convaincant dans le rôle de ce personnage assez mythique de la franchise (sans avoir vu les films encore, son identité m'a encore plus donner envie de découvrir les premiers long métrage de la saga), l'acteur est très bon. Bien qu'il est parfois un visage un peu "lisse", il s'en sort très bien et fait un méchant convaincant. Là encore, je pense que le scénario aurait peut être pu plus exploiter ce rôle pour assombrir un peu plus le film (surtout quand on voit ses débuts dans ce film) mais ça reste quand même un personnage vachement fun.

J'ai bien aimé aussi que Zoe Saldana en Nyota Uhura soit un peu plus mis en avant et que sa relation avec Spock soit un peu plus exploité. L'actrice est elle aussi très bonne et ça m'a fait très plaisir de la retrouver de nouveau ici au même titre que John Cho en Hikaru Sulu, Karl Urban en Docteur Leonard "Bones" McCoy, Simon Pegg en Montgomery "Scotty" Scott, Anton Yelchin en Pavel Chekov (toujours excellent avec son accent) ou encore Bruce Greenwood en Christopher Pike. Retrouver cette bande est vraiment jouissif surtout que certains personnages sont amenés à bien évolué même si globalement il reste quand même un peu en retrait. Les acteurs s'en sorte très bien en tout cas et semble eux aussi retrouver leurs personnages avec plaisir.

Parmi cette bande, on à le droit aussi à Alice Eve en Docteur Carol Marcus. Cette dernière n'est pas forcément mauvaise mais j'ai eu du mal à voir une réelle utilité à ce personnage. J'ai trouvé son rôle assez inintéressant et du coup, l'actrice m'ait apparu assez fade même si dans le genre, on exploite quand même bien son côté "belle plante" de service. J'ai bien aimé sinon voir Peter Weller en Amiral Marcus. Pour le coup, lui il est extrêmement charismatique et son rôle lui va comme un gant. C'est un acteur que j'affectionne et le retrouver ici est assez plaisant même si on devine assez vite l'évolution de son personnage.

Côté mise en scène, J.J. Abrams livre une nouvelle fois une réalisation excellente que ce soit pour l'intrigue ou pour l’action. Très efficace, on en à plein la vue et on obtient le blockbuster percutant que l'on attendait. Dès la scène d'ouverture, on voit qu'il maitrise son sujet en nous proposant des angles de vues très intéressant et une bonne exploitation des différents décors qui sont à sa disposition. Les scènes d'action dans l'espace sont elles aussi très réussie. C'est parfois un peu brouillon quand l'action s'excite, un peu comme si on était en plein cœur du combat, mais ça reste très agréable à voir.

Visuellement très réussi, les effets spéciaux sont à la hauteur de nos attentes. Non en fait comme pour le reste, mon seul regret dans cette mise en scène c'est là encore ce manque de noirceur que j'aurais aimé avoir. Plus facile à dire qu'à faire j'en ai conscience, c'est bien un point de vue personnel car le film reste très bien mais j'aurais vraiment aimé que ça soit moins "propre", que le film se salisse un peu plus les mains. Les différents décors très colorés accompagnés des différents costumes n'aident sans doute pas non plus.

Quoiqu'il en soit, la photographie reste très bonne. Pas très friand de films qui se déroulent dans l'espace, j'ai quand même pris du plaisir à suivre cette aventure sans jamais m'ennuyer grâce à un montage bien ficelé et dynamique qui fait qu'on ne s'ennuie jamais. Les différentes lumières sont bien exploités (même si j'ai trouvé ça trop vif parfois mais là encore c'est que mon avis), on peut quand même peut être regretter le manque d'exploitation des créatures. On voit des klingons pendant cinq minutes, le petit compagnon de Scotty, la civilisation du début mais au delà de ça on à pas grand chose à se mettre sous la dent vu que ça reste bel et bien un combat entre Kirk et son équipage face à Harrison. La bande originale composée par Michael Giacchino reste pour sa part très agréable même si parfois les mélodies prennent un peu trop le dessus mais dans l'ensemble, cette partition suis elle aussi son cahier des charges.

Pour résumer, avec "Star Trek Into Darkness", J.J. Abrams continue dans sa lancée et nous offre un blockbuster spatial de très bon acabit qui me donne encore plus envie de voir les films d'origine. Très efficace, on en à pour son argent avec ce scénario de vengeance classique plaisant, le casting qui reprend bien ses rôles et une mise en scène soigné qui utilise bien l'humour et l'action pour nous divertir. Si j'ai quand même une petite préférence pour le volet précédent, c'est surtout parce que j'ai eu la sensation que ce film n'a pas su aller plus loin après le coup de fouet apporté dans la saga et que j'aurais aimé, vu le titre et la promesse de la bande annonce, un film beaucoup plus sombre. C'est mon simple avis, mon simple ressenti qui fait que je ne peux m'empêcher de rester quand même un peu sur ma faim. Maintenant, on va pas se mentir, ça reste excellent et j'ai quand même pris mon pied devant ce long métrage que je reverrais très certainement.

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4.0




dimanche 22 mars 2015

Still Alice



J'avais une certaine hâte de découvrir ce "Still Alice". Au-delà du simple fait que Julianne Moore peut me faire déplacer en salles, le sujet principal du film m'intéresse énormément. Du coup, c'est plutôt confiant et avec pleins de bonnes volontés que j'ai fait le déplacement vers ma salle de cinéma pour le découvrir.

Je ne le regrette pas car globalement, j'ai plutôt bien aimé ce film. Le scénario écrit par Richard Glatzer et Wash Westmoreland d'après l’œuvre de Lisa Genova n'est pas exempt de défauts mais il a su me toucher et me sensibiliser encore un peu plus sur l’Alzheimer. Dans ses principaux défauts, je retiens surtout des longueurs certaines ainsi que des éléments qui n’apportent pas foncièrement grand-chose à l'intrigue comme la passion pour le théâtre de la fille cadette. Cependant, j'ai quand même été ému et passionné par ce film.

J'ai été captivé de bout en bout et si je regrette que l'ensemble ne soit pas un peu plus dynamique dans son traitement, je ne regrette en tout cas pas une seule seconde de l'avoir découvert. J'ai beaucoup aimé voir (même si c'est montré de façon simpliste parfois) l'évolution de cette maladie et les désastres qu'elle peut provoquer chez le patient ainsi que chez ses proches. Par moment, les ellipses sont un peu brutales et un peu longue mais elles retranscrivent assez bien le sort d'Alice. Je n'ai pas appris de grandes choses sur cette maladie mais le temps d'un film, j'ai eu la sensation de vivre cette expérience aux côtés de Julianne Moore, suffisamment pour que le long métrage me touche.

Il faut dire aussi que Julianne Moore dans la peau d'Alice est juste bluffant. Je ne sais pas si elle méritait vraiment l'Oscar en 2015 (Rosamund Pike livrait elle aussi une performance incroyable) mais en tout cas elle mérite amplement les éloges qu'on a pu faire à son sujet. J'ai trouvé que l'actrice réussissait parfaitement à montrer cette évolution dans son personnage. Elle porte grandement le film sur ses épaules et le miroir que l'on peut voir lorsqu'elle se regarde en vidéo vers la fin a accentué un peu plus cet effet chez moi même si je sais que le maquillage a dû bien aidé également.

La comédienne est aussi bien entourée par un casting qui fait le job en laissant toujours notre héroïne en avant. C'est ainsi le cas d'Alec Baldwin en John que je trouve une nouvelle fois très bon. Son couple avec Julianne Moore fonctionne, j'ai aimé les failles que son rôle pouvait avoir et l'acteur m'a bien convaincu. J'ai bien aimé aussi Kristen Stewart en Lydia. Sa carrière mise en avant est peu intéressante à mes yeux mais sa "mise à l'écart" dans cette famille avec son statut un peu à part apporte quand même de bonnes choses tandis que l'actrice confirme qu'elle est belle et bien une actrice que l'on peut suivre.

Dans le reste de la distribution, Hunter Parrish en Tom ainsi que Shane McRae en Charlie Howland-Jones m'ont semblé totalement lisse et inexistant. C'est bien simple, les acteurs ne sont pas mauvais mais leurs rôles n'auraient pas été présents dans ce film que cela ne m'aurait pas choqué plus que cela. Quant à Kate Bosworth en Anna, cette dernière incarne bien la sœur ainée tête à claque au point que son personnage m'a suffisamment agacé pour que ses simples apparitions me gavent.

Côté mise en scène, le tandem Richard Glatzer (malade et décédé il y a seulement 12 jours au moment où j'écris ses lignes) - Wash Westmoreland fait quand même le minimum syndical. Les deux réalisateurs étaient en couple dans la ville et cela se ressent un peu dans ce film dans le sens où il semble avoir été mis en scène par une seule et même personne. J'ai jamais eu l'impression qu'une identité prenait le dessus sur l'autre ni même que le film partait dans deux directions différentes ce qui est une bonne chose.

C'est bien je ne dis pas le contraire mais c'est quand même très académique. Il n'y a rien de bien nouveau. C'est très linéaire, très sobre (en même temps le sujet n'a pas besoins d'artifices) et malheureusement, c'est aussi parfois un peu mou du genou. Oui, j'ai été ému mais un peu plus de peps n'aurait pas fait de mal à ce film qui devient très lent avec son montage simpliste qui n'hésite pas à faire des sauts dans le temps quand ça l'arrange.

La photographie est sinon assez belle. Je l'ai préféré à l'exploitation des décors que je trouve assez vide (la ville n'est pas exploité, la maison semble dépourvu d'âme, le centre de malade est très classique...). Quant à la fin, sans vouloir la raconter, je l'ai bien aimé. C'est étrange car en temps normal je ne suis pas un grand fan de fin brutal de la sorte mais celle-ci colle plutôt bien avec son scénario. La musique composée par Ilan Eshkeri est sinon très ennuyeuse elle aussi. Pas mauvaise, mais ça manque clairement de folie artistique tout ça même si c'est délicat avec ce sujet.

Pour résumer, "Still Alice" n'est pas la claque que j'avais espéré. Julianne Moore tient de son côté toute ses promesses mais à cause d'un scénario un peu prévisible avec un sujet si délicat ainsi qu'une mise en scène des plus académique, le long métrage n'a jamais réussi à me bouleversé. Il m'a ému car pour des raisons que je ne veux pas évoquer, le sujet me parle, mais je n'ai pas eu le gros bouleversement que j'aurais aimé avoir. Malgré tout, cela reste un bon film. Je ne regrette pas de l'avoir vu et bien que je ne sache pas encore si je souhaiterais le revoir, j'ai trouvé qu'il n'était pas inintéressant et c'est déjà ça de pris de mon côté.

3.0




Night run (Run all night)



"N'appuie jamais sur la gâchette ! Sinon, tu vaux pas mieux que moi."

Un film avec Liam « la classe » Neeson, ça peut toujours facilement me faire déplacer. Quand en plus, il est en mode badass bien jouissif, même si depuis « Taken » ça semble le déjà vu, je ne peux m’empêcher d’y prendre un certain plaisir. Du coup, c’est très naturellement que j’ai été voir sur grand écran « Night run ».

Et je ne le regrette absolument pas. Oui c’est, extrêmement classique et prévisible mais qu’est-ce que c’est bon. Que ce soit dans le traitement du sujet qui n’apporte rien de bien novateur ou dans l’apparition de Liam Neeson dans la peau du héros, le long métrage ne réserve guère de surprise. Pourtant, le scénario écrit par Brad Ingelsby a réussi à me faire passer un très bon moment.

Très académique, j’ai pris du plaisir à suivre cette nuit qui nous réserve son quota d’action, de gunfights et de courses poursuite. Si l’intrigue met un peu de temps à se lancer et que le scénario possède des longueurs certaines (cela aurait pu peut-être été plus efficace avec vingt minutes en moins…) ainsi que de nombreuses facilités, on reste quand même en présence d’un divertissement qui remplit son cahier des charges et qui nous offre globalement ce que l’on attend de lui.

Pour la distribution, Liam Neeson en Jimmy Conlon fait le boulot. Pas de grandes nouveautés pour l’acteur dans ce registre hormis sans doute le plaisir malgré tout de le voir jouer quelqu’un de bien pourri (la rédemption reste assez gentillette, ça reste un pourri qui a conscience d’en être un malgré ses quelques bonnes intentions). A ses côtés, il forme un duo plutôt plaisant avec Joel Kinnaman en Michael Conlon. Ce dernier est lui aussi très caricatural, son personnage semble jouer entre deux caractère entre sa morale et son physique qui ne semble pas toujours en accord (pas sûr d’être clair là) mais c’est sympathique.

Ed Harris a pris un petit coup de vieux mais il est lui aussi très bon dans la peau de Shawn Maguire. Classique, le comédien joue beaucoup avec son charisme naturel mais je ne vais pas m’en plaindre. Il reste plus convaincant que Boyd Holbrook en Danny Maguire, juste la tête à claque de service point barre (dans ce registre, Genesis Rodriguez en Gabrielle lui fait de la concurrence aussi…). Du côté du reste du casting, je retiens surtout Vincent D'Onofrio en Détective Harding ainsi que Holt McCallany en Frank que j’ai bien aimé même si on les voit assez peu. Common en Monsieur Price est lui aussi un bon exemple de personnage sous exploité.

Dans sa réalisation, Jaume Collet-Serra est également efficace. C’est très rythmé et même lors des temps morts, j’ai quand même trouvé des petites choses qui m’ont agréablement plu. Il y a plusieurs plans que j’ai vraiment trouvés bon et qui m’ont donné la sensation de passer un véritable bon moment de cinéma. Visuellement, il n’y a rien de bien original mais c’est quand même bien foutu.

Après, je pense qu’on aurait pu exploiter un peu plus les décors de la ville, jouer un peu plus avec les lumières et également un peu moins appuyé certains effets spéciaux qui sentent un peu trop le numérique mais pour ce genre de production, ça passe quand même. Quant à la bande originale composée par Junkie XL, elle fait ce qu’il faut pour bien s’intégrer à cette ambiance.

Pour résumer, «Night run » est un très bon divertissement d’action. Ce n’est pas très fin, même les relations père-fils sentent bon le déjà vu tandis que Liam Neeson répond encore une fois à la demande de le voir dans un film d’action mais le boulot est fait. C’est très agréable à suivre, on passe un bon moment et même si ça ne marquera pas les annales, je n’ai pas eu la sensation d’être trompé sur la marchandise. C’est un long métrage que je reverrais bien volontiers.

3.5




Big eyes



"On dirait qu'il n'y a pas que les toiles qui se retrouvent dos au mur."

Peu de temps après avoir fait le déplacement pour le dernier Michael Mann, je me suis rué vers mon cinéma pour découvrir le dernier Tim Burton, un autre cinéaste que j’affectionne. Si la bande annonce de « Big Eyes » ne m’inspirait pas grand-chose, j’avais quand même envie de le découvrir. Avant de poursuivre la lecture de cet avis, attention, celui-ci révélera sans doute quelques spoilers…

Une fois sorti de ma salle en fait, j’ai été mitigé. J’ai bien aimé, j’ai trouvé que c’était plutôt correct mais pas à la hauteur d’un Tim Burton. Le scénario écrit par Scott Alexander et Larry Karaszewski n’est pas mauvais, il nous offre une reconstitution acceptable ainsi qu’une petite touche d’humour fort plaisante tout en accentuant le drame et le côté pathétique de cette histoire mais je n’ai cependant jamais réussi à être véritablement emballé.

Le problème en fait, c’est qu’aussi intéressante que puisse paraître cette histoire, elle ne révèle aucune surprise. Tout est assez prévisible. Je ne connaissais pas cette histoire vraie à la base mais dès le début, j’ai vite deviné le côté manipulateur de Walter. Le scénario s’acharne d’ailleurs tellement à le faire passer pour quelqu’un de faux que le procès final (bien qu’assez marrant et finissant le film avec un peu plus de peps) tombe comme un soufflé. Après nous avoir dépeint pendant tout le film quel escroc pathétique Walter était vis-à-vis de Margaret, on se doute vite que cette dernière a gagné son procès même si on est néophytes dans ce sujet (on va pas nous dire que c’est un voleur de propriété pour nous dire à la fin qu’au fond c’est bien lui qui peignait les tableaux. Un tel parti pris nous laisse tout de suite penser que ce tribunal l’a jugé coupable et que cela justifie le traitement fait à son personnage).

Du coup, j’ai eu l’impression de suivre un film assez plat, assez linéaire, qui ne m’a jamais transporté. Niveau biopic chez Tim Burton, je n’ai pas retrouvé la magie, ni la folie que pouvait avoir « Ed Wood » par exemple (film que j’adore). Après, le fond du sujet sur l’art, la façon qu’a le grand public de vivre l’art et son exploitation reste intéressante. J’ai d’ailleurs trouvé que par moment Tim Burton semblait vouloir se défendre un peu des différentes critiques qu’il avait pu recevoir dernièrement (c’est mon interprétation, je peux me tromper…).

En tout cas, ça fait du bien de voir que pour la distribution, Tim Burton apporte un peu de sang frais à sa filmographie. Exit les Johnny Depp et autre Helena Bonham Carter. Place à Amy Adams et Christoph Waltz (respectivement Margaret Keane et Walter Keane) et c’est une excellente chose. Les deux acteurs s’intègrent très bien dans ce récit, il forme un bon couple et j’ai trouvé qu’il y avait un très bon équilibre entre la soumission de l’une et la folie des grandeurs ainsi que la domination de l’autre. L’évolution se fait même de façon assez fine, le couple étant presque burlesque au début pour vite devenir assez angoissant comme lors de la scène avec les allumettes.

Derrière ce couple, le reste du casting n’est pas en reste. Il n’y a personne qui tire la couverture vers soi mais chacun fait ce qu’il faut pour paraître crédible dans ce monde et convaincant. Danny Huston en Dick Nolan m’a ainsi bien plu. Je pense même que cela aurait été un peu plus intéressant d’exploiter son côté narrateur car du coup par moment on doute de l’utilité de ce style narratif. On a l’impression que cela comble des trous plus qu’autre chose afin de facilité les transitions entre certaines scènes. On les voit peu mais Terrence Stamp en John Canaday tout comme Jason Schwartzman en Ruben sont eux aussi très bon. Le personnage de DeeAnn qui va incarner l’émancipation féminine à une époque où le sujet est tabou (un autre thème intéressant du long métrage) est également bien interprété par Krysten Ritter.

Sinon, le film est bon. Non, c’est vrai, c’est bien filmer, les cadres sont bien fichus, le monde de l’art est montré de façon amusante même si parfois c’est assez caricatural (confère la galerie de Ruben) mais le gros problème, c’est qu’aussi bien foutu que ce soit, on ne reconnait pas la patte de Tim Burton. De ce cinéaste, j’attendais quand même un tout petit peu plus de folie.

J’ai apprécié qu’il change un peu de registre comparé à ce qu’il avait pu nous montrer ses dernières années (un tremplin pour ses futurs projets ?) mais j’aurais apprécié qu’il marque ce long métrage de sa patte. Ici, cela aurait pu être filmé par un réalisateur lambda de qualité qu’on n’aurait pas forcément identifié une quelconque signature. Il y a bien deux ou trois passages où Tim Burton montre qu’il est là comme la scène dans le supermarché mais c’est bien trop peu.

Comme si cela ne suffisait pas, c’est quand même un peu mou du genou parfois. On se demande quand le film va vraiment décoller avant de se rendre compte que l’avion roulera uniquement sur le tarmac sans jamais prendre son envol. C’est un brin frustrant car je pense sincèrement que le réalisateur aurait pu insuffler plus de folie dans ce film surtout que les peintures de Margaret Keane ont sans aucun doute influencé un peu sa carrière.

C’est donc de la frustration que je retiens mais encore une fois, c’est quand même très bien ficelé. Pas du niveau que j’attendais mais bien réalisé malgré tout. Les décors sont eux aussi pas mal du tout, je me suis bien plongé dans la fin des années 50 et les années 60. Les costumes ainsi que les différents maquillages m’ont bien plu également. La musique signée Danny Elfman manque elle aussi sinon d’un peu de folie. Ce n’est pas détestable mais on a quand même connu des collaborations Burton – Elfman plus inspirées.

Pour résumer, « Big Eyes » n’est pas un mauvais film. Il est même bien foutu et intéressant par moment malgré sa forme assez plate, assez classique. C’est surtout dommage que Tim Burton n’est pas su véritablement donner une identité et une signature à ce film. Ce biopic peine à se démarquer du lot, il reste très prévisible et du coup je suis sorti de ma projection un brin frustré même si j’ai eu la sensation de voir un bon film et ça, c’est vraiment dommage.

3.0




Hacker (Blackhat)



"- Je ne suis pas en train de négocier.
- Ouais et bien moi si !"


Bien que je n’ai pas la prétention d’avoir vu toute sa filmographie (même si c’est un projet que je prépare ), je suis un grand admirateur du travail de Michael Mann et bien qu’il n’est, à mes yeux, pas fait que des chefs d’œuvre, son simple nom derrière la caméra peut me faire déplacer en salles. C’est donc de façon très naturelle que je me suis dirigé vers mon cinéma pour découvrir son « Hacker ».

Au début, j’ai eu un peu peur. La scène d’ouverture poussive est un peu pénible et j’ai tout de suite eu comme craintes que le film soit du même acabit. Heureusement pour moi, la suite fut d’un autre niveau à mes yeux avec l’apparition du personnage de Nicholas Hathaway et bien que le long métrage possède des longueurs certaines, j’ai néanmoins été captivé de bout en bout.

Le scénario écrit par Morgan Davis Foehl et Michael Mann à pourtant quelques facilités. Il y a bien quelques passages qu’on pourrait réduire voir même enlever. Je pense aussi aux différentes facilités scénaristique qui font que l’enchainement de l’intrigue apparait parfois un peu simpliste mais au final, bien que j’ai eu conscience de la durée du film qui dépasse les deux heures, je n’ai jamais eu la sensation de véritablement m’ennuyer.

En fait, j’ai tellement été pris dans cette intrigue, que je pense que ma note ressentie aurait même pu être un peu plus élevé. Cependant, dans sa conclusion, j’ai quand même ressenti une légère frustration. Le grand méchant n’est pas à la hauteur de mon attente durant tout ce récit et la fin m’a semblé pas assez percutante. Après, ça reste qu’un petit détail car vraiment, le spectacle proposé m’a vraiment beaucoup plu.

Concernant les thèmes de ce scénario, Michael Mann s’attaque une nouvelle fois à un nouveau monde parallèle avec celui des hackers. Le sujet est d’actualité surtout lorsque l’on voit les capacités techniques de ses personnes mais force est quand même de constater que l’on apprend rien de bien nouveau. Il manque peut-être un petit truc en plus que je ne saurais expliquer pour faire la différence.

C’est toute ses petites choses qui font que malgré la joie qu’à provoquer mon visionnage (je suis sans doute pas objectif non plus avec Michael Mann…), après ma projection j’ai eu la sensation de rester un peu sur ma faim malgré l’excellente qualité du film. Les attaques commençaient bien mais quand on voit la finalité c’est vraiment un peu frustrant je trouve tout comme la romance dont je comprends la présence même qui n’est peut-être pas foncièrement utile ici.

Si Michael Mann me fait déplacer en salles, ce n’est pas forcément le cas de Chris Hemsworth. Je n’ai rien contre l’acteur (il y a même quelques films avec lui que j’aime bien) mais jusqu’à présent, il ne m’a pas non plus emballé plus que ça. Ici, il ne déroge pas à la règle. Il est pourtant excellent en Nicholas Hathaway, il fait le job et porte bien le film sur ses épaules mais sa prestation n’est pas pour autant mémorable. Elle est excellente mais pas transcendante ou particulière (je ne sais pas trop si je suis clair dans mon avis sur ce coup-là ^^ ).

C’est la même chose également concernant Tang Wei en Lien Chen. L’actrice fait le boulot mais rien de bien marquant pour autant. Après, je ne sais pas si c’est moi, mais j’ai fait un blocage vers la fin avec son regard. J’avais l’impression qu’elle louchait (sans doute une illusion d’optique) et ça m’a un peu déstabilisé mais sans remettre en cause quand même son rôle.

En revanche, j’ai énormément aimé Leehom Wang en Chen Dawai. Le comédien est très charismatique, il a beaucoup de classe et je regrette même qu’on ne le voit pas un peu plus. On utilise bien sa complicité avec le personnage de Chris Hemsworth mais plutôt que de mettre parfois en avant la romance de Nicholas avec la sœur, j’aurais aimé que l’on joue plus avec l’amitié qui l’unit avec Chen Dawai.

Le reste de la distribution est sinon très agréable. Je ne m’attendais pas à retrouver Viola Davis ici mais dans la peau de Carol Barrett, elle est assez convaincante. Même si par moment il est anecdotique, j’ai bien aimé aussi Holt McCallany en Mark Jessup. Parmi les autres rôles secondaires, je retiens Ritchie Coster qui fait un très caricatural (mais pas dérangeant) Ellias Kassar tandis que Yorick Van Wageningen en Sadak est bon mais pas à la hauteur de mes attentes dans son traitement et son interprétation.

Niveau mise en scène, je suis une nouvelle fois très admiratif du travail de Michael Mann. Ce n’est pas forcément très original chez lui, on reconnait la patte du réalisateur mais cela reste très propre et très agréable à voir. Il y a bien quelques scènes caméra à l’épaule qui m’ont un peu dérangé (je ne suis pas très fan de cette façon de filmer) mais c’est vraiment trop peu pour me faire sortir du film. Au-delà de la scène d’ouverture (j’entends par là toute la vision dans le circuit imprimé), le long métrage fut vraiment très plaisant à voir.

Faut dire aussi qu’une nouvelle fois là encore, il y a un sacré travail qui a été fait sur la photographie. Cette dernière est magnifique. Elle met très bien en avant les différents décors du récit (c’est un projet très ambitieux pour Michael Mann), elle nous fait voyager avec les protagonistes et il y a un jeu de lumière que j’ai trouvé impeccable.

Du point de vue du montage, comme je le dis un peu plus haut, le film est assez long. Son rythme un peu lent peut provoquer l’ennui si on n’adhère pas au projet (ce qui ne fut pas mon cas heureusement). Je pense sincèrement que l’on aurait pu faire abstraction de certaines scènes et en réduire d’autres sans que cela fasse baisser l’intensité du long métrage bien au contraire.

Quant à la bande originale, elle est composée par Harry Gregson-Williams (même si celui-ci a déclaré après la sortie du film que quasiment aucune de ses partitions n’a été utilisé) et Atticus Ross. Je trouve qu’elle colle bien avec cette histoire. Là aussi, on sent qu’on est dans un film de Michael Mann mais cela ne me choque pas outre mesure. Ce n’est peut-être pas une musique que je vais aimer écouter en dehors du film mais dans le film en lui-même, c’est une bande originale que je trouve plutôt bien pensé et utilisé de façon efficace afin de contribuer à l’atmosphère générale qui se dégage de ce projet.

Pour résumer, même si ce n’est sans doute pas mon film préféré de Michael Mann et bien que je veuille reconnaître que je ne suis pas totalement objectif avec ce cinéaste, « Hacker » m’a vraiment énormément plu. Ce n’était pas gagné d’avance dans les premières minutes du long métrage mais par la suite j’ai vraiment été captivé et j’ai pris du plaisir à suivre ce film. Il y a des longueurs et la fin n’est peut-être pas à la hauteur du projet mais c’est un film efficace qui a su me plonger dans son sujet et que je reverrais certainement avec un grand plaisir je pense.

4.0




Lazarus effect (The Lazarus Effect)



Bien que ça n’avait pas l’air de voler bien haut, la bande annonce de « Lazarus effect » avait attisé ma curiosité. Du coup, dès que j’en ai eu l’occasion (traduction : Dès que j’ai pu chopper une séance sans pré-pubère excité au moindre jump scare et n’hésitant pas à brailler dans la salle), j’ai été voir ce film en espérant passer simplement un bon moment devant un film d’épouvante.

Ce fut assez laborieux mais au final, tout n’est pas à jeter. Je me fais peut-être l’avocat du Diable après avoir lu de nombreux papiers qui me descendait ce film mais au final, j’ai quand même réussi à suivre ce scénario écrit par Luke Dawson et Jeremy Slater. Rien de bien original, on n’a de cesse de penser à d’autres œuvres, à retrouver des ficelles et des facilités déjà exploités à de maintes reprises mais une fois qu’on se laisse prendre au jeu, ça reste quand même regardable.

En fait, c’est surtout le début qui est assez pénible avec tous ses dialogues lourds et inutiles pour tenter de rendre crédible leur récit. On s’en moque un peu mais une fois que l’histoire est véritablement lancé, ça passe un peu mieux et ça malgré le débat facile et fade sur la vie après la mort ainsi que l’Homme qui se prend pour Dieu…

La distribution n’a rien de bien transcendant mais chacun fait ce que l’on attend de lui. A titre personnel, même si là aussi on joue sur des facilités, j’ai quand même bien aimé Olivia Wilde en Zoé, surtout une fois qu’elle revient d’entre les morts. Ses regards, sa posture et son maquillage sont très classique mais ça m’a plu.

Le reste, c’est assez prévisible. On ne croit pas trop au personnage de Frank (même Mark Duplass semble ne pas trop y croire) tandis que Sarh Bolger en Eva fait juste gentillet. Donald Glover en Niko ainsi que Evan Peters en Clay faisant principalement de la caricature appuyé sans grand intérêt si ce n’est d’avoir de nouvelles victimes potentielles pour la terreur qui nous réunit ici.

La réalisation de David Gelb joue bien également sur les clichés. Ça reste bien fait même si il n’y a rien de bien nouveau aussi. Je vais pas trop m’en plaindre, pour une fois qu’on n’a pas de found footage et une réalisation à la Parkinson, je ne vais pas être trop exigent pour le coup. Ça se laisse regarder et la courte durée du film fait en sorte qu’on n’a pas trop le temps de s’ennuyer malgré le début très poussif.

Les décors m’ont bien plu aussi avec ce quasi huis-clos dans ce laboratoire même si, le même laboratoire montre ses faiblesses dans son exploitation lors des scènes finales où le réalisateur semble peu inspirer pour varier ses plans. Quant à la musique composée par Sarah Schachner, elle ne m’a fait ni chaud, ni froid. Elle est là, elle emballe le truc mais ce n’est pas un papier cadeau que l’on aura envie de garder à mon sens.

Pour résumer, j’en attendais tellement pire au regard de certains échos que j’ai pu avoir que ce « Lazarus effect » est plutôt bien passé de mon côté. C’est vite oubliable, c’est très prévisible et dans le genre, on retrouve toutes les ficelles dans ce film mais à suivre, je n’ai pas trouvé ça trop détestable. C’est très loin d’être parfait mais j’ai vu plus honteux et je pense que c’est le genre de film de deuxième partie de soirée que je pourrais revoir du coin de l’œil sans trop vouloir me forcer. C’est déjà ça…

2.5




Kingsman : Services Secrets (Kingsman: The Secret Service)



"C'est à ses manières qu'on juge un homme. Vous savez ce que cela signifie ? Je vais vous donner une leçon... On reste plantés là ou on se bats ?"

« Kingsman : Services secrets » faisait partie des films de la semaine que je voulais absolument voir. Entre sa bande annonce démente et son casting qui me plaisait beaucoup, j’avais tellement d’attente à son sujet que j’ai retardé mon visionnage pour être sûr de pouvoir le voir en version originale.

Et l’attente en valait largement la peine. C’est bien simple, j’ai adoré. Ni plus, ni moins. J’ai trouvé le film dément. Je me suis amusé de bout en bout devant ce scénario écrit par Matthew Vaughn et Jane Goldman d’après l’œuvre de Mark Millar et Dave Gibbons. Je n’ai pas lu le roman graphique d’origine mais après avoir vu ce long métrage, ce n’est pas l’envie qui me manque.

C’est drôle, il y a de l’action, on en a pour notre argent et à aucuns moments, on s’ennuie. Parodie des films d’espionnages qui s’assument totalement, le résultat final est complétement déjanté avec de multiples références et autres clins d’œil qui plairont très certainement aux amateurs du genre.

C’est bien simple, j’ai retrouvé une vraie âme de gosse devant ce film. Peu importe les facilités, le film joue avec et elles font aussi partie de ce qui rend ce film si jouissif. On est en présence d’un cartoon version live et comme je me suis laissé prendre au jeu, mon visionnage n’en fut que meilleur.

Si le résultat est jouissif, c’est aussi parce que le casting est excellent. On est dans la surenchère, on n’est dans le cabotinage et dans la caricature mais là aussi on en joue énormément à tel point que cela fonctionne à merveille. J’avais quelques craintes vis-à-vis de Taron Egerton en Gary 'Eggsy' Unwin mais il m’a très vite fait oublié mes craintes. Très à l’aise avec son personnage, j’ai beaucoup aimé son évolution et le traitement de son personnage.

De même, j’ai beaucoup aimé la complicité qui s’est lié avec Colin Firth en Harry Hart / Galahad. Quel plaisir d’ailleurs de voir ce dernier dans ce genre de production. Entre sa classe britannique et son excellent jeu, le comédien semble très à l’aise dans ce registre. Quant à Samuel L. Jackson en Richmond Valentine, c’est sans doute celui qui en fait le plus dans la surenchère, dans le surjeu… mais là aussi bizarrement ça marche. Ça colle à merveille dans ce délire au point que même son zozotement devient fun (du moins dans sa version originale…).

Le reste du casting fait le boulot sinon avec notamment un très bon Mark Strong en Merlin qui s’envole encore un peu plus dans le final en prenant une autre dimension. Michael Caine en Arthur est lui aussi sympathique tout comme Sofia Boutella en Gazelle dont on aurait aimé en savoir quand même un peu plus à son sujet (je pense surtout à ses origines). Je retiens aussi Sophie Cookson que j’ai trouvé agréable en Roxy et le plaisir, même si il n’est pas transcendant, de revoir Mark Hamill dans la peau de James Arnold.

Si je partais confiant pour ce projet, c’est aussi pour la présence de Matthew Vaughn derrière la caméra. C’est un cinéaste que j’affectionne, qui m’a déjà procuré pas mal de plaisir en salles et j’étais vraiment curieux de voir son dernier projet en date. On peut dire que le bonhomme ne m’a une nouvelle fois, pas déçu du tout.

Sa mise en scène explosive s’adapte très bien à ce sujet. Sa caméra semble se baladé dans ce récit avec de multiples plans que j’ai trouvé géniaux comme la fameuse scène dans l’église ou celle de l’explosion mais je n’en dirais pas plus de peur de spoiler. Le cadrage est efficace, les combats sont millimétrés et d’une précision extrême (même lors d’une bataille brouillone tout semble clair et limpide) tandis que la photographie s’avère être parfaite.

Dans le visuel, on joue beaucoup sur la surenchère aussi avec des incrustations qui se font sentir et des effets spéciaux qui appuie à fond dans l’exagération… mais là encore, c’est aussi ça qui rend ce film plaisant. J’ai beaucoup aimé aussi les différents décors tout comme les costumes que j’ai trouvé très bon et collant bien aux caractères respectifs des différents personnages.

Mention spéciale également pour la bande originale composée par Henry Jackman et Matthew Margeson qui est elle aussi démente. C’est bien simple, il n’y a pas une seule musique ni même une seule chanson que je n’ai pas aimé. Chaque partie de cette bande originale (même les chansons les plus connues) semble avoir été écrite pour ce long métrage tant le choix judicieux de cette dernière colle à chacune des différentes scènes du film.

Pour résumer, c’est bien simple « Kingsman : Services secrets » fut pour moi une bonne claque cinématographique. C’est bourré de facilités, de caricatures, de surenchères à tous les niveaux mais c’est tellement assumé que si l’on adhère au concept, on ne peut que passer un excellent moment devant ce divertissement qui nous offre tout ce que l’on est en droit d’attendre de ce genre de production. A titre personnel, je n’ai pas vu le temps passé et même avec un peu de recul, je ne vois vraiment pas d’éléments que je pourrais trouver négatif. C’est un cartoon live totalement déjanté, réussi à tous les niveaux et si je devais le résumé en un seul mot, quitte à me répéter, je crois bien que ce serait : « Jouissif » .

5.0




Non-stop



"Comment peut-on tuer quelqu'un dans un avion bondé sans se faire prendre ?"

Bien que je garde le souvenir en tête d’un divertissement assez simpliste mais efficace, je n’avais pas revu « Non-stop » depuis sa sortie en salles. Profitant que le film était diffusé de nouveau sur Canal Plus, je me suis donc fait un nouveau visionnage en espérant me divertir une nouvelle fois.

Et ce fut le cas. Mon opinion au sujet de ce film n’a pas changé d’un iota. Le scénario écrit par John Richardson, Chris Roach et Ryan Engle n’est pas bien exceptionnel mais il remplit son cahier des charges. Très vite, on devine les principaux traits de caractère de notre héros torturé, très vite on devine qui va être mis en position difficile et partant de ce constat, on ne m’a pas trop menti sur la marchandise.

Le huis-clos fonctionne bien et même si je reconnais que le traitement aurait pu être travaillé de façon un peu plus subtil, je me suis de nouveau laisser prendre au jeu avec un certain plaisir sans voir le temps passé. Mon seul bémol reste le même à savoir son final qui pour le coup est beaucoup trop prévisible et lourd pour réellement me convaincre sans pour autant m’avoir gêné dans le visionnage de mon film.

Sinon pendant ce temps-là, Liam Neeson fait du Liam Neeson. Dans la peau de Bill Marks, le comédien exploite son rôle de héros badass qu’on lui connait depuis « Taken ». Ça lui va bien, c’est toujours jouissif de voir sa classe mettre des tatannes aux méchants mais bon, on sent quand même un peu trop la redite. Le scénario exploite son nouveau statut d’acteur de film d’action et Liam Neeson fait le job ni plus ni moins.

A ses côtés Julianne Moore en Jen Summers est assez plaisante (j’apprécie beaucoup cette actrice) même si son personnage est pas foncièrement utile et intervient un peu trop comme un cheveu dans la soupe de façon peu crédible. Le reste de la distribution fait aussi ce que l’on attend d’elle sans réelle surprises, chaque comédien jouant avec les clichés de son personnage.

Jaume Collet-Serra signe sinon une réalisation assez efficace. Il joue bien avec les codes du genre, son montage est assez rapide ce qui fait qu’on ne s’ennuie jamais et même si certains effets visuels font un peu trop téléfilm de seconde partie de soirée (comme l’utilisation des textos qui apparaissent à l’écran), je me suis quand même laissé prendre au jeu.

Visuellement, on n’a pas de claques, les incrustations sont même parfois douteuses mais pour ce genre de programme cela ne me dérange vraiment pas plus que cela. L’avion est parfaitement exploité (même si on a du mal à croire que l’on peut tuer quelqu’un toutes les vingt minutes sans aucuns soucis), la caméra étant toujours bien positionné tandis que la bande originale de John Ottman enrobe le tout sans grande folie musicale.

Pour résumer, « Non-stop » est loin d’être un film parfait. Dans son genre, il est même assez classique dans le fond et dans la forme. Cependant, même avec un casting peu inspiré qui reste dans quelque chose de très conventionnel, le cahier des charges semble à mes yeux respecté. C’est divertissant, je m’amuse bien et comme lors de ma projection en salles, mon visionnage ne fut pas déplaisant ce qui me laisse penser que je pourrais de nouveau aisément le revoir lorsque je veux voir un film sans me prendre la tête, juste pour me vider l’esprit.

3.5




American sniper



"Ils vont te cramer si tu te plantes."

A mes yeux, un film de Clint Eastwood est toujours un petit événement en soi et même si ses derniers temps, je n’ai pas pris de claques avec lui, ce cinéaste continue malgré tout de me faire déplacer en salles.

J’avais bien un peu peur de m’ennuyer devant ce film mais fort heureusement, ce ne fut pas le cas. J’ai été pris du début jusqu’à la fin par cette histoire que je trouve passionnante. Bien entendu, le film regorge de patriotisme et l’on glorifie le héros américain dans toute sa splendeur, héroïque et prêt à mourir pour la patrie mais au-delà de ça, j’ai trouvé que le traitement était quand même très bon. Même si parfois c’est un peu trop lisse, j’ai aimé nous montrer le combat de ses hommes que ce soit pendant la guerre mais aussi à leurs retours au pays. Je ne vais pas rentrer dans les différentes polémiques que le film a pu susciter mais c’est en tout cas un long métrage qui m’a vraiment fasciné et dont seule la fin, un poil expéditif, m’a un peu frustré.

Devant la caméra, Bradley Cooper est convaincant en Chris Kyle. Il possède son charisme naturel et même si son interprétation aurait pu être poussé davantage je pense (au niveau de sa « folie » lorsqu’il rentre aux pays, cet aspect est surtout intense grâce à la musique), j’ai beaucoup aimé le suivre dans ce film. J’ai bien aimé aussi son couple avec Sienna Miller qui fait une Taya Renae Kyle assez fraîche et émouvante dans son évolution. Le reste du casting derrière suit bien aussi.

Quant à la réalisation de Clint Eastwood, elle est impeccable. J’ai trouvé que c’était très propre, très agréable à suivre, que les scènes de combats étaient très nette et tout cela a beaucoup contribué à ce que je reste captivé de bout en bout. Fidèle à ses habitudes, on retrouve un rythme un poil lent, le film à quelques longueurs, mais je ne me suis jamais véritablement ennuyé. Je me suis senti pris aux combats et cette histoire m’a vraiment transporté avec elle. Même la musique m’a semblé en bonne harmonie avec cette œuvre.

Pour résumer, « American sniper » ne fait sans doute pas parti de mes films préférés de Clint Eastwood réalisateur. Cependant, cela faisait un petit moment maintenant que l’un de ses films ne m’avait pas autant plu. Il y a des défauts je le nie pas, des défauts très typique à ce genre de production américaine, mais c’est un long métrage que j’ai grandement apprécié et qui contribue aussi pour sa part à nous montrer les ravages qu’une guerre peut commettre que ce soit sur le champ de bataille ou en dehors. Un excellent film.

4.0




Timbuktu



"Où est la clémence ? Où est le pardon ? Où est Dieu, dans tout cela ?"

« Timbuktu » est un film qui attisait ma curiosité. J’avais envie de me le programmer mais je n’arrivais pas à le caser. On ne va pas se mentir, son sacre aux Césars a poussé davantage ma curiosité. Du coup, profitant que le film était encore à l’affiche dans l’un de mes cinémas, je n’ai pas hésité dès le lendemain de la remise de ses prix pour aller le voir dans une salle complète, la médiatisation des Césars faisant que je n’étais pas le seul à avoir envie de le voir.

Et je ne le regrette pas. C’est assez proche de l’image que je m’en faisais et j’ai passé un bon moment. Je n’irais pas jusqu’à dire que le long métrage mérite l’ensemble de ses statuettes mais je comprends aisément ce qui a pu plaire à ceux qui ont voté pour lui. Le scénario est assez intéressant. Le contraste entre la religion et ses terroristes offre un débat que je trouve intéressant. A la fois très dur par moment mais aussi très touchant, j’ai du coup été transporté par ce film, peut être parfois un peu manichéen dans son traitement mais qui vaut le coup d’œil.

Les différents acteurs m’ont bien plu aussi. J’ai cru en leurs personnages et il n’y a personne dont le jeu m’ait choqué. Le fait que ce ne soit pas des acteurs que je connais à bien joué aussi sur le fait que j’ai trouvé l’ensemble crédible. J’ai aimé notamment Ibrahim Ahmed dit Pino en Kidane, la jeune Layla Walet Mohamed en Toya aussi est très bonne. J’ai eu la sensation de suivre une « tranche de vie » (même si je sais que l’ensemble est polissé pour les besoins du film) en ne voyant pas les comédiens mais juste les rôles qu’ils incarnent à l’écran.

La réalisation de Abderrahmane Sissako est sinon correcte. Je ne lui aurais pas donné le César de la meilleure réalisation mais bon c’est quand même propre et facile à suivre. Le film doit en fait beaucoup je pense à la photographie que j’ai trouvé vraiment belle ainsi qu’à la lumière qui nous plonge bien dans ses paysages et ses décors qui ont pas mal de charmes je trouve. Le montage reste sinon efficace. J’ai trouvé le film ni trop long, ni trop court, juste comme il le faut même si parfois je n’ai pas saisi les transitions que l’on faisait. Reste la bande originale d’Amine Bouhafa que je trouve très belle ainsi que la chanson de Fatoumata Diawara que je trouve encore plus belle.

Pour résumer, il m’aura fallu du temps mais je ne regrette vraiment pas d’avoir découvert ce « Timbuktu ». Sa surenchère aux Césars me parait un peu surestimé (en même temps ça ne m’étonne plus avec cette cérémonie) mais c’est un film très intéressant et poignant que j’ai beaucoup aimé. Si son fond ne mérite pas forcément un traitement en salles, je ne suis en tout cas pas déçu de l’avoir vu sur grand écran car j’ai beaucoup aimé la photographie et la lumière de ce long métrage. Son débat sur la religion et la persécution des extrémistes capables des pires atrocités au nom d’un Dieu est plutôt pas mal et je pense même que je le reverrais plus tard pour voir si une seconde lecture me fait le même effet. Cela reste en tout cas un très bon film à mes yeux.

3.5




Vincent n'a pas d'écailles



"Une bétonnière... Une bétonnière..."

Amateur de super héros, « Vincent n’a pas d’écailles » avait tout pour attiser ma curiosité à commencer par sa bande annonce (extrait ?) énigmatique qui ne laissait pas de doutes : Oui c’est un film français et non, contrairement à ses homologues américains, il n’y aura pas de surenchères visuelles. J’avais quelques craintes mais je voulais tester cette expérience.

Et j’ai plutôt bien fait car en termes d’expérience, cela en est vraiment une. Bon, je ne vais pas vous mentir mais durant les vingt premières minutes de ce film assez court, je me suis un peu ennuyé. Le film avait un pouvoir fascinant, on se demandait où il voulait en venir mais je me faisais quand même un peu chier. Puis, Vincent rencontre Lucie et là, le film a commencé à nettement plus m’intéressai. Il a même réussit à justifier ses vingt premières minutes un peu pénible je trouve.

Vincent n’est pas un super héros, ce n’est pas non plus un monstre (voilà pourquoi il n’a pas d’écailles), c’est juste un homme lambda qui se voit doté d’un pouvoir un peu particulier qui le fait vivre en marge de la société. Pas d’explications à ce pouvoir, pas de grandes quêtes héroïques, pas de méchants vilains à combattre, juste un homme qui vit avec sa différence. Cette façon de crédibiliser son récit fantastique, de rendre le personnage au même niveau que le spectateur s’avère une brillante idée. Bien sûr, on pourra toujours dire que l’on pouvait aller plus loin, qu’on aurait pu exploiter un peu plus ce personnage mais l’inséré comme un simple fait divers et essayer de le voir vivre avec sa timidité rend l’histoire assez tendre avec un brin de naïveté qui m’a bien plu, le fantastique devenant simplement un simple artifice agréable qui n’étouffera jamais son sujet.

Pour incarner Vincent, Thomas Salvador est parfait. Physique assez commun (même si je lui trouve du charme), rien ne le prédestine à être héroïque. C’est Monsieur Tout le monde et ce visage inconnu (du moins à mes yeux) rend son personnage encore plus fort. On a tout de suite envie d’être potes avec lui et lorsqu’un obstacle va se mettre sur sa route (un obstacle très banal car encore une fois, pas de supers vilains ici), on éprouve l’envie qu’il s’en sorte car Monsieur Tout le monde ne demande rien à personne et qu’il ne mérite pas qu’on s’acharne sur lui.

Face à lui, je suis tombé amoureux de Vimala Pons qui fait non seulement une sublime Lucie mais qui en plus s’avère être aussi très touchante dans son personnage fragile également. Vincent et Lucie forme un couple frais, tendre, naïf, innocent… On veut les aimer et même si pour eux aussi il y a aucune surenchère dans la romance aussi, la fraicheur de leur couple fonctionne. Entre les deux comédiens, il y a vraiment une belle alchimie qui opère. Derrière, le reste de la distribution fait le job. Youssef Hajdi sort un peu du lot en Driss mais que très légèrement et sans jamais voler la vedette à notre couple et notre héros principal.

Thomas Salvador est aussi présent derrière la caméra. Ce que j’ai vu, j’ai beaucoup aimé. Les vingt premières minutes sont pénibles (et encore, après elles se justifient je trouve) mais après, ça se suit avec un certain plaisir. L’absence de surenchère pour installer ce récit comme si il s’agissait de quelque chose de normal m’a vraiment beaucoup plu. Tout est dans la simplicité mais ça marche et même si la symbolique de l’eau est appuyée, le cinéaste nous filme certains plans avec beaucoup de beauté et de poésie. J’ai beaucoup aimé ainsi les différents décors mais également les effets visuels très léger mais vraiment bien foutus. La bande originale se fait elle aussi très discrète le film préférant jouer avec les bruits de l’eau et de l’environnement qui nous entoure mais les quelques notes musicales que l’on peut entendre s’intègre très bien au récit.

Pour résumer, « Vincent n’a pas d’écailles » fut pour moi une bonne surprise. Ce n’était pas gagné d’avance, j’ai même eu très peur au début mais petit à petit, j’ai été emporté par ce film que j’ai grandement aimé et que j’ai même plus apprécié par la suite avec le recul après ma projection. Loin de ses modèles américains, le cinéma français nous propose une version alternative certes moins classe, moins glamour et moins luxueuse du monde des super héros mais une version malgré tout tendre et riche en poésie que je recommande quand même. Sans artifices, le film aurait pu aller plus loin, développer certains points davantage mais il reste quand même très intéressant et je pense que je pourrais même le revoir avec un certain plaisir car il ne m’a pas laissé totalement indifférent.

3.5




Le grand tournoi (The Quest)



"Tant qu'ils hurlent, c'est que le petit est encore en vie..."

Après « Coups pour coups », j’ai eu envie de me faire un autre Jean Claude Van Damme que j’avais enregistré sur ma box lors de son dernier passage à la télévision à savoir « Le grand tournoi ». Ça faisait un moment maintenant que je ne l’avais pas revu et une piqûre de rappel ne pouvait me faire que le plus grand bien.

Et pour du plus grand bien, c’est ce que j’ai eu. En effet, outre une nouvelle fois le fait de retrouver mon âme d’adolescent devant ce genre de film, j’ai continué à prendre mon pied devant ce scénario assez jouissif dans son genre. Bien que le fameux tournoi (et les scènes de combats qui vont avec) fait son apparition après une bonne heure de film (on a quand même quelques petits combats sympathique avant ça), j’ai beaucoup aimé ce film d’aventures léger qui se regarde sans prise de tête.

Prévisible, jouant avec les clichés et rappelant même quelques autres longs métrages de Van Damme on s’amuse beaucoup devant tant de bonnes intentions. On sent qu’on a voulu nous faire un divertissement honnête et dans son registre, il est plutôt de très bonne facture. S’il manque peut-être de quelques répliques marquantes, le scénario reste quand même assez drôle aussi avec son lot de personnages auquel on aime s’attacher malgré leurs défauts.

Et pour incarner ses différents personnages, le casting est plutôt judicieux. Il y a bien sûr Jean Claude Van Damme, véritable attraction du film, qui fait bien le boulot dans la peau de Christopher Dubois. Même en surjouant, son rôle est attachant et devant tant de bonnes volontés, on ne peut que se laisser prendre au jeu. Face à lui, Roger Moore en Edgar Dobbs est lui aussi parfait. Il apporte beaucoup d’humour au film et c’est assez sympathique de le voir jouer un tel personnage qui possède d’ailleurs également une bonne complicité avec Jack McGee en Harry Smythe même si l’utilité de ce dernier n’est pas forcément prouvée.

J’ai beaucoup aimé aussi revoir James Remar, un acteur que j’affectionne, en Maxie Devine. Sinon les différents combattants on la gueule de l’emploi (mention spéciale au grand méchant de Mongolie) et chacun use et abuse avec une certaine délectation des stéréotypes de leurs rôles (mention spéciale à l’espagnol et au japonais). Seule Janet Gunn peine à trouver sa place dans ce casting, l’actrice est juste là pour faire jolie et apporter une touche féminine mais bon, ce n’est pas bien méchant vu que le scénario n’est pas ce qui nous motive le plus lorsque l’on décide de regarder ce genre de film.

Investi totalement dans ce projet, on retrouve aussi Jean Claude Van Damme derrière la caméra. Le bougre s’en sort plutôt bien. A l’image de son scénario, sa mise en scène est bourrée de clichés et de facilités mais c’est vraiment très propre et très agréable à suivre. Le montage est dynamiques et les différents combats sont parfaitement chorégraphiés et filmés. C’est un plaisir en tout cas pour moi de voir autre chose que des coups de pieds retournés. J’ai bien aimé aussi la photographie ainsi que l’exploitation des différents décors. C’est exotique, là aussi ça joue avec la facilité mais j’aime ça au même titre que la bande originale composée par Randy Edelman qui n’est pas innovante mais qui colle bien avec l’ambiance générale.

Pour résumer, ça m’a fait bien plaisir de revoir « Le grand tournoi ». Modèle du genre, le long métrage fait partie des œuvres phares de Jean Claude Van Damme et les amateurs en auront pour leur argent. C’est simple, c’est efficace, on nous donne ce que l’on demande, bref, on passe un excellent moment sans se prendre la tête devant ce divertissement d’une très grande qualité. A titre personnel, j’ai vraiment pris mon pied à revoir ce film et je le reverrais de nouveau avec plaisir très certainement.

4.5




Coups pour coups (Death warrant)



"- C'est une menace ?
- Non... C'est une promesse."


En ce moment, j’ai des envies de films d’action. J’ai des envies de films sans prise de tête que je peux regarder de façon totalement décontracté en sachant pertinemment ce qui va se passer à l’écran. Du coup, c’est presque très naturellement que je me suis maté « Coups pour coups ».

Et sur le papier, j’ai eu exactement ce à quoi je m’attendais. Le scénario tient sur un post-it, il ne faut pas être trop regardant sur les facilités et l’issue finale prévisible fait qu’on est en présence d’un bon film du samedi soir parfait pour se détendre. Très classique dans son fond, j’ai retrouvé un peu mon âme d’adolescent devant ce film. Ça passe super vite, je ne me suis pas ennuyé, j’ai même pas mal souris et même si les punchlines ne sont pas aussi omniprésente que j’aimerais, le cahier des charges semblent respectés. Le seul petit bémol que je peux avoir, c’est la faible présence des scènes d’action et des combats dont les chorégraphies m’ont paru parfois peu inspirées.

Sinon face à nous, Jean Claude Van Damme fait du Jean Claude Van Damme. Il use et abuse de son fameux coup de pieds retourné, il n’hésite pas à nous faire montrer sa musculature et en Burke, il a largement contribué à ce que je retrouve une partie de mon enfance devant ce long métrage. Le comédien est loin de nous offrir une performance à Oscars (en même temps, on s’en doute un peu) mais il s’amuse et nous aussi par la même occasion. Avec lui, le reste de la distribution fait de la figuration même si certains seconds rôles n’en demeurent pas moins assez drôle voir jouissif comme le grand méchant qui ne veut pas mourir malgré tout ce qui se ramasse dans la gueule.

Deran Sarafian nous fournit sinon une réalisation plutôt classique pour ce genre de production. J’ai beaucoup aimé l’ambiance et l’atmosphère qui règne dans ce film. Pas de grandes surprises une nouvelle fois mais c’est appréciable et c’est plutôt bien ancré dans son époque. Au-delà des combats globalement simplistes, le montage est plutôt réussi, on ne s’ennuie pas et même si il y a de nombreux faux raccords, cela fait partie du charme de ce film à mes yeux.

Pour résumer, « Coups pour coups » n’est sans doute pas un des films d’action que je mettrais dans mon panthéon personnel mais c’est un divertissement efficace, qui ne nous ment jamais sur sa marchandise et qui nous rappelle aussi une certaine époque assez jouissive où l’adolescent que j’étais aimé tomber sur ce genre de production. Faut aimer le genre, ça tombe bien car c’est mon cas et j’ai bien envie de continuer dans ma lancée de revoir ce genre de projet.

3.5




Footloose (1984)



Grand classique du cinéma américain, je n’avais jamais vu « Footloose » avant aujourd’hui. Peur de m’ennuyer, peur de ne pas accrocher… Puis bon, finalement, il y a quand même Kevin Bacon et John Lithgow à la distribution non ? Du coup, lorsque j’ai eu l’occasion de visionner ce film en Blu-ray, je ne me suis pas trop fait prier malgré tout.

Et on peut dire que j’ai bien fait. Je regrette même de ne pas l’avoir vu plus tôt. Le scénario ne vole pas haut (on devine assez vite ce qui va se passé ainsi que l’issue finale) mais ça reste un teen movie d’une très grande qualité. Divertissant, drôle, tout comme le personnage de Ren, j’ai eu durant tout le film une folle envie de danser. C’est rythmé, je ne me suis jamais ennuyé et je dois bien avouer m’être amusé comme un gamin.

Au casting, Kevin Bacon (qui fit la une véritable percée qui lança sa carrière) porte le film sur ses épaules. Charismatique dès son plus jeune âge (oui il m’énerve le bougre ^^ ), il incarne Ren avec beaucoup de classe. Son personnage de Ren apparait tout de suite très sympathique et on à nous aussi envie de le suivre. Son duo avec Chris Penn, excellent Willard, m’a lui aussi beaucoup plu. John Lithgow est fidèle à lui-même et j’ai trouvé amusant de voir la percée aussi de Sarah Jessica Parker, très bonne en Rusty. Pendant que Dianne Wiest en Vi Moore fait aussi le boulot dans ce film riche en clichés sans que ce soit détestable, la seule avec qui j’ai eu un peu de mal, c’est Lori Singer en Ariel Moore. Je n’arrive pas trop à savoir si ça vient de son interprétation ou de son rôle mais j’ai moyennement accroché à son personnage préférant même peut être la personne qui incarne son rôle lors des essais de Kevin Bacon que l’on peut découvrir dans les bonus du Blu-Ray.

La réalisation d’Herbert Ross est parfaite. Ça colle bien à son époque, le montage fait que le film est dynamique et l’ensemble est vraiment très agréable à suivre même si parfois ça fait un peu kitsch comme lors de la scène finale avec les guirlandes lumineuses qui habille la caméra. Gros point fort du film, la bande originale de Miles Goodman qui est très entrainante et qui possède des chansons assez fortes qui font que cette bande originale est devenue culte avec le temps. Puis bon, comme je le dis plus haut, on a quand même tout le temps envie de danser avec les protagonistes donc le choix musicale doit être judicieux je pense.

Pour résumer, la seule chose que je regrette dans « Footloose », c’est ma découverte tardive de ce long métrage. Trop prévisible, trop classique, trop facile, on passe quand même un super moment en retrouvant notre âme d’adolescent insouciant qui ne veut faire qu’une chose : Danser. Kevin Bacon toujours impeccable est loin d’être ridicule en portant ce film sur ses épaules. Je suis bien content d’avoir le Blu-ray et c’est un film que je reverrais certainement avec beaucoup de plaisir.

4.0




Invasion U.S.A.



"Si tu te pointes encore, tu peux être sûr que tu repars avec la bite dans un Tupperware !"

Je connais la légende mais (pas taper) je ne connais que trop peu l’histoire. En effet, on ne peut pas dire que j’en ai vu des masses des films avec Chuck Norris du coup quand j’ai eu la possibilité de voir « Invasion USA », je me suis fait plaisir et j’ai sauté sur l’occasion.

Je dois admettre que je m’attendais à quelque chose de plus percutant. Pas en terme de finesse scénaristique (je me doutais bien que ça n’allait pas voler très haut) mais plus dans la façon dont on amène l’action et les répliques qui tuent. On a notre quota d’explosions et de punchlines que l’on attend mais j’ai quand même trouvé qu’on nous balançait ça un peu n’importe comment dans une succession de scènes qui n’ont pas forcément de liens entre elles. Alors pour ce genre de spectacle, ce n’est pas bien dérangeant, ça fait même sourire mais ce ne fut pas du coup aussi jouissif que je l’espérais.

Pourtant Chuck Norris en Matt Hunter fait le boulot. Cheveux au vent, tout de jean vêtu et le torse bien en avant, l’acteur fait ce qu’on attend de lui. Il n’a pas beaucoup de coup de pieds retournés à nous donner (voir même quasiment aucun) mais il distribue les balles et les répliques qui tuent de façon plaisante, sa célèbre répartie à base de tupperware faisant partie des plus mythique de sa carrière. J’ai quand même retrouvé mon âme de gosse à le voir évoluer ainsi et même si j’en attendais sans doute un peu trop, à défaut de me le prendre dans la gueule, j’ai quand même pris mon pied. Derrière, le reste du casting fait de la figuration même si Richard Lynch en Rostov fait une excellente caricature et que la très rapide apparition de Billy Drago en Mickey m’a fait sourire.

Derrière la caméra, ce n’est clairement pas du grand cinéma que nous propose Joseph Zito mais le bonhomme aussi fait son taf. Le montage est totalement foutraque (vas-y que je te fais apparaitre Matt Hunter là où il faut quand il faut et tant pis si il n’y a pas de liens) mais avec le regard d’adolescent que j’avais en moi en découvrant ce film, je n’ai pas voulu être trop regardant. Ça explose, ça tire, ça explose, ça tire… et c’est tout ce que je demandais. Le début tarde un peu à se lancer malheureusement (malgré une petite balade sur l’eau avec Chuck Norris lors de sa première scène qui fait sourire) mais une fois partie, on s’éclate, on ne se prend pas la tête et puis c’est tout.

Pour résumer, je ne regrette vraiment pas d’avoir découvert enfin ce « Invasion USA ». Je pense même que je pourrais le revoir car malgré ses défauts certains, il réveille en moi ma part d’adolescence et mon plaisir de cinéphile simple qui ne veut pas se prendre la tête, en avoir plein la vue et avoir son lot de répliques dites par des acteurs qui ont la gueule de l’emploi. C’est plaisant, c’est amusant et ça me botte à tel point que je pense sincèrement qu’il est grand temps pour moi de continuer de creuser un peu plus encore dans la légende Chuck Norris.

3.5




Harry Potter et la chambre des secrets (Harry Potter and The Chamber of Secrets)



"Pourquoi des araignées ? Pourquoi ça ne pouvais pas être suivez les papillons ?"

Peu de temps après m’être revu le premier volet de la saga cinématographique d’Harry Potter et dans la foulée après ma lecture du deuxième tome, je me suis mis à revoir le deuxième film en blu-ray à savoir « Harry Potter et la chambre des secrets ».

On m’avait dit qu’une fois que j’aurais lu les livres, les films risquaient de me décevoir. Maintenant, je comprends cette affirmation. Cependant, force est de constater qu’il n’en est rien. Il y a bien sûr la frustration de ne pas voir à l’écran certaines scènes qui étaient bien fendarde à la lecture mais malgré ses manques, l’adaptation reste quand même très convaincante.

Le scénario écrit par Steve Kloves d’après l’œuvre de J.K. Rowling me plait bien et en tant que simple film, le travail est efficace. La relecture est loin d’être honteuse, on reste cohérent avec le premier film et j’ai apprécié voir l’évolution de cet univers sur grand écran avec toujours les mêmes ingrédients qui en font une franchise très appréciable et de qualité.

Au casting, on prend les même et on recommence. En même temps, on aurait tort de s’en priver car ils font bien le job. Daniel Radcliffe fait un bon Harry Potter surtout physiquement (son jeu reste quand même celui avec lequel j’ai le moins d’affinités) tandis qu’il est toujours agréable de retrouver Rupert Grint en Ron Weasley et Emma Watson en Hermione Granger.

Du côté des professeurs, la même équipe revient également pour ma plus grande joie. Il y en a bien sûr que j’aurais aimé voir un peu plus en avant comme Rogue (excellent Alan Rickman sous exploité dans ce volet) ou McGonagall (très bonne Maggie Smith qu’on utilise pourtant très peu aussi) mais dans l’ensemble, chacun est à sa place.

Parmi les nouveaux venus, on retiendra Jason Isaacs qui semble s’amuser dans la peau de Lucius Malefoy et surtout Kenneth Branagh en Gilderoy Lockhart dont l’interprétation est plutôt bonne et colle bien à ce que le roman a pu nous décrire du moins dans le comportement.

J’ai bien aimé aussi retrouvé Chris Columbus à la réalisation. Sa mise en scène évolue autant que son histoire tout en restant logique avec ce qui nous avait déjà été montré. C’est propre, c’est net et pour un film visant principalement un jeune public (même si il ratisse vraiment large car même les adultes en auront pour leur argent), le travail fourni sur la mise en scène est vraiment de très grande qualité.

J’ai beaucoup aimé l’aspect sombre que l’on a voulu donner à ce volet et qui tranche bien avec le premier film. Cette transition se faisait déjà ressentir dans le roman est c’est aussi en cela que je trouve la relecture cinématographique très bonne. La photographie est belle, les décors sont toujours aussi appréciable (si mon école ressemblait à Poudlard dans le visuel, j’aurais certainement pris plus de plaisir à y aller) tandis que les effets spéciaux sont à la hauteur. On ressent bien maintenant quelques incrustations (notamment lors du match de Quiddich – toujours agréable aussi au passage) mais ça passe bien malgré tout. La bande originale composée par John Williams et William Ross est également dans la même lignée que le premier opus avec des thèmes musicaux que j’aime vraiment beaucoup et où on ressent bien la magie et la féerie de cette histoire.

Pour résumer, « Harry Potter et la chambre des secrets » est une excellente suite à la hauteur de mes espérances. En ayant maintenant lu le roman d’origine j’ai bien quelques frustrations de voir certains passages éclipser et d’autres réécrit mais cette relecture n’en demeure pas moins efficace. Je ne me lasse toujours pas de voir ses films et je prends toujours une nouvelle fois beaucoup de plaisir au point que je ne vois jamais passé les plus de deux heures et demie que dure le long métrage. Une vraie réussite pour moi.

Liens divers :



4.5




Harry Potter à l'école des sorciers (Harry Potter and the Philosopher's Stone)



"Ce ne sont pas nos capacités qui déterminent ce que nous sommes, Harry, ce sont nos choix !"

J'ai beau avoir lu le livre récemment. J'aime toujours autant le film. Bien entendu, il y a de la frustration à voir certains passages absent et d'autres dont la relecture semble peut être moins percutant mais dans son ensemble, le long métrage nous offre une excellente adaptation. On plonge à merveille dans cet univers, je suis toujours pris de bout en bout sans me lasser malgré la présentation des différents personnages, les acteurs sont parfaitement bien choisis et jouent très bien le jeu tandis que la mise en scène et la bande originale sont parfaite. Bref, je passe toujours un aussi bon moment devant ce film. Différent de ce que l'on ressent à la lecture du roman mais tout aussi efficace quand même ;-)Ca faisait un petit moment maintenant que je n’étais pas replongé dans la saga cinématographique d’Harry Potter. Du coup, j’ai profité du fait que je suis en train de découvrir les romans que je n’avais jamais lu pour me refaire petit à petit cette saga et c’est donc tout naturellement que je me suis replongé dans « Harry Potter à l’école des sorciers ».

Verdict ? J’aime toujours autant. Je comprends la frustration des amateurs des livres mais je m’amuse toujours autant devant le film de mon côté. Bien entendu, il y a bien des déceptions de ne pas retrouver certaines scènes tout comme on peut regretter que certains passages aient été modifiés mais bon, le scénario écrit par Steve Kloves à bien compris son devoir d’adaptation et propose une relecture cinématographique intéressante de l’œuvre de J.K. Rowling avec son lot d’humour, d’action et de fantastique.

Devant la caméra, le casting fait bien le boulot aussi avec une distribution qui semble taillée sur mesure. Chaque comédiens m’apparait toujours autant comme étant des choix très judicieux à commencer par Daniel Radcliffe en Harry Potter dont le jeu m’inspire peu mais qui incarne bien ce personnage surtout physiquement. A ses côtés, Rupert Grint est excellent en Ron Weasley tout comme Emma Watson en Hermione Granger. Même les rôles secondaires sont pertinents et efficace dans ce casting de luxe. Une telle qualité démontre d’ailleurs le soin que l’on a voulu apporter à cette adaptation.

La réalisation de Chris Columbus est elle aussi impeccable. C’est très soigné, très propre et malgré les années, le long métrage vieillit très bien que ce soit au niveaux des effets visuels (même si certaines incrustations se font bien ressentir), au niveaux des décors ou au niveaux des différents costumes qui nous plonge dans Poudlard avec beaucoup de délices. Quant à la bande originale composée par John Williams, elle est si bonne que je prends souvent du plaisir aussi à l’écouter de temps en temps sans avoir spécialement besoin de revoir le film.

Pour résumer, « Harry Potter à l’école des sorciers » est un excellent film et une excellente adaptation cinématographique. Je ne me lasse pas de revoir ce film et il fait partie de ceux qui me redonnent mon âme d’enfant sans jamais m’ennuyer. Oui, le film prends des libertés sur son support d’origine mais vu le résultat, ça ne me dérange pas le moins du monde.

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4.5




Harry Potter et la chambre des secrets (Harry Potter and the Chamber of Secrets)

Harry Potter et la chambre des secrets

"Ce sont nos choix qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes."

Ayant beaucoup aimé "Harry Potter à l'école des sorciers", c'est tout naturellement que j'ai continué mon initiation littéraire avec le deuxième tome à savoir "Harry Potter et la chambre des secrets". Et je peux dire que j'ai encore une fois beaucoup aimé. C'est une suite du même acabit que la première aventure avec son lot de magie, de poésie, d'action et d'humour. Un public assez jeune est visé mais le livre peut s'adresser à un plus grand nombre pour peu qu'on aime ce genre de récit. Plus je continue ma lecture de cette saga et plus je suis agréablement surpris d'aimer en tout cas.

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5.0

Harry Potter à l'école des sorciers (Harry Potter and the Philosopher's Stone)

Harry Potter à l'école des sorciers

"La peur d'un nom ne fait qu'accroître la peur de la chose elle-même."

J'avais jamais lu les livres de cette saga mais j'ai beaucoup aimé. Je pensais pas accrocher autant mais ça se lit très facilement et malgré le jeune public qui est visé ma lecture fut agréablement très plaisante. Un livre que j'ai énormément aimé et qui me donne bien envie de lire la suite :-)

5.0

Capitaine Corelli (Captain Corelli's Mandolin)



"- Il va mourir ?
- Il y a de fortes chance un jour ou l'autre. Comme chacun d'entre nous."


Il y a quelques temps de cela, j'ai eu envie de changer un peu mes lectures. C'est ainsi que je me suis mis à lire "La mandoline du Capitaine Corelli". Vu que j'avais globalement bien apprécié ce roman, je me suis dit qu'il serait intéressant de découvrir son adaptation cinématographique sachant que je n'avais jamais vu auparavant ce long métrage. C'est ainsi que je me suis retrouvé face au dvd de "Capitaine Corelli".

Dans l'ensemble, j'ai bien aimé ce spectacle maintenant, et c'est malheureusement souvent le cas quand on lit le roman d'origine avant, je trouve l'adaptation un léger ton en dessous. Le scénario écrit par Shawn Slovo d'après le livre de Louis De Bernières est pourtant très bon, il y a même de fortes chances que j'aurais apprécié encore plus ce récit si je n'avais pas lu le livre avant (même si je ne le regrette pas le livre étant excellent) mais ce n'est pas le cas.

Ce n'est pas tant les libertés prises par rapport à l'histoire originale qui me dérange. Au cinéma, toute relecture nécessite des coupes, un remontage etc etc seulement voilà, puisque je n'ai pu m'empêcher de pouvoir comparer les deux œuvres, force est de constater qu'en terme d'émotion, le livre est nettement plus intense et plus poétique que le film. C'est peut-être aussi dû à la limite du septième art quand il adapte une œuvre. Ici, et c'est bien normal, la relecture zappe la magie de l'imaginaire lié à la lecture du roman.

On veut aller à l'essentiel, il faut faire des choix et si je comprends les choix qui ont été fait dans ce long métrage, je n'en regrette pas moins l'absence de tout un tas d'élément qui faisait la grande force du récit. Le film n'y est pas pour grand-chose, encore une fois je n'aurais pas lu le livre avant j'aurais sans doute été plus "généreux" dans ma note ressenti mais c'est un constat que je ne peux pas m'empêcher de faire. Le scénario réorganise le récit à sa sauce, ça fonctionne mais l'ensemble devient trop rapide. C'est bien simple, le film zappe facilement deux tiers du livre pour se concentrer principalement sur la relation entre Pelagia et Corelli. C'est très facile, c'est assez prévisible (je m'en suis douté avant même de commencer mon visionnage) mais si le spectacle est au rendez-vous, le film du coup ne fait qu'effleurer la force de cette histoire et le lyrisme qui peut aller avec. Il effleure également tout le fond sur la nature humaine en ses périodes de guerre même si il l'évoque malgré tout en surface. C'est vraiment dommage d'avoir choisi d'appuyer sur la romance (même si il fallait s'y attendre) plutôt que sur le drame de la guerre car du coup, cette histoire semble moins équilibré et sans doute pas aussi poignante qu'elle devrait l'être.

Pour le premier tiers du roman qui est zappé, cela correspond aux vingt première minutes du film (qui représente quand même de mémoire à peu plus de 200 pages du livre). La relation entre Pelagia et Mandras se fait trop vite. On ne retrouve pas le jeu du chat et de la souris entre eux qui rendait le début de leur romance assez tendre. Même l'issue de cette relation est totalement remaniée. Là où c'est assez sombre dans le livre, c'est plutôt gentillet dans le film. Encore une fois, je n'ai pas pu m'empêcher de comparer et la finalité de cette relation dans le roman me parait nettement plus forte.

Le deuxième tiers du roman à avoir été occulté, c'est le final (une bonne centaine de pages dans le livre). Toute la période du tremblement de terre de 1953 est réduite à un petit passage qui pourrait presque paraître anecdotique. Là aussi, on a le droit au happy-end prévisible là où le livre est plus violent, il y a plus de peine. Une nouvelle fois, et je sais que je me répète, je comprends la démarche du film qui a juste voulu faire un beau film mais un tel traitement quand on connait la base a de quoi nous laisser sur notre faim et je comprends aisément du coup que ce long métrage est frustré plus d'un fan du livre de Louis de Bernières.

Je suis peut-être trop sadique mais toutes ses coupes drastiques font que comme j'ai aimé le livre, je ressens un manque. Après, il faut bien comprendre que je ne jette pas la pierre au film. La relecture force obligatoirement à un parti pris, j'ai compris la démarche du film (bien que celle-ci soit facile) et ça ne m'a pas empêché de passer un bon moment. Je ne me suis jamais vraiment ennuyé, j'ai aimé retrouver certains dialogues, certains passages et j'ai parfois eu quand même la sensation de me retrouver en plein cœur de cette histoire.

Il y a quand même de l'émotion, ça reste une belle histoire d'amour impossible même si le trio amoureux est moins fort que dans le livre et le scénario possède une bonne dose d'humour et de légèreté qui fait bien plaisir. Ça donne même une bonne ambiance à ce film qui contribue à montrer quand même que tout le monde n'était pas forcément pour la guerre, que de nombreuses personnes la subissaient et qu'il y avait quand même en ses temps durs, un peu d'humanité chez certains.

En fait, le plus grand manque dans cette adaptation, c'est que l’on n’a pas les pensées des personnages du coup, leur logique ou leur façon d'agir n'apparait pas aussi fort que cela aurait dû être. Fort heureusement, même si la relecture n'est pas intense, la conclusion reste quand même sensiblement la même avec la vie qui doit reprendre son court quoiqu'il arrive. C'est peut-être aussi parce que c'est un peu une histoire "j'aime la vie" que j'apprécie le livre et le film (car oui, contrairement à ce que pourrait laissé croire ma comparaison avec le support d'origine, j'aime bien ce film quand même).

Le casting est sinon assez efficace. Les différents acteurs s'accaparent bien leurs personnages et chacun joue même un peu avec sa voix afin de faire ressortir un peu la tonalité de la langue de son personnage. C'est parfois un peu poussé à l'extrême comme Nicolas Cage qui surenchérit son côté italien mais ça fonctionne quand même. D'ailleurs, j'ai vite opter pour la version originale car la version française est beaucoup plus légère avec des doubleurs pas forcément au niveau d'ailleurs, surtout pour Nicolas Cage et Christian Bale qui se retrouve avec des voix pas adaptés à leurs rôles à mes yeux.

Nicolas Cage justement est bon en capitaine Antonio Corelli. Comme je le disais, il y a beaucoup de surenchère dans son interprétation mais ça ne m'a quand même pas dérangé. Ça colle plutôt bien à l'idée que je me faisais de son rôle et j'ai bien aimé le voir évoluer. C'est peut-être pour ça aussi que je regrette qu'on est totalement remanié toute la fin du livre car j'aurais beaucoup aimé voir comment l'acteur aurait incarné ce passage (je ne veux pas trop en dire car je risque de spoilers et j'en ai sans doute déjà trop dit, je suis désolé).

Penelope Cruz est également très bonne dans la peau de Pelagia. L'actrice incarne bien le tempérament de feu que possède son personnage. Elle réussit même à rendre Pelagia un peu plus sympathique là où dans le livre, je trouve quand même qu'à plusieurs moment elle n'est pas totalement correcte surtout vis à vis de Mandras. Dommage que le scénario assagisse un peu son personnage au fur et à mesure que l'intrigue avance car la comédienne apporte beaucoup de chaleur et de caractère à Pelagia.

Christian Bale quant à lui ne m'a pas semblé totalement à sa place en Mandras. Attention, comme à son habitude, il est excellent seulement voilà, il est aussi beaucoup trop charismatique (il n'y à qu'à voir la fin du film) et je le regrette car dans le livre, il va quand même loin dans la stupidité, encore plus que ce que le début du film nous fait entrapercevoir. Pour lui aussi je regrette le côté gentillet et lisse choisi par le long métrage car l'issue de son personnage dans le roman est si dure, que j'aurais bien aimé pour lui aussi voir comment il aurait interprété ce passage.

John Hurt en Docteur Lannis est lui aussi excellent. Il complète à merveille ce casting déjà très bon et joue son personnage comme je me l'étais imaginé. C'est sans doute le rôle que j'ai le plus apprécié de voir prendre vie à l'écran car malgré la relecture du scénario, son personnage est celui qui colle le plus à l'esprit qu'il pouvait posséder dans le livre. J'aime vraiment beaucoup son rôle au point que je regrette même de ne pas en voir plus. Et là encore, même si je la comprends, je regrette l'issue de son rôle dans le film. Ce côté gentillet aura vraiment fait perdre en intensité dans cette histoire puisque même inconsciemment, je ne peux pas faire abstraction de ce que j'avais pu lire.

Il y a aussi David Morrissey en Capitaine Gunther Weber. Le comédien montre de bonnes choses mais son personnage est vraiment trop sous-exploité. Il y avait du potentiel pourtant. Ce n'est pas pire que Piero Maggio dans le rôle de Carlo. C'est un personnage très important dans le livre, il a même des chapitres qui lui sont consacré et ici, il est transparent. L'acteur fait le boulot mais comme on ne l'exploite pas, il devient quasiment inutile et on ne comprend ainsi pas son geste final qui a pourtant une grande signification. Ce geste dans le roman est d'ailleurs plein de tendresse et de force également.

Je pourrais citer aussi Irène Papas en Drosoula dont on n'exploite pas non plus totalement le potentiel. L'actrice correspond pourtant bien à l'image que j'avais mais pour elle aussi il y a un paquet d'élément qu'on a zappé. C'est un choix... Bon ça n'empêche pas de toute façon cette distribution d'être très bonne. Parmi les rôles secondaires, je retiens aussi Gerasimos Skiadaressis en Stamatis ainsi que Joanna-Darla Adraktas en Lemoni jeune (un autre rôle qui me frustre dans sa sous-exploitation...).

Après "Indian Palace" sorti récemment que j'avais bien aimé, c'est le deuxième long métrage de John Madden que je découvre (un de ses quatre il faudrait que je me programme "Shakespeare in love"). Une nouvelle fois, j'ai beaucoup aimé le travail qui a été fourni. La réalisation est très propre avec de très bons cadres et des prises de vues assez bien pensé. C'est un peu trop gentillet (à l'image du scénario), ça manque de gros passages épique pendant cette guerre qui nous mettent sur le cul mais il y a malgré tout des scènes plutôt bien foutues.

Le film a beau durer un peu plus de deux heures, je ne me suis jamais ennuyé. Les coupes dans ce récit auront au moins servi à ça avec du coup un montage assez dynamique. C'est trop rapide, il y a des moments qui auraient vraiment mérité d'être plus développés mais l'ensemble s'avère fluide et très agréable à suivre. Peu de scènes m'ont paru foncièrement inutiles. Bien au contraire, je suis même plus déçu qu'il en manque un paquet et quitte à faire crier les détracteurs de ce film, si cela aurait pu nous faire gagner en lyrisme et donner une dimension plus épique au film, je n'aurais rien eu contre une version qui dure un peu plus longtemps mais qui se rapproche plus de l'esprit du roman. De toute façon, j'ai pas trop senti de longueurs donc la durée ne m'a vraiment pas gêné.

Les différents décors sont eux aussi magnifique. L'île de Céphalonie est un personnage à part entière dans le livre. Ici, elle n'a peut-être pas une place aussi importante mais elle n'en reste pas moins non négligeable. L'île est vraiment d'une très grande beauté avec une photographie que j'ai trouvée sublime ainsi qu'une lumière chaleureuse qui nous donne envie à nous aussi de faire partie des habitants. Le contraste entre la beauté et la quiétude de cette île face aux atrocités de la guerre rend le paradoxe de la situation encore plus saisissant.

Les costumes sont eux aussi pas mal du tout. Il colle bien avec les différents personnages et leurs caractères tout en nous plongeant dans l'époque de son action. L'ensemble m'a semblé bien crédible à mes yeux. Quant à la bande originale, elle est composée par Stephen Warbeck et est également magnifique. La musique se devait d'avoir une part importante dans ce long métrage et ce fut le cas. J'ai notamment beaucoup aimé la chanson de Pelagia dont la mélodie est telle que je me l’étais faite dans ma tête (le livre est par moment très musical je trouve). "Ricordo Ancor" est d'ailleurs bien interprété lors du générique de fin par Russell Watson.

Pour résumer, "Capitaine Corelli" est un très bon film. J'aurais même pu le trouver encore meilleur si je n'avais pas lu auparavant le livre original de Louis De Bernières que j'aime beaucoup. Connaître ce roman a forcément joué, même inconsciemment, sur mon appréciation finale. Maintenant, malgré tout, j'ai quand même passé un bon moment. Le temps est passé assez vite et j'ai aimé "vivre" cette histoire que je m'étais imaginé lors de ma lecture. Le film me fait même aimer encore plus le livre. C'est regrettable qu'il y ait eu autant de coupes et un remontage du récit un peu brutal par rapport au récit d'origine. Dommage que ce soit trop gentillet, trop lisse et que l'on s'attarde plus sur la romance que sur le drame. Je comprends du coup la grande frustration que j'ai pu lire chez certains amateurs du livre. Maintenant, en tant que simple divertissement cinématographique, c'est quand même très agréable et appréciable je trouve avec des acteurs très bons (je conseille fortement la version originale pour ce film) ainsi qu'une mise en scène de John Madden bien soigné. Un film prévisible mais efficace que je pourrais revoir en tout cas je pense même si il ne surpasse jamais son modèle.

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3.5

Souviens-toi l'été dernier 3 (I'll Always Know What You Did Last Summer)

Souviens-toi l'été dernier 3

"Tu emporteras le secret dans ta tombe."

Bien qu'il trainait dans ma dvdthèque depuis un moment, j'ai tardé avant de découvrir "Souviens-toi l'été dernier 3". Pourtant, j'aime beaucoup les deux premiers opus que je trouve assez fun mais le peu que j'avais vu avant mon visionnage de ce troisième volet ne me laissait présager rien de bon. Pourtant, puisque je me suis refait les deux premier films il y a peu, l'occasion était trop belle et j'ai profité de ma lancé pour enfin découvrir cette troisième aventure...

Au final, le film n'est pas mauvais comme je le pensais... Il est bien pire que ça... Le scénario écrit par Michael D. Weiss ne se montre tout de suite clairement pas au niveau de ses prédécesseurs qui ne volaient pourtant pas haut dans le registre du slasher. Ici, la trame scénaristique est recopiée de façon totalement ridicule. Dès la base de départ, on sent qu'on veut tenter une relecture mais cela ne fonctionne jamais réellement. Le film tombe très vite dans tous les pièges du genre à tel point qu'il pourrait être citer en exemple dans les écoles de cinéma comme tout ce qu'il ne faut pas faire dans un slasher.

Je veux bien qu'un slasher soit assez simpliste mais bon à ce niveau-là, c'est juste effarant. Même en prenant tous les codes du genre, l'ensemble est très ennuyeux et se retrouve sans saveur ainsi que sans âme. Dès le début, j'ai senti que mon visionnage serait pénible. Les facilités et les incohérences sont nombreuses, encore plus grossière que la normal pour le genre. C'est ainsi que j'ai eu l'impression de voir un film assez vide de tout. Même dans un slasher des plus classique, on peut trouver des trucs intéressants mais là, j'ai quand même bien dû m'accrocher.

En fait, si je suis resté jusqu'à la fin, c'est principalement à cause de ma curiosité. Je voulais aller au bout du calvaire, j'ai toujours continué d’espérer que la fin relèverai un peu le niveau mais au fur et à mesure, j'ai bien dû me faire une raison et me rendre à l'évidence. Le deuxième volet de la franchise n'était pas grandement original, je l'admets, mais il était au moins bien divertissant. Avec ce troisième épisode, je me demande comment cette franchise a pu tomber si bas de façon si brutal. Quand je vois un tel résultat, cela ne m'étonne plus qu'à l'heure où j'écris ses lignes, on envisage un reboot car une remise à zéro me semble plus judicieux qu'un quatrième film tant cette histoire n'a eu de cesse de se tirer des balles dans le pied.

Après, si j'ai réussi à tenir, ce n'est pas qu’à cause de ma curiosité. Je me suis fait violence et devant un désastre qui s'annonce bien vite, j'ai pris le parti de me mettre à en rire. Car oui, le film deviendrait presque drôle dans sa façon de s'auto-parodier comme la scène ridicule ou pour dire "Je sais ce que tu as fait l'été dernier", notre tueur envoi ce message 50 fois par texto... Les deux fois où cette bande lance leur pacte de silence ça m'a juste fait énormément rire.

Cette façon de vouloir en rire m'a un peu aidé à faire passer la pilule. Je me suis demandé si l'équipe de ce film s'est vraiment prise au sérieux en réalisant cet ouvrage. J'ai du mal à le croire quand même comme l'issue finale qui flirte avec le surnaturelle et qui est juste grotesque. L'attaque finale face à notre tueur est si énorme, qu'elle aurait presque sa place dans un bon petit nanar sauf qu'ici malheureusement, j'ai quand même eu plus la sensation de me retrouver devant un navet plutôt qu'un nanar.

Quant aux acteurs, c'est bien simple, leurs jeux est juste inexistant (j'ai essayé la version française mais le doublage est pire...). On a juste quatre bonnes tête de vainqueur qu'on aimerait bien voir torturer par le tueur de façon sadique tant ça nous soulagerais. Seulement voilà, pas de pot, notre serial killer au crochet ne fait pas preuve de beaucoup d'inventivité et reste globalement bien lisse et bien gentillet. Il n'y a vraiment aucun comédien qui a su tirer son épingle du jeu à mes yeux. On a aucune sympathie pour cette bande et on ne cherche pas vraiment à en avoir.

Brooke Nevin, notre héroïne principale qui incarne Amber Williams est juste pathétique. Vous voyez le stéréotype de la blonde écervelé qui ne cesse de hurler, de pleurer et d'avoir peur dans les films d'horreur ? Eh bien, elle est ce stéréotype à elle seule. De toute façon, tous les acteurs de ce film sont dans leurs prestations des caricatures ambulantes. Précédemment, bien que j'appréciais la voir dans la franchise, j'admettais que Jennifer Love Hewitt était niaise (ça donnait même du charme au truc) mais là c'est pire. A côté, le personnage de Julie James dans les deux premiers films pourrait presque faire surdoué à côté du personnage de Amber et de la façon dont on l’interprète.

Que dire de David Paetkau en Colby Patterson ? C'est un sous- Barry William Cox (le personnage de Ryan Philippe dans le premier film). Écervelé comme sa copine, juste complétement stupide (parfois on se demande même si il ne faut pas l'interner), ce personnage est sans doute le plus risible de tous, une parodie à lui tout seul. Lui non plus n'est pas aidé par l'acteur qui l'incarne sans aucune conviction. Comme ses petits copains, quand je le vois gesticuler à l'écran, je me demande vraiment pourquoi personne ne lui a dit que ce qu'il faisait été mauvais... Son jeu à lui seul aurait mérité qu'un producteur brûle la pellicule et interdise le film de sortie...

Puis il y a Ben Easter en Lance Jones. Sa caricature à lui c'est le beau gosse de service célibataire amoureux de la blonde mais qui ne peut rien faire car elle a choisi le plus débile du groupe. Bien entendu, c'est un solitaire capable de tout pour ladite blonde (même défier son oncle, le shérif du coin) et il aime rouler en moto ainsi que montrer ses muscles lorsqu'il utilise une tronçonneuse pour couper du bois avec sa chemise de bucheron... Bizarrement, même si là aussi on atteint du niveau, l'acteur est peut-être celui qui s'en sort le mieux du groupe. C'est très loin d'être bon mais c'est le moins mauvais de tous pour moi.

On applaudira ensuite Torrey DeVitto en Zoé. Elle, c'est la rebelle, la rockeuse, celle qui a un groupe, une guitare et qui est à deux doigts de percer dans l'industrie de la musique si le tueur n'était pas venu mettre son grain de sel. La comédienne est mignonne... Oui je sais, c'est très réducteur mais je ne vois pas quoi dire d'autre. Son personnage ne sert pas à grand-chose, elle est un peu en retrait et du coup on se met à douter de la légitimité de sa présence ici. Mais bon, comme on n’est pas à un ou deux boulets près, elle a raison de tenter sa chance. Pas de chance, elle ne m'a jamais paru crédible elle aussi.

Dans le reste du casting, il n'y a rien de bien transcendant non plus. L'ensemble des rôles secondaires va de très mauvais à catastrophique. Je ne vais pas parler du tueur (Muse Watson me manque en Ben Willis), Don Shanks est juste là pour sa carrure et encore c'est son costume de pêcheur qui fait tout vu qu'on ne le voit quasiment jamais sauf dans le final ridicule. Le pote qui pète une durite dans son atelier m'a bien fait marrer aussi avec sa crise existentielle façon je veux me suicider mais je vais quand même courir pour pas que le tueur me tue. C'est vrai, c'est tellement plus logique de vouloir mourir en souffrant en s’auto-mutilant plutôt que de choisir la méthode certes brutal du psychopathe au crochet mais néanmoins efficace et rapide...

La réalisation de Sylvain White est elle aussi affreuse. Là encore pas de surprises, c'est dès le début qu'on est prévenu. Dès les premières images, mes yeux se sont mis à saigner tant c'est laid et malheureusement cela dure ainsi de bout en bout. La mise en scène clipesque digne d'un très très très mauvais téléfilm de quatrième partie de soirée sur une chaîne obscure du câble est vraiment détestable. L'effet de style ne fonctionne jamais. Pire, ça n'arrive même pas à masquer un tant soit peu le vide de l'ensemble, ça l'accentue bien au contraire.

Visuellement, on n’y croit jamais. Tout est creux et sans identité personnelle. Les angles de vues sont loin d'être très recherché et le montage est même assez mauvais (le film semble durer beaucoup plus que prévu). Il y a une multitude de passages qui sont superbement mal amené comme lors de cette scène où notre blonde se retrouve seule en pleine nature sans un arbre ou un rocher pour se cacher. Elle pose son vélo, regarde le paysage, se retourne et hop, notre tueur a pu lui crever le pneu ni vu ni connu et disparaître comme il est venu. Tant pis pour le spoiler (désolé j'évite en général) mais bon, c'est pour bien décrire le niveau général.

Les décors sont eux aussi très fade. Dans le premier volet, la ville nous offrait plein de rues pour tuer et paraissait vivante avec ses animations ainsi que son port. Dans le deuxième, ils faisaient presque office de personnage à part entière avec cette île dont on ne pouvait pas s'échapper. Là, c'est juste quelconque. L'ambiance des années 90 n'est plus là mais celle des années 2000 non plus... En fait, il n'y a même pas véritablement d'ambiance, aucune atmosphère particulière ne se dégage de ce film.

La photographie laide n'est aussi pas aidée par des choix de couleurs atroces. L'image n'est jamais belle, on a l'impression par moment que c'est filmé avec une caméra familial. En fait, quand on regarde le film dans son ensemble, je comprends maintenant pourquoi en France ce volet est sorti directement en vidéo. Parfois, on peut trouver ça injuste, là ce qui est injuste, c'est de l'avoir sorti en dvd et Blu-ray. Le grain un peu dégueulasse d'une VHS aurait presque pu sauver les meubles... Même la bande originale composée par Justin Caine Burnett est grotesque dans son aspect prévisible. Mes yeux saignaient j'ai écrit, mais mes oreilles aussi ont souvent étaient à la peine.

Pour résumer, "Souviens-toi l'été dernier 3" est juste un bon gros désastre que je préfère oublier et je sais que ma mémoire se chargera assez vite d'évacuer ce film de mon esprit. On aurait pu avoir une nouvelle direction intéressante mais en multipliant les clichés, les caricatures, les facilités, les incohérences etc etc, on a juste un film vide qui n'apporte rien et qui surtout ne nous divertit à aucun moment. Préférant en rire quand je vois que ce long métrage est proche de la parodie (dommage qu'il se prenne au sérieux du coup...), c'est ainsi que j'ai ris par moment mais ce ne fut pas suffisant pour sauver ma projection. C'est mal écrit, mal joué et c'est affreusement moche bref la prochaine fois, je passerais mon tour pour cet opus...

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0.5


Star Trek (2009)



"J'ai toujours été et je serais à jamais votre ami."

Cet avis à été écris lors de la sortie en salles du film. Je le remet aujourd'hui car j'ai revu le film récemment en blu-ray et mon avis n'as pas changé ;-) .

Je n'ai jamais été un très grand fan de "Star Trek". C'est pas que je trouve cette saga mauvaise bien au contraire (puis je n'ai pas vu assez de films ni même d'épisodes des différentes séries télévisées pour me permettre d'avoir un avis objectif), c'est juste que je n'ai jamais été attiré vers ses films. Le seul que j'ai vu (du moins, le seul dont je me souviens l'avoir vu), c'est "Premier contact" que j'avais trouvé sympa mais que j'ai aussi rapidement oublié. Du coup, loin d'être un parfait trekkie, je me suis dirigé vers mon cinéma dans l'espoir d'être pris aux tripes, de voir un vrai bon film qui me reconcillerais avec cette saga, accessible, divertissant et efficace. La bande annonce avait l'air d'être aussi prometteuse et le fait de ne rien connaitre de cet univers rendait ce reboot encore plus intéressant pour moi.

Je dois avouer que je n'ai pas été déçu et que le résultat final est au delà de mes attentes. Premier point positif de ce scénario, cette nouvelle aventure permet de repartir de zéro ce qui fait qu'il n'est pas forcément nécessaire d'avoir vu les autres films ou séries sur le sujet. On ne se sens à aucun moment perdus et les différents clins d'œil fait aux autres œuvres (du moins d'après ce que j'ai pu voir dans mes recherches) permettent aussi de satisfaire le plus nostalgique des fans (le fait d'intégrer le Spock du futur dans l'intrigue est d'ailleurs un clin d'œil excellent qui dépasse le simple caméo :-) ).

De cet univers, je gardais en souvenirs un langage compliqué avec des termes brouillons et confus qui gâché un peu le plaisir que je pouvait prendre. Ici, il y à bien quelques passages où les dialogues sont un peu brouillon (toute les explications sur le télétransportage par exemple avec des formules que j'ai trouvé barbante et pas forcément constructive par exemple) mais ils sont tellement peu présent qu'on les laisse rapidement passer à la trappe.

La trame avec d'un côté les gentils défenseurs de la galaxie et de l'autre le vilain méchant qui veut venger la mort de sa bien aimée n'est pas très original aussi quand on y regarde de plus près mais c'est amené de bien bonne façon ce qui fait que l'on reste tout de même captivé par cette histoire qui au passage ne s'empêchera pas de nous faire ses beaux discours moralisateurs sur l'amitié, le contrôle de soi, la destinée de tout un chacun, le sacrifice etc etc.

Avec le recul, je trouve que le scénario n'apporte pas grand chose de bien novateur mais c'est quand même raconté de façon intelligente ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas et que ça passe assez facilement. Puis découvrir les origines de la relation entre Kirk et Spock avec la naissance de l'Enterprise est assez sympathique surtout lorsque l'on es novice dans ce monde. Le film ratisse large niveau spectateur et ça fonctionne pas mal avec un mélange parfait d'action, d'humour et de psychologie des personnages avec chacun leurs traits de caractère. C'est aussi une riche idée je trouve que d'avoir survoler l'enfance de ses héros. Ça nous permet de comprendre vite fait comment ils en sont arrivés là, le côté lourd en moins. Il n'y à d'ailleurs jamais véritablement de temps mort dans ce film qui passe relativement vite.

Pour mettre en chantier ce reboot, il fallait une distribution à la hauteur capable de rassembler un grand nombre de spectateur. De mon côté, c'est surtout Zachary Quinto qui m'as fait me déplacer. Je connaissais cet acteur via la série "Heroes" où il incarné un Sylar exceptionnel. C'est de loin mon acteur préféré dans cette série et j'avais vraiment hâte de le découvrir dans autre chose, dans quelque chose de totalement différent. L'acteur ne m'as absolument pas déçu. Toujours aussi charismatique malgré ses grandes oreilles synthétiques et son costume qui ferait pâlir le groupe Daft Punk, l'acteur m'as vraiment bluffé. J'ai trouvé qu'il montré une multitude de chose intéressante de par sa gestuelle et son regard. Même si Kirk est sensé être le Capitaine du vaisseau, une nouvelle fois dans cette saga, c'est bel et bien le personnage de Spock que j'ai trouvé le plus captivant et l'interprétation de Zachary Quinto y est pour beaucoup.

Kirk quand à lui est interprété par Chris Pine. C'est le premier long métrage que je vois avec lui aussi mais à l'instar de Zachary Quinto, je n'ai pas forcément envie d'en voir plus avec lui. Il est bon dans son rôle mais je l'ai quand même trouvé nettement moins charismatique, parfois même transparent et c'est vraiment regrettable. L'acteur livre le minimum syndical, c'est peut être moi qui n'ait pas été touché par sa prestation mais je pense qu'il y avait moyen de faire autre chose de plus consistant avec ce personnage légendaire de la saga.

Eric Bana est lui très bon dans son rôle de Néro. Son visage recouvert de peinture tribale n'aide pas forcément à le faire sortir du lot mais malgré tout j'ai trouvé que l'acteur s'en sortait bien. Ça ne restera pas pour moi le rôle le plus marquant de sa carrière, l'acteur étant capable de beaucoup mieux je pense mais son expérience et sa prestance font que sa tient la route. J'ai beaucoup aimé Bruce Greenwood en revanche. Rempli de classe, il fait pour sa part un véritable Capitaine et sa prestation est excellente. Que ce soit dans le timbre de sa voix ou dans sa gestuelle, l'acteur dégage quelque chose qui impose le respect et qui fait que son rôle fonctionne à l'écran.

Anton Yelchin s'en sors lui aussi très bien pourtant son accent russe fait vraiment cliché et lors de ses premières apparitions on ne peut s'empêcher d'avoir un rire nerveux mais le comédien arrive tout de même à faire en sorte qu'on oublie se cliché ce qui est pas mal. Simon Pegg joue très bien le registre du comique de service. J'aurais pensé qu'il aurait eu un rôle plus important dans ce film mais l'acteur apparait assez tardivement malheureusement ce qui ne l'empêche pas de nous faire sourire comme on l'aime.

Zoe Saldana apporte une petite touche de glamour assez plaisante quant à elle mais là encore, je trouve qu'on aurait pu mieux exploiter son personnage surtout qu'il y avait matière à faire son rôle ayant une certaine importance au sein de cette équipe. Il y a cependant deux autres acteurs qui sortent du lot pour moi avec Zachary Quinto : Jacob Kogan et Leonard Nimoy (et oui Spock toujours qui pour moi est le véritable héros du film, sans ce personnage, je ne sais pas si j'aurais autant aimé le film). Jacob Kogan tout d'abord m'as bluffé de par son jeune âge et la maitrise avec laquelle il incarne Spock jeune (à la différence de Jimmy Bennett qui incarne Kirk jeune lors d'une scène pas forcément utile je trouve). Dans son regard il dégage un petit quelque chose qui m'as fait pensé à Zachary Quinto ce qui fait que le passage de l'adolescence à l'âge adulte ne m'as pas choqué bien au contraire. Quant à Leonard Nimoy, plus qu'un simple caméo de luxe, il se voit octroyer une nouvelle fois le rôle de sa vie. Il montre avec brio qu'il restera toujours Spock dans le cœur des spectateurs (fans ou non) et pour quelqu'un comme moi qui connait mal cette saga, ce fut un véritable plaisir de le voir sur grand écran dans son rôle mythique où malgré les années, l'acteur est toujours aussi charismatique et classieux. Telle une passation de témoin, l'acteur s'en tire avec les honneurs et accompli quelque chose de vraiment bon. Le reste de la distribution est très bonne même si j'aurais aimé voir plus à l'écran des acteurs comme Winona Ryder, Jennifer Morrison ou Karl Urban que j'apprécie beaucoup.

Pour la mise en scène, je n'avais aucune crainte. Je faisais une confiance aveugle à J. J. Abrams qui m'avait déjà démontré son talent à plusieurs reprises et j'ai eu raison de lui faire confiance. Sa mise en scène est vraiment éblouissante. Au début, j'ai eu un peu peur car je trouvais que les combats spatiaux étaient un peu brouillon, que ça manqué de plans larges qui faisait que parfois on se demandé qui tiré sur qui mais passé cette scène, j'ai vraiment bien accrocher avec sa mise en scène très esthétique.

Sa réalisation à l'air d'être assez fidèle à l'image que je me faisais de cette saga avec des plans plus ou moins originaux qui exploite très bien les décors et la lumière qui est mise à sa disposition. Les effets spéciaux sont eux aussi très bons même si il y a quelques passages où j'ai moins accroché comme par exemple les bestioles dans la neige qui se mettent à courser Kirk. Mais bon, c'est juste le temps de une ou deux scènes qui font que je suis vite passer à autre chose. La bande originale de Michael Giacchino est pour ma part excellente. Elle reflète bien cet univers tout en exploitant bien le scénario que cette musique met en valeur. Sans jamais être trop lourd, la musique est toujours très bien choisie et accentue ce côté film d'aventure et film de science fiction.

Au final, "Star Trek" version 2009 est un très bon film pour moi. Avec le recul, je lui trouve certes quelques défauts mais ce divertissement s'avère si efficace et plaisant à voir que j'en suis presque à lui pardonner ses quelques facilités. Spock reste pour moi le véritable attrait de ce film de par la complexité de son personnage magnifiquement interprété par Zachary Quinto qui fait un peu plus parti de ces acteurs que je vais décider de suivre mais aussi par le jeune Jacob Kogan qui m'as bluffé et Leonard Nimoy qui m'as ravi. J'ai passé un vrai bon moment de cinéma devant ce film qui me donnerai presque envie de voir ou revoir en fonction des opus les autres films de la saga. On ne voit pas le temps passé devant ce bon film de science fiction que je recommande.

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4.5

Star Trek 10 : Nemesis



"Commandant... Si tu essaie encore de me toucher... Je te tue !"

Et bien voilà, avant de me revoir le reboot de la franchise ainsi que sa suite, j’en ai enfin fini avec la saga cinématographique originale de « Star Trek » et son ultime opus à savoir « Némésis ». Quand je regardais les affiches, j’avais un peu de craintes mais c’est quand même bien décidé que j’ai inséré mon Blu-ray dans le lecteur.

Au final, le résultat n’est pas aussi catastrophique que je le craignais. C’est même plutôt plaisant je dois le reconnaître. Il y a toujours énormément de facilités et il ne faut pas être très regardant sur la crédibilité d’un tel récit mais je me suis une nouvelle fois laissé prendre au jeu de cet univers. La fin au cinéma de l’équipage du Capitaine Picard n’est pas aussi forte que celle de la fin de l’équipage du Capitaine Kirk mais j’ai quand même pris du plaisir à suivre cette nouvelle aventure. Ca ne révolutionne pas le genre, c’est même déjà assez daté visuellement pour un film de 2002, mais c’est un divertissement efficace que j’ai trouvé intéressant et parfois même drôle.

Devant la caméra, Patrick Stewart semble toujours prendre du plaisir à incarné Jean Luc Picard. Charismatique, il s’impose une nouvelle fois en leader naturel. J’aime toujours aussi Brent Spiner qui au fil des épisodes aura très bien su faire évoluer son rôle de Data tout comme j’ai apprécié également l’évolution de Jonathan Frakes en Riker. Parmi les nouvelles têtes, je retiendrais surtout Tom Hardy (je ne m’attendais pas à le trouver ici) très bon en Shinzon ainsi que Ron Perlman méconnaissable (pour changer) en Viceroy. La distribution fait en tout cas son job et réussit à nous masquer quelques peu les légèretés scénaristique.

A la réalisation, l’équipe se retrouve aux mains d’un nouveau venu dans la franchise à savoir Stuart Baird. Le metteur en scène s’en sort plutôt bien d’une manière générale. Il est dans la continuité de ce que l’on a déjà pu voir et même si à l’écran, cela manque d’images fortes, de plans sensationnels qui nous scotche à notre siège, c’est quand même agréable à voir. C’est juste vraiment dommage que le long métrage semble plus vieux qu’il en a l’air avec ses effets visuels très cheap et ses incrustations parfois douteuses. Reste que le montage dynamique fait que je ne me suis pas trop ennuyer.

Pour résumer, « Star Trek 10 : Némésis » fut une bonne surprise pour moi. J’avais des craintes mais ce ne fut pas le désastre auquel je craignais. C’est même un épisode plutôt bon qui m’a replongé dans l’univers Star Trek avec plaisir. Dommage que la saga originale ne finisse pas sur un épisode plus fort, quand on le revoit, on comprend même l’utilité du reboot qui viendra quelques années plus tard mais je ne regrette vraiment pas en tout cas de l’avoir vu.

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3.5

Star Trek 9 : Insurrection



Petit à petit, j’arrive à la fin de mon cycle consacré à « Star Trek ». Après m’être refait il y a peu « Premier contact », c’est donc avec toute logique que je me suis visionner « Star Trek 9 : Insurrection ».

Pas spécialement exceptionnel, j’ai trouvé que le long métrage n’était pas non plus mauvais pour autant. On reprend les mêmes bases avec les critiques de fond sur la société avec cette fois ci comme trame une relecture de la fontaine de jouvence. Si le scénario est un brin bavard avec ses termes techniques inutiles (comme bien souvent dans le genre) qui semblent combler les trous ainsi qu’un humour parfois un peu lourd, le résultat n’en demeure pas moins assez efficace. Film le plus court de la franchise (à 3 minutes près avec le troisième volet), la durée m’a semblé plutôt bonne. Je n’ai pas regardé ma montre mais il n’aurait pas fallu que ça dure plus longtemps pour autant.

Devant la caméra, Patrick Stewart me semble de plus en plus à l’aise avec son rôle de Jean Luc Picard. Son équipage ne réussit pas à me faire oublier Kirk et Spock mais bon, il a au moins le mérite de posséder sa propre identité et sa propre âme. Brent Spiner en Data me plait lui aussi de plus en plus et son association avec Picard est souvent touchante. Globalement, si l’interprétation ne vole pas très haut, elle est en tout cas suffisamment correcte pour que je me laisse prendre au jeu.

Deuxième film de la franchise qu’il réalise, Jonathan Frakes fait dans la continuité. Le long métrage est bien dans son époque avec une surenchère visuelle que l’on a l’habitude de retrouver. Ce qui est dommage, c’est que les effets sont quand même assez grossiers et trop flashy. Si c’était kitsch et charmant à une époque, en 1999, c’est quand même limite je trouve avec ses incrustations qui sautent aux yeux à chaque plans et un visuel qui n’est peut-être pas à la hauteur d’un projet de cette envergure. Même les maquillages et les costumes commencent à dater avant l’heure à tel point que quand Picard fait péter la veste en cuir, cela passe nettement mieux.

Pour résumer, « Star Trek 9 : Insurrection » est un bon film. Ce n’est pas le volet qui marquera les annales de la saga je trouve mais il se laisse néanmoins regarder avec un certain plaisir. C’est agréable aussi de voir que la Fédération en prend un peu pour son grade et que toute la raison d’être de cette dernière soit remise en cause afin de revenir aux thèmes fondamentaux de la franchise. Pas mémorable, le long métrage est malgré tout assez divertissant et c’est déjà ça.

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3.0

Star Trek 8 : Premier contact (Star Trek : First Contact)



"- Il y a combien de planètes dans votre fédération ?
- Plus de 150 sont réparties sur 8 000 années lumières.
- Vous devez pas rentrer tous les dimanches."


De la saga cinématographique originale, « Star Trek 8 : Premier contact » était le seul film que j’avais vu. Cela remontait à quelques années et je dois bien avouer que je ne m’en souvenais plus trop à tel point qu’un nouveau visionnage me faisait bien plaisir.

Et on peut dire que ce fut plutôt bénéfique car j’ai vraiment eu l’impression de découvrir ce film. Absolument aucune image ne réveillait en moi un souvenir. Pourtant, c’est plutôt efficace. En termes d’action on est clairement au-dessus de son prédécesseur avec ce volet moins bavard qui va à l’essentiel.

Côté casting, Patrick Stewart en Jean Luc Picard fait toujours le boulot. Très charismatique, il s’impose toujours comme un leader naturel et j’ai nettement plus apprécié le personnage de Data ici (qui me rappelle Spock) ainsi que l’interprétation de Brent Spiner. L’équipage au complet fait le boulot tout comme les autres personnages à l’image de Zefram Cochrane (quel plaisir de voir à l’écran James Cromwell) ou Lily Sloane (très bonne Alfre Woodard). Mais bon, aussi bon soit-il, je dois reconnaitre que contre toute attente, il n’arrive jamais à la hauteur de l’équipage Kirk – Spock qui bien que kitsch avec le temps, était plus puissant et percutant je trouve (même si la nature humaine de Picard est développé de façon un peu plus subtile).

Jonathan Frakes (également comédien avec le rôle de William Riker) fourni une bonne réalisation sinon. Pas de doute, on est bien dans les années 90, la surenchère qui va avec. On sent de plus en plus l’écart visuel avec les six premiers films et dans un sens, ce n’est pas plus mal puisque ça permet de bien faire la différence avec l’après Kirk). Les effets spéciaux sont parfois limite mais reste agréable à voir tandis que le spectacle est au rendez-vous si une nouvelle fois, on ne s’attarde pas trop sur les différentes incohérences et autres facilités. Les maquillages et autres costumes sont eux aussi sympathique même si là aussi, je regrette le manque de kitsch. Il y a un petit charme qui manque je trouve notamment dans le look des Borgs mais bon, rien de bien méchant.

Pour résumer, « Star Trek 8 : Premier contact » est un très bon divertissement. J’ai passé un agréable moment et je me suis clairement moins ennuyé comparé à l’épisode précédent. Je commence à bien m’habituer à ce nouvel équipage, je sympathise de plus en plus avec certains personnages et si je trouve que le fond perd un peu en substance au détriment de la forme qui veut nous en mettre plein la vue, c’est quand même un long métrage plutôt plaisant à suivre.

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3.5

Star Trek 7 : Generations

Star Trek 7 : Generations

"Ne commencez-vous pas à sentir le temps qui vous rattrape ? Il est semblable à un prédateur. Il vous pourchasse. Oh, vous pouvez essayer de le distancer avec des médecins, des médicaments, de nouvelles technologies, mais à la fin, le temps va vous rattraper et vous tuer."

Passation de pouvoirs après l’équipage Spock – Kirk, je n’avais jamais eu l’occasion de voir ce septième film de la franchise « Star Trek » à savoir « Générations ». C’est maintenant chose faite avec un blu-ray qui une nouvelle fois est d’une qualité irréprochable.

Verdict ? Ça commençait plutôt bien, très bien même puis ensuite ça s’est vite enlisé. J’ai trouvé l’ensemble bavard, trop bavard et au final, je me suis totalement désintéressé de cette histoire voir même carrément ennuyé. Par moment il y a quand même de légers sursauts qui rendent malgré tout ce film intéressant mais globalement, c’est trop brouillon je trouve.

Pourtant le casting fait le boulot. Bien entendu, Spock manque énormément et Kirk se fait trop rare mais montre tout son charisme mais il fallait bien passé le relai. Du coup, Patrick Stewart s’en sort avec les honneurs dans son rôle du Capitaine Jean Luc Picard. A ses côtés, c’est sans doute le manque d’habitude mais je trouve que ça manque de consistance (notamment le rôle de Data qui est un peu lourd) malgré plein de bonnes volontés.

Niveau réalisation, c’est plutôt bien foutu. On sent qu’on est dans les années 90, les effets visuels ont bien progressé et même si tout n’est peut-être pas non plus à la hauteur de ce projet, c’est quand même correct (la restauration Blu-ray aide beaucoup aussi).

Au final, je tiens pour le moment avec ce septième volet l’épisode que j’aime le moins de la franchise. Il y a de bonnes idées, le relai est bien passé mais c’est beaucoup trop bavard, le film aurait gagné en simplicité, il en serait devenu plus percutant. C’est vraiment dommage mais je reste quand même confiant pour la suite.

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2.5

Star Trek 6 : Terre inconnue (Star Trek VI: The Undiscovered Country)

Star Trek 6 : Terre inconnue

"Un de mes ancêtres soutenait que si vous eliminiez l'impossible, ce qui demeurait, quoique improbable, ne pouvait être que la vérité."

Je continue ma découverte de la galaxie avec la franchise « Star Trek » et ce sixième opus à savoir « Terre inconnue ».

J’ai adoré. Après un cinquième film qui m’avait un peu déçu en certain point, j’ai été de nouveau pris par ce nouveau scénario. Le parallèle avec la société actuelle, le racisme, la tolérance etc etc est certes un peu facile mais efficace. Ça sonne juste, j’ai été captivé par ce complot même si je me doutais de son issue finale et j’ai passé un super moment.

C’est une joie aussi que de retrouver l’équipage de l’Enterprise. Les ravages du temps se font toujours ressentir (bien que moins que le cinquième film bizarrement) mais cette fois ci on l’assume et ça rentre bien dans ce scénario avec un discours final touchant qui nous démontre à quel point ils auront marqué la franchise.

La mise en scène de Nicholas Meyer est très bonne aussi. Les effets visuels sont une nouvelle fois très kitsch, ils ont peut-être pas autant de charme que les précédent car l’époque ne justifie pas tout cette fois ci, mais on est dans un « Star Trek » il n’y a pas de doutes et si on aime cet univers, on se laisse volontiers prendre au jeu.

Au final, ce sixième opus se hisse sur mon podium des épisodes de la franchise que j’apprécie le plus. Le film n’est pas exempt de défauts mais j’ai quand même passé un super moment et trouvé ce volet à la hauteur de mes espérances.

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4.0

Star Trek 5 : L'ultime frontière (Star Trek V: The Final Frontier)

Star Trek 5 : L'ultime frontière

"Bon sang McCoy, vous êtes médecin. Vous devriez savoir que la souffrance et la culpabilité ne peuvent pas s'enlever d'un coup de baguette magique. Ce sont les choses que nous portons en nous, des choses qui font de nous ce que nous sommes. Si nous les perdons, nous nous perdons nous-mêmes. Je ne veux pas qu'on m'enlève ma souffrance ! J'ai besoin de ma souffrance !"

Un des volets de la franchise que j'aime le moins pour le moment même si le résultat reste correct. A la réalisation, Spock passe le relai à Kirk, ça reste cohérent et le côté kitsch du truc apporte pas mal de charme. Le seul hic, c'est que l'histoire de base ici ainsi que son final ne m'a pas passionné plus que ça même si j'ai aimé les quelques touches d'humour. C'est donc pas le volet que je désirerais revoir le plus mais j'ai quand même passé un bon moment et je continue de bien aimer cette saga cinématographique :-) .

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