"Ce n'est pas simplement parce que cela se fait qu'il faut le faire."

Déjà pas très fan à la base du dessin animé de Walt Disney (je trouve le personnage principal fade et inintéressant), j'étais quand même assez curieux de découvrir la version live de "Cendrillon". La bande annonce me laissait présager le pire mais avec Kenneth Branagh derrière la caméra, j'avais envie d'être un peu confiant.

Malheureusement, le miracle n'a pas eu lieu selon moi. Le scénario écrit par Chris Weitz est juste une pâle copie de la version animé pour laquelle j'ai si peu d'affinité. Alors bien sûr, les scènes ont été rallongées, on tente de développer certains points comme l'enfance de Cendrillon mais vu qu'il n'y a rien de bien innovant dans tout ceci, une nouvelle fois je me suis fortement ennuyé. Aucun passage ne m'a fait dire "Ok, ce film méritait d'être fait". Le long métrage d'animation se suffisait amplement à lui-même. En effet, si c'est très classique et prévisible dans le dessin animée, dans sa version live le côté niais et ridicule est davantage amplifié.

Peut-être que le jeune public (où ceux qui n'ont pas vu le dessin animé et/ou qui ne connaissent pas cette histoire... Si il y en a...) y trouvera son compte mais pour le reste, c'est quand même d'une platitude affligeante. Là où récemment "Blanche Neige et le chasseur" nous offrait une légitimité en faisant un excellent travail de relecture sur Blanche Neige, ici, on a sans cesse l'impression que l'on à jouer la carte de la facilité tant l'ensemble semble être d'une banalité absolue. Le fait de ne pas accrocher à ce personnage doit sans doute jouer de mon côté mais vraiment, même sans y mettre de grandes attentes, j'en attendais quand même un minimum qui justifierait la production de ce long métrage. Je ne parle même pas des dialogues qui m'ont parfois paru encore plus vide que ceux du dessin animé qui au moins annoncé tout de suite la couleur vis à vis de son public.

Le casting n'aide pas non plus. Chacun est à sa place et tient son rôle mais devant un scénario aussi plat, on est en présence d'interprétation tout aussi plate à l'instar d'une Lilly James en Ella qui n'a jamais su incarner une once de magie ou de féerie à mes yeux. Tout le monde est dans la surenchère, dans l'excès et notre héroïne en paie les frais. A aucun moment je ne me suis attaché à elle ou eu la moindre sympathie à son égard, ses réactions vis à vis de ce qu'elle vit étant juste ridicule (comme dans le dessin animé d'ailleurs qui avait au moins pour lui d'être d'une autre époque).

Le reste de la troupe est ainsi du même acabit. L'ensemble manque cruellement de folie, de passion, d'envie. Je n’irais pas jusqu'à dire que c'est mauvais car c'est quand même cohérent de bout en bout mais ce n’est quand même pas très glorieux. Richard Madden en Prince est transparent, son père le Roi l'ait tout autant malgré une certaine présence dans l'écran (même très courte) de Derek Jacobi tandis que nous avons déjà connu Stellan Skarsgård plus inspiré et plus convaincant que pour cette prestation de Grand-Duc.

Même si ça ne vole jamais haut et que personne n'est vraiment transcendant, je retiendrais quand même Cate Blanchett en Lady Tremaine. Elle en fait des caisses mais bon, ce genre de personnages lui va bien. Dommage qu'on n'est jamais réussi à exploiter le côté "bon" qu'il pouvait y avoir dans son personnage (un simple regard ne suffisant pas...). Helena Bonham Carter en Fée Marraine est elle aussi sympathique même si on la voit peu. C'est bien dommage aussi car à côté de ça, sa voix off qui sert de narration est juste extrêmement lourde et souvent inutile. Si les parents d'Ella sont bien joués par Ben Chaplin et Hayley Atwell, j'ai apprécié Nonso Anozie dans la peau du Capitaine.

Ce qui sauve un peu l'ensemble, c'est le travail de mise en scène de Kenneth Branagh. Son potentiel n'est pas exploité à sa juste valeurs mais bon, au moins, c'est beau et très agréable à voir c'est déjà ça. Les plans sont très bien millimétrés, la caméra est toujours placée là où il le faut et esthétiquement c'est quand même pas mal. On peut s'avérer frustré que pour un conte le film ne soit pas plus féerique mais bon les effets visuels font quand même le boulot.

Bizarrement, si le scénario et les interprétations jouent sur la surenchère, il est presque étrange de ne pas retrouver cette même surenchère dans la mise en scène. C'est très classique, très académique (même si ça marche encore une fois) et c'est presque dommage que seule la scène du carrosse avec la Fée Marraine soit source de folie. Je n'irais pas jusqu'à dire que le reste est poussiéreux mais ce n'est quand même pas très contemporain et on ne retrouve malheureusement même pas la fibre Shakespearienne que l'on peut retrouver dans d'autres films de Kenneth Branagh.

Point positif quand même, les décors sont très beaux tout comme les différents costumes. Pour le coup, il n'y a pas de grandes relectures non plus de ce point de vue mais l'esprit conte de fées est bien là. Le montage est très classique mais ça reste quand même rythmé, mon ennui venant vraiment du fait que je n'ai rien vu de nouveau. Une scène qui durait cinq minutes dans le dessin animé dure juste dix dans ce film mais ça reste cinq minutes de trop et inutiles (pour le coup, ce film ferait presque remonté le dessin animé Disney dans mon estime...).

Quant à la bande originale, celle-ci est composée par Patrick Doyle. Elle est bien mais pas exceptionnelle non plus. Elle s'accorde bien à cet univers mais elle ne nous transporte pas pour autant. C'est dommage car la musique de la bande annonce pouvait presque nous laisser rêver d'un peu de modernité dans cette adaptation mais au final, même avec la musique il n'y a absolument aucuns risques de pris. C'est pas détestable mais aucun thème ne m'a vraiment marqué ou retenu mon attention.

Pour résumer, bien que j'en attendais pas grand-chose, je suis quand même sorti de ma séance de "Cendrillon" version live assez frustré. Je ne comprends pas l'intérêt de ce projet. C'est certes bien filmé et mis en scène mais le fond semble si plat et n'apporte tellement rien de nouveau à l'horizon que je me demande quel légitimité on a voulu avoir. Ce n'est même pas celle de vouloir proposer une relecture ou de développer certains points car en voyant le film, on a juste l'impression de revoir le dessin animé dans une version longue avec des scènes coupées qui auraient très bien pu rester coupées. Le jeune public y trouvera peut-être son compte mais de mon côté, c'est quand même l'ennui qui a dominé et ce n'est pas avec ce film que je vais réussir à apprécier ce personnage que je trouve toujours aussi plat, fade, transparent, niais et inintéressant...

2.0