"Où est mon gâteau, Bédélia ? Je veux mon gâteau !"

Bien que le genre m’ait un peu amusé durant ma jeunesse avant de prendre un terrible coup de vieux avec la série télévisée "Les contes de la crypte", je n'avais jamais vu "Creepshow". Du coup, mis en condition, j'ai profité que ce film passait à la télévision pour le découvrir.

C'est assez fidèle à ce à quoi je m'attendais. Le scénario de ses différents sketchs écrit par Stephen King a pris un grand coup de vieux. C'est très kitsch mais ça possède son charme et même si les différents segments sont assez inégales (pas très fan de la fête des pères par exemple alors que celui avec les cafards est plutôt pas mal), il y a matière à passer un bon moment. Bien entendu, avec les années, c'est devenu très gentillet mais je pense que c'est typiquement le genre de long métrage qui aurait pu me donner quelques frissons dans mon enfance grâce à son ambiance bien particulière qui mélange épouvante et humour noir. Le côté bande dessinée m'a aussi bien plu et rend le récit plus agréable à suivre selon moi.

La distribution n'a rien d'exceptionnel de son côté. Personne ne sort véritablement du lot, chaque acteur cabotinant pour apporter davantage de couleurs à son personnage. Ma Freebox m'offrant la possibilité de choisir, j'ai suivi ce film en version française et en version originale. Je dois avouer avoir un faible pour la version française qui donne un petit côté comique supplémentaire et un certain charme. Dans ce casting, je retiens quand même Ed Harris, très jeune en Hank Blaine, qui est juste de passage. Adrienne Barbeau que j'apprécie est parfaitement exécrable en Wilma Northrup tandis que Hal Holbrook en Henry Northrup est très intéressant dans le segment "La caisse" qui compte parmi les meilleurs et fait toujours son petit effet.

Notons aussi la présence de Leslie Nielsen en Richard Vickers, très loin du comique que l'on peut retenir de lui dans un segment plaisant aussi où il donnera du fil à retordre à un Ted Danson déjà charismatique en Harry Wentworth. J'ai bien aimé aussi le côté décalé de Stephen King qui s'octroie un segment et le personnage du grand enfant Jordy Verrill, l'un des chapitres où l'on ressent bien la patte de l'écrivain. E.G. Marshall est lui excellent en Upson Pratt et le caméo de Tom Savini m'a fait sourire. Dans l'ensemble, il n'y a rien d'exceptionnel mais ça reste cohérent et tout le monde semble s'amuser.

Le maître George A. Romero se voit lui confier la tâche de la réalisation. C'est peut-être pas son meilleur film (du moins celui qui vieillit le mieux), ce projet doit beaucoup à l'aura de son cinéaste mais ça reste quand même très appréciable à suivre. Très ancré dans son époque visuellement avec des effets spéciaux ultra kitsch et des maquillages ainsi que des costumes très colorés qui semble sorti tout droit d'un livre "Chair de poule", il y a quand même du plaisir à suivre ce programme.

C'est ce charme d'un programme qui date qui contribue à me faire sourire de bout en bout sans jamais trop m'ennuyer. J'ai beaucoup aimé ce côté bande dessinée horrifique qui assume totalement son second degré. Il y a d'ailleurs dans les différentes transitions entre chaque segment beaucoup de bonnes idées et certains plans m'ont vraiment plu. Un peu prévisible, j'ai bien aimé aussi la bande originale composée par Michelle Dibucci et John Harrison.

Pour résumer, "Creepshow" n'est pas l’œuvre marquante à laquelle je m'attendais. Dans un autre style, je lui préfère largement par exemple "La quatrième dimension". Cependant, il possède quand même un certain charme qui rend le spectacle plaisant. Je pense aussi que je l'ai sans doute découvert un peu trop tard car il aurait très bien pu faire son petit effet sur moi durant ma jeunesse. Très kitsch, très coloré mais avec une ambiance extrêmement sympathique et mélangeant habilement épouvante gentillette ainsi que humour noir, ce long métrage se laisse en tout cas suivre avec plaisir. Je pourrais le revoir du coin de l’œil un soir d'Halloween en bouffant un paquet de bonbons dans l'espoir de me replonger avec nostalgie dans une jeunesse où tout est possible.

3.0