"- On pourrais zapper le moment où je me mets à minauder avec des airs langoureux synonymes d'une baise cosmique ?
- Pas de baise cosmique dans les minutes qui viennent ?
- Non.
- J'ai même pas le droit aux minauderies ?
- Non.
- Attends, c'est mon truc préféré."


Will Smith est le genre d'acteur toujours classe même dans un mauvais film qui peut me faire déplacer en salles. Ayant dernièrement des souvenirs assez mitigé de ses longs métrages, j'étais plutôt content de pouvoir le revoir sur grand écran et c'est ainsi que je me suis retrouvé dans une projection de son dernier film en date à savoir "Diversion".

J'avais quelques craintes car j'ai eu quelques retours négatifs mais j'avais envie de croire au projet. Dès le début, c'était plutôt bien parti d'ailleurs. Le scénario écrit par Glenn Ficarra et John Requa est certes bourrés de facilités mais je me suis assez vite laissé prendre au jeu. J'ai beaucoup aimé cette histoire de pickpockets classique avec ses ficelles que l'on connait par cœur mais qui s'avère efficace à mes yeux. Pendant une bonne heure, je n'ai pas été transcendé mais j'ai passé quand même un bon moment.

Puis ensuite l'intrigue s'est délocalisée à Buenos Aires et là, j'avoue avoir décroché. J'avais beau adhéré aux énormités que le long métrage voulait me proposait, le virage prit dans la manipulation à ce moment-là m'a vite lassé et paru grotesque. Auparavant, cela ne faisait pas dans la finesse mais à partir de Buenos Aires, ce fut beaucoup trop pour que je reste accroché surtout que l'éternelle romance vient un peu plus plombé l'ensemble. Alors, ce n'est pas non plus catastrophique à mes yeux, j'ai tenu jusqu'à la fin et il y a des passages que j'ai même bien aimé avec quelques sourires de mon côté (même si l'humour est majoritairement présent lors de la première heure de film) mais j'ai quand même été déçu. Rien que la scène finale est à l'image du traitement grossier que l'on à voulu donner au film et je suis resté sur ma faim.

Fort heureusement, retrouver Will Smith m'a bien fait plaisir (je ne garde pas un souvenir joyeux de "After Earth" et son rôle - bien que bon - dans le très léger "Un amour en hiver" ne compte pas pour moi). Dans la peau de Nicky, l'acteur est même très convaincant. Avec sa classe naturelle, on se laisse facilement charmer par ses tours de passe-passe. Bien entendu, son personnage n'est pas très honnête mais il n'est pas non plus bien méchant au point qu'on sympathise vite avec lui-même après de belles crasses d'un point de vue humain de son rôle.

Il forme un très beau duo avec Margot Robbie en Jess Barrett. Je ne suis pas spécialement admirateur de ses talents d'actrice pour le moment mais l'actrice est très agréable à voir et est convaincante. Par moment, j'ai même trouvé son personnage un peu ambigu. Je me laissé gentiment berné également en n'étant pas toujours sur de ses intentions dans ce récit qui prône le mensonge et la manipulation. Quoiqu'il en soit, elle fait le job et son rôle dispose de suffisamment de répondant pour pouvoir bien exister au-delà de la simple romance bien lourde.

Le reste de la distribution est plus anecdotique que ce soit Rodrigo Santoro en Garriga très stéréotypé ou encore Gerald McRaney en Owens qui dispose pourtant de certains attraits qui rendent son rôle plutôt drôle parfois (j'aurais bien aimé qu'on exploite davantage le côté "violent" et old school de ce personnage). Quant à Adrian Martinez en Farhad, c'est le personnage secondaire qui sort le plus du lot à mes yeux. Très drôle, la deuxième partie du long métrage que j'ai moins aimé aurait gagné à l'exploiter un peu plus histoire de garder un peu la fraicheur du début.

La réalisation, on la doit au tandem Glenn Ficarra - John Requa. Là aussi, j'ai bien aimé toute la première partie et moins accroché à la seconde. La première partie est assez classe, très propre. Les plans sont basiques mais agréable avec des ouvertures sur les vols bien ficelés afin de bien se rendre compte de ce qui se passe ainsi qu'une initiation dans la bande de Nicky très plaisante. Ça manque de discrétion mais ça passe. La seconde m'a semblé pour sa part un peu plus bâclé. Pas mauvaise mais quelconque. Mes yeux n'ont pas saignés mais il n'y a aucun plan qui m'a véritablement marqué et je regrette que le final soit un peu ridicule car j'aurais aimé resté sur une autre impression.

Il y a un gros travail qui a été fait en tout cas sur les costumes ainsi que sur les costumes. Plus le film avance et plus on sent qu'il y a du soin qui a été apporté dans chaque détail comme pour la coiffure de Jess qui évolue comme son personnage. La photographie est belle aussi tout comme l'exploitation de la lumière qui donne à ce film une ambiance un peu chaleureuse. Quant à la bande originale composée par Nick Urata, elle est à l'image du film. Elle joue beaucoup sur le charme et la sensualité pour nous manipuler et colle bien à l'atmosphère.

Pour résumer, "Diversion" n'est pas mauvais mais à l'issue de ma projection, je suis quand même resté un peu sur ma faim. J'ai même failli mettre une note ressentie un ton en dessous à cause de la seconde partie du long métrage qui vient un peu gâcher tous les éléments de la première heure que j'avais bien aimé malgré ses facilités. Après, ça fait plaisir de retrouver Will Smith au cinéma pour moi mais j'espère quand même le revoir prochainement dans une œuvre un peu plus forte. En attendant, loin d'être qu'une simple diversion, ce film se laisse regarder mais on aurait quand même pu avoir un divertissement d'un calibre supérieur j'en suis convaincu.

3.0