"L’os du père pris en toute ignorance... La chair du serviteur volontairement sacrifié... Le sang de l’ennemi pris par la force... Le seigneur des ténèbres renaîtra..."

Continuant dans ma lancée sur la saga littéraire et cinématographique consacré à Harry Potter, c'est tout naturellement qu'après avoir fini de lire le quatrième tome, je me suis mis à redécouvrir en Blu-ray "Harry Potter et la coupe de feu". Maintenant que j'avais une connaissance du roman d'origine, j'étais très curieux de découvrir à nouveau cette adaptation.

Comme pour les autres films de la franchise, j'ai beaucoup aimé cette nouvelle histoire. Dès le début, je me suis replongé dans cet univers avec un certain délice. Cependant, comme l’œuvre littéraire d'origine de J.K. Rowling, je trouve cet opus un ton en dessous de ses prédécesseurs. Ce n'est pas mauvais attention, loin de moi cette idée mais c'est sans nul doute l'une des aventures que je trouve le moins passionnante maintenant que j'ai une vue d'ensemble de la série.

De plus, maintenant que j'ai lu le livre de base, je ne peux m'empêcher de comprendre la frustration des fans de la première heure. Si une nouvelle fois, la relecture proposé reste intéressante, il y a quand même des sacrés coupes dans cette histoire qui a le don de nous laisser sur notre faim. L'enchaînement entre les différentes scènes s'avère plus brutal et la subtilité de certains passages se comprends et s'apprécient mieux si on a lu le livre comme par exemple pourquoi les garçons sont attirés de façon aussi forte par la beauté de Fleur Delacour.

Ce ne sont que de petits détails car en soit, la relecture proposé n'est pas honteuse. Quand on voit le pavé, ce nouveau film réussi à tenir sur sa durée tout en étant cohérent avec les autres longs métrages et sans trop dénaturé l'esprit du livre mais bon cette frustration est compréhensible et ça, dès le début avec la fameuse coupe du monde de Quidditch qui est vite expédié alors que dans le roman, elle s'étale sur un peu plus d'une centaine de pages.

Passé cette comparaison inévitable une fois que l'on connait le roman, en faisant abstraction du livre et en prenant ce film comme une simple suite à un autre film, ce scénario écrit par Steve Kloves n'est pas honteux. Il manque peut-être d'un peu de consistance mais c'est un peu ce que je reproche aussi au livre donc ça ne m'a pas choqué plus que ça. Puis, son final reste le point le plus important de ce volet puisque c'est ce final qui va permettre à la saga de prendre un virage et de partir vers une autre direction encore plus sombre.

Après, si je regrette que le monde "scolaire" de Poudlard soit totalement délaissé dans le seul but de mettre les épreuves de la coupe de feu en avant, l'ensemble reste quand même agréable à suivre. J'ai eu moins de sympathie pour les personnages principaux en pleine crise d'adolescence, leur intérêt pour le sexe opposé, bien que compréhensible dans cette transition, alourdi un peu le récit mais bon, je continue quand même à apprécier cette ambiance fantastique où l'on fait la part belle à la magie. J'ai à chaque fois l'impression d'être dans un monde que j'apprécie et toute la mythologie crée autour de ce monde me plait beaucoup et reste efficace à l'écran.

Devant la caméra, si j'ai eu moins de sympathie cette fois ci pour nos trois héros, leurs acteurs semblent prendre du plaisir à les réincarnés de nouveau et ils sont toujours bon dans cette distribution. Daniel Radcliffe fait toujours un bon Harry Potter même si c'est un rôle que je trouve toujours un peu fade, Rupert Grint en Ron Weasley est toujours sympathique dans la peau du bon pote (même si là, il fait un peu plus tête à claques) tandis qu'Emma Watson en Hermione Granger est celle dont l'évolution que ce soit physique ou psychologique, ce ressent le plus à l'écran.

Parmi les habitués, Michael Gambon est toujours bon en Albus Dumbledore, l'acteur incarne de façon naturelle la sagesse de son personnage et fait un Directeur tout à fait convaincant. Derrière, on les exploite un peu moins, ils sont un peu plus en retrait mais Alan Rickman en Severus Rogue, Maggie Smith en Minerva McGonagall ou Robbie Coltrane en Rubeus Hagrid sont toujours aussi bon. Plus à l'écart aussi, le choix de Tom Felton pour Drago Malefoy ou encore Jason Isaacs pour Lucius Malefoy me semble bien choisi aussi et j'ai apprécié de voir que ce dernier commence à être davantage exploité surtout dans le final de cet opus. De toute façon, chez ceux déjà présent dans les précédentes aventures, chaque comédien revient pour notre plus grand plaisir et fait ce que l'on attends de lui.

Après, il y a les nouvelles têtes. Celle qui aura son importance est sans nul doute Ralph Fiennes qui a donc été choisi pour prêter ses traits, derrière un maquillage que j'arrive un peu plus a apprécié maintenant, à Lord Voldemort. Son arrivé dans ce récit est tardive, c'est le point culminant de cette œuvre mais l'acteur reste très bon. D'une manière générale, je le trouve assez efficace lorsqu'il s'agit d'incarner des psychopathes et même dans le monde de la magie, il s'en sort bien.

Sinon, j'ai plus eu un coup de cœur pour le personnage d’Alastor 'Fol-Oeil' Maugrey. Brendan Gleeson l'interprète très bien dans sa folie et c'est un rôle que j'ai vraiment bien aimé. Le comédien trouve en tout cas toute sa place dans cette distribution et ce choix d'acteur me semble vraiment judicieux. A l'aise, ça cabotine peut-être un peu trop parfois mais cela convient aussi à l'excentricité de son personnage. Il y a aussi un charisme naturel chez ce comédien qui l'empêche d'être totalement risible et d'être sympathique à mes yeux.

Côté champion pour le tournoi de la coupe de feu, le casting ne me choque pas mais je pense qu'il aurait pu être un peu plus abouti. Stanislav Ianevski en Viktor Krum est trop caricatural (son traitement dans le livre est nettement plus fin) tandis que Clémence Poésy en Fleur Delacour est très transparente à mes yeux et ne dégage pas grand-chose. Robert Pattinson en Cédric Diggory est celui qui s'en sort le mieux mais le fait d'en avoir fait dans l'interprétation un personnage qui semble trop narcissique gâche un peu tout à tel point que je n'ai jamais eu la sensation d'avoir un adversaire qui pourrait vraiment poser à Harry Potter dans ce tournoi, là où dans le roman, il me paraissent tous à peu près à égalité dans leur consistance dans ce récit.

Encore une fois dans l'ensemble cette distribution est très bonne en tout cas. Je pourrais aussi citer David Tennant en Bartémius Croupton Jr. que l'on voit trop peu mais qui joue bien la folie, Miranda Richardson en Rita Skeeter très bonne journaliste tête à claque également même si son personnage va encore plus loin dans le livre ou encore Pedja Bjelac et Frances de la Tour, respectivement Igor Karkaroff et Madame Olympe Maxine, qui sont eux aussi efficace. J'ai eu un peu plus de mal avec Katie Leung en Cho-Chang que je trouve beaucoup trop légère et inexistante à l'écran.

Passation de relai derrière la caméra, cette fois ci, c'est Mike Newell qui s'y colle. Le cinéaste sait filmer je le nie pas, il a lui aussi réussit à mettre sa patte dans ce film et à le démarquer des autres volets dans son identité, cependant, sa réalisation est loin de m'avoir emballé pour autant. C'est beau, c'est efficace mais il manque un petit quelque chose pour que cela me marque véritablement. J'arrive pas vraiment à mettre le doigt dessus, mais il y a un manque que je ne saurais définir qui fait que même si j'ai de nouveau été captivé, j'ai été moins emporté cette fois ci.

Le montage est lui bien ficelé en termes de rythme. Le film a beau durée plus de deux heures et demie, je ne me suis pas trop ennuyé. Cependant, les différentes coupes, au-delà de celle faite dans le roman, me semblent parfois vraiment trop brutales. Parfois, on passe d'une scène à l'autre sans aucune finesse et même sans avoir lu le livre, on sent qu'il manque de nombreux passages pour faire le lien entre toutes ses scènes. Le livre étant imposant, un seul long métrage ne suffit sans doute pas pour pouvoir bien exploité cette histoire mais en l'état, cette sensation de sentir ses différentes coupes dans l'histoire reste préjudiciable je trouve.

Ça fait toujours plaisir sinon de voir ses nombreux décors, ses costumes et ses maquillages qui font partie de l'univers visuel d'Harry Potter. Visuellement, on sent cette évolution tout en restant en parfaite harmonie avec ce qui a déjà été fait. Ça colle plutôt bien et même si la période de l'adolescence avec ce côté rebelle et cette envie de romance est un peu lourd, ça n'en demeure pas moins efficace. Le long métrage vieillit plutôt bien pour le moment je trouve. Quelques incrustations et effets numériques se font un peu plus ressentir de mon côté mais ce n'est jamais choquant et la saga fonctionne toujours chez moi.

En revanche ici, j'ai eu un peu plus de mal avec la photographie et l'utilisation des différentes couleurs. Ça contribue à l'ambiance et à l'atmosphère du film mais ce vert kaki un peu sale est parfois un peu laid je trouve. Ça tranche avec les autres films certes mais ce n’est pas toujours très beau même si ça ne dérange pas pendant le visionnage. Quant à la bande originale composée par Patrick Doyle et John Williams, ce n'est pas la musique de la franchise que j'apprécie le plus mais dans ses sonorités, j'aime quand même bien. D'ailleurs, à l'issue de mes visionnages de la saga, je pense de plus en plus à m'acheter les différentes musiques des films, ce volet y compris.

Pour résumer, "Harry Potter et la coupe de feu" s'avère, à ce stade de la saga, l'un des volets que j'apprécie le moins la faute à des coupes trop brutales (qui sont encore plus frustrante une fois qu'on a lu le roman), à des personnages principaux pour lesquels j'ai moins de sympathie ici ainsi qu'une mise en scène de Mike Newell qui ne m'emballe pas toujours. Maintenant, c'est quand même un très grand plaisir pour moi que de me replonger dans cet univers. On sent l’épisode de transition, le final de ce dernier remonte d'ailleurs le niveau et nous donne envie de voir la suite. En l'état, ça reste en tout cas malgré tout un excellent divertissement que je reverrais de nouveau avec plaisir.

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