"Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises."

Il y a peu de temps, j'ai enfin fini de lire les troisièmes aventures littéraires d’Harry Potter. L'occasion pour moi donc de me replonger de nouveau dans la saga cinématographique en me revoyant le troisième film à savoir "Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban" en Blu-Ray, un film que je n'avais pas revu depuis un petit moment maintenant.

Comme pour ses prédécesseurs et bien que cette fois-ci j'ai lu le livre d'origine, je ne me lasse toujours pas de cette franchise au cinéma. Je trouve même qu'elle vieillit très bien et ce troisième opus ne déroge pas à la règle. Je comprends la frustration des fans (je la comprends tellement que bien que je préfère maintenant les livres, je ne regrette pas de les avoir découvert après) car encore plus à partir de cette troisième aventure, les changements par rapport au roman sont important.

Cependant, le scénario écrit par Steve Kloves d'après l’œuvre de J.K. Rowling reste néanmoins très bien ficelé. Plutôt que de faire une copie conforme au livre (ce qui nous aurait valu un film encore plus long), ce scénario à l'intelligence de continuer de nous proposer une relecture en modifiant certains aspects de cette histoire afin de la rendre plus cinématographique. Alors oui, il y a de la déception car de grosses scènes que le lecteur s'était amusé à imaginer ne sont plus présentes. De même, la fin est totalement réécrite pour arriver à son dénouement mais je trouve quand même que dans l'ensemble, c'est loin d'être honteux.

En faisant abstraction du roman (ce qui est impossible je le conçois lorsqu'on l'a énormément apprécié), cette adaptation reste un divertissement fantastique des plus efficaces. On retrouve avec beaucoup de plaisir cet univers avec une évolution très intéressante et des thèmes forts qui sont toujours abordés avec subtilité comme l'absence parentale, le racisme, le passage de l'adolescence au monde adulte, la quête d'identité etc etc. De plus, l'humour, l'action et la magie sont toujours au rendez-vous dans une suite cohérente et logique qui fait que je passe toujours un agréable moment.

Cela fait plaisir aussi de retrouver les principaux personnages de la saga à commencer par un Daniel Radcliffe qui fait toujours le job en Harry Potter. Son jeu d'acteur ne me convainc pas toujours (je trouve les rôles secondaires plus attachants) mais il reste quand même crédible. Il sait donner l'innocence et la naïveté nécessaire à son rôle. Avec lui, on retrouve toujours avec plaisir également Rupert Grint qui est toujours parfait en Ron Weasley. Toujours aussi délirant avec l'humour qui me botte bien, je trouve qu'il apporte un bon équilibre face au personnage d'Harry Potter. Pour compléter ce trio, Emma Watson est elle aussi parfaite en Hermione Granger. Elle s'accapare bien du rôle et son personnage est à mes yeux la preuve vivante que la relecture du roman est bien faite (dans les bouquins, je trouve le personnage d'Hermione trop agaçant et irritant ce qui n'est pas le cas ici, Emma Watson aidant beaucoup aussi dans son interprétation).

Parmi les habitués, Alan Rickman en professeur Severus Rogue est toujours aussi bon dans sa surenchère du professeur qui a une dent contre Potter tandis que Maggie Smith est toujours très bonne en professeur Minerva McGonagall même si on la voit un peu moins dans ce volet. J'ai bien apprécié aussi Robbie Coltrane en Rubeus Hagrid, toujours sympathique et dont on aurait bien aimé en voir un peu plus dans ses nouvelles fonctions.

Tom Felton en Drago Malefoy est un peu en retrait ici (ce qui n'est pas toujours le cas dans le roman) mais le comédien joue toujours bien cette tête à claque sournoise. Dommage qu'on ne l'exploite pas plus car dans le roman ce que j'apprécie c'est qu'il fait encore plus pathétique mais il se positionne bien en adversaire d'Harry Potter à Poudlard. Si on nous montre un peu moins les Dursley ainsi que les Weasley ici, les acteurs les incarnant font en tout cas toujours ce qu'il faut. Au passage, on notera la passation de pouvoir à Michael Gambon pour le rôle de Dumbledore suite au décès tragique de Richard Harris. Une transition qui se fait plutôt bien et sans que cela soit choquant ce que je trouve être une bonne chose.

Puisque je parle des nouvelles têtes de la saga, l'arrivée la plus notable est sans nul doute celle de Gary Oldman dans la peau d'un Sirius Black des plus convaincants. Je trouve que l'acteur est parfaitement bien choisi et si on le voit réellement à l'écran un peu tardivement, c'est en tout cas un vrai plaisir que de le voir interprété ce personnage complexe dont le sort tragique est très intéressant au même titre que son évolution. La première fois que j'ai découvert cette histoire je ne m'attendais pas à une telle issue et Gary Oldman nous permet très bien de faire la transition entre l'image que l'on donne à son personnage au début et sa réelle image à la fin.

Autre arrivée que j'aime beaucoup, c'est celle de David Thewlis en professeur Remus Lupin. C'est sans doute l'un des professeurs de Poudlard que j'apprécie le plus et j'adore l'interprétation de son acteur. Son évolution me plait beaucoup aussi et plus j'y repense, plus je me dis que ce choix de casting est également très judicieux. J'aime beaucoup aussi (même si il n'est pas aussi important que dans le roman) le choix d'Emma Thompson pour le rôle décalé du Sybille Trelawney qu'elle incarne bien. Sinon, je retiens aussi Timothy Spall qui fait un très bon Peter Pettigrew qui à la gueule de l'emploi.

Si ce troisième film fait partie de mes volets préférés (même si au final, je les place quasiment tous au même niveau à mes yeux), c'est aussi en grande partie grâce à l'excellent travail d'Alfonso Cuarón à la mise en scène. La noirceur qu'il donne à son film est moins sombre que son prédécesseur je trouve mais bizarrement reste plus efficace car il joue avec plus de subtilité et de finesse. Cela passe par des plans bien cadrés mais aussi par une photographie magnifique et une exploitation de la couleur bleu feutré qui me donne froid dans le dos et colle bien à l'ambiance.

Les décors sont eux aussi très bon. Poudlard est une école dont on aurait aimé faire partie. Les décors sont d'une richesse inouïe, ils retranscrivent très bien ce que le roman nous laissait imaginer et même si ici, on accentue un peu moins la folie des lieux, la magie est toujours au rendez-vous. C'est en tout cas visuellement très beau avec aussi des effets spéciaux à tomber par terre à l'image des fameux Détraqueurs qui font leur boulot dans l'épouvante qu'ils sont sensés représenté ou encore le Patronus final qui est d'une grande beauté.

Je l'ai déjà dit mais le film vieillit vraiment très bien et c'est aussi grâce à ça qu'il peut toucher une large partie du public. Il y a un public jeune qui est visé avec le côté fantastique mais ces thèmes universels ainsi que le soin apporté à ce long métrage font que cet opus (tout comme les autres) réussit à réunir toute la famille. Chacun en trouvera pour son compte et le montage bien ficelé qui rend l'ensemble dynamique fait qu'on ne s'ennuie pas du tout.

En prenant le relai derrière la caméra à Chris Columbus, Alfonso Cuarón arrive à mes yeux à garder en tout cas une bonne continuité dans la franchise, à la faire évoluer sans nous perdre, en gardant nos repères mais le cinéaste réussit aussi le pari fou d'y mettre sa propre signature et sa propre identité sans que cela soit choquant. C'est aussi pour ça que ce volet est un peu à part je pense à mes yeux dans cette franchise. Quant à la bande originale composée par John Williams, elle est également plus sombre mais continue de rester dans l'univers que l'on connait tout en restant très agréable à écouter.

Pour résumer, "Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban" demeure un volet un peu à part dans la franchise cinématographique du célèbre sorcier. S’il s'inscrit dans une suite logique et cohérente, la patte et la performance d'Alfonso Cuarón font que cette aventure sort un peu du lot malgré tout. C'est en tout cas une nouvelle fois une très grande aventure féerique que je ne me lasse pas de revoir. Bien que je comprenne un peu mieux certaines frustrations maintenant que j'ai lu le roman de base, je trouve que le travail fourni est remarquable et c'est typiquement le genre de spectacle qui me fait apprécier le cinéma. De la magie, de la poésie, de la noirceur, de l'humour, de l'émotion... On a tous les ingrédients pour passer un bon moment et l'essai est transformé haut la main à mes yeux.

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4.5