Howard... Une nouvelle race de héros


"- Vous êtes... un canard ?
- De grâce, toutes ces remises en questions finiront par saper mon amour propre."


Long métrage comptant parmi les films maudits pour Marvel et George Lucas son producteur, je n'avais jamais vu jusqu'à aujourd'hui "Howard... Une nouvelle race de héros". Pourtant avec le temps, le film a su cultivé son statut d’œuvre culte de par son côté nanardesque et c'est donc grâce à une sortie de ce film en Blu-ray que j'ai enfin pu le découvrir.

Dès ses premières secondes, cette œuvre a su se hisser parmi mes petits plaisirs coupables. En effet, le scénario écrit par Willard Huyck et Gloria Katz d'après l’œuvre de Steve Gerber est assez fidèle à ce que j'en avais entendu. Le scénario est très risible, c'est bourré de facilité, c'est ultra kitsch, peu crédible mais bizarrement, ça apparait tellement décomplexé que ça m'a fait marrer de bout en bout. L'histoire de base est si farfelue que j'en espérais pas moins et c'est ainsi que j'ai passé un très bon moment sans me prendre trop la tête.

On ne va pas se mentir, ça vole très bas mais comme un bon vieux nanar, j'ai pris mon pied devant ce film dont le principal défaut est surtout d'être assis entre deux sièges. S'adressant de prime abord à un public enfantin, son contenu explicitement sexuel par moment le fait plus destiné à un public plus adulte du coup, le dosage mal équilibré explique peut-être son échec commercial. Quoiqu'il en soit, avec son lot de répliques excellente et ses situations très cocasses, je comprends assez facilement le statut culte que ce film a pu avoir avec le temps.

Devant la caméra, la vraie vedette, c'est bien évidemment Howard le canard. Son côté marionnette comme le fut un temps les Tortues ninja font que l'aspect kitsch de ce film est davantage accentué et encore plus de nos jours. Difficile de parler de prestation d'acteur tant la marionnette est peu crédible même si cela colle bien avec le côté ultra décalé de ce long métrage. En tout cas, c'est un véritable plaisir coupable que de suivre ce héros hors norme avec sa gestuelle maladroite et son regard qui joue beaucoup aussi sur la sympathie que j'ai pu éprouver pour lui.

A ses côtés, Lea Thompson en Beverly Switzler m'a elle-aussi beaucoup plu. J'ai énormément apprécié la fraicheur de son personnage ainsi que son petit brin de folie qui permet de former un très bon duo avec Howard. Si par moment sa relation avec ce dernier est un peu douteuse (avec justement cet aspect sexuel mis en avant par moment), je dois avouer que cela contribue aussi fortement au plaisir que ce nanar peut me procurer. Quoiqu'il en soit, ce fut un vrai plaisir que de la voir évoluer à l'écran.

Derrière, le reste de la distribution fait aussi le job. Pas de palme particulière mais pas de naufrage non plus. C'est tout aussi risible mais ça colle à l'ambiance. Tim Robbins en Phil Blumburtt cabotine à fond (on comprend mieux pourquoi ce n'est pas le rôle de sa carrière) tandis que Jeffrey Jones en Docteur Walter Jennings s'avère être une bonne surprise surtout lorsque son personnage va prendre une tournure encore plus décalé dans son final. Acteur que j'apprécie de voir par moment, ça m'a bien fait sourire aussi de retrouver Paul Guilfoyle en Lieutenant Welker.

Côté réalisation, Willard Huyck n'aide pas à sortir ce film du côté des nanars. C'est tellement grossier que c'est aussi ça qui le rend drôle. Au moins on ne peut pas lui enlever une chose, ce long métrage sent bon les années 80 et avec le temps, ça lui donne beaucoup de charme pour jouer sur le côté kitsch. La restauration du film en Blu-ray contribue un peu plus à mettre en avant ses défauts visuels mais là encore, je reconnais que je ne boude pas mon plaisir devant par exemple des effets spéciaux à mourir de rire.

Après, j'ai quand même déjà vu des mises en scènes plus atroce mais c'est vrai que le résultat ici est quand même loin d'être positif même si c'est ce qui fait tout son attrait. Je ne sais pas quel aurait été son effet sur moi si je l’avais découvert plus jeune mais là en l'état en tout cas, c'est tellement décalé et de façon tellement assumé que le résultat ne peut que me plaire surtout avec ses quelques clins d’œil sympathique. J'ai beaucoup aimé aussi la bande originale composée par John Barry qui colle bien au kitsch ainsi que son utilisation comme lors de la dernière scène qui m'a fait penser à "Retour vers le futur" où jouait une certaine... Lea Thompson.

Pour résumer, il m'aura fallu du temps mais je ne regrette vraiment pas d'avoir enfin pu voir "Howard... Une nouvelle race de héros" tout comme je ne regrette pas de me l'être pris en Blu-ray car c'est un film que je reverrais très certainement. Nanar très années 80, c'est typiquement le genre de plaisir coupable qui, cinématographiquement, n'apporte pas grand-chose mais qui peut quand même nous divertir grandement en soirée entre potes quand on est en condition. Avec son lot de répliques et de situations loufoque ainsi que son look ultra kitsch, j'ai vraiment pris mon pied devant ce divertissement dont le principal défaut serait pour moi de ne pas avoir su réellement tranché pour savoir à quel public cette œuvre était destinée. C'est peut-être du gros n'importe quoi mais parfois, ça fait du bien pour se vider la tête. De plus Howard ainsi que Lea Thompson sont très sympa à suivre donc pourquoi s'en priver.

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3.5