Jack l'éventreur - The Lodger


"Continue de frapper à cette porte comme une petite fiotte et il ne faudra pas t'étonner de prendre une main aux fesses."

J'apprécie beaucoup d'une manière générale tout ce qui touche au serial killer au cinéma. Dans ce registre, le mythe de Jack L’Éventreur est donc du pain béni pour moi et c'est donc ainsi que j'ai eu envie de voir "Jack L’Éventreur - The Lodger" lorsque je suis tombé sur ce dvd et que je me suis mis à le visionner.

Dès le début, je savais qu'on allait être assez loin du mythe. Ici, on est en présence de meurtres qui s'inspire du célèbre tueur et pas de son histoire en elle-même. Pas de grosses surprises pour le moment puisque j'avais pris soin de lire le résumé sur mon dvd, je savais donc à quoi m'attendre. Pourtant, ce n'est pas pour autant que j'ai été emporté par ce scénario écrit par David Ondaatje d'après l’œuvre de Marie Belloc Lowndes. Au-delà des libertés prises avec le mythe d'origine, cette intrigue cumule en effet beaucoup trop de maladresses pour vraiment nous captiver.

Que ce soit dans la construction de l'enquête, le traitement de ses personnages, les facilités et autres invraisemblances scénaristiques... Le film est juste une succession de scènes bien prévisible avec des dialogues creux. Après, ça se laisse quand même regarder comme un petit téléfilm de seconde partie de soirée mais l'ensemble peine quand même à convaincre de son début jusqu'à son final qui semble d'ailleurs bâclé et qu'on nous balance un peu comme un cheveu dans la soupe.

Pourtant, ce film bénéficie malgré tout d'un casting plutôt sympathique. C'est d'ailleurs aussi la présence de certains acteurs dans cette distribution qui a attisé ma curiosité vis à vis de ce film, seulement voilà, même eux ne semble pas du tout convaincu par leurs personnages respectifs et chacun nous livre son rôle d'une manière très caricatural à commencer par un Alfred Molina en Chandler Manning. Il n'y croit d'ailleurs tellement pas que même dans ce genre de caricatures, on a déjà vu plus inspiré. Ici, son interprétation est vraiment fade.

Même chose pour Simon Baker en Malcolm. L'acteur semble totalement absent. J'ai eu la sensation qu'il nous balançait ses répliques sans même prendre la peine d'y mettre la moindre intonation. Le traitement des personnages n'aide surement pas mais le jeu des acteurs ne fait qu’enfoncer davantage le clou. Que dire aussi de Hope Davis en Ellen Bunting ainsi que de son mari incarné par Donal Logue. A aucun moment on n'arrive réellement à s'intéresser à eux.

Niveau caricature grossière, Shane West en Street se positionne bien également dans la peau de ce jeune flic naïf qui veut bien faire son boulot tandis que Philip Baker Hall en Capitaine Smith va bien sûr mettre des bâtons dans les roues car notre duo de flics ne dois pas être soutenu par sa hiérarchie, une hiérarchie peu crédible d'ailleurs au vue de leurs différentes réactions. N'oublions pas non plus Rachael Leigh Cook en Amanda, la fille de notre Inspecteur en chef Manning qui histoire de corsé le tableau va se voir doté d'un portrait de famille désastreux et tant pis si on creuse pas plus le sujet, il faut juste dire qu'en plus d'être un mauvais policier, c'est aussi un mauvais père de famille...

Cette impression de téléfilm, on la retrouve aussi dans la réalisation de David Ondaatje. On sent que ce dernier veut créer une ambiance, une atmosphère un peu glauque mais il n'y arrive jamais. Il devient lui aussi un instrument de la caricature qu'il nous dépeint à l'écran avec ses tonnes de pluies qu'il nous fait tomber même lorsqu'il y a un grand soleil ou encore ses effets visuels où on a l'impression de voir un jeune étudiant en cinéma qui veut nous étaler tout ce qu'il a pu apprendre durant ses études.

Travelling, zoom, time-lapse, image saccadé, gros plans sur les pieds, vue aérienne de la ville... On a le droit à tout sans que cela trouve une justification à l'écran. Si cela avait été bien fait, on aurait pu prendre ça comme une leçon de cinéma mais ce n'est pas le cas et à l'image du film, c'est juste vide de sens et totalement gratuit. Quant à la bande originale composée par John Frizzell, elle semble elle-aussi dépourvue d'âme. On a voulu donner une identité au film et au final, l'ensemble se noie et ne sortira sans doute jamais du lot dans un genre cinématographique qui même dans sa version la plus classique, nous a déjà offert nettement mieux.

Pour résumer, je comprends parfaitement que "Jack L'Eventreur - The Lodger" ait eu le droit à une sortie direct en dvd. Comme je l'ai acheté d'occasion et à un prix extrêmement bas, je ne regrette pas mon achat mais une découverte à la télévision aurait pu être largement suffisant. D'ailleurs, c'est plus la place de ce projet qui n'est rien d'autre qu'un simple téléfilm de seconde partie de soirée. Ça se laisse regarder de la sorte et ça s'oublie tout aussi vite. Grosse caricature générale, du casting à la mise en scène, personne ne semble croire en cette histoire grossière qui pourtant aurait pu être plus sympathique si on l'avait traitée avec plus de sérieux. Bref, un long métrage assez anecdotique.

2.0