"Le passage que je préfère, c’est celui ou tu te fais latter la gueule."

Profitant que j'avais une soirée de libre, c'est tout de suite après avoir vu le premier film que je me suis décidé à visionner "Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent". De cette seconde aventure, j'en gardais un bon souvenir donc j'étais quand même plutôt confiant avant d'insérer mon Blu-Ray dans le lecteur.

Et comme je m'en souvenais, cette suite est assez plaisante. Bien que le scénario écrit par Don Payne, John Turman et Mark Frost d'après l’œuvre de Stan Lee et Jack Kirby soit de nouveau très gentillet, il n'en demeure pas moins que ce deuxième opus réussi sans trop de difficulté à être meilleur que son prédécesseur. Ce n'est pas encore une grande claque, le film est toujours étouffé par un humour un peu lourd (bien que cela m'amuse) et des personnages souvent agaçant mais le côté dramatique à quand même pris un peu plus d'ampleur.

Cette ampleur, le film la doit en très large partie au personnage du Surfer d'Argent, véritable méchant qui a plus de gueule que Fatalis et un enjeu sur le monde plus intéressant qu'une simple prise de pouvoir. Il suffit de voir les scènes où Fatalis revient d'ailleurs pour se rendre compte à quel point le Surfer fait un bien fou à cette intrigue. Après, rien de bien nouveau à l'horizon, l'humour omniprésent avec des répliques sympathique domine mais ce divertissement reste correct malgré le fait que ce n'est pas ce volet qui va classer cette franchise parmi mes sagas de super-héros préférés au cinéma.

Devant la caméra, on prend les mêmes et on recommence. Ioan Gruffudd (Reed Richard - Mr Fantastic), Jessica Alba (Sue Storm - La femme invisible), Chris Evans (Johnny Storm - La Torche humaine) et Michael Chiklis (Ben Grimm - La Chose) reprennent du service. On voit à quel point ce casting, bien qu'ils fassent ce qu'on attend d'eux, manque un peu de charisme car eux aussi, dès que le Surfer va apparaître, ils vont vite se faire éclipser. Au-delà de leurs interprétations après qui n'est pas non plus catastrophique à mon sens, c'est surtout leurs traitements scénaristiques que j'ai moins aimé.

Comme pour le premier film, ses héros sont irritants et bien que j'arrive à suivre leurs aventures, j'ai beaucoup de mal à vraiment sympathiser avec eux malgré leurs humours ce qui explique aussi pourquoi je classe cette franchise loin derrière. Il n'y a qu'avec La Chose que j'arrive à avoir un peu d'affinités et encore, je trouve quand même que dans cette suite, ce personnage à beaucoup perdu de sa superbe même si une nouvelle fois, je pense que ça vient surtout du scénario.

Julian McMahon en Fatalis fait lui aussi son retour. Ce n’est pas choquant mais avec le Surfer, ce méchant apparait quand même ici un peu trop léger et gentillet. A aucun moment, je n'ai ressenti le danger avec ce personnage et même lorsqu'on sait qu'il va trahir tout le monde (c'est si prévisible qu'on se demande encore où est la crédibilité de l'armée dans ce récit), je ne m'y suis pas trop intéressé. L'acteur n'est pas non plus très convaincant. Je ne sais pas si c'est parce que je le catalogue inconsciemment "série télévisée" mais son jeu est sans doute le plus léger de tous pour moi. J'ai en revanche apprécié retrouver Kerry Washington en Alicia Masters, personnage qu'on voit un peu plus même si on continue de la sous exploiter.

Dans les nouvelles têtes, seul le physique de Doug Jones associé à la voix de Laurence Fishburne sort du lot. Grâce à eux (et aussi à un visuel convaincant), on a le droit à un Surfer d'Argent que j'ai beaucoup aimé. Ce personnage vole la vedette à l'ensemble du casting et c'est je pense clairement grâce à sa présence et à sa bonne interprétation que ce volet est meilleur que la précédente aventure. C'est en tout cas un personnage assez classe et jouissif à suivre je trouve même si on aurait quand même aimé en savoir et en voir un peu plus à son sujet. En effet, on s'y intéresse bien trop tardivement, le film mettant encore trop longtemps à se mettre en place avec ce questionnement sur la célébrité qui sonne faux en plus...

Après, le reste du casting est du même acabit que la distribution en général. C'est très caricatural et parfois très vite irritant à l'image de l'armée qui est juste risible ici. Faut dire aussi que niveau stéréotype du gros dur qui veut s'imposer mais qui n'est pas crédible pour un sou tant il est dans la surenchère, Andre Braugher en Général Hager va assez loin. Il cabotine comme ce n'est pas permis et son utilité dans ce récit n'est pas vraiment justifiée. Pire encore concernant Beau Garrett en Frankie Raye, la comédienne étant juste transparente et servant de faire valoir et de belle plante...

Il y a quand même d'autres points positifs dans ce long métrage. Tim Story réalise par exemple une meilleure mise en scène. Ce n'est pas exceptionnelle non plus, c'est même toujours assez lisse et trop propre sur soi mais sa façon de filmer m'a paru plus consistante comparé au précédent film. Le montage toujours rythmé permet de ne pas trop voir le temps passé et même si les différents costumes et maquillages me semble toujours aussi légers, ça fonctionne quand même.

Visuellement, c'est quand même plus appréciable. Il y a bien sûr ce Surfer d'Argent que je trouve très réussi mais dans les effets spéciaux, ce film fait moins daté que ce que l'on nous avait déjà offert. C'est d'ailleurs aussi un plaisir, même si c'est très rapide, de découvrir ici la Fantastic car qui fait partie intégrante de cet univers. De même, j'ai bien aimé la variété des décors même si ils ne sont pas toujours exploités de façon judicieuse. Quand les 4 Fantastiques parcours le monde, c'est dommage de juste se limiter à un simple plan carte postale. Quant à la bande originale composée par John Ottman, elle aussi s'est un peu calmée. Comme l'ensemble, c'est très prévisible et très académique du coup comme l'ensemble, ça manque clairement d'une âme, mais la musique s'intègre bien au film sans trop étouffer l'histoire ce qui est déjà agréable en soit.

Pour résumer, "Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent" s'avère être une suite bien supérieure à son prédécesseur grâce notamment à un Surfer réussit qui apporte plus de consistance et un véritable intérêt dramatique à l'ensemble. Cependant, malgré ses efforts et son côté divertissant qui fait que je ne regrette pas de l'avoir revu, cette franchise reste toujours assez faible surtout en comparaison de ce qui était déjà sorti à l'époque ("X-men", "Spider-man" ou "Hellboy" pour ne citer qu'eux). Ça manque clairement d'une véritable identité et d'une grande ampleur que ce soit dans le scénario, l'interprétation ou la mise en scène. Après, bien que très gentillet, ça se laisse suivre avec plaisir je trouve du coin de l’œil et parfois, je n'en demande pas plus.

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