"Deux hommes entrent. Un homme sort."

Considéré comme le plus mauvais volet de la franchise à ce jour et très descendus par la critique, je gardais un souvenir amusé de "Mad Max : Au-delà du Dôme du tonnerre". Du coup, j'étais assez curieux de voir si cet amusement était toujours présent et c'est ainsi que je me suis retrouvé face au Blu-Ray de ce film juste avant la sortie en salles d'un quatrième opus.

Alors oui, je comprends que ce volet soit le mal aimé de la franchise pourtant, après l'avoir revu, je dois bien reconnaître que comme un plaisir coupable, il m'amuse toujours autant. Bien en deçà de ses prédécesseurs, ce scénario écrit par George Miller et Terry Hayes me divertit comme un bon vieux nanar. Oui, ça ne vole pas haut et c'est assez frustrant de voir qu'un tel potentiel et réduit à ceci pourtant, en parfaite condition, j'ai continué à sourire face à son long métrage et à son discours moralisateur post-apocalyptique très prévisible.

Toutes proportions gardées, cette franchise me fait même un peu pensé à celle des "Evil Dead" avec un premier volet ambitieux un peu fauché, un second plus carré et soigné ainsi qu'un troisième qui part dans un délire total (de là à dire que le prochain sera plus trash et "réaliste", il y a des paris qui peuvent être lancés ;-) ). Car il est bien question de délire totale ici. Avec son grand n'importe quoi sur sa Cité qui s'est construite elle-même et sa seconde partie qui part dans le côté "enfants perdus" avec un Max qui s'approche plus d'un Peter Pan, le récit a su me faire sourire.

Je n'y peux rien, j'ai vraiment conscience que c'est le plus mauvais des trois premiers films mais avec son ambiance légère (le film perd pas mal de sa violence physique et morale) ainsi que son humour tout aussi léger, je me suis divertit et j'en attends pas plus d'un nanar. Il se laisse même à mes yeux toujours suivre avec beaucoup de facilités et le seul reproche que je pourrais peut-être lui faire, c'est celui d'être un poil trop long. Quitte à voir un nanar, je pense qu'une durée un peu plus courte aurait été préférable.

Même dans un nanar, je ne boude pas non plus mon plaisir de retrouver Mel Gibson dans la peau de Max. Ce rôle de guerrier des sables bourru lui va vraiment bien. Ici, l'acteur n'apporte pas grand-chose de bien nouveau au personnage, il ne le fait pas beaucoup évolué mais il gagne néanmoins en charisme je trouve. Cette surenchère dans son côté badass m'amuse vraiment beaucoup et la présence de l'acteur au casting contribue pour beaucoup au fait que j'ai aimé de nouveau suivre ce film.

Face à lui, on retrouve une Tina Turner en Entity qui vaudra aussi son pesant de cacahuètes. Son jeu approximatif et son rôle de leader de troupes dans cette histoire amplifie encore un peu plus le côté nanardesque de l’œuvre. Elle n'aurait presque pas besoin de ses costumes pour que j'accroche au délire de son rôle. Avec elle, Frank Thring dans le rôle du Collectionneur fait lui aussi un bon cliché du genre. Impossible de prendre ce film au sérieux en voyant ces personnages. Et je ne parle même pas de Angelo Rossitto et Paul Larsson en Maître Bombe qui ne fait que accentué que ce grand n'importe quoi est totalement assumé.

Sinon, j'ai eu un peu de mal à revoir Bruce Spence en Jedediah. L'acteur m'amuse toujours mais je ne vois pas trop la logique de lui donner un rôle différent de "Mad Max 2 : Le défi" alors même que l'on pourrait trouver à ses deux personnages quelques similitudes. C'est dommage car le comédien semble être à l'aise dans cet univers et semble s'amusait à jouer avec le côté décalé de son rôle. J'aurais bien aimé aussi voir davantage Robert Grubb en tueur de cochons. On le voit surtout à la fin et je le regrette car il m'a bien fait rire. Le reste de la distribution fait le boulot sinon. Toute la troupe des "enfants perdus" m'ont paru un poil trop léger pour cet univers mais bon, ça joue aussi sur le ressenti kitsch et nanar que j'ai pu ressentir.

Assisté de George Ogilvie, la réalisation de George Miller est moins percutante que pour les précédents volets mais ça reste quand même pas mal. Oui, il n'y a pas de véritables coups de folies et on ne retrouve pas la force de la franchise, oui cette légèreté joue aussi dans le "ridicule" du film et pourtant, il y a quand même quelques plans qui sont fort sympathique. L'attaque finale par exemple m'a paru pas mal tout comme l'ambiance générale de Bartertown.

Encore une fois, il n'y a que le long passage dans la cité des "enfants perdus" qui m'a paru un peu fade. J'ai trouvé ça trop lisse, sans saveur et c'est vraiment quand il retourne dans la ville du troc que j'ai pu véritablement reprendre mon pied. Les décors sont sympathiquement kitsch je trouve. Dommage que l'usine à cochon et le fameux Dôme de Tonnerre ne soit pas plus exploité mais j'ai quand même souris. C'est peut-être pas forcément toujours le but, ça atténue sans nul doute le côté apocalyptique du film mais ça ne m'a pas dérangé.

Les différents costumes aussi prêtent à sourire. Toujours présent, le look sado-maso disparait quand même peu à peu pour laisser place à un look plus années 80 qui niveau kitsch ne peut que me faire sourire également. Ça colle bien avec l'ambiance même si encore une fois, je conçois que ce n'est peut-être pas ce que l'on recherche d'un "Mad Max". Le montage fait que le film passe plutôt vite sinon même si je l'aurais amputé de plusieurs minutes malgré tout. Quant à la bande originale composée par Maurice Jarre, elle finit de m’achevai dans le spectacle nanar avec des musiques années 80 qui trouveront leur apothéose avec le générique de fin "We Don't Need Another Hero", tube international de Tina Turner qui finit de me laisser avec le sourire au coin des lèvres.

Pour résumer, si je comprends que "Mad Max : Au-delà du Dôme de Tonnerre" soit le mal-aimé de la franchise, je trouve la critique un peu dur à son égard. Certes ce n'est pas le film du siècle et il est bien en dessous des précédents volets mais pour ma part, je préfère vraiment le voir comme un nanar plaisant qui assume son délire et son grand n'importe quoi. D'autres franchises ont mieux transformé l'essai mais ce film reste quand même un petit plaisir coupable que je ne regrette pas d'avoir revu avec son côté kitsch des années 80.

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3.0