"Toute recherche d’un héros doit commencer par ce qui est indispensable à tout héros : un ennemi."

Cet avis a été écrit il y a quelques années. Je le remonte aujourd'hui car j'ai revu le film récemment en Blu-Ray.

Toujours dans l'optique de me refaire la franchise juste avant la sortie du quatrième opus, après "Mission : Impossible", je me suis attaquer à la suite des aventures d'Ethan Hunt avec "Mission : Impossible 2", une nouvelle vision signé John Woo mais avec toujours Tom Cruise (et Ving Rhames :P ).

Même si il s'éloignait un peu de la série d'origine, j'avais globalement plutôt bien aimé le premier film de la saga même si je reconnaissais en même temps que tout n'était pas parfait. J'avais passé un très bon moment devant ce film et du coup, j'étais plutôt confiant vis à vis de cette suite. C'est peut-être à cause de cette confiance que lors de sa sortie en salles, mon avis concernant ce long métrage fut un peu mitigé. Avec le temps et plusieurs visionnage je commence à le trouver divertissant mais c'est vrai qu'auparavant, j'avais un peu de mal avec ce volet.

Faut dire aussi que le scénario écrit par Robert Towne, Ronard D. Moor, Brannon Braga et Ronald D. Moore prend quand même un virage à 180 degrés. Fini ici la finesse du scénario avec une histoire classique mais prenante qui se veut psychologiquement un minimum intéressant le tout avec un peu d'action. Ici, on garde uniquement l'action, simple, à l'état brut. L'intrigue est toujours aussi classique mais elle est si grossière qu'on se rend vite compte qu'elle sers uniquement de prétexte pour pouvoir nous offrir différentes explosions, fusillades et autres course poursuite le tout agrémenté de quelques gadgets pour emballer l'ensemble.

Du coup, si maintenant je tiens face à ce film, ce n'est pas parce que je trouve cette histoire passionnante, c'est surtout parce que je la trouve divertissante. Pas besoin de se concentrer beaucoup dans ce long métrage qui offre à ses spectateurs des scènes rythmés avec un humour plus présent. Tant pis si on va encore plus loin dans l'abracadabrantesque. Le coup du TGV dans le premier volet était déjà pas mal mais là on a le droit à une succession de scènes qui à défaut d'être crédible reste drôle.

L'issue finale se dessine aussi facilement que cette romance auquel on peine à croire tant elle est facile, évidente mais bizarrement encore une fois, tout ce qui m'embêtais auparavant dans ce film m'amuse désormais. Je ne vais donc pas bouder mon plaisir et même si (à ce jour) ce deuxième opus est le plus faible de la franchise, ça me dérange moins de le revoir. En tout cas, si le premier volet s'éloignait un peu de la série télévisée d'origine, ce second film décide carrément de passer à autre chose ;-) .

Heureusement quand même que Tom Cruise est toujours présent au générique dans son rôle d'Ethan Hunt. Il n'est pourtant pas aidé par le scénario qui le cantonne au rôle du héros grotesque le tout avec un brushing impeccable qui ne bouge jamais et nous laisse penser que l'espion veut se reconvertir dans le mannequinat mais l'acteur arrive tout de même à bien s'en sortir grâce à un charisme certain même quand il est ridicule et à un jeu d'acteur qui tient la route tout en comblant quelques faiblesses. J'ai en tout cas pris beaucoup de plaisir à le revoir dans la peau de ce personnage que je trouve une nouvelle fois taillé sur mesure pour lui. Le rôle de l'espion lui va comme un gant. C'est dommage que l'on ait perdu la psychologie de son personnage, sa profondeur mais le comédien reste en tout cas très bon en terme d'action et l'humour lui va bien. De plus, le côté mannequin gâche un peu l'intrigue mais colle bien à cet acteur qui reste plutôt beau gosse il faut l'admettre même si là je n'émets qu'un point de vue masculin.

J'ai beaucoup aimé retrouver Ving Rhames aussi en Luther Stickel. L'acteur est charismatique et garde la même ligne de conduite ce qui fait que même si quasiment tout à changer en deux films, le comédien garde une certaine cohérence. Son personnage était assez drôle dans le premier film mais quand même un peu discret, en retrait. Dans ce volet où l'humour est de mise, il est mis un peu plus en avant sans pour autant voler la vedette à Tom Cruise ce qui est une bonne chose.

Pour le reste du casting, c'est que de la nouveauté mais comme pour le premier film, on a tout de même cherché à avoir de gros noms dans cette distribution. On retrouve ainsi Thandie Newton en Nyah Nordoff-Hall. La belle actrice fait office de belle plante qui n'hésite pas à mettre en avant ses charmes sans trop en dévoiler mais au-delà de ça j'ai aimé le fait qu'on lui offre un rôle important dans l'action, qu'elle ne se contente pas juste de faire acte de présence. Du coup, c'est pas toujours bien exploité mais la comédienne tient la dragée haute aux autres personnages quand même et elle n'as pas à rougir de sa performance.

J'ai beaucoup aimé Richard Roxburgh en Hugh Stamp aussi qui possède une très bonne carrure et que j'ai trouvé dans l'ensemble convaincant. Pour ce type de rôle il s'en sort très bien d'ailleurs c'est dommage que le scénario soit si faible car je pense qu'il y avait matière avec lui pour en faire un méchant vraiment redoutable. John Polson en Billy Baird est en revanche lui, totalement inutile. C'est pas la faute de l'acteur mais son personnage n'apporte rien du tout (hormis une ou deux blagues qui n'aide pas vraiment le film) et je me suis vraiment demandé quel but on cherchait à atteindre avec ce personnage.

Brendan Gleeson en John McCloy et Rade Serbedzija en Docteur Nekhorvich font un peu cliché à travers leurs gestuels et leurs jeux d'acteurs à mes yeux mais bon ça n'est pas choquant pour autant tout comme Anthony Hopkins en Commandant de mission Swanbeck qui se contente du minimum syndical même si une nouvelle fois son charisme et sa classe font que ça passe. C'est pas ce genre de rôle qui va marquer la filmographie de ses comédiens mais ce n'est pas non plus celle où ils seront le plus ridicule.

En revanche, ce qui est un peu plus choquant, c'est Dougray Scott dans le rôle de Sean Ambrose. Pas crédible, souvent risible (le scénario n'aidant décidément pas...), se faisant voler la vedette par son second le tout avec une présence à l'écran quasi inexistante, l'acteur incarne dans ce long métrage l'un des méchants de cinéma que je trouve le moins convaincant. On y croit pas une seule seconde du coup avec cette histoire de virus grotesque mal exploité à aucun moment je me suis fait du souci pour notre héros qui malgré les apparences n'as pas à beaucoup se forcer pour aller à ses fins. Il y a cependant une réplique (dite par le Docteur Nekhorvich) dans ce film que j'aime bien c'est : "Toute recherche d’un héros doit commencer par ce qui est indispensable à tout héros : un ennemi.". Avec un tel constat on pouvait avoir un face à face implacable mais si notre héros mis en difficulté par le scénario est bien là, en revanche l'ennemi qui peut lui mettre des bâtons dans les roues est aux abonnés absent...

Derrière la caméra, Brian De Palma à passer le relai à John Woo... et cela se ressens grandement. Là encore, fini la finesse, fini les plans bien maitrisés qui donne une profondeur au film. Ici, il y a toujours une certaine maitrise mais tout ce que ça apporte au film, c'est un effet comique supplémentaire. Entre le tango des voitures, la scène d'ouverture risible, les colombes qui volent etc etc le film sens le John Woo à plein nez. On ressens sa signature, sa façon de filmer sauf que c'est tellement exagéré, tellement grotesque (non mais c'est quoi ce reflet dans les lunettes de soleil ???) que l'on a l'impression que le réalisateur a fait une parodie de son propre travail.

Attention ça reste soigné je ne dis pas le contraire et aussi grotesque soit ils, certains plans possèdent un esthétisme certain mais c'est juste ridicule dans le résultat final. Le film n'avait pas besoin de ça et avec une tel mise en scène, non seulement on ne peut que ressentir les faiblesses du scénario mais en plus on ne peut que décrocher du film à plusieurs moments tant on y croit plus (si seulement on y avait cru à un moment...). Après, les scènes d'action reste efficace on en a pour notre argent et ça contribue à en faire un simple divertissement mais après les bonnes choses montré dans le premier film, ce changement radical est perturbant et décevant.

John Woo sais se servir d'une caméra et sa démonstration est si grossière qu'elle dessert le film c'est vraiment dommage. J'ai quand même bien aimé le travail qui a été fait sur la lumière et la photographie. Par moment on ressens bien la chaleur et la poussière qu'on a voulu donner à cette intrigue (un peu trop peut-être) et il y a quand même des plans que j'ai apprécié tout comme certains effets visuels même si tout n'est pas totalement réussi non plus dans l'ensemble.

Je vais faire l'impasse sur les accessoires et les costumes également car hormis la robe de Thandie Newton lors de sa première apparition que j'ai trouvé très joli, le reste est à l'image du film je trouve à savoir une succession de clichés avec par exemple un Tom Cruise mannequin au brushing impeccable à qui on va donner une belle veste en cuir et les lunettes de soleil qui vont avec, prêt pour nous faire un défilé sur sa belle moto qu'il trouve par hasard et qui colle parfaitement avec la scène.

En revanche, même si pour ce genre de production elle s'avère très classique, j'ai quand même bien aimé la bande originale signé Hans Zimmer et Lalo Schifrin (à qui on doit le thème phare de la série d'ailleurs ;-) ) qui donne du peps à l’œuvre et accentue le côté divertissement avec en générique de fin la chanson "I Disappear" interprété par Mettalica et le thème de la série qui est revisité donnant "l'électricité" nécessaire à ce genre de composition.

Pour résumer, "Mission : Impossible 2" est loin d'être le meilleur volet de la franchise. Il m’a même fallu longtemps et plusieurs visionnage pour réussir à vraiment l'apprécier tant beaucoup de choses apparaissent ridicule dans ce long métrage à commencer par son méchant qui est l'un des méchants les moins crédibles de l'histoire du cinéma (On s’attend presque à entendre les Inconnus dans leur parodie de "Bioman" nous dire : "Ahahahah !!! Je suis le méchant !!!" ). Pourtant je dois bien admettre que j'ai réussi à apprivoiser ce film proche de la parodie que je préfère voir comme un simple divertissement bourré de clichés. C'est efficace, ça vole pas haut mais ça me divertit du coup la pilule passe un peu mieux. Le changement de cap est sans doute trop brutal mais le plaisir de retrouver Tom Cruise en Ethan Hunt est toujours intact et du coup maintenant, j'arrive à revoir ce film (à petite dose) sans me forcer. Pas indispensable mais il se laisse regarder tout de même.

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