Bien qu'il ne figure pas dans mon top 3 de mes films préférés de Luc Besson pour différentes raisons, "Nikita" est en tout cas un de ses long métrage qui frôle le podium dans mon ressenti cinématographique. Du coup, même si ça faisait un moment aussi que je ne l'avais pas revu, j'étais quand même assez content de pouvoir le revoir.

Un peu long à se lancer malgré une scène d'ouverture qui démarre sur les chapeau de roue, le scénario reste à chaque fois très prenant. Le temps que l'on mette en place les pions dans cette partie et qu'on nous présente les personnages une très bonne demie heure c'est déjà écoulé mais ensuite le ton monte crescendo pour ne plus nous lâcher jusqu'à la fin. Sous ses aspects de divertissement honnête avec une trame simpliste, Luc Besson signe un scénario intelligent avec autant d'action que de psychologie. Les personnages ont ici un grand intérêt et sont traités de très bonnes manières ce qui fait que si les scènes d'actions restent tout de même purement jouissif, le spectateur est invité à sympathiser avec les personnages et à les trouver très attachant malgré leurs défauts respectifs. On à aussi le droit en fond à une bonne critique de la justice à sens unique je trouve qui se montre tout en subtilité. En effet, Nikita est condamné pour un meurtre atroce certes, mais les conditions de sa détention et son jugement au tribunal sous un ton un peu je m'en foutiste font que l'on ne peut qu'assister à une justice aveugle qui à de toute façon condamné la prévenue avant même son procès. Cette même justice qui au final ne vaudra pas mieux que les actes commis par Nikita comme le dit très bien la réplique de Jean-Hugues Anglade à la fin du film quand on lui annonce qu'elle à juste tuer un policier (cause de sa condition de tueuse pour le gouvernement) et qu'au final elle en as tué bien plus pour la solde d'un gouvernement qui ne fait qu'en profiter. On retrouve aussi je trouve le portrait d'une femme touchante, complètement paumée pour qui la drogue n'excuse pas tout mais qui va réussir à aller au delà de sa folie pour chercher à se reconstruire et à être enfin une femme. C'est la naissance d'une femme auquel on assiste durant tout ce film, une femme à la fois forte mais aussi terriblement fragile qui va alors se retrouver embarquer dans quelque chose qu'au final elle ne mérité pas. En allant plus loin (et toujours en partant du principe qu'il ne s'agit que de mon simple avis, je n'ai pas la science infuse et je n'ai pas la prétention de dire que c'est ce que Luc Besson à voulu dire ;-) ), je pense que le film montre même qu'il suffit juste d'une seule personne attentionné pour en sauver une autre. Le personnage de Marco étant en grande partie responsable de la reconstruction de Nikita et de sa naissance en tant que femme, sans le gouvernement derrière, on peut se laisser penser qu'elle aurait pu être nettement plus épanouie et retrouver le droit chemin. Quoiqu'il en soit, le scénario reste très bien écrit je trouve avec ce qu'il faut d'action, de psychologie et aussi un soupçon d'humour qui rende ce long métrage captivant. Mon seul regret dans cette intrigue, ce n'est pas les quelques facilités scénaristiques même quand elles sont grossières comme ce mur qui explose quand une voiture passe facilement à travers mais plutôt la fin du film qui s'avère un peu facile comparé au reste. J'aurais aimé quelque chose de plus fort, de plus poignant, de plus percutant et là, même si elle passe quand même, cette fin m'as quand même laissé perplexe avec ce côté "facile" et sans problèmes mais bon je n'en dirais pas plus afin de préserver la surprise pour ceux qui n'ont pas encore vu le film. C'est quand même dommage surtout que j'ai lu que Luc Besson y avait songé (source Allociné pour ceux qui veulent en savoir plus sur cette fin alternative ;-) ) et ce qu'il prévoyait à la base aurait été bien plus fort à mes yeux je pense mais bon on va pas pouvoir refaire le film j'aurais juste aimé quand même par curiosité que cette fin alternative soit tourné.

Anne Parillaud est en tout cas exceptionnel dans ce film (c'est d'ailleurs surprenant de la voir juste après dans un "Innocent Blood" de John Landis qui stoppe nette cette évolution ^^). Elle mérite amplement son César de la meilleure actrice grâce à cette grande performance qui restera comme l'un de ses rôles les plus marquants de sa carrière. Son personnage est complexe et la comédienne le joue avec brio sachant alterné entre folie et sérieux. Paumé, véritable déchet au début du film, l'actrice réussi à faire évoluer son rôle d'excellente manière afin de devenir une vraie femme redoutable. Son évolution se fait en douceur sans se laisser ressentir grâce à une palette dans son jeu qui est incroyable je trouve que ce soit au niveau de la gestuelle avec une surenchère volontaire par moment ou au niveau de son regard qui même dans les moments de folie laisse transparaître une grande part d'émotion. Certaines scènes sont énormément touchante grâce à elle comme la scène du restaurant où personnellement avec son regard Anne Parillaud me bouleverse. Je suis pas spécialement un grand fan de l'actrice mais dans ce film je la trouve quand même époustouflante et le rôle apparaît ainsi sur mesure pour elle. Tchéky Karyo aussi est impeccable. Riche en charisme et très classe, le comédien en impose à l'écran juste avec sa présence. Il incarne très bien son personnage qui ne laisse jamais rien paraître et qui apparaît même à plusieurs moments comme étant sympathique alors que pourtant il sais ce comporté comme un salaud (comme la scène du restaurant par exemple encore elle ;-) ). J'ai beaucoup aimé en tout cas son jeu tout comme j'ai aimé celui de Jean-Hugues Anglade. On le vois trop peu à mon goût dans ce film même si je peux le comprendre mais j'ai trouvé son interprétation touchante et toute en finesse. C'est sans doute l'un des personnages les plus sympathique et ce trait de caractère est parfaitement bien accentué grâce au jeu du comédien comme lors de sa première scène à la caisse d'un supermarché que j'ai beaucoup apprécié. Derrière ce trio, ce sont plus des rôles secondaires mais chacun est bien à sa place. C'est ainsi que Jeanne Moreau est parfaite dans son rôle presque anodin mais qui va être capitale pour faire renaître Nikita ou encore Jean Reno, excellent en nettoyeur bien avant "Leon" (même si il s'agit là de deux approches différentes, le temps fait qu'on ne peut s'empêcher de penser à ce film qui viendra juste après d'ailleurs dans la filmographie de Luc Besson ;-)). Quand à Marc Duret, c'est vraiment dommage qu'on le voit si peu car j'avais bien aimé sa prestation dans "Le grand bleu" et ici il est pas mal aussi tout comme le regretté Jean Bouise dont c'est ici le dernier long métrage (il lui est dédié d'ailleurs) et qu'on voit quasiment comme une apparition mais qui fait toujours preuve de charisme cependant et reste plaisant à voir. Luc Besson sais s'entourer de ses fidèles (avec en prime une Anne Parillaud avec qui il à eu une fille même si ils se sont séparés après la sortie de ce film) et c'est tant mieux car on sens vraiment une homogénéité dans ce casting où chacun sais ce qu'il a à faire et où l'univers du cinéaste est bien retranscris.

Luc Besson justement livre une nouvelle fois une mise en scène excellente. Je suis toujours autant admiratif de ce style à la fois très simpliste avec des plans parfaitement cadrés et en même temps une grande recherche dans le positionnement de la caméra qui fait que l'on ne s'ennuie jamais et que l'on à sans cesse l'impression d'un renouvellement des prises de vue. La photographie est elle aussi parfaite et met bien en valeur les comédiens. Sous ses aspects classiques il y à certaines scènes que j'ai vraiment trouvé magnifique comme la fusillade dans la cuisine par exemple. C'est aussi dû à une lumière maîtrisé ni trop sombre, ni trop lumineuse ce qui nous évite de tomber dans des extrêmes tout en ressentant le côté tendu de l'intrigue. Visuellement assez riche, cela contribue également à apporter pas mal de rythme au film et fait que même si c'est un peu long à se mettre en place à aucun moment je ne me suis ennuyé. J'ai bien aimé les costumes avec des tenues pour Nikita qui montre très bien l'évolution de son personnages tout comme l'exploitation des décors où le moindre petit détails à son importance. Pour emballer le tout, on retrouve encore une fois Eric Serra qui continue de me plaire et continue de faire parti de mes compositeurs français préférés. On reconnaît bien son style dès les premières notes et en même temps il apporte un petit plus que je ne saurais décrire et qui font que cela colle au film. La musique fait une nouvelle fois partie de l'âme du long métrage et même si on reconnaît la patte de son compositeur, on ne pense jamais à une autre collaboration avec Luc Besson, chose que j'apprécie car ça permet de rester vraiment concentrer dans le film.

Pour résumé, "Nikita" est un excellent film. Long à se lancer, on reste quand même captivé jusqu'à la fin et même si cette fin parait un peu facile, dans son ensemble le résultat final me plait. J'apprécie beaucoup ce film avec une Anne Parillaud qui porte une grande partie de sa réussite sur ses épaules et qui à mérité son César pendant que Luc Besson nous offre encore un très bon moment de cinéma divertissant avec une mise en scène que j'appréciai décidément énormément. C'est pas mon préféré du réalisateur même si il n'est pas loin et je le recommande fortement en tout cas pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de le découvrir.

Anne ParillaudAnne Parillaud