Star Trek : Le film

Si ça faisait un moment maintenant que je voulais voir la franchise cinématographique "Star Trek", c'est parce que, aussi incroyable que cela puisse paraître, je n'ai vu aucun volet jusqu'à ce jour (exception faite de "Premier Contact" et des récents reboot mais j'y reviendrais plus tard). Plus habitué au style "Star Wars" et sans avoir vu la série télévisée ni lu aucun livres, c'est avec beaucoup de curiosité que je me suis plongé dans ce premier épisode avec "Star Trek : Le film".

Cette projection fut assez déstabilisante. J'ai bien aimé ce scénario écrit par Alan Dean Foster, Harold Livingston et Gene Roddenberry mais j'avoue que je m'attendais quand même à quelque chose d'autre. C'est peut-être parce que je n'ai pas été bercé par cette saga mais je m'attendais à quelque chose de plus rythmé avec un scénario un peu moins bavard dans son enrobage et un peu plus vif dans son action sans pour autant nous en mettre plein la vue.

Mais au final, après un début un peu long à se lancer, une fois que je me suis laissé prendre au jeu, j'ai été pris de bout en bout par ce récit fantastique qui possède son propre univers et sa propre identité. Avant ma projection, j'entendais souvent un parallèle entre les franchises "Star Wars" et "Star Trek" (c'est aussi ce qui a motivé mon cycle). A écouter les fans, il faut choisir son camp. Soit la Force, soit l'Enterprise... Pourtant je trouve ça vraiment dommage de mettre ses deux sagas en opposition tant elles sont différentes l'une de l'autre.

Complémentaire dans leurs façons de montrer la richesse de ce genre cinématographique, l'habitué que je suis à Dark Vador et autre Jedi n'en fut donc que très agréablement surpris de voir qu'on me proposait quelque chose de nouveau et d'original. Je n'ai pas les connaissances nécessaires pour voir si la franchise puise ses inspirations à gauche ou à droite mais j'ai vraiment été téléporté dans ce monde qui m'a beaucoup plu et ça, encore une fois, malgré des longueurs flagrantes et un début un peu poussif à l'image de la scène où on découvre pour la première fois l'Enterprise et qui semble durer des heures...

Après, ses longueurs ne sont pas totalement inutiles. Celle-ci nous permettent de bien placer les bases de cette mythologie, de nous présenter les différents personnages et leurs rôle, de situer l'intrigue dans son contexte... C'est ainsi que même un novice comme moi dans ce monde n'a pas la sensation d'être perdu. Les longueurs possèdent même parfois un certain lyrisme que j'ai bien aimé même si le visuel date un peu. Non, la seule chose qui m'ait un peu embêté (mais c'est souvent le cas dans ce genre), c'est tout le blabla qui enrobe l'action à coup de terme technique.

Je sais que ça sert à crédibiliser un peu cette histoire, à lui donner même un peu de profondeur mais j'ai jamais été un grand fan de ce genre de bavardage. Maintenant, ce n'est pas catastrophique non plus car une nouvelle fois, le film reste assez facile à suivre. Il y a même quelques petites touches d'humour que j'ai trouvé très appréciable mais dans l'ensemble, j'ai vraiment été fasciné par ce premier volet jusqu'à son final, un peu énorme, mais qui a eu le mérite de me surprendre, de me plaire et de me paraître intéressant.

L'un des grands attraits de cette première aventure également, c'est tout le côté relationnel qui est instauré. Film de science-fiction qui se déroule dans un futur lointain, le scénario n'en demeure pas moins très humain. J'ai beaucoup aimé cette façon de lier tous les personnages entre eux, de leurs faire naître des conflits mais de les faire aussi communiquer et s'unir malgré leurs désaccords afin de leurs permettre d'avancer. J'ai beaucoup aimé aussi l'ouverture qu'il peut y avoir, l'Enterprise cherchant à comprendre avant d'attaquer comme dans n'importe quel film d'action.

Ce côté humain, on le retrouve vraiment dans le scénario et heureusement qu'il est là car la distribution quant à elle est d'une manière générale assez légère. Chaque comédien campe bien son personnage mais, c'est peut-être le poids des années qui me fait penser ça, le jeu des acteurs sonne parfois un peu faux surtout dans la gestuelle ou les regards. Par moment, ça sent quand même beaucoup la surenchère avec même quelques accolades ou serrage de main qui a dû mal à s'intégrer ici je trouve même si le temps fait que cela donne du charme à l'ensemble.

William Shatner en Commandant James T. Kirk est excellent. Très charismatique, c'est un acteur que j'affectionne beaucoup et dont je regrette sincèrement de ne pas connaître davantage la filmographie. Ici, il incarne de très bonne façon son personnage. J'ai beaucoup aimé l’ambiguïté de ce dernier que l'on adore détester tout comme on adore l'aimer. Il représente bien les différentes palettes de l'humain capable d'être parfois un peu froid mais capable aussi d'ouverture d'esprit et d'évolution.

A ses côtés, on retrouve Leonard Nimoy dans la peau du mythique Spock. Dès cette aventure, il donne ses lettres de noblesses à son personnage et on comprend aisément pourquoi il est rentré dans la culture populaire, le comédien étant maintenant indissociable de son rôle. J'ai vraiment beaucoup apprécié cette force qu'il dégage et sa faculté à jouer un être qui contrôle ses émotions, ne les montrant quasiment jamais. Le peu de fois où on peut déceler un sentiment en lui, ça fait ressortir le côté humain de son rôle d'une façon que j'aime beaucoup.

J'ai été surpris et amusé sinon de voir Stephen Collins en Commandant Willard Decker. Pour moi cet acteur est surtout associé à la série télévisée "7 à la maison" et je ne m'attendais donc pas à le voir dans ce projet. Prévu initialement en tant que leader si William Shatner refusait le rôle (où demander une augmentation trop importante), j'ai aimé la construction de son personnage qui ne fait rien de mal mais qui se retrouve dans une situation qu'il ne mérite sans doute pas. En ça l'acteur s'en sort vraiment bien je trouve.

J'ai beaucoup aimé DeForest Kelley en docteur Leonard 'Bones' McCoy. Le comédien m'a d'ailleurs tellement plu que je regrette qu'on ne voie pas son personnage un peu plus souvent et qu'on ne lui donne pas un peu plus d'importance. A chacune de ses apparitions, il fait le job d'une excellente façon et on lui doit quelques pointes d'humour et quelques réflexions qui sont loin d'être déplaisante. Après je comprends qu'il soit un peu en retrait mais ce personnage méritait sans doute un autre traitement.

C'est la même chose pour James Doohan en Montgomery 'Scotty' Scott. C'est un acteur vraiment très bon qui apporte beaucoup à cette équipe et il aurait peut-être mérité d'être mis un peu plus en avant. Il fait partie de ses rôles qui ont leurs importances mais qui restent dans l'ombre comme Persis Khambatta en Ilia, très bonne, mais dont le développement va arriver que vers la fin du long métrage. C'est dommage aussi car la comédienne s'est bien investie aussi au-delà de sa simple coupe de cheveux où elle apparait chauve (assez pénible pour elle, l'actrice aurait demandé à souscrire une assurance et à garder ses cheveux dans une boîte au cas où ceux-ci ne repousserait pas...).

Le reste du casting est tout aussi bon dans sa légèreté apparente qui donne du charme au film. C'est le cas par exemple de George Takei qui fait un très bon Hikaru Sulu. J'ai bien aimé aussi Walter Koenig en Pavel Chekov ou encore Majel Barrett dans la peau du Docteur Christine Chapel. Cette distribution est si riche que l'on ne peut pas mettre tout le monde en avant et pourtant, je pense que eux aussi l'aurait mérité même si encore une fois, le casting dans son intégralité tombe pas mal dans une surenchère qui possède du charme.

Dans la réalisation, Robert Wise fait un excellent boulot. Une grosse partie de sa mise en scène permet de suivre cette aventure de façon très plaisante en ne rendant pas les nombreux bavardages trop pompeux et en donnant un peu de charme à sa distribution dans sa direction artistique qui est à mes yeux autant profond que léger paradoxalement. Sa caméra se balade à merveille dans l'espace avec des travellings que je trouve d'une grande beauté.

J'ai apprécié d'ailleurs que le film use à bout son concept. Pour un film spatial, on passe beaucoup de temps dans les étoiles à naviguer. Après, le visuel apparait un peu kitsch de nos jours avec quelques effets spéciaux qui font sourire maintenant mais c'est aussi ce qui apporte énormément de charme au film. De plus, à l'inverse d'un "Star Wars" qui a été à de trop maintes reprises retouchés, il y a un côté authentique dans ce visuel que je trouve très agréable.

Les retouches ont en tout cas été faites avec intelligence au point qu'on ne se sent jamais déconnecté de notre sujet. A noter d'ailleurs que la restauration Blu-ray de ce premier volet est vraiment très belle je trouve. Ça apporte une jeunesse à ce long métrage sans pour autant le dénaturer de son époque. C'est aussi pour ça que j'ai beaucoup aimé ce que j'ai vu. La photographie est assez propre avec de très bonnes idées et j'ai bien aimé aussi la lumière même si parfois, il y a quelques difficultés dans les passages un peu vifs.

Les maquillages sont plutôt pas mal sinon avec une variété assez plaisante qui retranscrit bien l'énormité de l'univers que l'on veut nous dépeindre. Il n'y a qu’avec les oreilles de Spock que j'ai eu un peu de mal parfois en fonction du placement de caméra mais c'est vraiment très anecdotique pour porter préjudice au film car visuellement, j'ai vraiment apprécié le spectacle proposé. Les différents costumes sont eux aussi très bon et jouent bien également avec le côté kitsch de l’œuvre après toutes ses années qui se sont écoulés. Rien que le petit polo que porte Kirk pour commander à bord de l'Enterprise laissant apparaître ses bras velu m'a fait sourire mais c'est un exemple parmi tant d'autres.

Si le montage est réussi, il aurait cependant mérité à gagner un peu en rythme je trouve sinon. Un peu plus de dynamisme n'aurait pas fait de mal je pense et je n'aurais pas été contre une petite coupe d'un petit quart d'heure voir vingt minutes sur la durée du film. Maintenant, ça reste quand même très correct puisque je ne me suis jamais vraiment ennuyé malgré tout et je suis resté fasciné jusqu'à la fin. Mais bon, dans un film aussi bavard, une ambiance un peu plus riche en action aurait pu provoquer un plaisir supplémentaire.

Les décors sont sinon bien exploité. On passe principalement son temps à bord du mythique Enterprise mais l'ennui ne se fait jamais ressentir. Les prises de vues nous offrent toujours des angles assez variés qui font qu'on évite la monotonie dans ce film qui aurait presque pu être un huis clos spatial. Le côté carton-pâte de certains décors fait sourire aussi de nos jours mais ça contribue aussi au charme que je trouve à ce long métrage.

Quant à la bande originale composée par Jerry Goldsmith, elle joue un très grand rôle. C'est elle qui accompagne le film lorsque celui-ci devient plus silencieux ou plus calme en termes d'action. La musique est plutôt bonne avec un thème bien pensé mais il y a quand même quelques partitions qui m'ont surpris car j'avais l'impression que ses musiques n'étaient pas dans le bon film. Maintenant, ça aussi ça ne m'a pas fait sortir de l'aventure fort heureusement.

Pour résumer, pour une fois que je me plonge avec sérieux dans cet univers, je ne le regrette pas. "Star Trek : Le film" est un premier épisode vraiment très intéressant et prenant. Toute comparaison ou affrontements avec "Star Wars" me semble superflu tant cette franchise propose quelque chose de bien différent. C'est cette différence que j'ai apprécié et qui a su me captiver. Il y a quelques maladresses, quelques petits défauts qui me font un peu sourire mais j'ai quand même passé devant ce film un excellent moment de cinéma. Je comprends en tout cas que cette saga soit aussi culte, elle démarre en tout cas sur les chapeaux de roue et même si elle a pris un coup avec les années qui passe, ce volet a gagné en charme et ce n’est pas pour me déplaire. Il s'agit en tout cas ici d'une aventure que je reverrais avec un certain plaisir et j'espère que dans les autres épisodes, certains seront du même acabit.

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