"- J'entends des sirènes de police, arrête toi !
- C'est ça, dès que je vois une place, je me gare."


Canard boiteux de la saga cinématographique "Terminator", je gardais quand même un souvenir amusé de "Terminator 3 : Le soulèvement des machines" qui à défauts d'être exceptionnel restait divertissant dans mon souvenir. Du coup, juste après m'être revu les deux premiers, j'ai inséré le Blu-Ray de ce troisième volet dans mon lecteur.

Bon, autant être honnête tout de suite, bien que le fait de retrouver le personnage du Terminator me procure un plaisir jouissif, je dois reconnaître que ce troisième volet est celui qui me plait le moins dans cette saga. Mais attention, cela ne veut pas dire que je ne l'aime pas bien au contraire. Le scénario écrit par John D. Brancato, Michael Ferris et Tedi Sarafian essaye malgré les années qui passent de garder une certaine continuité ce qui fait qu'on est pas trop déstabilisé par cette suite même si on est fans des premiers films mais en cours de route, l'histoire à quand même perdu beaucoup de sa splendeur.

Changement d'équipe ou changement d'époque je ne sais pas mais force est de constater que cette histoire se révèle être beaucoup plus légère. La psychologie des personnages à presque disparu au profit de l'action et de l'humour ce qui est assez regrettable. En effet, action et humour était déjà présent dans les autres films mais malgré les légèretés scénaristiques, ce qui faisait la force de la saga avant tout c'est aussi la profondeur des personnages qui n'étaient pas traités à la légère.

Du coup, alors qu'avant on avait eu le droit à une œuvre de science-fiction visionnaire, ici on a surtout le droit à un film d'action parmi tant d'autres qui reste toutefois efficace. Les fans d'action en auront pour leur argent tandis que ceux qui souhaitent passer un bon moment de divertissement auront le droit à un humour encore plus léger qui d'ailleurs à par moment du mal à fonctionné (le coup des lunettes de soleil en forme d'étoile ou du "parle à ma main" font plus office de parodie que d'une véritable subtilité humoristique).

Les dialogues ne sont pas toujours intéressant mais cela fonctionne. Maintenant, j'ai trouvé assez sympa les petits clin d'œil qui ont été fait aux autres films dans les répliques du style "Elle reviendra" ou encore "Elle est chouette ta voiture" qui nous rappelle le "Elle est chouette ta moto" de Robert Patrick dans "Terminator 2" (ce dernier gag tombera malheureusement à plat quelque secondes plus tard par manque d'inventivité en enchainant avec un "Il est chouette ton flingue" qui fait qu'après sa sens le réchauffé).

L'histoire ne casse donc pas des briques mais malgré ma déception, elle reste plaisante quand même. Le véritable point fort de ce film pour moi réside dans sa fin qui m'as assez surpris pour ce genre de production et que j'ai trouvé pas mal du tout. Cette fin rehausse d'ailleurs pour moi le film en lui assurant non seulement une continuité avec les autres volets mais également une fin logique (le long métrage ne pouvait pas finir autrement sous peine de tomber dans le ridicule).

Du point de vue du casting, le fait de ne pas retrouver Linda Hamilton (Sarah Connor forever :-) ) est assez regrettable au même titre qu'Edward Furlong qui s'en sortait pas mal du tout dans le rôle de John Connor. Ce dernier d'ailleurs est maintenant interprété par un Nick Stahl qui livre une prestation correcte mais loin d'égaler celle du jeune acteur dans "Terminator 2". Livrant le minimum syndical, l'acteur n'apporte pas beaucoup de profondeur à son personnage (en même temps il n'est pas aidé non plus avec le scénario) et même si il ne m'as pas déplu plus que cela, je regrette vraiment le fait qu'il n'est pas réussi à transcender son rôle qui reste tout de même très important dans cette saga. Nick Stahl avait peut-être trop de poids sur les épaules et ça se ressens surtout lors de quelques scènes où il arrive même à être transparent.

Seul rescapé des autres films (avec Earl Boen dans le rôle de Silberman qui apparait le temps d'une scène assez drôle ;-) ), Arnold Schwarzenegger rempile une nouvelle fois dans ce rôle qu'il a su élever au plus haut niveau. C'est toujours un plaisir de le voir enfilé la veste de cuir et les lunettes de soleil mais bon, malheureusement là aussi de l'eau à couler sous les ponts et si l'acteur fait toujours un bon Terminator, il est loin d'égaler les performances qu'il avait pu accomplir dans le passé. Faisant juste ce qu'on lui demande de faire, le côté "robotisé" qu'il avait réussi à parfaitement retranscrire à l'écran à ici totalement disparu. Par moment, si on prend le film en cours de route on pourrait même se poser la question de savoir si c'est une machine ou pas alors que cette question ne se posait même pas dans les autres volets. Possédant une gestuelle plus fluide, l'acteur n'en reste pas moins charismatique et une nouvelle fois, c'est dommage aussi que le scénario lui fasse dire des choses risibles (comme la scène sur la psychologie de base qu'il possède... Les fiches sur l'anatomie humaine pour être un meilleur tueur dans le deuxième film, ça au moins, ça avait de la classe ;-) ).

Claire Danes quant à elle s'en sort bien je trouve. L'actrice montre une certaine naïveté mais aussi une certaine force qui colle bien avec son personnage et même si son rôle ne marquera pas les annales, elle arrive tout de même par moment à être plus consistante dans son jeu que Nick Stahl qui est censé être l'un des héros principal. Quant à Kristanna Loken, j'avais quelques craintes sur le choix de cette actrice mais je dois avouer que c'est pour moi la bonne surprise de ce film. Elle arrive à interprété un très bon méchant et même si sa plastique est mis en avant sans aucune subtilité, l'actrice s'en sors pas mal du tout. Tout comme Arnold Schwarzenegger dans le premier volet, elle n'as pas grand-chose à dire donc ça aide peut être aussi mais il n'empêche à travers son regard on ressent la détermination de son personnage et elle arrive vraiment à être convaincante. Elle ne fera pas un Terminator mythique mais elle fait le job.

Parmi les rôles secondaires, j'ai bien apprécié David Andrews en Robert Brewster qui est charismatique comme acteur je trouve mais dont le talent n'est pas beaucoup exploité dans ce film tandis que Mark Famiglietti dans la peau de Scott Peterson m'as paru un peu fade mais il n’a pas eu beaucoup de scènes non plus pour essayer de me convaincre. De toute façon, le casting suit dans l'ensemble la même ligne de conduite ce qui fait qu'aucun comédiens n'est réellement choquant.

Derrière la caméra, James Cameron a passé le relai et c'est toute une époque qui se termine. Jonathan Mostow s'en sort plutôt bien pourtant mais malgré l'efficacité de sa mise en scène, le nostalgique que je suis ne peut s'empêcher de regretter James Cameron. Jonathan Mostow livre en tout cas une mise en scène qui colle bien avec son sujet et si le scénario peut parfois laissé à désirer, derrière la caméra, le réalisateur apporte beaucoup de profondeur au film.

On le sens vachement respectueux des autres films et dans sa mise en scène les clins d’œil qu'ils livrent comme les clés dans le pare-soleil (clin d'œil à "Terminator 2") ou le TX qui frappe à la porte et demande le nom de sa victime avant de la tuer (clin d'œil à "Terminator" et son fameux "Sarah Connor ?") par exemple son bien plus subtiles que les clins d'œil dissimulé dans les répliques du film. On a des plans qui sont très bon et le rythme reste soutenu de bout en bout.

Visuellement, le film est aussi très beau à voir. Les effets spéciaux nous en mettent plein la vue (la scène de la grue par exemple est très plaisante ;-) ) et accentue un peu plus le côté grand spectacle. Les décors sont bien exploités et les maquillages restent corrects. Le seul défaut dans la mise en scène je trouve c'est que l'ensemble sonne trop propre justement. Tout sonne parfaitement trop calibré du coup aussi ironique que cela puisse paraitre ça manque un peu de crédibilité par moment je trouve. La bande originale du film est cette fois ci signée Marco Beltrami. Le compositeur reprend bien le flambeau et fort heureusement, le thème phare de la saga composée par Brad Fiedel est toujours présent :-) .

Pour résumer, "Terminator 3 : Le soulèvement des machines" n'arrive pas à égaler les deux premiers volets de la saga. Handicapé par un scénario un peu faible ou la psychologie des personnages a disparu et un casting livrant le minimum syndical malgré quelques prouesses, le film de Jonathan Mostow qui s'en sort plutôt bien quant à lui peine à arriver à la cheville des films mythique de James Cameron. Dommage aussi que ce troisième opus souffre de son côté commercial cherchant à ne pas prendre de risques pour viser un large choix de spectateurs (c'est d'ailleurs le seul film de la saga à être tous publics ;-) ). Résultat des courses, on n'as plus un film de science-fiction novateur mais il nous reste cependant un film d'action fort plaisant qui se regarde sans se prendre la tête et qui peut même nous procurer un certain plaisir. Les fans des deux premiers volets ont toutes les raisons du monde d'être déçu même si de mon côté, je reverrais ce film sans soucis. C'est le moins réussi de la franchise à ce jour selon moi mais j'ai quand même passé un bon moment.

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3.0