"Où est la clémence ? Où est le pardon ? Où est Dieu, dans tout cela ?"

« Timbuktu » est un film qui attisait ma curiosité. J’avais envie de me le programmer mais je n’arrivais pas à le caser. On ne va pas se mentir, son sacre aux Césars a poussé davantage ma curiosité. Du coup, profitant que le film était encore à l’affiche dans l’un de mes cinémas, je n’ai pas hésité dès le lendemain de la remise de ses prix pour aller le voir dans une salle complète, la médiatisation des Césars faisant que je n’étais pas le seul à avoir envie de le voir.

Et je ne le regrette pas. C’est assez proche de l’image que je m’en faisais et j’ai passé un bon moment. Je n’irais pas jusqu’à dire que le long métrage mérite l’ensemble de ses statuettes mais je comprends aisément ce qui a pu plaire à ceux qui ont voté pour lui. Le scénario est assez intéressant. Le contraste entre la religion et ses terroristes offre un débat que je trouve intéressant. A la fois très dur par moment mais aussi très touchant, j’ai du coup été transporté par ce film, peut être parfois un peu manichéen dans son traitement mais qui vaut le coup d’œil.

Les différents acteurs m’ont bien plu aussi. J’ai cru en leurs personnages et il n’y a personne dont le jeu m’ait choqué. Le fait que ce ne soit pas des acteurs que je connais à bien joué aussi sur le fait que j’ai trouvé l’ensemble crédible. J’ai aimé notamment Ibrahim Ahmed dit Pino en Kidane, la jeune Layla Walet Mohamed en Toya aussi est très bonne. J’ai eu la sensation de suivre une « tranche de vie » (même si je sais que l’ensemble est polissé pour les besoins du film) en ne voyant pas les comédiens mais juste les rôles qu’ils incarnent à l’écran.

La réalisation de Abderrahmane Sissako est sinon correcte. Je ne lui aurais pas donné le César de la meilleure réalisation mais bon c’est quand même propre et facile à suivre. Le film doit en fait beaucoup je pense à la photographie que j’ai trouvé vraiment belle ainsi qu’à la lumière qui nous plonge bien dans ses paysages et ses décors qui ont pas mal de charmes je trouve. Le montage reste sinon efficace. J’ai trouvé le film ni trop long, ni trop court, juste comme il le faut même si parfois je n’ai pas saisi les transitions que l’on faisait. Reste la bande originale d’Amine Bouhafa que je trouve très belle ainsi que la chanson de Fatoumata Diawara que je trouve encore plus belle.

Pour résumer, il m’aura fallu du temps mais je ne regrette vraiment pas d’avoir découvert ce « Timbuktu ». Sa surenchère aux Césars me parait un peu surestimé (en même temps ça ne m’étonne plus avec cette cérémonie) mais c’est un film très intéressant et poignant que j’ai beaucoup aimé. Si son fond ne mérite pas forcément un traitement en salles, je ne suis en tout cas pas déçu de l’avoir vu sur grand écran car j’ai beaucoup aimé la photographie et la lumière de ce long métrage. Son débat sur la religion et la persécution des extrémistes capables des pires atrocités au nom d’un Dieu est plutôt pas mal et je pense même que je le reverrais plus tard pour voir si une seconde lecture me fait le même effet. Cela reste en tout cas un très bon film à mes yeux.

3.5