"Vous savez les femmes finissent toujours par savoir qui on est vraiment."

Pierre Niney est un acteur qui me plait beaucoup. C'est pourquoi, quand j'ai vu qu'il était à l'affiche d'un thriller, j'avais envie de le découvrir. Le problème, c'est que plus je voyais la bande annonce du film "Un homme idéal", plus il me tentait moins à tel point que j'ai failli le rater en salles et que j'ai bénéficié d'une de ses dernières projections par chez moi pour le découvrir.

Malheureusement, mes craintes se sont vite avérées juste. Le scénario écrit par Yann Gozlan, Guillaume Lemans et Grégoire Vigneron m'a juste bien ennuyé. Je ne sais pas si c'est à cause de la bande annonce qui résume très bien cette histoire dont le film s'attarde pendant plus d'une heure et demie mais j'ai souvent eu l'impression qui ne se passait rien à l'écran. Pendant une bonne heure, je me suis même demandé si le film allait se lancer à un moment ou à un autre jusqu'à ce que la tension s'accentue un peu.

Seulement voilà, même quand ça s’accélère et qu'il commence à y avoir enfin un peu d'avancement, tout devient facile et prévisible. Je ne sais pas si le meurtre était presque parfait pour reprendre Hitchcock dont le film tente de s'inspirer mais en tout cas avec de telles facilités scénaristique, il est bien loin d'être complexe. On devine tout ce qui va se passer très rapidement et ça ne m'a pas aidé à calmer mon ennui. Après tout n'est pas mauvais non plus et le thème de la quête identitaire peut être intéressant mais c'est quand même bien peu je trouve pour calmer la frustration qui s'est emparé de moi.

Heureusement, Pierre Niney est là. Il ne nous livre pas sa meilleure performance d'acteur mais il est en tout cas très bon dans le rôle de Mathieu. Je pense que mon ressenti aurait pu encore être plus mauvais sans le comédien qui joue en tout cas bien le jeu et donne un peu de consistance à l'ensemble puisque même quand il ne se passe rien, il réussit à nous emmener avec lui et à crée chez nous une certaine empathie qui fait que même lorsqu'il commettra des actes qu'on ne peut cautionner, on n'arrivera pas vraiment à lui en vouloir.

Derrière, la distribution n'est pas trop mauvaise mais est loin de m'avoir convaincu pour autant sans doute à cause du traitement que leur inflige le scénario. Par exemple, la très charmante Ana Girardot est bonne en Alice Fursac mais son personnage est traité de façon un peu lisse (sauf peut-être vers la fin). Je ne parle même pas de André Marcon en Alain Fursac ainsi que Valeria Cavalli en Hélène Fursac, stéréotype d'une bourgeoisie française qui sent le renfermé dans notre cinéma hexagonal.

Je ne vais pas trop m'attarder non plus sur Thibault Vinçon en Stanislas Richer dont le personnage est tellement un cliché ambulant que ce soit dans ses propos, dans ses tenues ou dans sa façon d'être que dès sa première apparition, on voit ses motivations et son sort se dessiné sur son front. Pareil pour Marc Barbé en Vincent dont l'identité apparait un peu vite dans l'intrigue ce qui me laisse douté de l'utilité de ce personnage et me fait aussi un peu comprendre pourquoi il nous faut attendre une heure avant que le film se lance.

Bien qu'il faille que je le revoie, je garde un bon souvenir de la mise en scène de Yann Gozlan dans "Captifs". Ici aussi, il nous livre une réalisation assez soigné qui emballe plutôt bien son projet. Si le fond de son film me semble très maladroit, la forme est un peu mieux traité. Ça reste très artificiel mais c'est quand même agréable à voir. On sent les références à Hitchcock, on pense aussi à "Plein Soleil" et à tous ses types de films et bien que le long métrage peine à disposer de sa propre identité, ça reste quand même correct.

Les décors sonnent un peu faux (enfin, on a juste l'impression d'avoir vu ses décors des milliers de fois) mais ils sont bien exploités à l'image de la villa familial qui joue un rôle important dans la mise en place de l'intrigue. La lumière un peu trop chaude m'a un peu fatigué par moment avec son aspect lisse mais elle va bien avec la photographie qui est belle. Le montage est lui bien ficelé puisqu'il réussit à emboîter toutes ses scènes où il ne se passe rien en nous donnant l'illusion que ça avance. Quant à la bande originale composée par Cyrille Aufort, elle est vraiment très lourde. J'ai eu l'impression qu'elle était là pour créer une tension qui est absente et pour créer une atmosphère superficielle à laquelle je n'ai jamais réussi à adhérer.

Pour résumer, alors que "Un homme idéal" avait tout pour me plaire, je suis sorti de ma projection assez déçu. La forme essaie de sauver un peu les meubles tout comme Pierre Niney qui est correct mais le fond trop caricatural, prévisible et réchauffé fait que j'aurais pu me passer de cette séance. J'aurais très bien pu le suivre du coin de l’œil lors d'un passage en deuxième partie de soirée à la télévision mais maintenant, je ne suis pas vraiment sûr de vouloir retenter l'expérience. Pas foncièrement mauvais malgré tout, ce long métrage s'avère quand même une réelle déception et c'est bien dommage.

2.0